EXERCICE DU PREMIER JOUR
Lo premier jour, il faut 1" remercier le Père Éternel de la grâce qu'il nous a fait*1 de nous donner l' Eucharistie, comme la nourriture de ses enfants, pour perfectionner en
nous cette qualité;^ considérer l'obligation
que nous avons après avoir mangé ce Pain céleste* décroître en vertu; 3° nous étudier à a<xir en véritables enfants de Dieu.
MEDITATION
Le sujet est pris de ces paroles de saint
Jean : Voyez quel amour le Père nous a ter
moigné de vouloir que nous soyons appelés,
et que nous soyons en effet ses enfants (I,
Joan. 3, 1).
Premier Point.
Considérez que c'est du Père des lumières que nous recevons, comme dit saint Jacques, tous les dons qui nous viennent d'en haut. C'est par son Fils, c'est par le Saint-Esprit qu'il nous les donne. Mais après tout, comme il est la source de tous les biens et le principe du Yerbe et du Saint-Esprit, c'est de lui que nous recevons généralement tout ce que nous possédons. Considérez qu'il a aimé le monde jusqu'à lui donner son propre Fils, pour retirer les hommes de l'esclavage du démon et pour les adopter comme ses enfants. Considérez que c'est par le Baptême qu'il nous élève à cette éminente dignité. Mais considérez aussi que le Baptême ne fait que commencer cette adoption et qu'il nous a donné l'Eucharistie pour la perfectionner.
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Car comme cette adoption consiste particulièrement dans la ressemblance que nous donne la grâce avec lui, et dans la participation du Saint-Esprit, l'Eucharistie en augmentant Tune et l'autre, perfectionne aussi notre adoption. De même que les pères et mères, après avoir donné la naissance à leurs entants, leur fournissent la nourriture pour les faire croître, de même Dieu, après nous avoir donné une connaissance surnaturelle par le Baptême, nous donne un Pain céleste pour nourrir nos âmes, pour augmenter en nous sa divine ressemblance , pour nous faire croître et nous fortifier, afin que nous soyons on état d'agir comme lui. Considérez enfin que la nourriture qu'il nous donne, c'est son propre Fils, c'est le Verbe incarné, c'est le Corps, c'est F Ame, c'est la Divinité de Jésus- Christ caché sous los apparences du pain et du vin. que nous mangeons.
0 mon Dieu! quelles actions de grâces ne dois-je pas vous rendre pour un si grand bienfait? Que je vous ai d'obligation d'avoir bien voulu me mettre au nombre de vos enfants! que de grâces sont renfermées dans cet illustre titre! Il me donne le droit de posséder un jour votre héritage; car étant votre fils, je suis conséqueminent votre hé-
ritier. Que demandez-vous de moi? quelle
reconnaissance en attendez-vous? Fortifié de ce Pain céleste dont vous avez bien voulu nourrir mon àme, je proteste que je vais faire tous mes efforts pour vivre de telle manière que vous n'ayez jamais sujet de vous repentir de m'avoir mis au nombre de vos
enfants.
Second Point.
Considérez quels sont les devoirs d'un enfant à l'égard de son père. Il doit l'aimer, il doit lui obéir, il doit imiter ses vertus, et se conduire dans toutes ses actions d'une manière conforme à la noblesse de son origine. Voilà donc ce que je dois pratiquer à l'égard de Dieu, puisqu'il est véritablement mon père. Oui , mon Dieu , je vous aimerai d'un amour également tendre et respectueux, je ne m'attacherai qu'à vous seul, et je ne m'occuperai que de vos intérêts. Commandez, ou plutôt faites-moi seulement connaître vos inclinations , et je n'omettrai rien pour les satisfaire. Vous voulez que je sois saint, comme vous êtes saint, que j'imite votre sagesse, votre justice, votre bonté, votre douceur : peut-on me rien ordonner de plus considérable, et même de plus avantageux pour moi? Il est
juste que puisque vous êtes saint, je le sois aussi : je serais indigne d'être de vos enfants, si je ne vous ressemblais en quelque chose. Mois qu'il me sera glorieux d'agir comme vous agissez vous-même ! Le fils d'un roi, s'il ira des inclinations royales, se désho* nore, et déshonore son père. Si donc, ayant l'honneur d'être enfant de Dieu, je manquais d'avoir des inclinations divines, quelle confusion pour moi ! Mais ce qui m'est encore bien plus sensible, hélas! ô mon Dieu et mon Père, à quelle confusion vous exposerai-je ? On blâmerait ma conduite, mais ne blàmerait-on pasaussi votre choix ? Le Prophète Royal reproche aux enfants des hommes la pesanteur de leur cœur, qui lestait pencher vers Latence; il leur reproche leur amour pour lu vanité, et leur empressement pour le mensonge. Quels reproches, quels châtiments ne mériterait pas un enfanl de.Dieu, s'il était sujet aux défauts qu'on ne peut souffrir même dans les enfants des hommes? Filii Uomirmm usquequfi gravi corde ; ut quid diligitis vanitatenij et quœritis mendadum (Ps. i, S)? C'en est fait, je vous le jure, j'aurai toujours devant l<is yeux ces paroles de votre Fils unique, par lesquelles il m'exhGrte à <Mro parfait comme
vous êtes parfait. Je les méditerai souvent et elles seront Tunique règle de ma conduite. Mais comme sa vie est le véritable modèle de celle de tous vos enfants, je m'appliquerai à imiter tous les exemples de vertu qu'il a bien voulu me donner.