‹ Traité de la composition et de l'exécution des jardins d'ornement ... Extrait, sur un nouveau plan, de l'Encyclopédie du jardinage de M. J.C. Loudon, et traduit de l'anglaisChapitre 21 sur 60 · GENRE 1)R' BEAUTÉS · texte numérisé non relu

GENRE 1)R' BEAUTÉS

pratiques du jardinier, qu’en dépit de nos efforts «à étudier les effets naturels du temps, et de notre exactitude à les imiter, toute plantation artificielle, dans les mêmes circonstances, sera en définitive de beaucoup inférieure à un bois naturel. Nous en appelons aux témoignages des peintres qui ont fait une étude particulière du paysage, et qui sont incontestablement les meilleurs juges en ce qui concerne le charme et la vérité des scènes pittoresques.

§ II* Du genre de beautés auquel on peut

atteindre dans la composition des jardins.

Quel est donc le genre de beauté auquel on peut espérer d’atteindre sur le terrain?

Nous répondrons que, à part tout rapport de distinction et d’utilité, il est rare qu’on puisse rien produire de plus que la beauté pittoresque, ou cette combinaison harmonieuse de formes, de couleurs, de lumières et d’ombres, propre à flatter la vue en géné-' ral , et particulièrement le goût des juges éclairés de l’art.

Cette heureuse combinaison n’a pas absolument besoin pour plaire d’étre em-

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preinte d’un caractère général très-prononcé; par exemple, d’être d’un effet riant, mélancolique, élégant, simple ou grand; mais elle peut aussi comporter une ou plusieurs de ces qualités poétiques, à un trèshaut degré, en restant ou sans devenir pittoresque. Elle peut encore réveiller une foule d’autres impressions agréables, sous des rapports de convenance, de nouveauté, ou de contraste avec les scènes environnantes, ou enfin, sous un point de vue d’utilité.

On voit que notre opinion sur l’art du jardinier -paysagiste est un peu moins élevée que celle de quelques auteurs et artistes; mais elle se base sur l’observation et les faits. L’artiste doit sans doute s’appliquer à atteindre le plus» haut degré de beauté que comportent la nature des localités , les vues du propriétaire et les propres ressources de son imagination; mais il doit aussi se garder d’en imposer au public par une ostentation affectée dans ^application des moyens de l’art. Ces restrictions posées, lorsqu «à l’exemple de Price, Girardin et Kniglit , nous assimilons les principes du paysage à ceux de la théorie des jardins*

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qui n’en est que l’imitation , il est bien entendu que nous bornons cette théorie à l’art de créer des sites d’une beauté pittoresque; et si nous l’envisageons comme ajoutant à cette beauté quelque autre expression de la nature, telles que la grandeur, la destruction, la mélancolie, c’est que nous supposons avec Pope, Warton, Gray et Eustace, que l’artiste et le spectateur sont doués d’un sentiment poétique analogue, c’est-à-dire familiarisés avec les émotions réveillées par certains signes qui parlent à L’âme, signes qui résultent des sons, du mouvement, du caractère des fabriques et d’autres objets.

§ IIE • — De V application des principes à la disposition d’un site.

La théorie des jardins, considérée comme art d’imitation, peut être envisagée sous un troisième point de vue, celui de disposer le terrain d’une résidence de campagne : et alors nous comprenons 4 selon l’acception générale de ce terme, toutes les beautés dont nous venons de parler, en y ajoutant

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