DISPOSITION I)U TERRAIN. SOI
peut, sans encourir la critique, viser à la variété des formes , pôurvu que les figures soient gracieuses et qu’elles ne paraissent nulle part trop compliquées. Un ovale est une figure qui plaît généralement par la continuité de sa circonférence; ensuite vient le cercle, pourvu qu’il soit d’une grande dimension (i); puis un segment de cercle en forme de demi-lune , ou celui d’une ellipse partagée parallèlement au grand axe.
Mais des formes en cœur, en étoiles, en triangles et en carrés plaisent moins. »
Clôture. Les parterres sur une petite échelle doivent être enclos d’une haie d’arbrisseaux verts, tels que le Houx, le Buis, le Laurier, le Troène, le Genévrier, le Thym , etc. Mais les grands jardins à fleurs exigent une clôture qui puisse leur servir d’abri , comme nous l’avons indiqué plus haut.
§ III. — Emploi des matériaux.
C’est icflè plus difficile de la tâche. Il ne
(l) Dans ce cas, if se rapproche de l’ellipse par un effet de perspeclire. Bernardin de 8aint-Pierre remarque aussi que les courbes elliptiques sont celles dont l’œil est le plus flatté.
30* EXÉCUTION DES JAHDlNS.
faut pas moins de goût que d’expérience pour y réussir. Comme l’objet des jardins à fleurs est de plaire, le principe qui doit servir de règle dans leur arrangement, ne peut être autre que le goût. Mais en fait de jardins comme en toute autre matière, les goûts sont différens : on les a réunis en classes, nommées styles ou caractères. Le grand art du dessinateur , lorsqu’il a fait choix d’un style, consiste à s’y renfermer sans mélange d’aucun autre, et en s’interdisant toute déviation qui pourrait nuire à l’impression que ce style est destiné à produire.
Comme objets de fantaisie et de goût, les stylés des jardins d’agrément sont variés.
Le style moderne consiste dans une combinaison dégroupés ou massifs irréguliers, placés dans le voisinage de l’habitation qui en occupe le centre , et qui lient la maison au terrain découvert. Dans l’ancien genre, au lieu de groupes irréguliers, on employait des formes symétriques ; en France , on y joignait des vases et des statues ; en Hollande, des arbres taillés de diverses manières et des glacis de gazon; en Italie, des murs
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de pierre, des terrasses en maçonnerie et des escaliers. Il y a telles localités qui comportent ces accessoires, ou même leur substitution au genre moderne ; par exemple, les terrains plats et environnés de hautes murailles, tels que ceux qui se trouvent dans les villes , et toutes les fois que le bâtiment est d’un caractère qui ne répugne pas à ce genre d’ornemens. Il y a des jardins construits selon d’autres principes, comme ceux des Chinois, qui diffèrent peu de nos jardins modernes; ceux des Indiens, qui consistent surtout en allées couvertes , en carrés de verdure, etc.; les jardins turcs, qui abondent en pavillons et en bosquets touffus formés de rosiers et de végétaux aromatiques ; et les jardins espagnols, qui se distinguent par les fontaines et les clôtures en treillage. Ces diverses espèces de jardins ne conviennent pas au climat de l'Angleterre, quoiqu’en choisissant dans chacune d’elles ce qu’il y a de plus beau , on pût en former, pour la décoration du voisinage immédiat de l’habitation, un aspect bien préférable à tout ce qui est maintenant en usage.
Abercrombie, Nicol et la plupart des jardiniers praticiens, semblent ne pas avoir l’idée de ce qui constitue le style ; et leurs règles se réduisent, à peu de chose près, à quelques subdivisions de l’espace, au moyen de sentiers qui affectent diverses directions.
L’auteur de Y Art du fleuriste, quoique bornant ses préceptes à un seul style, a sur ce sujet des idées beaucoup plus précises que ces auteurs praticiens. « Il est moins facile, dit-il, qu’on ne Je croirait au premier abord, de tracer, même sur une petite échelle, le plan d’un parterre ; et il n’y a peut-être que les personnes douées d’un coup-d’œil juste, et qui aient une longue expérience, qui sachent apprécier les difficultés qu’on rencontre dans la disposition d’un petit nombre de bordures entremêlées de gazon : l’art consiste à combiner ces différentes parties de manière à ce qu’elles offrent une continuité constante de couleurs ; et , pour arriver à cet effet, il est nécessaire de donner aux plates-bandes une disposition telle qu’en les voyant des fenêtres de l’habitation, ou de l’entrée principale du jardin , l’une ne
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masque point les beautés de l'autre. Il ne faut pas non plus, pour éviter cet inconvénient, tomber dans un pire, celui de laisser entre les plates-bandes des vides qui formeraient de petites avenues, d’où il résulterait que le tout se trouverait morcelé et l’effet général détruit. Un autre point important, c’est la juste proportion du gazon qui, faute de mesure, serait prodigué ou trop restreint en raison de la couleur avec laquelle il doit se marier. Enfin ,.les platesbandes doivent être précisément de la largeur convenable pour que les fleurs soient à portée de la main du jardinier, sans qu’il soit obligé de fouler Le sol en y laissant l’empreinte de ses pieds, ce qui produit toujours un effet désagréable parmi les fleurs. »
En général, les matériaux qui forment la surface d’un parterre sont : le sable, le gazon, les plates-bandes, les compartimens etl’eau; mais l’on y peut introduire beaucoup d’autres objets ou matériaux pour recevoir les plantes et former les allées, tels que des pierres , du silex , du sable et du gravier de différentes couleurs, et sans compter les découpures ou ornemens exécutés par le ci-
aofl «exécution des jardins.
seau du jardinier lorsqu’il veut imiter l’ancien genre français.
Il est rare que le parterre soit trop réduit pour ne pas admettre une serre chaude qui doit être séparée du bâtiment.
DaAs des situations particulières où la vue et l’espace sont également à l’étroit, les serres chaudes peuvent ceindre plus ou moins complètement la maison ou la cour.
SECTION II
Des jardins d' agrément ou bosquets .
§ I. — Formation des bosquets.
Nous entendons par bosquets des jardins ou portions de jardins composés d’associations d’arbrisseaux remarquables par leur élégance et leurs parfums. On y joint d’ordinaire quelques arbres d’ornement et certaines fleurs herbacées. Leur plan se compose généralement aujourd’hui d’une plate-bande ou zone sinpeuse, dont la largeur varie, accompagnée d’une allée; elle offre d’abord les plantes herbacées et les arbrisseaux les moins élevés, puis d’autres qui grandissent graduellement jusqu’à ce