BEAUTÉS NATURELLES
dont l’objet est de créer des paysages par la combinaison et l’emploi des matériaux que, la nature met à notre disposition , de même que le peintre cherche à les imiter par le secours et la combinaison des couleurs. Le premier peut, selon Girardin, réaliser les conceptions les plus riches du second, et même, si l’on encroit Alison, créer des scènes plus pures , plus harmonieuses, plus expressives qu’aucune de celles qu’offre la nature.
Lord Walpole donne, selon nous-, une idée plus nette de ce qu’il peut faire, lorsqu’il le représente comme n’aspirant à rien de pins qu’à adoucir la rudesse de la nature et à imiter sa touche gracieuse.
On a dit aussi qu’il était à la poésie et à la peinture ce qu’est la réalité à la représentation : mais l’expérience prouve que, pour les beautés, soit naturelles, soit pittoresques, la représentation habile l’emporte toujours sur la réalité. Supposons, par exemple , une variété donnée de terrains, de rocs, une certaine étendue, comme une base qu’il s’agit dégarnir de bois, d’eaux et de fabriques; les rochers pourront être masqués ou mis en évidence, au gré du jardinier, ou en raison
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des localités, et toutes les autres ressources de l’art mises en œuvre. Cela exécuté, on aura une scène bien inférieure en beauté à celle que créera un peintre par l’imitation de la même base et des mêmes matériaux.
Supposons encore un paysage naturel d’un degré ordinaire de beauté , ou d’un mérite donné quelconque, avec un concours do circonstances, telles qu’il soit également susceptible de se prêter aux deux arts. Maintenant qu’un peintre et un jardinier le copient, chacun à sa manière, avec ou sans la faculté de l’embellir. A mérite égal entre les deux artistes, laquelle desdeux imitations sera la plus belle, considérée d’une manière abstraite, et indépendamment de toute considération arbitraire et personnelle? Dans notre opinion , l’ouvrage du peintre aura une supériorité décidée.
Les bois et la verdure constituent la principale beauté d’un paysage. La beauté des bois tient tellement «à des circonstances accidentelles , depuis l’époque de leur plantation jusqu’à celle où ils atteignent un grand développement;, ces circonstances sont tellement en dehors de la ligne d’attributions