CHAPITRE PREMIER
Delà composition des jardins d’ ornement comme art mi£te et d’invention.
Les ouvrages , selon Alison, peuvent être considérés sous le* rapport du plan ou de l’intention; sous celui de {'exécution , selon qu’elle répond au but ; et enfin , sous celui de la nature même de leur destination. Leur beauté dépendra donc de l’excellence du plan, de la convenance de l’exécution, et de
JARDINS D*ORNEMEIîT. 7^
l’utilité de la destination finale. Ces trois qualités peuvent donc être considérées comme les élémens essentiels du Beau, dans tous les ouvrages qui appartiennent aux Arts d’invention. On les a désignés sous le nom de beautés relatives , par opposition aux beauté s naturelles ou indépendantes.
Il est une troisième source de beautés commune aux Arts d’invention et d’imitation ; je veux parler des beautés accident elle s , c’est-à-dire celles qui sont produites par des associations locales, arbitraires ou momen- tanées.
Les beautés, soit naturelles, soit relatives, ou enfin accidentelles, sont transmises aux sens par les différentes qualités de la matière, telles que la forme, le soin, les couleurs, les odeurs, le mouvement;' mais nous sommes surtout affectés pal* la forme. C’est donc sous ce dernier rapport que nous .considérerons principalement le plan, la convenance et l’utilité , dans ce que nous avons à dire sur les beautés d’invention*.
§ I. — Du plan de composition.
L’existence du planés t attestée parles for-
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72 PRINCIPES DE LA COMPOSITION, mes et les dispositions* qui annoncent au premier abord qu’elles sont le produit de l’art. C’est ainsi que l’unifovmité et la régularité se reconnaissent dans les travaux les plus grossiers de l’homme. Voilà pourquoi les lignes, les surfaces et les formes des jardins symétriques offrent une différence plus ou moins saillante avec celles de la nature ; des surfaces , des lignes ou des formes irrégulières pourront offrir plus de convenance que des conceptions méthodiques; mais si elles prédominent trop exclusivement., on pourra les prendre pour des accidens naturels, et, dans ce cas , le mérite du plan disparaîtrait, tandis que la régularité parfaite des formes et la symétrie exacte des divisions révèlent immédiatement l’idée du plan à laquelle se rattache celle de l’appréciation de l’emploi de l’art et des dépenses qui en sont la suite.
Un terrain uni ou distribué en collines, ou eu saillies régulières et symétriques, des bois terminés par des lignes droites, des arbres indigènes et surtout exotiques plantés à égales distances en massifs, en quinconces ou en allées droites, des eaux contenues