‹ Traité de la composition et de l'exécution des jardins d'ornement ... Extrait, sur un nouveau plan, de l'Encyclopédie du jardinage de M. J.C. Loudon, et traduit de l'anglaisChapitre 44 sur 60 · SITUATION · texte numérisé non relu

SITUATION

tionbien entendue, une harmonie parfaite de caractère et d’effet. Le jardin botanique, les serres chaudes, enfin tous les accessoires qui peuvent offrir aux promenades un but d’intérêt ou d’agrément, doivent se trouver à proximité de la demeure. »

En général, il convient de placer le jardin à fleurs au sud de l’habitation, entre celle-ci et. le potager.

L’exposition la plus favorable pourle jardin à fleurs est donc celle du sud, non-seulement parce qu’en hiver le soleil donne en plein sur les serres chaudes, mais encore en ce que c’est alors l’endroit le plus agréable pour prendre l’air, lorsque le temps permet de sortir. Le terrain ne doit être ni bas ni humide; il faut donc éviter de l’entourer de murs et d’arbres élevés.

Lorsque la maison est presqu'entièrement environnée par le jardin à fleurs, la variété d’aspects qui en résulte sera beaucoup plus favorable à la continuité de la floraison, que s’il était uniquement exposé au sud.

Les expositions du sud , du sud-ouest et de l’est, sont les plus favorables à la végéta-

tion des fleurs; et, avec cette variété d’aspects, on peut conserver des fleurs quelques semaines de plus.

L’étendue d’un jardin à fleurs dépend de celle du parc en général, et du goût particulier du propriétaire.

L’abri est une condition indispensable; et si la nature n’y a point pourvu, il faut ysuppléer par des plantations. Les arbustes les plus bas doivent être placés dans le voisinage immédiat par ordre de taille; puis les arbres, qu’on ne choisira point de la plus grande espèce, à moins que l’aspect ne soit nord , et les points à garantir très-exposés. On pourra disséminer dans le parterre quelques arbrisseaux élégans, ou même des arbres qui domineront les plates-bandes ou les intervalles de gazon. Ils serviront à la fois d’abri et d’ornement. Mais, en général, trop d’ombre nuit aux fleurs et à l’épaisseur du gazon , outre qu’elle n’est point favorable à la promenade à l’époque du printemps et de l’iiiver.

Quelquefois une baie d’arbustes verts procurera tout l’abri désiré, par exemple, dans les petits jardins dont le sable et la.

DISPOSITION Dü TERRAIN. *99

terre composent le sol. Mais lorsque la scène est vaste et composée de compartimens à saillie, distribués sur le gazon, on en peut environner l’enceinte d’un cadre irrégulier de fleurs , -d’arbrisseaux et d’arbres.

§ II. — Disposition du terrain.

Lorsque l’emplacement est limité, que les fleurs sont rares ou choisies , et les plate-bandes séparées par des allées sablées, on doit préférer un terrain de niveau , ou d’une pente légère et uniforme; mais si l’on étend les limites de la scène, et qu’on y introduise des arbustes et du gazon , une surface sinueuse et variée par la nature ou l’art, sera d’un effet bien préférable.

Dans les scènes bornées qui s’offrent immédiatement à l’œil , l’art peut créer la miniature d’un beau terrain. L’homme n’est qu’un pygmée devant les créations de la nature inanimée; mais sa vue peut s’étendre jusqu’à une colline éloignée, si elle est séparée de lui par un terrain bas, et il suffit pour la borner d’une éminence de quelques pieds de hauteur, placée à proximité; tous les autres objets ainsi masqués acquièrent.

s’ils paraissent l’ouvrage de la nature, un certain degré d’importance dans notre imagination. Des allées tournantes, s’abaissant à quatre pieds au-dessous du niveau primitif, fourniront la quantité de terre suffisante pour les accompagner de tertres ou d’éminences qui auront ainsi huit pieds d’élévation. Et, si on les combine heureusement avec les détails et l’ensemble, on aura de cette manière une base convenable pour un jardin pittoresque à fleurs ou à arbustes.

Lorsqu’un jardin a peu d’étendue, l’effet le plus agréable est celui qui résulte d’une figure régulière, comme cercle, ovale, croissant, octogone, etc. ; mais lorsque l’espace est considérable, une forme irrégulière est généralement préférable. On peut aussi le subdiviser en compartimens par l’emploi des arbustes. Abercrombie recommande l’adoption d’un carré ou d'un rectangle; et quoique la forme doive souvent se modifier selon les circonstances locales, cependant, observe-t-il, lorsque les limites d’un jardin sont telles qu’on peut les embrasser d’un coup-d’œil, il convient de lui donner une forme régulière. Nicol s’exprime ainsi: o-On

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