Q[ VI'IOI MF. PARTIE
Rappelez dans votre esprit la parabole de ces serviteurs qui avaient reçu de leur maître, l'un dix marcs d'argent, et l'autre cinq, pour les faire valoir. C'est l'image des grâces que nous recevons dans la Communion. Celui qui avait reçu dix marcs d'argent, qui en avait gagné dix autres, reçoit de son maitre pour récompense le gouvernement de dix villes. De môme celui qui dans une ( îommunion a reçu dix degrés de grâces, et qui s'en est servi ensuite pour faire toutes ses actions avec la perfection que demandent ces dix degrés de grâces, en reçoit dans la Communion suivante dix autres, qui surpassent autantles premiers, que le gouvernement de dix villes surpasse dix mures d'argent. De plus, comme le Saint-Esprit proportionne sa direction à l'état de grâce où nous sonnnrs, cfel Esprit-Saint agit dans colle âme d'une manière sans comparaison plus excellente qu'il n'y agissait auparavant.
0 (fia- la Communion est un excellent moyen pour taire tous les jours de nouveaux progrès dans 1;: vertu! <> que je comprends l'ù'ii à présent pourquoi, après tant de Communions, je suis encore si imparfait! C'est qu'après avoir communié je ne pense pas à l'aire valoir le précieux talent que j'ai reçu;
c'est que je ne m'étudie point à pie corriger de mes fautes, et à vivre plus saintement ; c'est que je ne suis pas, ni n'écoute pas la direction du Saint-Esprit; c'est que je ferme les yeux à ses lumières , et que je suis rebelle à ses inspirations.
Je vous en demande mille pardons, ô mon Sauveur : Esprit-Saint, je vous en demande mille pardons. Encore un peu de patience, je vous en conjure, et je tacherai de m'acquitter de tout ce que je vous dois: Patientiam liabe in me , et omnia reddcmi tïbl (Matth. 18, 26). Esprit-Saint, je vous consulterai désormais, je vous écouterai, je vous proteste que je serai docile à toutes vos saintes inspirations, et que je m'efforcerai d'agir dans toute l'étendue de la grâce que mon Sauveur m'aura communiquée en se don
nant à moi.
Deuxième Point.
Considérez les châtiments que méritent ceux qui, après avoir souvent communié, sont toujours les mêmes, et ne font aucun progrès dans la vertu. Ils nous sont représentés dans deux paraboles de l'Évangile, qui ont beaucoup de rapport entre elles. La première est celle des marcs d'argent, et la seconde celle des talents.
Quel osi le supplice de ce serviteur qui avait reçu un marc d'argent et qui ne l'avait point fait profiter; on le lui ôte pour le donner à un de ceux qui avaient fait profiter les leurs. Voilà le châtiment de ceux qui n'ont point fait profiter les grâces de la Communion: ils
•t punis par la soustraction de ses grâces; le Saint-Esprit ne les éclaire plus, ne les fortifie plus comme auparavant, et par cette privation ils sont exposés aux plus terribles malheurs.
Quel est le supplice dont est châtié ce serviteur qui n'avait pas fait valoir le talent (pie son maître lui avait confié ? il est précipité dans les ténèbres extérieures, qui sont la figure de la réprobation et de la damnation éternelle. C'est encore une image de la punition de ceux qui ne profitent point de leurs Communion s: ils s'exposent par cette négligence aux plus redoutables châtiments d<> la justice divine. Car comme Dieu punit l'abus qu'on fait de ses grâces, selon qu'elles
at plus ou moins gn . la sainte Com-
munion étant la plus g âce que Dieu
fa ; ;e à un chrétien dans c Lde , quels
châtiments ne doivent point appréhender
lx qui «ai abusent! el n'est-ce pas en abuser que de n'en tirer aucun fruit? Si
37fi ItE LA COMMUNION.
Dieu, dit saint Basile, punit si rigoureusement une parole oiseuse, combien plus rigoureusement punira-t-il une Communion inutile ?
Mais si ceux qui n'avancent point dans la vertu sont châtiés d'une manière si sévère, quel sera le châtiment de ceux qui retombent encore après la Communion dans des péchés griefs, et qui profanent le temple du Saint- Esprit d'une manière si indigne? Hélas ! où en suis-je quand je considère d'un côté le nombre de mes Communions , et de l'autre, le peu de fruit que j'en ai tiré ; la douleur et la crainte s'emparent de mon cœur. Mais après tout, Esprit-Saint, je ne désespère point encore: Car enfin, ces sentiments, joints à la résolution que je prends d'être plus docile à votre voix, me sont des marques évidentes que vous ne m'avez pas abandonné. Enseignez-moi donc, je vous en conjure, à pleurer et à gémir sur mes désordres passés ; éclairez-moi sur ce que je dois faire pour les réparer ; mais surtout fortifiez-moi, pour exécuter à l'avenir ce que vous m'ordonnerez.