PRINCIPES DE LA COMPOSITION
les beautés relatives dont nous avons exposé les principes plus haut.
Nous en déduirons cette conclusion : que les principes de la théorie des jardins, considérée comme art d’imitation, dérivent de la nature elle-même; qu’ils sont développés par les* principes des paysages; enfin, qu’ils sont reconnus et sentis par les esprits sur lesquels agissent les beautés générales et les associations universellement appréciées dans un état avancé de civilisation.
A l’appui de la théorie que nous adoptons, nous entrerons ici dans une rapide analyse des principes de la composition, comme source des beautés naturelles et pittoresques. Quant à ce qui regarde le pittoresque seul, peu importe que nous prenions un paysage peint ou réel; mais comme nous nous proposons aussi d’en indiquer d’une manière concise lès beautés générales ou poétiques, nous préférons la réalité.
Nous choisissons donc un terrain parfaitement plat, varié par des arbres, des ormes par exemple, avec une pièce d’eau, et un mur élevé formant l’angle d’un bâtiment en ruines. Il est animé par des vaches et
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des moutons ; son expression est celle d'une grandeur mélancolique; et, indépendamment de sa beauté, il est pittoresque, c'està-dire que, copié par un peintre, il formerait un tableau agréable.
Le premier principe qui domine dans cette vue, c’est un certain degré d 'unité dans l’expression. Cette scène ne réveille aucune idée de gaîté. Toutes ses parties s’unissent pour former un tout que l’œil peut embrasser à la fois et examiner sans distraction. « La vue, dit Girardin, le plus vagabond de tous les sens, a besoin d’être fixée pour jouir avec plénitude et sans fatigue./» Si ce principe était négligé, les groupes d’arbres, le lac, les bâtimens,ne plairaient que considérés isolément; et l’effet en serait aussi incomplet que celui d’une machine dont les rouages, finis avec soin, ne pourraient agir de concert pour produire le mouvement désiré.
En second lieu , cette scène offre l’ expression fidèle de la nature ; c'est-à-dire que les objets ou matériaux sont tout ce qu’ils paraissent être. Les arbres, ni trop vieux, ni trop jeunes, quoique placés à une distance