‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 20 sur 39 · DEUXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SECTION

FLAttS BT DSSC1lt?TlON8 VU JARDINS DE TOirTBS GRANDStJlL8.

Nous avons diversifié, autant que posnble, la grandeur et le caractère des jardins dont nous donnons les plans. On pourra objecter néanmoins que, trop souvent, la forme desjardîns (|ue Von aura à planter ne se trouvera pasd^HCcordavec celle des plans que nous donnons. Cela doit rtreet nous en aurions devinés mille que le m6me inconvénient pourrait encore subsister plus ou moins. Nouit avons eu pour but principal de mettre sous les yeux des modèles de dilTérens genres qui pussent appeler les idt'-es et venir en aide A Tamateur duns Tornemenl et la composition de son jardin: nos figures sont le complément de la théorie.

ou mieux la pratique appliquée & la lot des convenances qui en est la théorie.

Si parmi nos plans il sVn trouve un qui, par son caractère et ses proportions, convienne au terrain que Ton se propose d^orner, il suffira simplement de supprimer quelques parties accessoires qui pourraient g^ner,ou bien on les transposera ; dans le eas où il resterait des anglrs à remplit, ou s'il y avait une partie du sol qui se trouvtt en moins dans le dessin adopté, soit sur la longueur^ soit sur la largeur, on ajouterait quelques allées et bosquets. Il arrivera fréquemment que le plan choisi ne rem-

âm Roi, naos iMn|MàfMt aoift turprUs ds parraurir un «hcmin «strémcintai lorineos. Pour m disculper du toupçon dVvoir pu tracer on bUble chemin, r^rtî^lt uouaUîi f|ut le Koi luî-oiliiie l*iivftil ordonné ainsi, en disant à son jardinier da prendra unel»érhe, da U traîner derrière lui, rt de marcher en se promeoani au hasurd et selon sa fanlaiMe. Nous nous rappeUme» à ce sujel que plus «funr fois nous avions entendu dîreî « Quand on veut tracer les allées d'un jardin anglais^ il suffit de soûUr son jardinier et de suivre sa trace ». Il faut convenir ij'je, par ce mojen a«p4éilif» an aa cs f ne er a «fu'ua jardin dig at d*«n cnb«ret«

pKr» qv'iuie portion aoUble dn sol dont on Tent tirer jMirti, niais alors on pourra combler Tcspace avec un potager, nn jardin fruitier on nn rerger de forme pins on moins r^nlière.

Notts n*a¥ons pas indiqué sur les plans Ions les lieux où il aurait ^lë possible de crëer des fabriques, de placer des statocs» des rases, elc* Celte disposition n'est* i vrai dire, qu une aftiire de goni appuyée par la convenance) or, cbaoïn, d apris le iiesriu c^nM aura adopté, jugera rendroit k pins eouvttiable k la création de ces objets dont les pins sai .lans par leur e^iracière §i>rm9toD%poinis de vue de rhabtâatiun; ce« de moindre importance auront leur efltt dans des fcëoes secondaires dont ils seront destinés i faire Torm ment principal , comme, par exemple , au milieu d*une salle de verdure , d*une clairière , k Textromité d*une «ll^e, etc.

Dans aucun ouvrage publié en France on n*a pensé à donner des exemples de compositions qui pussent être adaptés aux petites propriétés ( nous nous sommi^s ei- (ofcéê de remplir cette lactnn^* Le dessin n^ 9« pK 8, pent être teaeé dans nn espace de quatre perches de ter* rain et contenir, comme la figure Tindique, nn banc de f«snndans un cabinet de verdure^ unepdouse, deox corbeilLa et avoir encore de la place pour quelques ▼awa*

On sent bien <pie de semblables jardins, comme nous FaTons dit, ne peuvent et ne dmvent renfermer des ar* br«^ dépassant la bàntenr des murs; il ne &udra!t plus alors penser i jonir du saxon et des plantes que l'on j ▼ondrailoadiîver} on pourrait, tonlaa plus , y admettre

un arbre de troisième grandenr tel qu'un oityse &nx ébënier, dont le feuillage est peu compacte. Mais nomme le même plan est également applicable i un espace qnî s'étendrait a vingt-cinq perchas on on quart d arpent» il est évident que le terrain en s'élargiasant permettrait de se relâcher de cette rigk, sans cependant dépasser une proportion telle que les arbres trop grands fissent périr les petits par leur ombre et leurs racines»

Le plan n' io,pU8, peut avoirdepm^ dix juiqu'i trente perches. Dans sa petite dimension^ il est très varié ^u jo» lis points de vue* A l'un des angles est un petit pavillon^

L^e plan n* 1 1, exemple d'on terrain disposé en travers, est orné d'une volière»

Le n* 1 3 est planté en arbres fruitiers et de telle ma^ nière que l'on a mâine réservé les murs pour espalieni} il peut servir pour un terrain de quioxe à quarante piYehes.

Le n* i3 est un jardin de ville pour Insage d'une maison habitée au besoin par deux Incataires ayant le jardin en commun. Les plantations sont faites de telle sorte que chacun soit a peu près ebex lui. Il est disposé de &fon i ee que Ton pniaie éublir une séparation réelle peu appart'ote.

Deux jardins d'un demi-arpeot sont figur's pi. g. Le dessin du n"" i*' pourrait cependant s'étendre è un arpeut.

U ne contient qu'un pavillon de repos C environné de vases de fleurs ; mais il est très éi^nt par la manière dont il est planté en ampbitbeltre, au moyeu du choix des arbres et arbrisseaux qoi augmentent successivement

de grandear depuis la pelouse jusqu^an cabinet de ver<* dure B , et de même sur le c6té droit. Ce jardin pourrait servir pour fleuriste en sillonnant lés massifs de sentiers destines au service des plantes. En fi est une statue et en D9 dans un cabinet de verdure^ sont un banc et une table rustiques, près de l'habitation dont l'entrée est

en A.

Le n** 3 se compose d'une pelouse F^ de deux pavil* Ions B près de Tbabitation dont Tentree est en À, d'un billard G dont la fa^de est ornée de quatre, vases, d'une salle de verdure E avec un banc de gazon. En D est une slaltie. On a planté sur la pelouse deux groupes d'arbres verts pour faire repoussoir sur le fond du jardin dont la salle de billard fait le point dr vue. Le graveur dans ce dessin a trop ombré les abords dvs croisées du billard , elles doivent être dégagées.

Le jardiu n* 3 , pi. 9^ d'une forme démesurément longue, a été gravé ici à cnuse de la difficulté vaincue. Il était planté en fruitier et potager, et Ton voulait cependant, tout en conservant l'utile, ajouter l'agréable. La partie gauclie de respalier* peu productive par son exposition , a été sacrifiée pour le bosquet. Il était impossible, sur ce long terrain de plus de cinq cent^ pieds snr soixante-dix, de ménager un point de vue depuis l'habitation A jusqu'à l'extrémité du jardin ^ ou au moins jus<]u'au point H, force a été de diviser cette longueur en plusieurs scAn-s de peu •''♦''en'^np. T^a n*''^mî^rp se compose de la terrasse C, plu* élevée que le janfin Joui eile est st'parée par un mur d'appui orné de vases. Cette terrasse, où il y a une pelouse et des arbrisseaux , formait , en elle-même ^

un petit jardin d'où on descendait dans le grand. Une seconde scène était formée par le bosquet en retour jus* qu'au pavillon E (lequel est figuré sur la pi. 108, n"" 3). De là une troisième et une quatrième. scène F G, et enfin, à partir du point H, le potager tout-à-fait à part. En B une basse-cour, en D une statue. Dans la maison, le présent ouvrage a été conçu et composé en partie. La cinquième édition, beaucoup plus importante que les précédentes, a employé deux années de veilles et de soins dans une autre petite habitation champêtre figurée pi. 69, n^ 1. La pi. 10 donne les plans de quatre petits jardins paysagers, dont les terrains sont irr^uliers.

N® 1. Jardin ddun demirorpenU

A habitation, B hangar, sur une cour, C volière avec vases de fleurs autour , sur le soubassement , D cabinet de verdure, E pelouse.

N* 3. Jardin de trois quarts d^ arpent.

A B habitation et petit bâtiment acce^<ioire, entourée ou ornés de corbeilles de fleurs ;C pelouse où l'on ne d( vra rien placer qui puisse masquer le point de vue. Un groupe de cinq arbres verts, plantés à droite, sert de repoussoir pour le théâtre de fleurs D. Ce ib'âtre on amphithéâtre^ dont le terrain s'élève suceesMvemenl de quelques pieds, est composé, en premier plan, d'une demi-corbeille déplantes peu élevées; en deuxième plan, d'une plate-bande de plantes plus élevées; en troisième pl'.n, cie qualoizu v.»sej> a IJeurs, et euliu d'un-j per^ole couverte de vigne. Le massif qui lentoure en partie sera planté d'arbrisseaux et plantes d'agrément. C'est le même

-^ ee-

geore cte pergole figure sur la pL 5, fig. 9. Les statues de Flore et de Zi-phyr sont placées au devant. E cabinet de yerdure* F banc de gazon. Si » ce qui serait pnSférable, l'habitatipn s'élevait dans la partie large du terrain^ il serait facile de changer la position de l'amphithéâtre et de le reporter sur le dessin à rextrémité étroite du jardin.

N^ 3. Jardin â!un quart iTarpent*

À habitation j B pelouse, G kiosque servant de point de vue de la maison, D E cabinets de verdure avec bancs.

TS^ 4* Jardin déplus de trois quarts d^ arpent.

 habitation et petite cour à côté, B pavillon ^ G pelouse. Toutes les plantations qui Tentourent doivent s'c!"lever successivement jusqu'aux arbres qui masqueront les murs. Ges arbres ne doivent être choisis que dans les espèces de moyenne grandeur et il en sera de même dans tous les jardins de peu détendue, comme nous ne cesserons de le répéter. Le rocher D, surmonté d'un kiosque , forme point de vue de la maison , et en donne un autre sur le delior!*. Ce k o^que c-t tonte la partie étroite du jardin sont pl-iitét dVrbres toujours vert«. Des ifs et des pins dans K* fond et des alaternes it autres arbrisseaux vrris cachi'ut la clôture. Les deux parterres de fleurs E E se marient agréablement avec les massi'is de la pelouse et du bosquet F. Les massifs G doivent être gar* nisde plantes, élevées de deux pieds au plus afin de ne pas intercepter le point de vue du kiosque.

Dans le jardin u* i, pi. 1 1, de près d'un arpent, Thabilation est placée au milieu. G'est un jardin qui, comme celui de la fig. 2, est très aéré ^ parce qu'ils sont tous

deux peu couverU de bosquets. On pourrait les exécuter sur une échelle moitié moindre. Un fleuriste est disposé sur uu côté de la maison du n^ i ; un grand espace restant entre les bosquets et les pelouses laisse la place que doivent occuper les vases et caisses d'arbustes. G'est ce que l'on pourra observer dans beaucoup de nos plans. A l'angle du n* 3 on voit un petit temple dont le frontispice est orné de quatre colonnes.

Le n^ 3 est un jardin dessiné dans le genre que Thoutn appelait /an^a^/z^u^^ parce que les allées tracées par la fantaisie font quelques détours et ne vont pas assez droit au but. Malgré son titre , ce plan n'en est cependant pas moins agréable ; Tirrégularité qui règne dans l'ensemble a occasioné plusieurs scènes pittoresques très variées qui ont leur charme.

Jardin d agrément de cinq arpens^ pi. ii. L'habitation  eSt grande dans ses proportions et riche dans son architecture; c'est le projet n^ i6 du Propriétaire architecte, page 3i; du côlé de la cour d'entrée B, garnie de caisses, elle est décorée d'un portique- soutenu par des CHratidcs. Le |>ortique du côté du jardin est composé d^nnades >upportées par des colonnes; on descend par un double escalier découvert. Dans l'angle G est la cour de service, les écuries et logemens accessoires.

Ge jardin, créé pour un ami des arts, offre tout ce qui peut contribuer a de nobles récréations et aux plaisirs de tous les âges. Ghacun , dans ce petit empire, trouvera un attrait à son gQUt. A. droite de la grande pelouse, un chemin fleuri conduit au salon d'harmonie D (figuré pi. 111, n"" i) j devant lequel a été ménagé, pour la danse,

UQ empare on)brpgd par des arbres touffus; «le ce c6 ^9 vous trouverez en F le tran€|aîlle jeu déboule, puis IVlourdîssan le balançoire Eau idUmu d^une salle de verdure* Â Tangle t'ioigné de droite sVIève un Uiëâlre cliampAtrc, aux décorations fornu'es d^irbrisseaux taillrs; le fond est rempli par la façitde d'un temple dont rintrrieur con« tient des chambres destiiu-es aux artistes -amateurs. Â ceux qui aimtnt des ocrupitioiis plus si'ric^uses il rst en G des salons ouverts aux jouissance s de Tesprit: c'est une biblothc^jne renfermant les trésors des sci«-^ici*s et de la littérature, et où volontiers on se livreà despiriluelle.^ causeries; c*est un cabitiet de physique, une collection de curiosités naturelles. Un si ul vh* min mène au bosquet protégeant de son ombre ce pavillon où rien ne vient troubler de sérieuses méditations. La stHtue qui décore ce lieu sera celle de la Muse qui prmde aux sciences, la docte Euterpe dont le nom , comme chacun sait , veut dire: cellb qui âhuse bikn. A l'exirème gaucbe, après avoir gravi la pente douce d'une colline,, s'élève un kiosque élégant, entouré de vases defli*urs; pour ceux qui dans l'extase d'un doux far /wnie solitaire éga* rent leurs pensées dans Tenivrante fumée d'un cigare, il est là un divan d où se déploient aux regards les beaut4% du paysage d'alentour. An pied du ch&leau le parterre paré des plus belles fleurs étale ses richesses et mille par- /ums s'élèvent, suaves, jusque dans les salons du maître* Yis-à-yis de la principale façade, a été ménagé un haha fermé par un saut-de-loup, de sorte que de rbabitation le pajuay peut «'étiendne à perte de vue.

PI. i5. Jardin dm dsz^luttt arpeasa La grille a

donne entrée sur un chemin circulaîre conduisant i une jolie habitation, dont â l'avame ona pu apercevoir quel* ques parties i travers les arbres. CVst le n* i4 du Pro* PRiÉTAiRE ARCHITECTR; son architecture est d'nne élégMntes'mplicité. Les points de vuedujardin qui, de tous cèté^,sc multiplient, peuvent seuls suffire» faire de ce lieu une n'si'Ience d<s plus agréables* A gauche*, c\ si la pelouse de rentrée et le verger qui encadre le potager, puis, c'est la large pelouse termîuée par la rivière, bornant le janlin de ce côlé, et permettant de jouir de toute la vue de la camp 'gne ; ensuite vient le bocî»ge et la rivière qui , d^ns sou cours tourmenté, forme dts L.cs et des îles: toute ciite partie est conrotini'^ d*uu bois s*étendanl jue- (]ue sur le coteau ; c'est enfin un élégant perterre-flctt^ riste. tracé en cercle, qui laisse i la vue le loisir de voir au loin par le haha^ fermant la propriété eu point L« Prenant pour point de départ de la promenade le pont situé près du fleuriste, 00 parvient au salon de verdure Af réservé pour la danse ; le pvillon qui l'onae est destiné a la musique , c'est dans le boudoir qu'il reniêmie que les promeneurs , en ae reposant , s'abandonnent k une tranquille conversation. Retournant un peu soraes pea.OfS gravit e coteau où de Tobservatoire B on dc^uvre lea environs ; puis dans une allée solitaire C, on rencontie un ermitage caché an milieu d'un bouquHt de bois et bientôt on se trouve sur le bord du lac de$ irme Jleg. Un bac D tient par une poulie i un câble, dont un l»o«l est amarré au rivage , et l'autre fixé i tUe du petit Bob^ quei; on conduit pairiblemeni le bec an mpjea de et cible. On YÎsite en passant YUe deê Pei^dierê, m wmlim

desquels s'âèfe > modesle , un monument funénire » seul souTenir d'un homme de bien. Un peu plus loin, sur la rive* est une maison de pâclieur, vis-à-vis de l'Ue de Ui ChapelUf que Ton peut aller voir en passant le pont. Que l'on suive à droite ou à gauche les sinuosités de la rivière, on arrive au moulin F d'oà Ton revient par le pont qui donne sur Li prairie en face du château. Çà

Tune, en pente dottet» n'a pas moins de six n^ pens; entourée de palis 9 elle sert de pfttnrage 1 des var ches, des moutons, à quelques biches apprivoisées, don t les divers groupes vivifient la scène. De la fiiçade postérieure de l'habitation se déploie anx yeux le plus rich e parterre; puis au loin , et entre les pilastres de l'exèdre , on découvre la campagae que Ton aperçoit encore par-

et U sur les pelouses sont plantés des bouquets de ceri- dessus le saut-de-loup qui borne la propriété dans cette

siers dont les innombrables fleurs blanches, puis après leurs fruits rougrs comme le oorail, sont d'un bel effet au milieu de la Terdure.

Jardin coamopolUe.

Tout le monde a pu voir à Paris un Musée cosmopolUe * nous avons cru pouvoir employer le même mot.

PI. i4* Cette localité de ^o à 80 arpens, dont certaines parties sont accident'es heureusimiut, offre à l'imagination de l'tirtiste mille ressources pour drployer son talent dans des scènes qu'avec du sentiment et du goût, il saura varier de manière & ap|>eler mcessauiment le désir du promi neur. Tous les dt'tails qui suivent montrent toul ce que h caprite peut faire entrer clans une semblable c'om|)o.«>ilion. dont nous donnons ici un e>sai qui |iourra inspirer des i.iées sans doute plus lieurenses.

Une- large [^riile orme furme une entive cJijjne de ce domaine. Vous la franc hi.<sez pour suivre lavenue si-

prtie. De tel cAté que tous portiez vos regards, ils ne rencontrent que des objets agréables , c'est un étang , un canal dont vous voudriez suivre les bords $ c'est un bo« cage que vous êtes impatient de parcourir; c'est la campagne extérieure offrant sous vingt points de vue , vingt tableaux différens , etc.

Cependant, désireux de visiter ce st^jour où vos idées s'égarent k l'avance, vous vous dirigez à droite vers une allée que Ton vous a indiquée comme étant celle où votre curieuse investigation trouvera le plus d'alimens* Un pavillon circulaire « è trois portes, se présente à vous* C'est U que sans doute on vient, après dtner, savourer le parfum du moka, ou que le promeneur égare ses rêveries au milieu de la molle fumée d'un cigarre, ou bien encore s'abandonne à une lecture favorite; ce pavillon s'éU've au milieu d'un bosquet toujours vert , sorte de labyrinthe« où trois ouvertures semblables donnent issue sur trois allc-es de même apparence. Après avoir parcouru nucu^ qui doit conduire au manoir dont quelques les detix plus courtes qui toujours vous ramènent au

parties ^e la.is.saut voir à travers le feuillage vous pr parent k l'effi-t ^én;'ral. De la L^ade praHi|Mtlc, la vue s'i'« tend sur de vcites pduuses, :iur de belles prairicSi dout

point d'où vous clés parti, vous vous aventurez naturellement dans la troisième, si toutefois le hasard ne vous l'a pas fiiil suivre d'abord. C est alors que^ nouveau cos*

xnopolite^ vous allez entreprendre un vëritteble voyage qui, dans ce plan , n'a pas moins de trois quarts de lieue d'étendue et que dans une plus grande propriété on pourra prolonger encore. Les sinuosités du chonnin sont trac/es de telle sorte qu'elles cmbras eut tout le terrain de ceinture; les pai*tics di^ bois qui Tonibrdgont sont serrées et louflues^Ccir il ne faut pas que d'une partie du che* min on dcV:ouvre celle où l'on va entrer, ou celle que l'on vient de quittr; pour compléter rillusion.. le voyageur trouve de loin en loin une petite borne milliaire, représentée par une distance de i oo toises , ce qui semble décupler Tespace. — Vous vous abandonnez donc à ces ombrages épais. A peine au commencement de la route , et après une éclaircie qui vous Lisse voir un côté de la campagne 9 vous rencontrez un ermitage dont le site borné et p isible inspire le désir d'une existence calme et exempte de soucis. Vous poursuivez, et vos réflexions prennent une teinte de mélancolique pViilosopbie lorsqu'à demi-cackée par un saule, une double tombe frappe votre regard^ une simple pierre porte le nom de Paul et de Virginie !!! A quelques pas de là une cabane indienne > meublée de tout ce qui caractérise les usages de l'homme de la nature, offre avec son lit de mousse un sujet à vos rêveries.

Bientôt la scène change, de plus grands paysages se déploient. Du pied d'une colline , les prés , les champs apparaissent encore une fois riants et verts , mais c'est un autre tableau que vous apercevez , ce n'est plus le mcmecôté delà campagne dont vous avez joui avant d'ar-. river à l'ermitage y vous allez les quitter, et sans doute d'autres émotions vont vous faire oublier ces belles cam-

pagnes. Tout en gravissant la colline, les pins, d'abord rares, annoncent une terre étrangère; en effet un poteau planté en terre indique que là sont les limites de la France vi de la Suisse. — Les pins se montrent en pins grand nombre. Votre curiosité devient de plus en plus vive , vous vous dirigez joyeux vers une vallée, baign^^ par un lac, qui s'étend à vos pieds. Mais quelle n'est ps votre surprise lorsqu'à l'instant et comtne si un génie avait frappé du pied, surgit à vos yeux une maison suisse de la plus jolie apparence.' — Le ranz des vaches se'fait entendre. — A peine revenu de votre exta<ie, une fraîche Bernoise à Télégunt corsage, à la large coiffure de dentelle noire d'où s'échappent de longues nattes de cheveux blonds, s'avance à votre rencontre et vous invite à accepter avec rhospitalité, un laitage pur que vous pouvez voir traire des vaches répandues aux alentours. — Est-ce donc un rêve? voilà bien la Suisse, ses montagnes, ses vallées èi la teinte foncée de sa verdure, voilà bien ses simples habitans ! « L'illusion qui plaît devrait durer toujours ! » Et celle-ci est délicieuse I— Pourtant , il faut quitter ces lieux , malgré tout ce que promet de bonheur cette belle nature; ce frugal repas, offert avec tant de cordialité, vous a donné de nouvelles forces et de nouveaux désirs. Tout en suivant les bords du lac, vous adressez vos rcmerciemens et vos adieux à votre hôtesse, et celle-ci vous engage à vous prémunir contre les dangers et les accidens que, dans votre course aventu* reuse , vous pourriez rencontrer. — Le chemin , devepu moins facile, serpente, étroit et encaissé, entre des rochers et vous amène presqu'au bord d'un torrent dont

les eaux fournies par le lac et qui naguère vous semblaient si tranquilles , s'échappent avec fracas. — Le pont hardi jeté sur ce torrent vous rappelle le Pont^du-Diable du Saint-Gothard. Au-delà , la route prend un caractère de plus en plus agreste, le site se montre plus sauvage, le sentier escarpé se rétrécit toujours, le ciel semble se rembrunir. Tout à coup, parvenu è une gorge qu'un pan de roche surplombant au-dessus de votre tête rend encore plus sombre, il vous a semblé voir, sous une anfractuosité^ des chapeaux de forme conique et k larges rubans , c'est sans doute un jouet de Timagination ^ vous vous avancez : des yeux brillent sous ces chapeaux, vous distinguez des fusils , plus de doute, ce sont des brigands italiens ! Imprudent ! vos regards cherchent un détour. — Cependant la réflexion vous met bientôt au dessus de la crainte et vous méprisez des ennemis impuissans. — La scène se développe , vous voici près d'une rivière d'où vous pouvez entendre encore les murmures lointains des eaux qui s'engouffrent sous le Pont-du-Diable •, vous pouvez apercevoir, en traversant l'île , une modeste chaumière , c'est la demeure d'un pécheur des Marais Pontins, occupé dans sa barque à préparer ses filets. •— Le pieux ex-voiOf placé un peu plus loin sur les bords du chemin, puis, quelques instans après, épars sur le sol , les restes antiques d'une maison de Pompéi où se voient encore des fragmens de peinture à fresque , des fûts de colonnes brisées, des statues mutilées, tout achève de vous dire

que vous êtes sur le sol de l'Italie. Une avenue bordée d'ormeaux et de cerisiers, d'où s'âancent de l'un à l'autre des guirlandes de vigne, laisse à découvert un nouvel aspect de la campagne voisine et conduit à une ^lise d'architecture italienne. Désirant mettre un terme à vos excursions vous poursuivez votre route. L'ombrage d'un bois vous laisse le loisir de rapprocher vos souvenirs et vous vous demandez si , comme tant d'autres , vous ne feriez pas bien d'écrire votre voyage , vos émotions et vos fatigues, vos joies et vos terreurs. Mais ce bois n'est qu'une transition à une nouvelle scène. Cette allée plantée de peupliers n'a-tp-elle pas l'apparence des routes que l'on voit en Hollande? En effet, parvenu à son extrémité une maison hollandaise et un moulin frappent vos yeux. -^ Mais de grandes difficultés vous empêchent d'y atteindre; d'un côté un lac se présente , de l'autre un canal vous barre le passage. Le pont-levis n'est pas baissé, faut-il donc retourner au château par la même route qui vous a amené là ? A tout hasard vous appelez^ une nacelle se détache du rivage opposé et vous conduit au but de vos désirs. Après une courte visite à l'habitation hollandaise, vous vous dirigez vers le manoir dont après tant d'évéuemens vous avez enfin retrouvé la route.

Adroite du parterre fleuri (i), en se dirigeant vers l'étang, on a établi des jeux de toute espèce : balançoires, bascules, jeux de bagues et de boules^ etc., puis un portique pour la gymnastique.

(i) n r^ulte d*ane enrcar dans Ici metares que ce parterre, lerminé par an ezèdre, a de trop graodes dimenfions sar la gravare. Cette aérait facile à rectifier dam rezécution.

erreur

lO

Laycmiiif 4l'aMi jasAki «mblaUe nons parait ^Jooade.

ExflioasUoi

A. ^entrée ^wr ie diemin B qui mène «a diâtean CL D dmam du pavillon. E pavilkm. F «hemin déconreit

IXfoaixmt âtase rif^mli^ J«r de yMJcs ypoportioa»^ Cki y pljieemît^ oanuBte daw ^Mskiwâ, des lialMlatîoos por* tftnt ai««c elleB «n caxact^ particttlier, selon la contrée

àk4{ndk€UesJ9iparlieBAenl^0ules£Maitocoap^ d'^ IW voit la campagne du i*' xstAé. G ermitage.

ûdivi^tfoaUimeaiJA «nanièreda pays «que IW vondra H tombeans. J cabane indienne. K cbanin décoii' irepnéieBAier^ au par des babitana du pays mèoM. C'eat vei^d'oà Ton voit la campagne du aecond dbXé. L mûains que des nuiiaona anglaiie , toacaaie , napoUftaîne , «on amate avec jardin rustique. Cette maison doit renfcr- «uÎBfie^ le bauieau flamand avec aa ipvopreië et ses mnn «œr «ne laiterie dont les murs sont revêtus de plandies jUaboUs, poacronl tnouver place. I>eB ruines de maisons desapÛL. Aa milieu est une table entourée de bancs, imitées de qndque^ât^ anikpe, aw«c des ustensiles et des Elle est ornée des ustensOes suisses en bols, qui servent i Hdbjets d'art antiques ens-mâmes, seront établies dans un site convenable. £t si , portant ses idées audelà des mers , on aime à se rappeler des voyages lointains, ne pourrat-on pas fiormer une scène imiiant un site asiatique; un tableau de l'Amérique avec sa fivèt viei^e^ un tableau cbinoÎB, elc. Pour £Déer tout cela la dépense ne serait |)AS si Ibrte , â beaucoup près, que «eUe de t^ertaînes fi>^ lies {i) qui ont dévoré des millions sans avoir <d>teBa peat-^re un résultat aussi <»deus que odui que nous présentons icL Du reste^ tontes œs divemes babttations ainsi répandues dans la localité seraîenl affectées an logement de la ûmille et des amis du propriétaire. Dans edîe dont nous venons de tracer le plan, h c^ane indienne pourra contenir le musée d'bisloire naturelle du propriétaire, la maison de Pompéi , aitê antiquiâés.

(i} La folie de Chartres (Monceau}; la fuUe Baajoii| elc.

contenir le lait. Pour compléter l'illusion , on doit &iie venir ces ustensiles de Berne, car on les fabriquerait mal aîtteurs. H est facile de se les procurer par Genève. M Pont-du-Diable. N caverne de brigands. Deux ou trois mannequins , dont on peut ne laisser voir que la partie •opéneufe , des masques , des cbapeaux gris pointus entonrés de nd>ans et d'images de saints , des bouts de fiisils rouilles, feront tous les frais de cette surprise. Ils devront être placés à l'abri de la pluie. "P ex-voto où se trouve une image de St Antoine. B fragmens ou imitations de (ragmens d'antiquités, tels quexolonnes, cbapileaux, entablemens, piédestaux, membres de statues. On pourrait ici^ à peu de frais, construire une maison de Pompéi «n ruine. Elles sont, à Pompéi, construites en moellons fort médiocres : ce sont des restes de murs et de fûts de colonnes en brique recouverte de stw et peintes en jaune ou rouge commun. Quelques fragmens

(i) Erratum pour quelques exemplaires àxâ gravures : à l'écWelkf 3o mètres, lisea ; 3oo mètres.

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de fresques orneraient des- parties de ee» mnni^ On eii trouTera plusieurs moâèlesdaBsFoavTage tntitolié riTALiB publié par Téditeur du présent ouvrage* On ne serait pw tenté de dire que ce sont là « des ruines nëes d'hier ,. » parce qu'il s'agit de faire jouir d'une imitation de Pompé! comme on pourrait l'avoir dans un taUcan. Dailleurs, ce lieu pourrait renfermer le musée archéologique du propriétaire. S petite église dans le goût italien (voy. pL 119)5 elle servirait de chapelle au château. T chemin conduisant au canal.

Si on avait borné an chemin que nous avons décrit ceux en usage dans le pare, il en résulterait que Ton serait ohligé de parcourir une trop longue route pour les promenades ordinaires: on a donc du tracer d'autres chemins qui sont indiqués par la lettre V. Chacun de ces chemins sera fermé d'une barrière à son point d'intersection avec la route du voyageur^ cette barrière devra être masquée par des buissons et un ehemin de détour, et elle sera prolmgée elle-même par des buissons d'épines et de ronces» On concevra que les barrières ne seront fermées que les jours oii l'on voudra jouir de la surprise des étrangers vîsîteucs.

Quelques statues sont placées aux points indiqués par àesjr; elles ajouteraient à la richesse de l'ensemble, malgré le système admis par quelques auteurs qui ne veulent point de statues en vue de la maison dans les jardins paysagers. Nous dirons ici que les statues devraient toujours , dans les jardins paysagers, être placées devant des arbres toujours verts, dont la teinte foncée les fait ressortir dans toutes les saisons.

Les jardins pi^mgef9, |è. i5 et i&, ont été exécutés? to«8 deux dans le nord de l'Allemagne. Le n^ 16 en présente surtout le caractère par soi» peu dTombrages, caractère qui le rapproche du jardin anglais. Une source abondante arrivant d^en lura?t et dont l'eau vive est retenue par des rochers, finit par s'échapper et par se précipiter en cascade bouillonnante dans un premier lac , puis elle arrive dans un second, après avoir passé devant riiabitation et nécessité plusieurs ponts. Sur une émî^ nenceest un kiosque on pavillon de repos élevé. Le teiw. rain contient huit arpens.

Leseaux dnjardindelapl. 1 5 sont plus tranquilles; eRes entourent presque le manoir. Gomme l'autre, ce jardin de dix arpens est orné d'un kiosque , de beaucoup deponts et, de plus, d'un salon de repos dans un des angles. Près d'un mur on a établi une garenne. Dans tous les deux les scènes sont variées et les chemins bien tracés, quoiqu'avec moins de cette simplicité qui caractérise la nature.

Les pi. 17-18 contiennent àes jardins parfsagers an-^ glais. En général les Anglais couvrent peu les apprDehe9 de la maison : ils se ménagent plus qne nous un point de vue général sur toute la propriété. C'est ce dont on pourra juger dans les plans 3*-49 pl* ^7* ^^ effet, le climat brumeux de l'Angleterre ne fait pas sentir la nécessité d^ombrages, que Ton ne recherche que pour se ga-> ranlir des ardeurs du soleil.

Les n" 1 et 2 sont des jardins enclavés dans la ville même de Londres, Le premier est celui de la Reine , le second est le jardin paysager de St- James parh ^ contigu au jardin de la Reine. Celui-ci est public, c'est le jardin

des Tuileries de Londres. Malgré son usage public, il est tenu avec le soin le plus parfait et la plus grande propreté. On voit que dans ces àeoxparhs on a tiré un grand parti des eaux.

Les autres plans que nous allons décrire sont aussi des jardins anglais.

La maison, dans la pi. 17, n* 5, est bâtie sur une plate-forme d'une vaste étendue ; elle est eutourée des plus rîans paysages; c^est là qu'on doit aimer i jouir pleinement des beautés de la nature et que la solitude a des cbarmes.

A droite 9 au fond est Tentrée du jardin; un cottage forme l'habitation du concierge-jardinier; le chemin que Ton suit est bordé de plantations variées; arrivé par une pente douce au haut de la colline, ce chemin tourne à droite pour aller à la maison, et conduit à gauche vers les écuries. Le chemin que Ton voit à gauche de l'habitation mène au potager.

On a tiré un très bon parti du terrain montagneux. L'ensemble de cette localité, vue d'une éminence^ présente une scène rustique des plus attrayantes.

PI. 17, n® 4* La maison est située dans la vallée; on y arrive par une route entre deux élévations. Presque tout le jardin est semé de prairies, où des groupes d'arbres donnent à cette composition un aspect des plus pittoresques ; les parties a a^ entourées de palis de ÎFer sont

habitées par des cerfs, des biches^ des moutons ; 6 est l'entrée particulière de l'habitation : c'est là que la calèche ou le cheval du maître vient attendre pour le conduire à la chasse , ou , après le dîner, lui faire respirer l'air pur des collines bobées qui s'étendent au milieu d'un terrain plein d'accidens naturels, derrière la propriété. Une rivière d'une certaine étendue occupe tout le devant du plan. .

Le terrain sur lequel est placée l'habitation » pi. 17, n" 5, s'élève graduellement d'environ un pied sur dix; a a sont les entrées qui conduisent à la porte principale de la maison b et dans la cour d; c est une terrasse. La serre se voit au point e/ le jardin potager est divisé en deux parties encadrées de haies^ de massifs et de platesbandes, placés en avant ; g est la pelouse et le jardin d'agrément.

La pi. 18, fig. 1, réunit tout ce que (dit la description anglaise) un jardin peut avoir de plus confortable : a est l'entrée principale de la propriété ; 6 l'entrée de la maison, au devant, un gazon circulaire; en c sont la ctdsine, l'office et les cours ; en d les écuries et y attenant l'habitation du cocher et des palefreniers; e est un passage pratiqué pour le transport des terres, plantes, etc.;/* corbeille devant recevoir en été des géranium ou autres plantes aux couleurs vives (1); la salle de billard g est éclairée par le toit, l'entrée est ménagée dans un enfoncement

(1) A rartîcle ^\i jardin fleuriste ^ nous avons omis de dire qac, dans les parterres anglais dccoup<?s, que Ton peut voir sur les pi. 17, fig. 1, 4t 5, el pi. 18, fig. 1, 2, chacun des petits massifi est planté d'une seule espèce de fleur. Le plus souvent elles sont dans des pots que Ton i)eut changer à volonté après la défloraison.

on se trouvent des sièges rustiques ; A est une plate-bande en forme de fer-à-cheval préparée pour recevoir des rosiers; un cadran solaire est placé au centre; i bassin en marbre orné sur son bord de vases aux formes élégantes; un dauphin en bronze paraissant sortir du milieu de ce ! bassin, lance l'eau à une hauteur considérable; l'espace ^ compris entre le bassin et le chemin est couvert de plantes fleurissantes ; k laboratoire abrité du jardinier, c'est là qu'il dépose ses outils et ses poteries, et que dans l'hiver il rentre les vases et les statues. La grotte / a , en dehors , l'aspect d'un rocher, sur ses parois courent le lierre et la vigne vierge ; dans l'intérieur et au centre on trouve une table de marbre entourée de larges canapés de mousse et de gazon ; là , dans l'été , pour se dérober à la chaleur accablante du midi , on s'abandonne au doux farmerUe y soit en exhumant la fumée d'un cigarre, soit en méditant sur quelqu'œuvre romantique d'un écrivain à la mode, là aussi on peut, à l'issue du dtner, venir savourer le calé brâlant.

Aux points m, n brilleront les plantes exotiques qui ont déserté la serre pour recevoir les rayons du soleil , souvenir de leur douce patrie ; o monticule couvert de pins formant au centre un bosquet ; p promenade abritée contre les chaleurs de l'été ; par une pente douce , on arrive sur une plate-forme g; dans ce lieu est un berceau couvert , une ouverture y est ménagée, et l'œil parcourt avec admiration la vue magnifique qui s'étend au-delà. Un espalier r, exposé à l'est, est couvert de pampres et de pêchers; s est l'habita tîon du jardinier; / melonière; u potager; X bosquet élevé dont les chemins semblent taillés

dans le roc; des plantes grimpantes pendent çà et là et donnent à ce lieu un aspect des plus pittoresques ; au sommet une statue colossale semble le dieu tutélaire de ce jardin de délices. Au point y est un bosquet de forme octogonç, un piédestal en granit supporte un vase au dessin antique ayant en relief une bacchante.

PI. i8, n^ 2. De l'habitatign bâtie sur une éminence et regardant le sud, la vue plane sur des plaines riantes et fécondes. — Â droite de ce plan est une petite montagne boisée naturellement, dont la pente vient mourir sur le chemin principal qui conduit à la maison et à un petit lac entouré d'arbrisseaux ; à gauche est le parterre, puis le potager terminé par un verger enclos de palissades. Au-dessus deux bassins d'où partent des jets d'eau sont alimentés par un bassin placé plus haut. Entre ces deux jets d'eau^ une large plate-bande est disposée pour recevoir des arbrisseaux en fleurs, selon la saison; au-delà et bordant l'enclos de ce côté, est un bois naturel de chênes et quelques monticules. De ce côté-ci du potager, une élévation rocailleuse est couverte de buissons. A partir de cet endroit jusque sur le bord de la rivière et bornée par la route à droite, s'étend une vaste pelouse où , à l'ombre de groupes d'arbres disposés avec art , des biches se reposent, des moutons, des vaches paissent et animent cette composition pittoresque et champêtre. Une haïe vive sépare ce gazon de la maison et du jardin proprement dit. L'habitation est rustique.

L'examen des plans que nous venons de décrire fera comprendre la difiérence qui existe entre les jardins anglais etles jardins paysagers^ telsqu^on les comprend en

Francew Ea Anf^Ucre OB H?» rien esdtt ;. tout ee cpn est gk J MP f en a l 'c cl i nnal i g amam à immtr'pkfs ôerm^émn

afféàbi^ ou. ccnfbriable a éii employé : de là ce méknige seènes et Fod s'est npprocM au geiif« drineis exr muhr-

du régjolieff et de Tirr^ulier dans les lignes de tmeé^ pliant les acctdena et tes fiibriqnes , mais arec pTus de

dans la dkpositioa da fleuriste et du potager, etc. viaisenblancew

Le caractère des jardiaa anglais^ c'est la Yue étendae. Parmi les plans gniY^s dont bous Tenons- êe km h

et les principaux accessoires sont les bouquets d'arbres et deseriptSco^ nous aurions bien désiré placer celui «Tmi

les groupes isolés. Elu ÂJi^et|rre un bel arbre, iin arbre des jardins paysagers français les mieux dessinés qae nous

séculaire est d'un grand pvix^ tandis qu'ailleurs souvent il est sacrifié sans nécessité*

Nos réflexions sar le jardin anglais nous font naître l'idée de diviser en trois genres le jardin paysager.

Le jardin paysager danois y le plus ancien de tous^ était autrefois le seul qui imitât la nature, mais les jardins chinois sont un peu maniérés, trop accidentés, et Ton voit trop que l'on a cherché à rassembler dans un espace borné ce qui se trouve disséminé à grand trait dans une vaste contrée.

he jardin paysager anglais y créé il y a un siècle, par Kent, a offert le premier en Europe le tableau de la na« ture , mais comme nous l'avons déjà fait remarquer, c'est le tableau de la nature découverte sens un climat brumeux favorable aux prairies.

Dans ces jardins il est à regretter que des accessoires sentent trop souvent une recherche bizarre et détruisent l'illusion de Tami de la nature.

Dans lejardinpaysagerfrançaisy créé 60 ans {4us tard que le jardin paysager anglais, on a cherché à imiter la nature, mais^ en général, les tableaux sont moins vastes , parce qu'on a couvert davantage le local par de frais om* brages , plus convenables aa climat que le» prairies ai»»

connaissions-, celui de M. le chevalier Sbutange Bodin à Fromont. La composition de ee parc de 300 arpens réunit la siaipKcité des lignes et la richesse d» l'arrangement des végétaux les phis précieux à l'entente parfaite de l'art de ménager les points de vue ; mais, malheureusement pour les jardinistes, le plan géométral n'existe pas, le goût exquis de M. Boulange Bodin a tout tracé sur le terrain : son génie artistique a su tout créer sans recourir au compas ; il a examiné , il a médité. •••• à son commandement des terrasses uniformes se sont remuées , se sont adoucies en pentes légères , des collines harmonieuses dans leurs lignes et un paysage charmant sont nés connne par enchantement.

Le jardin deFROHONT, situé dans la commune de Bis , sur la route de Fontainebleau , s'étend de la grande route à la Seine, sur un plan incliné à l'est et au nord, et domine une grande et riche vallée qu'arrose ce fleuve, en face la forêt de Sénart. Planté successivement depiii»3o ans, il présente de belles masses d'arbres et arhffisseanx nufigènes-et exotiques, lesquels, en s'appuyant sur la forêt qui couronne les coteaux opposés, et en se liant parfeitement avec toute la grande scène environnante, ne foment à. la vue quuo seul et magnifique pay-

TudebMcaoB. Geat cette fittimi, wénUUmÊfOÊtjmxUàc tfgoBrd'kui , ^dont JII. Swbnige « pieHeatiles efiiete et dirige rjortifioe^ c'est Tapi^calkMi à ton OMvme de ee pria- {àfeJi^^^rûpnaiiûM «a oMtièrede jardins pajsagers dont ilasi bîeai f«it CMnprettdre k {MÙssaiice dans ses ëorits, qaà &it À la ùm aujoiH!d'kui le canctère et le aaMte de cettel>eUe€tgnioÎ6BseeeBiposîtiiNi« Partout en effet, les scènes intérieures « ««iples et natoveUes, ae |ierdent dans les vues exlérieures, riches et étendues i el lepc^s se fond d'autant mieux dans \e jardin que les plans les plus reculés de celui-là reproduisent au loin l'aspect des cul-' tures introduites à dessein dans celui-ci*

L'habitation actuelle est assise sur Remplacement d'un ancien château , formant autrefois le chef-lieu d'un fief considérable qui avait tiré sa dénomination de Fromun^ dus de TrosoUoj seigneur de Montlhéry , lequel vivait en ii5o. Cefief avait ensuite appartenu aux Templiers. En 1695, le chevalier de Lorraine fit rebâtir le château et planter les jardins par Lenôtre. Il ne restait plus que de faibles vestiges d'une des plus belles compositions de ce grand maître, lorsque M. Soulange Bodin entreprit de ramener à l'état naturel , et de refaire, en quelque sorte, un terrain alors complètement défiguré par des terrasses en ruine et des talus éboulés , pour y asseoir les belles plantations qu'on y admire aujourd'hui, et dont l'apparente irrégularité, soumise à un art caché ^ renferme un principe d'barmonie et de jouissances que ne put jamais, dans son plus grand éclat , ofirir le jardin symétrique.

Cependant ces terrasses, ces statues, ces fleurs^ la Seine

etie

qm s'élève sur Tmlie rive dément &c^ patcetfa^

gmod.

Mais le pen d'élévation des aiweMeni symétriques dont les terrasses étaient aooompupfes Snsait aentir trop fiûblemœt ks dtatanoes; ils n'offiMent |ms de ees puis*» aantes oppositions de liuaîère que Ton ne trouve que dans les massifa irréguliecs d'arbres touffus., et la ligne oeniinne du ootean et des habitations qui s'y trouvent ^ ne prodflisait qu un tableau refroidi par la monotonie*

Que fallait-il pour l'animer? quelques bouquets d'arbres élevés, qui, en interrompant la continuité des lignes, multipliassent les tableaux, fissent repoussoirs, en ne laissant apercevoir que les scènes les plus pittoresques du coteau , et dont les fortes ombres en rendissent l'effet plus brillant.

Nous avons tâché de faire sentir cet artifice des repoussoirs dans la pi. 22 bis. M. Aumont a dessiné la longue ligne de fabriques répandues sur le coteau, puis il a fait sentir par un dessin , pour ainsi dire superposé , les mas-^ ses d'arbres qui ont été rapportées comme des rideaux pour masquer les longs murs , les parties moins pittoresques , et ne laisser pénétrer la vue que sur celles qui étaient les plus riantes et les plus variées.

Il suffit de se promener une heure dans Fromont (et ce ne serait pas assez d'un jour pour le bien connaître), de jeter un coup d'oeil sur les massifs d'arbres disposés pour en varier les aspects et en déterminer les points de vue^ de parcourir rapidement les serres élégantes et spacieuses où viennent successivement se soumettre aux ef» forts de la multiplication la plus active , toutes les plus

belles plantes nouvelles ^ d'observer Porâonnance clés grandes divisions de la culture de pleine terre , d'entrer dans CCS magnifiijues galeries toujours vertes , servant d'abri i des encaissemens sans fin de terre de bruyère y où les rosages multiplias sans mesure retrouvent le sol y Fexposition , la fraicbeur bumide de leurs montagnes ou de leurs vallées natales, de passer de là dans de fort beaux potagers , de suivre, dans leurs pentes naturelles, et selon les niveaux qui leur sont offerts , la distribution

des eaux destinées a Farrosage , pour saisir la haute pensëe du fondateur , qui n'a pas voulu seulement se procurer, dans sa délicieuse retraite, une douce et honnête jouissance privée , mais aussi donner à des plaisirs de son choix le caractère d'une sorte d'institution horticole, d'une véritable école pratique, qui servant d'une part i étendre à la fois la science , le goût et les ressources de l'horticulture, se soutînt de l'autre par la production et se aiibpeniionndi de même par sa propre industrie.

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