DECORATION DES JARDINS A FLEURS
formes, l’élégance du feuillage, et par des teintes en harmonie avec la verdure environnante. Ils évitent avec soin toutes les transitions trop heurtées dans les dimensions, les couleurs et jusque dans lés teintes. Ils passent successivement du blanc, du paille, du pourpré et de l’incarnat, au bleu le plus foncé et à l’écarlate le plus vif. Ils emploient la même méthode à l’égard des arbrisseaux à fleurs, mêlant ensemble les roses blanches, rouges et panachées, le lilas rose et blanc, le jasmin blanc et jaune, etc.
IV. Décoration des jardins à fleurs. — On est dans l’usage d’employer certains objets d’art pour la décofation des jardins à fleftrs. Parmi ces oruemens qui font ressortir les beautés naturelles et qui en reçoivent euxmêmes un nouveau lustre, nous indiquerons les fontaines dans leurs différentes formes, les sièges pus ou couverts, les statues, les tonnelles, etc. “Les ruches , les volières, et même les cages suspendues ne sont point dépourvues d'agrément; On pourra quelquefois construire 'une fabrique qui offrira la réunion d’un cabinet de minéralogie
aî8 EXÉCUTION DES JARDINS.
avec des serres chaades et une volière.
L’imitation de l’ancien style français admet une profusion de marbres et de ‘végétaux sculptés y des arcades , des colonnades , des tonnelles de verdure , etc. ; mais le style moderne. ne comporte guère que des bancs , quelques sièges abrités sous un pavillon , un cadran solaire , une fontaine , quelques ruines, et un nombre limité de belles statues; le tout distribué avec la circonspection la plus judicieuse.
SECTION rv.
Des serres employées dans V horticulture d'ornement.
L’objet qu’on se propose dans la construction des diverses espèces de serres , c’est l’admission de la lumière et la.faculté d’appliquer aux plantes une chaleur artificielle avec le plus de facilité et le moins de frais possible.
Dans celles où 'l’on élève des primeurs, il est essentiel de donner au -châssis supérieur une inclinaison telle que le soleil puisse exercer toute son influence à l’époque de la maturité; mais les serres des jardins à Jleurs
doivent être construites de manière à admettre le plus de lumière possible durant l’hiver; car la îhaleur factice qu’on y entretient est hors de proportion avec le peu de lumière dont jouissent nos climats à cette époque.
Les serres en usage dans l’horticulture d’ornement ont en général la même forme que celles du jardin potager. Cette forme convient parfaitement pour les plante» alpines; mais pour les arbrisseaux, il faut donner plurf de profondeur aux faces latérale# et à celle de front, et les garnir de vitres jus^qu’à la moitié de leur hauteur, afin que les pots adjacens puissent recevoir les rayons du soleil. Les serres destinées aux plantes bulbeuses les plus élevées nécessitent des précautions analogues. Toutes devront être garnies par -devant d’une gouttière destinée à l’écoulement des eaux pluviales qui tombent suüies panneaux. ’ 9
Des abris vitrés peuvent être composés avec des panneaux mobiles , ce qui permettra de protéger les arbrisseaux et les arbres de plein vent, et quelquefois même les espaliers. »
a3o EXÉCUTIOJV DES JaRDINS.
Dans les serres à toit double , la plate-forme où posent les plantes consiste généralement en appuis ou tablettes commençant à l’allée de pourtour, et s’élevant jusqu’à la moitié • de la hauteur du bâtiment. Dans celles à toit simple , les tablettes montent ordinairement depuis l’allée jusqu’au fond , et dans les deux cas leur degré d’inclinaison doit être le même, c’est-à-dire seulement un peu moindre que celui du toit. La plate-forme est inutile pour les hautes plantes, telles que quelques-unes de la Nouvelle-Hollande et les Camellia; dans les serres destinées aux plantes pjus basses, comme lèS bruyères et i u n i >U premier rang delà plateforme, lorsqu'elle se trouve séparée de la façade principale par une allée , doit être au moins à deux pieds et demi de terre, et les autres s’élever ensuite- parallèlement au toit. Les plantes étant ainsi rapprochées des panneaux , lajumière leur parviendra aussi peu décomposée que possible.
Dans les serres peu soignées les tuyaux de chaleur sont établis au-dessus du sol; il n’est pas moins avantageux et de meilleur goût de les faire régner en dessous de l’allée,
SERRES. 23c
en les isulant de manière à ce que l’air joue librement à l’entour. Un seul foyer suffira généralement pour élever quatre ou cinq mille pieds cubes d’air au degré de chaleur convenable. -
L 'orangerie était la serre en usage dans le d ernier siècle; elle avait pour objet de protéger contre l’hiver les plantes et arbres exotiques, tels que les Orangers, les Myrtes, les 'Grenadiers et quelques autres; les^Géranium , les Bruyères et d’autres plantes délicates , qui exigent beaucoup de lumière y étaient peu connus. L’orangerie alors était appuyée à la maison ou placée dans le voisinage, et subordonnée à son plan. Cette dernière circonstance a fait naître un préjugé très-défavorable à la culture des plantes exotiques d’agrément; c’est que tout bâtiment plapé à proximité de l’habitation doit se composer, comme une construction architecturale, de fenêtres séparées par des colonnes ou pilastres de maçonnerie, avec une corniche et un entablement régulier. Ce mode de construction rend ces bâtirnens si sombres que jamais les plantes n’y acquièrent une végétation vigoureuse, ni des
a3a exécution des jardins.
couleurs vives et franches ; le bon goût lefc réprouve donc, puisqu’ils répondent si mal à leur destination. Dira-t-on en leur faveur qu’ils peuvent servir de promenades d’hiver ©u de salles pour donner des fêtes? Mais dans ce cas même on pourra les décorer, à l’aide dè quelques caisses d’orangers, de Camellia, etc., qu’on tirera de la serre , et qui n’auront point à souffrir de leur séjour momentané dans de tels emplacemens.
Une amélioration importante qui s’est introduite récemment dans là construction des serrés et des orangeries , consiste à former les gradins de minces dalles au lieu de planches. Souvent ces dalles sont évidées de manière à offrir un rebord d’un demi-
pouce ou plus pour retenir l’humidité. Pour appliquer cet avantage à des gradins en planches , on pourra donner un rebord de bois à chaque tablette, que l’on recouvrira d’une couche de gravier ou de scories.
Le nom de conservatoire est généralement donné par les jardiniers aux serres où croissent les plantes sur des couches sans être empotées. Il se trouve quelquefois dans l’emplacement du jardin d’agrément avec les
autres serres, mais plus souvent il tient .à l’habitation. Sa construction repose sur les mômes principes que celle des serres, si ce n’est qu’une couche de tenre est substituée aux gradins^, et une bordure étroite*, aux tuyaux de chaleur. Une* condition également indispensable, c’est que l’air y joue li- , brement dans les directions du tort et des côtés; les châssis doivent pouvoir s’enlever en été. Si la construction du bâtiment s’y oppose, les plantes s’étiolent eu peu d’années et se dégarnissent par le bas ; mais lorsque les parois, à l’exception de celle qui regarde lenord , se retirent en été , l’inflûence * des pluies, des vents, de la rosée, des rayons directs du soleil, leur donne une plénitude de forme et de feuillage, une vivacité de couleurs qu’aucun moyen artificiel ne pourrait leur procurer. Si le conservatoire est vitré de tous les côtés, il devra autant que possible être placé dans la direction du nord au sud, afin que les plantes puissent jouir également du soleil. S’il est adossé à un mur, la face vitrée pourra se trouver dans une exposition quelconque, à l’exception de celle du nord. Lorsqu’il se trouve entière-
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ipoent isolé, le plan que nous conseillerions
serait celui qui permettrait l’enlèvement complet de toute la construction , à l’exception des tuyau* de chaleur et des plantes.
Il est cependant des conservatoires si étendus,, que les frais* de déplacement seraient considérables, ainsi que les risques du brisement des vitres et le danger plus grand encore de compromettre le salut des plantes en les exposant- à l’air libre trop tôt au printemps, ou les y laissant trop tard à l’automne. Pour obvier à cet inconvénient, nous recommahderons l’usage du toic polyproso pique des Anglais. Grâce à cette invention ingénieuse, les plantes peuvent, quel que soit le temps, et dans l’espace de quelques minutes, se trouver exposées à l’air, à la pluie et au soleil, aussi complètement que si le toit était enlevé, et être renfermées ensuite avec non moins de promptitude.
Un procédé plus économique, c’est de construire le conservatoire à l’aide de panneaux rectangulaires unis et maintenus par des tringles de fer. Ces panneaux peuvent s’enlever au commencement de l’été, et s’adapter aux espaliers pour la maturité des
pèches, des figues, etc.; ou enfin aux melonnières. Sj le grillage de fer est à demeure, on peut le masquer au moyen de plantes grimpantes ou de vignes à feuilles laciniées.
Quelquefois le conservatoire renferme un.
bassin destiné aux plantes aquatiques, avec quelques poissons rouges; mais comme la température de l’intérieur est généralement, trop élevée pour les plantes de ce genre , cet accessoire ne peut servir que comme décoration, et pour fournir aux besoins d’arrosage.
La serre sèche est particulièrement consacrée à la culture des plantes grasses. Sa forme ne diffère point de celle des serres ordinaires, si ce n’est qu£“ la plate-forme est peut-être un peu plus. rapprQchée du toit. La dénomination de cette construction indique que la température y est généralement plus élevée, et que l’air y est plus sec que dans les serres chaudes, où l’eau en plus grande abondance produit plus de vapeurs.
La serre à tannée chaude* diffère de la précédente en ce qu’au lieu de plate-fornie^elle renferme un lit de tan ou 'd’autre matière propre à entrer en fermentation. Ce lit peut
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Aquarium . — La plupart des plantes aquatiques non indigènes, devant être cultivées dans les étuves humides, il est d’usage de leur réserver un bassin situé à l’une des extrémités du lit de tan et aussi près de la lumière que possible. Quelquefois le lit tout entier est remplacé par cette eau. L’aquarium de White-Knights , bâti par Tod ; se compose d’un toit vitré aussi bien que la partie supérieure des parois latérales, jusqu’au niveau de l’extrémité du tuyau. Un bassin entouré d’une allée occupe l’intérieur, du bâtiment : il est revêtu de plomb, et rempli d’un mélange d’eau et de limon favorable à la végétation de certaines plantes. Un tuyau de chaleur circule sous le
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fond même du bassin; un autre conduit élevé au-dessus de terre, règne dans l’intérieur et se termine par un conduit de chéminée placé dans l’angle nord-ouest. Le fond de la citerne, qui doit être plombé, est formé d’ardoises soutenues par des barres de fer fondu. qui se Croisent. Un fond de bois eût été plus convenable pour recevoir la couverture de plomb, mais le voisinage des conduits de chaleur a nécessité l’emploi du métal. L’eau du bassin est fournie par une pompe.
Sir W. Chambers paraît avoir le premier suggéré l’idée d’une serte froide. La forme la plus simple à donner à une telle serre , destinée ?mx mousses , aux végétaux cryptogames, etc., qui demandent un certain degré de fraîcheur, cette forme , dis-je , est une voûte en maçonnerie, d’un style rustique, dont le plancher serajt traversé par un ruisseau, et du toit de. laquelle l’eau tomberait goutte à goutte de toutes parts pour venir se confondre dans ce ruisseau.
C’est une imitation fort simple dés grottes filtrantes qui se rencontrent quelquefois dans le voisinage des roches calcaires.
a38 EXÉCUTfOS DES ^ABD^NS. * Entre autres exemples, nous pourrions citer la grotte de Rousseau près de Lyon , où ,1e thermomètre centigrade ne marquait que io° le 19 juin 1819, tandis qu’il s’élevait à ar en plein air, à l’ombre d’un mûrier voisin. Différentes espèces de mousses et de jungeri^anes tapissaient l’intérîeûr de la grotte, tandis que plusieurs espèces de fougères se trouvaient près de l’entrée.