‹ Traité de la composition et de l'exécution des jardins d'ornement ... Extrait, sur un nouveau plan, de l'Encyclopédie du jardinage de M. J.C. Loudon, et traduit de l'anglaisChapitre 36 sur 60 · APPLICATION 1)’UN PLAN · texte numérisé non relu

APPLICATION 1)’UN PLAN

Pour tracer d es lignes courbes sur des surfaces inégales, lemoyen le plus simple consiste à déterminer les points principaux de ces courbes par des triangles d’une base donnée.

Le côté du carré inscrit fournit le moyen de décrire une circonférence dont deux points et le diamètre sont donnés ; l’emploi du triangle mobile dont les arpenteurs font un fréquent usage, conduit plus facilement encore au même résultat.

On se sert aussi de ce dernier moyen pour ramener à une ligure circulaire un bassin d’eau irrégulier. Le directeur des travaux se meut circulairement avec le triangle mobile; et, à mesure qu’un point de la circonférence est déterminé, il le marque par un piquet.

Il existe des procédés d’une application également simple pour déterminer une ligne de niveau sur une surface irrégulière, aussi bien que pour obtenir des lignes ascendantes et descendantes d’une pente uniforme.

Les divisions et subdivisions de terrain rentrent ordinairement dans les attributions de l’arpenteur; mais l’ingénieur paysagiste

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Pour les travaux payés à tant le mètre ou à la toise, il convient que le constructeur de jardins sache mesurer les surfaces et les solides, soit qu’il s’agisse de déîoncer un terrain pour le rendre propre à la culture, ou d’y pratiquer des tranchées, des saignées, ou enfin des excavations destinées à recevoir de l’eau ou les fondations d’un édifice. Ces connaissances reposent également sur les simples élémens de l’arpentage ; le point le plus digne d’attention est relatif aux excavations considérables dont la terre se trouve transportée à des distances différentes. Dans ce cas, le jardinier fera bien de se guider sur les règles suivantes, familières aux entrepreneurs de canaux.

Dans les terrains mous et légers, où la bêche suffit, un manœuvre enlèvera une verge cube ou vingt-deux pieds cubes de terre en une heure ou dix verges cubes par jour ; mais s’il est necessaire d’avoir recours à la pioche , il en faudra un , et même deux de plus,

Digitiz

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si l'on travaille sur un gravier compacte et résistant. Les salaires d’une verge cube, basés sur ces différentes circonstances, suivront la progression arithmétique i, 2*3,

Dans les terrains sablonneux qui exigent l’emploi des brouettes pour l’enlèvement des fouilles, il faudra la journée de trois hommes pour transporter trente verges cubes à une distance de vingt verges. Si la distance est plus considérable, on peut compter qu’il faudra un homme de plus pour chaque augmentation de vingt verges. Au reste, une règle détruis suffira pour déterminer les inconnues qu’on peut avoir à chercher dans ces sortes de problèmes.

§ IV. — Exécution d'un pldn.

L ’ exécution d’un plan nécessite des opérations mécaniques qui ont pour but de déblayer le sol, d’aplanir, les surfaces, de ménager l’écoulement des eaux surabon-, dantes, de former des surfaces artificielles, des allées et des routes.

On peut faire disparaître les blocs de pierre en les enterrant dans des trous voisins; quelquefois, pour faciliter Fenlève-

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meut des souches d’un Tort volume, on les fend au moyen de coins, ou bien on les fait éclater avec de la poudre. Ce dernier agent n’était pas sans danger “pour les ouvriers, mais les accidens sont bien moins fréquens depuis qu’on a substitué le sable à l’argile et aux gravois dont on faisait usage autrefois pour bourrer la mine.

Lorsque les obstacles ont disparu, on s’oc- * cupe d 'aplanir la surface du sol : il faut combler les puits , les carrières , les mai es, etc. , démolir les digues, raser les monticules artificiels et les mamelons, et en disséminer les débris , avant de déterminer sur le terrain les différens travaux d’embellissement.

S’agit-il A' établir des conduits souterrains destinés à l’écoulement des eaux, après avoir détermiué la direction de la tranchée principale et celle des saignées latérales, on creuse le lit de la première. Si la terre est meuble et légère , on transportera d’abord sur les lieux les matériaux destinés à revêtir ou à fermer le canal, de peur que la pression des tombereaux n’endommage les bords de la tranchée. Ou ne la recouvrira point avant qu’elle ait été achevée dans toute

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sa longueur, et qu’on n’ait rectifié toutes les imperfections de nivellement que son lit pourrait présenter.

Les excavations destinées à recevoir des eaux, varieront selon la nature de ces eaux et celle du terrain et du niveau. L’existence d’un volume d’eau indique généralement que le sol a les propriétés requises pour le contenir, et qu’il existe des sources qui l’alimentent. Mais si l’eau vient d’un point éloigné, on est fondé à en conclure que le sol n’est pas constitué favorablement pour son séjour; alors toutes les précautions de l’art sont nécessaires et dans le dessin et dans l’application. La surface la plus convenable comme lit , est celle qui est au-dessous du niveau et unie, et le meilleur sol, celui dont la base est la craie ou l’argile. Il est peu de pièces d’eau qui demandent plus de dix pieds de profondeur au milieu; cela suffira toujours pour empêcher les bestiaux de les passer à gué , et pour prévenir la multiplication des plantes aquatiques.

Lorsque l’eau est barrée par une écluse jetée en travers d’un terrain creux, le fond n’exige aucune attention particulière, si ce

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n’est dans le voisinage de l’écluse» Celle-ci doit former un plan incliné pour mieux résister à la pression ; la surface en sera revêtue de glaise ou de ciment pour prévenir l’infiltration. Cette dernière précaution s’appliquera également aux bords et à la partie la plus profonde du lit. Les bords seront garnis de gravier et de cailloux, selon l’exem-r pie donné par la nature ; le sol en deviendra plus praticable et l’aspect plus pittoresque.

En général, le bord des rivières peut être abandonné à la nature ; dans les embellissemens qu’on leur ajoute, il convient d’en étudier les bords après les inondations et les ouragans.

Les accidens de terrain destinés à imiter la nature, tels que les collines, les montiez les, etc., nécessitent des travaux qui laisseront à la disposition des couches de bonne terre; on pourra les distribuer sur les points les plus convenables , sans laisser de traces de ces rapports.

Les surfaces évidemment artificielles , comme les terrasses, talus , chaussées, etc., s’exécuteront sans difficulté; leur usage, très-borné aujourd’hui, formait un desca-

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ractères principaux du style symétrique.

Pour ramener une surface irrégulière à une surface plane, on peut opérer d’après les procédés géométriques ordinaires, ou parvenir au même but par approximation et au moyen du tâtonnement. Dans les travaux (V excavation ou cT élévation, il faut tâcher de simplifier les uns par les autres , de manière à ce que les matériaux tirés des creux soient portés sur les points qu’il s’agit d’exhausser.

Les promenades ou allées ont pour but de faciliter l’inspection des scènes, d’offrir un exercice salutaire, et de laisser l’emplacement convenable pour l’ exécution des travaux. Il convient que leur sol , qui doit être sec, laisse un écoulement facile aux eaux de pluie; il peut être recouvert de gravier, de sable ou d’herbe.

Il faut considérer deux élémens dans la formation des allées, la couche inférieure et la superficie. La première est ordinairement logée dans une excavation , dont la section est un segment de cercle. Dans les .terrains humides, la région du milieu, qui est ordinairement la plus profonde, a quelquefois une rigole pour l’écoulement des eaux qui

ifio ’ EXÉCUTION DES JARDINS.

filtrent à travers le gravier des bords. Mais on pourra se dispenser de cette précaution, si l’on a donné aux allées une pente convenable. -

Dans rétablissement du fond, qui consiste en pierres, cailloux et gravois, on a soin de placer les plus gros et les plus lourds en dessous, et d’y passer le cylindre avant de constituer la superficie de l’allée, afin de les assujétir, et d’empêcher que le poids de la couche qu’ils doivent porter, ou toute autre charge accidentelle , ne les fasse varier dans leur position.

Lorsque la couche de la surface est de gravier, on'peut lui donner une épaisseur de quatre à six pouces. La grosseur des pierres ne doit pas alors excéder celle d’un œuf de pigeon ; on y joindra un mélange de matière sablonneuse , comme ciment. Le gravier de terre est préférable à celui de rivière sous le double rapport de l’adhérence et de la couleur. L’épaisseur du sable dépendra de la qualité des matériaux et des motifs qui en ont déterminé l’emploi.

Une couverture de terre et de gazon ne doit pas avoir moins de six pouces d’épais-

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seur, pour favoriser le développement des racines et leur nutrition dans les sécheresses. Alors la couche inférieure doit être un mélange de terre argileuse et compacte et d’un sol mobile et sablonneux , plus propre que tout autre à servir d’éponge.

La courbure qui convient aux allées sablées , ne doit pas être adoptée dans les allées de gazon. Ces dernières ont ordinairement pour hase une terre compacte, sans qu’on ait égard au substratum ou couche inférieure, surtout dans les cas où lès allées sont peu fatiguées , si ce n’est dans la belle saison ; si elles sont continuellement fréquentées , le procédé indiqué plus haut est préférable.

Quelquefois le sable et le gravier s’emploient, et pour la superficie et pour la couche inférieure : ce procédé facilite le développement des racines des arbrisseaux ; * il est indispensable dans le voisinage immédiat des plantations.

Les scories des métaux, les cendres de charbon de terre, les matières de rebut provenant des mines et des verreries , s’emploient quelquefois au lietf de sable, mais leurs couleurs s’allient rarement d’une ma*

ifia EXÉCUTION DES JARDINS.

nière heureuse avec celles de la végétations

La largeur des allées dépend généralement de l’étendue de la propriété, et non de celle d’une scène particulière. Elles ne devraient jamais être assez étroites pour empêcher que deux personnes puissent y marcher de front; mais on peut doubler et même décupler cette dimension dans les promenades publiques et les parcs considérables. Leur direction dépend de leur destination particulière et de leurs rapports avec les différentes scènes et détails qui embellissent la propriété.

Les sentiers sont ordinairement couverts d’une légère couche de sable, de gravier ou de coquillages : leur largeur varie parfois dans les parterres, selon la forme des compartimens; mais ceux qui servent de séparation ont en général deux pieds de large dans les jardins clos de mûrs, et courent parallèlement aux allées principales.

Les routes sont des allées de grande dimension, et sont formées sur les mêmes principes qu’elles ; si leur largeur est considérable, elles - ont souvent une rigole des deux côtés, surtout lorsque la base en est

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compacte et impénétrable. Dans le cas où elles seraient bordées de talus dans le but d’arrêter l’eau qui coulerait des points plus élevés, il conviendrait d’y placer de distance en distance des grillages ou dalles forées qui communiquassent avec les rigoles de ces terrains. Des fossés parallèles à la route conduiraient au même résultat.

Da duree et lu solidité des allées et des routes dépend de leur capacité à résister à l’action des animaux et des machines qui passent sur elles, ainsi qu’à celle du temps et de la végétation. Pour cela, il faut que la partie inférieure en soit sèche et ferme , et, comme nous l’avons observé, on obtient ce résultat au moyen de rigoles de dessèchement latérales ou d’une centrale, et en composant la couche sur laquelle on doit marcher, de gravier ou de fragmens de pierre recouverts de sable ou de gravier fin. Pour résister à la marche, il faut que la surface soit d’autant plus compacte, solide,, et d’une texture homogène, que le poids des animaux doit être plus considérable et la surface de leurs pieds plus petite : ceci s’applique également aux voitures.

Pour que les routes résistent à l’action des pluies , l’objet" principal est que des égouts servent à détourner les eaux surabondantes, que des rigoles de dessèchement reçoivent celles des sources souterraines , tandis que la pente tient la surface sèche ; de cette manière on prévient les dégâts occasionés par la stagnation ^es eaux, ainsi que les effets de la ge’lée, ceux des voitures pesantes et les inconvéniens 'des roues étroites.

Il n’y a que les routes fréquentées qui résistent à la végétation, et ne soient pas envahies par l’herbe. Mais la solidité est utile aussi sous ce point de vue, et en outre il convient d’exclure toute terre végétale des matériaux employés pour la surface des allées de jardin et des routes d’approche.

Un plan doit être mis à exécution ou par des entrepreneurs à forfait f ou par le proprié- l taire, à ses risques et périls, en raison des circonstances, des connaissances, du goût et des loisirs du propriétaire , et aussi de la nature et de l’importance des travaux. Si l’on doit construire une habitation neuve et disposer le jardin sur un terrain libre, on doit choi-

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sir un bon entrepreneur poub les bàtimens et un autre pour les travaux sur le terrain ; cette méthode sera toujours la plus sûre pour l’exécution et pour la dépense, parce que l’architecte et l’ingénieur paysagiste pourront surveiller tous les détails pendant la durée des travaux. Si l’on n’adopte pas cette marche, les opérations auront lieu sous lesyeux du propriétaire ou de son régisseur, et le plus possible sera donné à faire à la tâche. Il n’y a que les plantations qui doivent être faites à la journée , à cause de l’importance des soins qu’il convient d’y apporter, à moins qu’elles ne soient faites par un pépiniériste qui s’engage à livrer un certain nom bre de plants d’espèce, taille et âge déterminés , et à en répondre pendant trois ans au moins. Relativement à la confection des haies et à l’entretien des plantations, on doit conclure à forfait pour un certain nombre d’années, ou pour les travaux nécessaires à leur formation complète. On trouve à cette méthode l’avantage de réduire ces opérations à des soins d’une surveillance exacte.

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