PRINCIPES DE LA COMPOSITION
contre nature; et il l’est en effet, si c’est une imitation de la nature qu’on cherche ; mais, puisque, bien loin de se proposer ce résultat, l’on ne s’attachait au contraire qu’à soumettre la nature à l’art , on devait en juger comme de tous les autres ouvrages de l’homme, par le but qu’il se propose.
Le genre symétrique avait donc un but raisonnable. Mais nous irons plus, loin : nous soutiendrons que cette disposition méthodique du paysage renferme des beautés de premier ordre ; les unes i qui lui sont essentiellement inhérentes, telles qu’une spacieuse avenue; les autres , qui tiennent à des associations générales ou particulières; par exemple, leur heureuse harmonie avec l’architecture gothique , les constructions anciennes, etc. Ainsi, nous n’accorderons pas une préférence exclusive au style moderne; et nous consacrerons un article aux dispositions du terrain, des eaux, des allées, etc., particulières au genre symétrique. L’élude des deux styles nous paraît indispensable; et d’ailleurs les règles du bon goût en général; le goût particulier du propriétaire, et la nature des localités, pourront exiger par-
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fois l’adoption au moins partielle de l’ancien système.
Dans les jardins et dans les constructions > l’on se propose, comme l’observe lord Kames, ou l’utilité seule, ou l’agrément pur et simple, ou ces deux conditions réunies. Cette variété de distinctions devient une source de beautés diverses, et d’un caractère mixte. De là' résulte la difficulté de se former un goût épuré et sain en fait d’architecture et de jardinage; difficulté plus sensible ici que dans les autres beaux-arts dont la destination est unique.’ Ce serait donc n’embrasser qu’une faible partie de son sujet, que de considérer la théorie des jardins d’ornement seulement comme l’art de créer un paysage, sans s’occuper de toutes * les beautés et de tous les détails qui peuvent contribuer si puissamment aux jouissances et au bien-être.
Les anciens auteurs qui ont traité des jardins et de l’architecture n’ont point fixé d’une manière précise Jes principes généraux de la composition. Vitruve semble insinuer que les différentes parties d’un édifice doivent avoir entre elles une propor-
fi8 PRINCIPES DE LA COMPOSITION, tion- analogue à celle qui existe entre les membres du corps humain; que les dimensions d’un temple doivent être dans un certain rapport les unes avec les autres, et il donne des règles pour les proportions et l’arrangement collectif des colonnes des différens ordres. Mais ces indications mécaniques peuvent à peine s’appeler des principes. La même remarque peut s’appliquer aux règles données par Le Blond, Switzer et autres.. C’est dans des ouvrages plus modernes, et particulièrement dans les savantes recherches d’Alison , que nous puiserons les principes d’une théorie complète.
Quant au style modernç, considérécomme art des jardins paysagers et d’agrément, et renfermant tout ce qui peut embellir unç habitation de campagne. Pope en réduit les principes à trois: selon ce poète, il faut i° étudier les beautés de la nature et le secret de les faire valoir; 2 ° déguiser ses imperfections; 3° ne jamais perdre de vue les règles du sens, commun.
Wliateley fait consister l’art du jardinier paysagiste, dans le choix et l’emploi de tout ce que la nature et l’art offrent de majes-
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tueux, d’élégant et de caractéristique, dans l’habileté à tirer parti du terrain, à en faire valoir toutes les ressources et à en déguiser les imperfections.
Repton recommande surtout la convenance, l’ordre, la symétrie, l’exactitude des proportions. Tels sont, selon lui, les principes de cet art, s’il en existe réellement.
G. JVIason le fait consister dans la distinction délicate des contrastes et des disparates. Le poèteMason invoque la simplicité, sans doute pour établir une distinction entre les genres anglais et chinois. Lord Kames partage ce sentiment. Selon Girardin , la vérité' et le naturel sont les principales qualités d'un paysage, et les règles se réduisent à l’unité dans le tout, et à la connexion des parties qui le constituent. Shenstone est d’avis que l’art des paysages ou jardins pittoresques a pour objet de plaire à l’imagination par la grandeur, le charme et* la variété des scènes, etc., etc.
Des ces différentes théories on peut conclure que deux sortes de principes constituent les élémens de cet art; les uns appelés principes de beauté relative, si on le consi-
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dère comme un art mixte ou d’application ; les autres, nommés principes de beauté natur relie et universelle , si on l’envisage comme un arrt d’imitatioîi. Le style ancien ou symétrique repose uniquement sur les» premiers ; la théorie du paysage , considérée** comme art d’imitation, est basée sur les seconds. Mais les uns et les autres devront exercer une influence simultanée sur les combinaisons générales, si l’on reconnaît que l’objet est de créer une résidence de cimpagne. Nous considérerons d’abord ses principes, en tant qu’art mixte, et en seconjd lieu, comme art d’imitation.