PLAN
dans des bassins , des canaux réguliers ou des fontaines, des allées, des bois d’un alignement parfait, des murs et des haies en droite ligne, se distinguent aisément d’une combinaison de ces mêmes élémens qui ne serait que naturelle ou fortuite, et portent l’empreinte incontestable du travail de l’homme. •
« Partout, a dit Montesquieu ( Essai sur le Goût), où la symétrie est utile à l’âme, et peut aider ses fonctions, elle lui est agréable: mais partout où elle est inutile, elle est fade, parce qu’elle ôte la variété. Or, les choses que nous '•voyons successivement doivent avoir de la variété, car notre âme n’a aucune difficulté à les voir. Celles au contraire que nous apercevons d’uri coup> d’œil doivent avoir de la symétrie: ainsi, comme nous apercevons d’un coup-d’œil la façade d’un bâtiment, un parterre, un temple, on y met de la symétrie, qui plaît à l’âme par la facilité qu’elle lui donne d’embrasser d’abord tout l’objet. » ^ •
Dans la marche des arts, l’expression caractéristique du plan ou de^pirr, quoique difficile dans le principe, devient aisée par la
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suite, en sorte que l’uniformité et la régularité finissent par ne plus être que les attributs d’un plan ordinaire. P^ar conséquent 9 pour donner un caractère de supériorité aux ouvrages relatifs au plan ou dessin , la variété devait s’introduire; et, comme l’un if ormité en était le signe primitif, l'uniformité et la variété devront caractériser ce même plan perfectionné et embelli. Si donc on considère la beauté des formes dans leur rapport avec l’expression du plan, on pourra adopter l’observation du docteur Hutcheson, que là où l’uniformité est égale, la beauté des formes est proportionnelle à leur variété; et que, lorsque leur variété est égale , leur beauté est en proportion avec leur uniformité. (Alison’s Essajrs.)
C’est à cette période des progrès de l’art qu’on peut rapporter l’introduction des ornemens d’architecture , tels que les bancs , les vases, les statues, les fabriques, etc. , dans la composition des jardins; et à ses dernier^ perfectionnemens, celle des allées sinueur ses , des labyrinthes, et autres ornemens de ce genre. « .
Ce goût dégénéra avec le temps en puéri-
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lités et en extravagances dont je suis loin de recommander l’adoption, lorsque je parle de revenir à l’ancien style. J’en excepte toutefois les cas où l’imagination joue un rôle exclusif. Et même l’usage des arbres taillés en figures a pu plaire d’abord par l’attrait de la nouveauté, et parce qu’il annonçait une sorte de talent dans l’artiste; mais aujourd’hui qu’il n’aurait plus ce mérite, il y aurait presque contre-sens à y re- . courir.
Pour empêcher que la variété ne devienne confusion , et pour ne point tenir le spectateur perplexe, selon l’expression de Stewart, il ne faut jamais perdre de Vue l’unité du plan ; précepte également applicable à tous les ouvrages d’art.
§ II. — De la convenance dans l’ exécution.
La convenance , c’fst-à-dire le rapport parfait des moyens à la fin , est la seconde source de la beauté relative des formes.
Lans les bâtimens on l’appelle généralement proportion ; elle indique alors le degré de force ou d’élégance donnée à certaines parties ; dans le détail des élémens dont se conj-