‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 21 sur 39 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

JARDIN ZOOLOGIQUE PAYSAGER.

O^Ue sorle de jardin est» quant à la forme^ de nouvelle inyention. A Londres, où ce genre a pris naissance, des amateurs d'horticulture et d'histoire naturelle se réunirent en socli'tc pour créer uu beau jardin. L'idée leur vint de Tomer de fabriques habitées par des petits oiseaux , puis auprès de ceux-ci ils eurent des oiseaux d'espèces plus grandes, des quadrupèdes y trouvèrent place à leur tour, enfin, le nombre d'animaux de toutes les espèces s'augmenta tellement qu'aujourd'hui, paf le fait du goût des Anglais pour les voyages^ joint ù la facilité qu'ils ont de se procurer les plus beaux individus en histoire naturelle, grâce k leurs possessions nombreuses sur tous les points de l'univers, cette collection est sans doute l'une des plus complètes de toutes celles de ce genre en Europe , sans en excepter le Jardin des Plantes de Paris. Les richesses zoologiques s'amoncelant pour ainsi dire, la société anglaise se vit forcée d'étendre considérablement le terrain, qui, dans Torigine, lui avait paru suffisant. La distribution et le tr^cé de ce jardin décèlent le goût et un entendement approfondi des convenances ; les soins qu'on apporte h la culture des végétaux d'ornement qui, dans la belle saison, tapissent cette enceinte de fleurs innombrables et variées, tout concourt à en faire un véritable pa«

radis sur la terre* A chaque pas ce sont des volières élégantes bien aérées, retenant prisonniers des myriades d'oiseaux rares, ce sont des pièces d'eaux animées par toutes les espèces d'animaux aquatiques, puis des cabanes de construction gracieuse , des enceintes de verdure renfermant les quadrupèdes étrangers inoffensifs , des cavernes rocailleuses, demeures des animaux féroces; d'immenses cages que parcourent en tous sens les singes les plus gracieux et les plus laids ; c'est encore une collection curieuse des chiens de tous les pays, et, non loin de là, une peuplade d'écureuils tous plus charmants les uns que les autres. Des antilopes, un rhinocéros, trois éléphnns, quatre girafes trouvent aussi leur place dans la ménagerie de ce jardin zoologique. La société a jugé convenable de faire payer un droit de l fr. 25 cent, à chaque visiteur, et le nombre en est grande ce moyen, qui réussirait mal en France, a donné la faculté d'augmenter ainsi cette collection, riche aussi des dons envoyés par des amateurs opulens. On jugera du goût et des ressources que possède la nation anglaise pour ce genre de curiosités, lorsqu'on saura qu'une société émule s'est constituée pour créer, dans un quartier opposé de la métropole des trois royaumes, un jardin non moins étendu, non moins beau

et dont les ricliessesy tant en végf'taux raresqu'en animaux remarquables, égalent celles de la première. On voit dans ce dernier trois girafes.

Ce qui fait le clinrme des jardins zoologiques de Londres , c'est que, dessinés cnliérement selon le système paysager, la division de chacune des parties est plus natu-. relie, les sites sont plus varii's, et conscquemment les fabriques destinées aux animaux sont présentées d'une manière bien plus pittorc-S'|ue que beaucoup d'autres jardins consacres à l'étude de la zoologie *, mais ce qu'ils n'ont pas > c'est cette école de botanique si complète et si savam--

ment ordonnée , qui fait de notre Jardin des Plantes le lieu le plus ricbe, peut-être, et le plus approprié à l'étude des sciences.

La pi. 92 représente des fabriques dessinées dans les jardins zoologiques de Londres. Le n'' 1, du jardin de Regent's Paik, lè premier fondé, est la cage de l'ours blanc , et le n° 5 celle des singes. Le n® 2 est un /£i/i/ie/ servant h communiquer d'une partie du jardin à l'autre, et passant sous le cbemin public. Les n°' 49^*6 donnent diverses loges parmi les animaux, prises dans le Zoological garden de Surrey.

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