‹ Traité de la communion, ou, Conduite pour communier saintementChapitre 91 sur 105 · EXERCICE DU TROISIÈME JOUR · texte numérisé non relu

EXERCICE DU TROISIÈME JOUR

11 faut employer le troisième jour à remercier le Saint-Esprit. Mais pour le bien faire, il faut auparavant connaître la part qu'il a dans le mystère de l'Eucharistie, et les obligations particulières que nous lui avons, On peut les réduire à trois,

La première est la présence du Sauveur

sous les espèces du pain et du vin. Car comme Dieu n'est porté que par son amour à répandre ses grâces sur les hommes, et que son amour n'est rien autre chose que le Saint- Esprit, la présence du Sauveur dans l'Eucharistie étant une grâce qu'on ne peut assez estimer, c'est au Saint-Esprit que nous en sommes redevables. « Dieu, dit saint Jean » de Damas, a tout créé par l'opération du » Saint-Esprit, et il l'ait encore, par l'opéra- » tion du même Esprit, tout ce qui surpasse » la nature, et qui ne peut être entendu, ni )) compris que par la toi. Comnient se fera )) ceci, demandait la Vierge à l'Ange? L'Ange » lui répond : Le Saint-Esprit viendra tout- » à-coup sur vous et vous environnera de son » ombre. Vous me demandez comment le » pain et le vin mêlé avec l'eau se change- » ront au Corps etauSangde Jésus-Christ. » Je vous réponds de la même manière : Le » Saint-Esprit descendra tout-à-coup, et fera )) ce que la langue ne peut exprimer, ni » l'esprit comprendre. »

La seconde consiste en ce que le Saint- Esprit étant le lien adorable qui unit le Père Éternel avec son Verbe dans l'auguste mystère de la Irès-sainte Trinité, il est aussi

l'auteur de toutes les saintes et chastes unions. C'est pourquoi , comme le Sauveur se donne à nous par la Communion, pour contracter avec nous une alliance étroite , cet admirable effet doit être rapporté au Saint-Esprit; et de même que c'est par son opération que le Verbe s'est uni à son humanité, de môme c'est par son opération que le Verbe incarné s'unit aux fidèles dans la Communion, que les Pères appellent une extension de l'Incarnation.

La troisième obligation que nous avons au Saint-Esprit dans l'Eucharistie , consiste eu ce qu'il en est le fruit principal. Car c'est particulièrement clans la Communion que 1< Sauveur nous communique les dons et les fruits du Saint-Esprit et le Saint-Esprit même. Comme il a terminé toutes les grâces dont il a comblé ses apôtres par la descente di Saint-Esprit, de même la plus grande d< toutes les grâces qu'il nous départit dans l'Eucharistie , est de nous remplir de soi Esprit. Je dis de son Esprit ; car étant enfants de Dieu, nous devons avoir pour notre Père céleste , un esprit et un amour sem- •blable à celui que le Sauveur porte à sou Père.

Ainsi le Saint-Esprit se met par la Corn-

munion en possession de nos âmes pour les gouverner, pour les éclairer, pour lesforti- • de ses grâces , pour nous communiquer des sentiments conformes à ceux de Jésus- Christ et à la qualité d'enfants cle Dieu , et pour nous donner les moyens d'imiter ce beau modèle que le Sauveur nous a tracé, d'une vie sainte et toute divine. C'est pourquoi, quand le Sauveur cesse d'être réellement présent dans nos corps et dans nos âmes, et que les espèces du Sacrement se trompent, il nous dit comme autrefois à apôtres, avant de les quitter pour retourner au ciel : Je vous donnerai à ma place un autre Consolateur, et je reviendrai vous revoir de temps en temps. Il nous donne le Int-Esprit pour nous consoler de son abûce, et il revient lui-même nous visiter toul fois que nous communions.

Ri m< rcii z donc le Saint-Esprit de ce qu'il porte le Sauveur à descendre sur nos Autels. Remerciez-le de ce qu'il vous unit avecJés-Christ. Remerciez-le de ce qu'en son il veut bien vous conduire et vous diriger. Mais aussi abandonnez-vous entièrero conduite, et protestez-lui que

z ûdèl< :\ re exactemi di-

ction;

37'2 l.R LA COMMt NIOK.

MÉDITATION

Sur la docilité que nous devons avoir aux mouvements du Saint-Esprit après la Communion : Quicumque Spirihi Dei agnnturj iisunt filii Dei (Rom. S, 14).

Premier Point.

Considérez que le Sauveur dans la Communion vous a donné son Esprit, cet Esprit- Saint, avec qui il n'est qu'un seul Dieu, cet Esprit-Saint qui réglait et qui gouvernait toutes les actions de son humanité, et qu'il vous Ta donné pour vous conduire et pour régler toutes vos affections. Mais souvenezvous qu'encore que le Saint-Esprit soit dans toutes les âmes qui font une bonne communion, il ne les conduit que par rapport à leur état et au degré de grâce où elles sont arrivées. Considérez aussi que Jésus-Christ augmente ses faveurs dans les âmes toutes les fois qu'il y vient , à proportion du fruit qu'elles ont tiré de celles qu'elles avaient reçues dans les communions précédentes.

Ainsi le moyen sûr et infaillible pour croître en sainteté, et pour recevoir ensuite du Saint-Esprit une direction plus excellente, c'est de faire un bon usage des grâces qu'on a reçues en communiant.

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