J)CT PRINCIPES DE LA. COMPOSITION
qui en réduit les dimensions , s’annoncent cependant par .leurs troncs et leurs contours, pour des arbres réels; ce ne sont point des arbrisseaux distribués à proximité de l’œil pour produire une illusion de perspective. Là construction en ruines n’est point un mur déguisé, parce qu’on y distingue des ouvertures qui jadis étaient des fenêtres, et parce qu’elle est encore en partie couronnée de créneaux. L’eau est naturelle, sa surface étant au-dessous du niveau du- terrain adjacent, et non au-dessus, comme il arrive souvent dans les pièces d’eau artificielles. C’est ce qui complète la * réalité et la vérité de la scène.
C’est par suite de ce même principe de vérité qu’une gradation de la scène, ou, comme on l’appelle, X entente de la distance , est, sinon exigée, du moins désirée dans un paysage. L’esprit , après avoir reçu l’impression de l’ensemble, se plaît à en examiner successivement toutes les parties :
plus l’enchaînement de ces parties sera simple et facile à saisir, plus l’effet en sera prompt et sûr. LVil de l’artiste, en embrassant les parties de la scène les plus voisines
APPLICATION DES PRINCIPES. n 91
comme les plus reculées; y marque aussitôt une distance moyenne ou intermédiaire.
Ces trois points ou divisions doivent se retrouver dans tout paysage, quelle qu’en soit l’étendue.'
Troisièmement, après avoir été flattés par l’impression du paysage, et nous être assurés que toutes ses parties constituantes ont un caractère de vérité, nous nous occupons de leur disposition ou de la manière dont elles concourent à former un tout. Par exemple, le groupe le plus considérable est placé sur le premier plan, à gauche ou à droite du tableau; un autre s’aperçoit de l’autre côté et dans la région moyenne ; c’est là aussi que se trouvent le bâtiment êt le lac. Le troisième plan ou le fond consiste dans une ligne de bois avec quelques masses qui s’en détachent. Quant aux co«leurs , le terrain et les arbres n’offrent que des teintes variées de jaune et de vert. La lumière éclaire surtout le milieu du tableau; elle diminue par dégradations successives en se rapprochant des côtés* La partie la plus éclairée est d’abord l’eau, puis le bâtiment , et enfla un vaste espace de terrain
gi PRINCIPES DE LA COMPOSITION.
Contigu à l’eau. Les groupes du premier plan sont complètement dans l’ombre ; l’un d’eux, tout près de l’eau, est éclairé par un reflet de la lumière principale; et ceux du troisième plan se distinguent par une sorte de neutralisation de lumière, de, couleur, et d’ombre. Telle eSt la disposition des masses ou parties dont l’effet est de fixer l’œil lorsqu’il embrasse l’ensemble de la scène, et de l’empécher d’étre distrait par la profusion dés clairs, la confusion des formes, et le défaut d’harmonie dans les couleurs.
Nous remarquerons ensuite la connexion qui existe entre les différentes masses. D’abord, elles sont liées dans chaque plan par une proximité réelle ^secondement, elles lè sont dans l’ensemble, en ce qu’une masse faisant saillie sur l’autre , elles se trouvent toutes liées par suite de cette proximité ap* parente. Supposons le cas contraire; admettons un instapt que les masses soient sans connexion ; il s’ensuivrait que chacune d’elles se trouvant environnée de lumière, deviendrait un objet isolé et distinct; l’œil n’aurait point de lieu de repos, et tous ces détails ne formeraient point un tout.