EMPLOI ET ARRANGEMENT DES VÉGÉTAUX DAN» LES COMPOSITIONS
Les matériaux que la nature a mis & la disposition de lliomme pour Tomemcnt et la formation des jardins sont les végétaux et les eauxj ceux qu'elle s'est réservés sont les climats 9 les saisons, la lumière et les ombres, les sites. C\'st en vain que nous cherchons à soulever un coin du voile qui dérobe à notre intelligence curieuse ces merveilleux secrets; la nature, bonne et prodigue, est là qui nous donne elle-même les fonds de nos tableaux , et met sous nos mains les richesses qui doivent en orner toutes les parties. L'art seul nous reste; c'est par lui que nous devons grouper, harmoniser les végétaux de tous genres , emprisonner les eaux , les étendre ou les faire jaillir à volonté j c'est par lui que nous compléterons nos compositions en plaçant convenablement les constructions ou les fid>ri-> ques. On peut aussi compter les rochers comme matériaux , mab il faut s'en servir avec un discernement bien juste ; il vaut mieux, tant qu'on le peut , laisser à la nature le soin de cette puissante partie d'un tableau. L'homme, dans sa faiblesse , ne peut ni ne doit changer le caractère de ces masses imposantes, qu'avec tous les efforts de Tart
il ne parviendra jamais k Imiter. Isolés , ou dans de petites proportions, les rochers ne font que rendre plus pittoresque une scène partielle \ c'est alors que l'on peut tenter de les transporter ou d'en construire à leur imitation i mais ce cas est fort rare, et demande, dans un architecte des jardins , une grande élude et un goût approfondi. Nous en reparlerons.
Les végétaux sont i la terre ce que l'ame est aux corps animés. Sans eux ^ la campagne n'offrirait que le spectacle désolant de la stérilité. Les végétaux , comme chacun sail, se divisent en ligneux , comprenant tout ce qui tient de la nature du bois : les arbres, arbrisseaux et arbustes; et en Iierbacés, qui sont les plantes à tiges verles^ molles , succulentes, annuelles et vivaces, les gazons et graminées.
Les premiers forment les (orèfs , les bois , les bocages , les bosquets, les groupes, les massifs, les buissons, les arbres isolés, etc. Les seconds nous présentent les gazons et prairies, les massifs^ les plates-bandes et corbeilles, les parterres, etc.
Avant d'entrer dans des détails sur la formation d'un
pare on d'un jardin, d'une forèl ou d'un bois, nous allons donner quelques idées sur la disposition générale des arbres dans chacune de ces parties j et la manière de les y approprier comme omemerU.
Outre les arantages d'une bonne distribution dans les jardins , qui consiste à grouper artistemcnt les végétaux , de manière è présenter un ensemble satisfaisant au goût , il faut encore savoir les placer de telle sorte que, dans leur développement, leurs couleurs, formant un contraste trop frappant , ne fassent pas Teffet d'une carte d'échantillon de marchand de drap, ce qui détruirait le pittoresque, où doit toujours tendre l'artiste jardinier. Si vous regardez un paysage peint par un mattre célèbre, vous vous apercevrez, que la couleur de son premier plan est vive , que les teintes du fond sont vagues et incertaines, et que le milieu de son dessin tient des deux et s'harmonise avec le reste par des tons fondus graduellement. C'est ainsi que vous devez faire un judicieux arrangement des matériaux que vousavezk votredisposition.
n arrive quelquefois que dans un terrain il se trouve une situation peu favorable à la culture ; dans ce cas, aucun arbre indigène qui y vient naturellement ne doit en être arraché inconsidérément, telle défectueuse que soit sa fonneet malgré le peu d'intérètqu'il puisse présenter, fût ce même un chêne étèté ou frappé de la foudre, un orme ou un frêne de peu d'apparence. On choisira ce Heu rebelle A la science du jardinier pour en former un site pittoresque. Au moyen de végétaux, telsjque le lierre grimpant, la vigne vierge, la bignone de Virginie, etc., on regarnira ces arbres mutilés j et les mille branches des arbrisseaux
grimpans les entoureront bientôt d'une parure qui ne sera pas sans charme; quelques fabriques, placées à propos, compléteront l'ensemble désiré. Si on a choisi ce lien pour y construire quelque temple d'un modèle antique , le guy 9 qiiî ^ yAbXï à enlacer les arbres à écorces tendres , sera d'un bel effet. Du temps des druides , cette plante , par son adhérence aux chênes^ avait un caractère sacré: elle mérite aussi qu'on la cultive ci et la dans les parties boisées, non pas seulement comme décoration, mais parce qu'elle offre une nourriture attrayante au rossignol. hà forêt est un espace immense que la nature a couvert d'arbres élevés et plantés irrégulièrement. Leur antiquité, les mousses et les lichens qui couvrent leurs énormes troncs, la sombre épaisseur de leur feuillage, ce silence mystérieux qui r^ne sous leyr voûte, sont les caractères distinctifs de ces majestueuses compositions que l'artiste ne se trouvera jamais, ou très rarement , dans le cas de créer, mais dont il s'attachera a tirer le meilleur parti possible, toutes les fois qu'un hasard heureux en mettra une, ou seulement une partie, à sa disposition. Ce n'est qu'après de longues méditations qu'il se déterminera à porter la hache destructive dans ces solitudes profondes, où depuis des siècles la cognée du bûcheron n^a pas fait retentir Fécho des rochers. Li , tout doit être en harmonie avec la majesté des lieux ; on n'y verra pas figurer des petites fabriques , qui partout ailleurs pourraient être pittoresques, mais qui ne produiraient ici qu'un effet mesquin. Si Ton y veut des constructions, elles doivent avoir des caractères grands et imposans, comme, par exemple^ la ruine d'un château féodal , si Fon était assez
heureui pour qu^il sVn trouvât une. Au fond d'une vallée y dans un lieu recule où des chênes antiques interceptent les rayons du jour et projettent sur la terre une obscurité qui porte dans Famé un sentiment de frayeur religieuse^ on s'intéressera en rencontrant la pierre leiféc^ sur laquelle nos barbares ancêtres sacriGaientdes victimes humaines à Tentâtes.
Lorsque la foret se trouvera à proximité de riiabitation, c'est surtout comme lieu de promenade que l'artiste devra Fenvisager. Mais qu'il se garde bien d'y tracer des allées droites et à perte de vue , se croisant géométriquement à des distances égales , comme on ne le voit que trop dans les parcs destinés à la chasse. Rien n'est plus triste , plus monotone que ces avenues sans Cn qui se ressemblent toutes. Les chemins , au contraire j ne devront avoir rien de régulier; tantôt s'élargissant en vastes clairières, on brisera les lignes par des groupes et des arbres isolés dont TefTet plaira toujours \ plus loin , se rétrécissant cn étroits sentiers , ils serpenteront au fond d'une vallée , ou suivront le cours sinueux d'un ruisseau. Il ne faut pas cependant les diriger au hasard \ ils conduiront toujours le promeneur soit à un lieu de repos , où un simple banc de gazon l'invitera à s'arrêter et à se plonger pour quelques instans dans de douces rêveries inspirées par le charme magique que la nature sVst plu à répandre en ces lieux , soit vers des parties élevées , d'où la vue s'élendant sur les campagnes environnantes pourra se flxcr sur des lieux habités. Cette dernière précaution sera nécessaire pour empêcher de faire nattre l'inquiétude qui nous accompagne souvent dans les solitudes écartées. L'artiste por*
tera tou*e son attention à la décoration de la ligne extérieure de la forêt; elle sera tranchée de manière à n'offrir aucun des détails qui peuvent fixer l'attention et la détourner de l'objet principal; nuls arbustes, surtout de ceux à fleurs apparentes, ne doivent se montrer à l'entrée; à peine doit-on y voir quelques buissons épars, quelques arbres isolés. Ses contours seront à la fois pleins de grâce et de majesté.
Le bois diffère de la forêt , en ce que les arbres qui le composent sont moins élevés et toujours mélangés de taillis et de futaies, d'où il résulte que la vue ne peut s'y étendre beaucoup. Pour cette rabon, on l'emploie souvent à masquer des portions de terrains assez bornées auxquelles on veut supposer une étendue beaucoup plus vaste qu'elle ne l'est en réalité. Il sera planté irrégulièrement , sans intention ni dessein présumé. Son caractère ne doit p;;s viser à la majesté et au grandiose de la forêt ; il doit être pittoresque, souvent champêtre, quelquefois sauvage. Les fabriques dont on l'embellit n'exigent pas non plus la même sévérité de style. C est là que Thumble chaumière habitée par le bûcheron, la cabane du charbonnier, et l'ermitage du saint anachorète, figureront avec toutes leurs convenances. Le bois est quelquefois formé d'arbres élevés , assez rapprochés les uns des autres pour ne pas laisser dévide entre leurs branches ; c'est alors qu'il prend le nom de fuUUe. Si les arbres se trouvent trop éloignés, on les rapproche par un taillis. Enfin, il. n'est souvent que la réunion d'arbrisseaux de quelques pieds de hauteur, et c'est alors simplement un iaUlia. Celui-ci, seul et sans aucun mélange d'îirbres élevés, produit, sur une petite
âeuduc j des cflels souvent plus agréables que les autres*, mais lorsqu'au contraire il couvre une grande étendue de terrain, il faut toute rhnbileté de l'artiste pour déguiser sa monotonie. C'est de sa ligne extérieure que le bois tire une grande partie de ses agrémens. C'est particulièrement lorsqu'il s'étend jusque sur le sommet d'une colline, que les enfoncemens et les parties saillantes que cette ligne présente , produisent un mélange de lumière et d'ombre pleins d'cffels, et bien préférable à une lisière uniforme et également éclairée. Les enfoncemens seront accompagnés de diverses plantations, et pourront devenir l'emplacement de scènes extrêmement agréables. Des arbres isolés allc'geront et varieront les limites des bois , et , lorsque celles-ci auront de l'étendue, quelques groupes légers pourront se montrer à Tcntrée des enfoncemens. Lorsque l'on fera une plantation de bois, on la prolongera jusqu'au sommet du coteau, si on veut lui donner une étendue apparente ; car si la cime de la colline en était dégarnie, il paraîtrait petit et perdrait son caractère principal. Dans cette situation, les bois ont beaucoup plus d'attraits que dans toute autre; on y trouve de lombre et de la Iraîcbeur, sans humidité ; les points de vue peuvent y être ménagés très avantageusement, parce que la plantation en amphithéâtre permet à l'urti^tc de diriger l'œil à sa volonté par-dessus les niasses de verdure. Les agrémens d'un bois. ne se bornent pas à sa surface et à ses contours, l'intérieur peut fournir à la création de
scènes charmantes. Des allées s'entrecoupant, fourniront des promenades délicieuses; mais elles ne doivent pas rester renfermées long- temps dans son épaisseur, bOus peine de monotonie. Dans la partie montueuse des bois , on ne ratissera pas les allées , le gazon doit soutenir les terres et aider à la marche du promeneur. Des clairières habilement ménagées , des bancs de gazons et autres lieux de repos motivés par des points de vue pittoresques , embelliront le paysage. C'est particulièrement & choisir l'entrée la plus convenable que l'on doit s'appliquer. Si , à proximité de l'habitation , se trouvaient deux petites collines formant un enfoncement entre elles, c'est la que la route serait le plus favorablement placée. « Des lignes d'arbres, ditM. deyiart(i), peuvent, dès le commencement, suivre quelque temps les sinuosités de cette route, en se développant avec elle , sur le milieu d'une pelouse, limitée de chaque côté par des bois touflfus , et dont les bords se fermeront au moyen de grands massifs séparés par des intervalles , toujours moins étendus que la clairière où se dirige le chemin, et aûn de ne point distraire du trait principal. Â mesure qu'on avance, les bois venant à se rapprocher, la ligne d'arbres qui faisait la bordure ira se perdre et se fondre dans celle du bois, qui servira pendant quelque temps de cadre à une avenue se dirigeant à l'habitation. L'espace s'élargira insensiblement, et donnera naissance à plusieurs clairières qui s'enfonceront de côté et d'autre dans le fourré, dont les entrées seront di-
(i] Nous nous apercevons que f luiieurs Autres passages do la présente section ont cii empruntc's, plus ou moins complètement , an Jardinistb MoDSRHsde M. (le Viart, par le re'ttacleur île la 3« éditiuo. Les idées de cet auteur sont si justes cl exprimées avec tant de clarté el de concision qa*il Q*est pas pofsible^ après l'avoir lu , de ne pas en avoir des réminiiccnccsi ou de ne pas être tenté de citer ses passages les plus ingénieux.
viiéei» tant6t par de petiU maasiis, d'autres fois par des arbres jetés en avant 9 mais toujonra disposés de manière 1k ne point interrompre la marche de la rouie , surtout si elle est destinée à former avenue y mais plutôt à la déterminer. Si l'emplacement vient à s'élargir davantage y des groupa d'arbres d'un c6té , un arbre isolé de l'autre y que quelque singularité fasse remarquer ^ ressortiront avec grâce sur la pelouse, et serviront à indiquer la continuité du cbeniin. » «( L'observation du mouvement journalier du soleil Kçoit des applications plus fréquentes que celle de sa marche annuelle. C'est en frappant nos paysages par les horizons du levant et du couchant que sa lumière, en éclairant profondément d'un c6té l'intérieur des grandes masses, détermine de l'autre le projettement des grandes ombres. Il ne faut demander ces effets ni au nord ni au midi. C'est sur cette observation que repose aussi la théorie des allées consacrées i la promenade : Tombre est peut-être ce qu'il y a de plus désirable dans un jardin , par rapport surtout à la saison où les jardins sont le plus fréquentés ; mais un jardin paysager bien composé n'étant qu'un enchaînement harmonieux de tableaux divers dont le spectateur ne peut jouir qu'en se tenant hors de leur cadie, il en résulte que les masses boisées qui les composent ou les embellissent sont toujours sous ses yeux et non au-dessus. Tous ces beaux effets de perspective et d'optique, qui produisent l'enchantement des scènes, sont perdus pour lui s'il marche continuellement sous des charmilles épaisses ou à travers des bosquets fourrés , et comme c'est naturellement des allées et des repos qui y sont préparés que se prennent les principaux points de
vue, les promenades sont nécessairement d'autant plus découvertes et dépourvues d'arbres sur leur développement , qtt*il y a plus de points de vue à admirer. Il est donc difficile de placer dans l'agencement d'un jardin paysager ces longues allées régulièrement couvertes, qu'Âcadémus avait consacrées aux méditations et aux conférences de la sagesse. On pourra toutefois se défendre contre les grandes ardeurs du jour par la direction qu^il sera possible de donner, du nord-est au sud-ouest, au mouvement général des allées. L'ombre des arbres voisins s'y projettera pendant une grande partie de la journée : c'est à quoi l'on doit avoir surtout égard quand on trace le chemin de ceinture $ accessoire obligé, et dont le caractère essentiel est de se développer autour de l'ensemble, en ramenant insensiblement le promeneur au manoir par le côté opposé à celui d'où il est parti , sans détour, sans ressaut , sans retour sur ses pas , dont l'utilité et la beauté sont de faire contempler et admirer successivement tous les détails, et dont le plus commun défaut est de trop se rapprocher des limites et des clôtures, dont il faudrait constamment cherchera détruire jusqu'au moindre sentiment.
« C'est à quoi l'on parviendra si le manoir est favora* blement situé , soit par la disposition et le large dessin des pelouses intérieures, qui, s'étendant inégalement entre les masses boisées , iront au loin se fondre dans les vastes plaines \ soit par la disposition des plantations qui, s'appuyant sur quelque forêt voisine, la rattacheront tellement au jardin , quMle semblera en être le cadre. »
Les poètes appellent bocage un bois sauvage de peu
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détendue et où Ton trouve les gazons et les ombrages. Sous le nom de bocage j tiré de l'italien boaco^ bois, les jardînistes entendent un bois romantique ëloignë de l'babitation^ il est forme par la réunion de plusieurs groupes irr^lièrement espacés j et laissant toujours entre eux des intervalles distincts. Ces groupes seront très varies dans leur largeur et leur hauteur ; leur réunion formera une seule composition, semée de clairières qui la traverseront dans tous les sens , et produiront une multitude d'effets pittoresques. S'il fallait , pour rapporcber les parties trop éloignées ou remplir un trop grand espace vide, planter un arbre isolé, on le choisirait parmi les espèces dont la forme ou le feuillage ont quelque chose de très remarquable par leur singularité j sans cela , absorbé par les groupes voisins, il serait de nul effet : et c'est pour celte raison que rarement on l'admet dans ce genre de plantalion. Pour être agréable, il faut que le bocage ait autant de légèreté que de grâce \ on atteint ce but en espaçant davantage les groupes et en jetant dans les intervalles quelques groupes de dimensions plus petites, sans rapportsentre eux^ et placés à d'assez grandes dislances. Dans différentes situations, cette manière devient nécessaire ; il suffit dans d'autres de tenir le bocage plus clair, ce qui est facile en formant les groupes d'un moins grand nombre d'arbres , et en agrandissant les clairières. Une observation qui reste à faire ^ c'est que les arbres dont on se servira pour composer ce genre agréable de plantation , seront choisis dans les espèces qui ont entre elles le plus d analogie par leur port j leur feuillage et la teinte de leur verdure; ne formant qu'un tout^ on doit^ autant que possible, en éloi-
gner ce qui nuirait h l'ensemble général. Ici ce ne seront plus des routes ni mêmes des chemins qui dirigeront le promeneur dans sa marche^ mais de simples sentiers ser* pentant à travers les clairières, et aboutissant toujours dans des endroits qui offrent quelque chose de piquant à l'œil ou à l'imagination. Si un artiste se trouvait dans le cas de disposer d'un bois en futaie pour le convertir en bocage^ nous ne lui donnerions pas d'autres conseils que ceux de M. de Viart. « Ce n'est alors qu'avec beaucoup d'étude, de travail et de soin, qu'il pourra parvenir & produire l'effet qu'on attend d'un bocage composé d'après les principes^ mais aussi, s'il y réussit, quelques prin* temps seulement suffiront pour garnir déjeunes branches les arbres qui resteront^ et jiôur procurer une jouissance qui n'est ordinairement que le résultat d'une longuealtente. L^attention se portera donc d'abord sur les arbres dont se compose l'ancienne plantation, et sur les allées qui la divisent .On tâchera de faire entrer dans l'aba t is les arbres les pi os gros et les plus volumineux en branches, surtout s'ils sont placés sur la bordure des percées , en prenant toutes les précautions possibles pour qu'ils ne cassent point les ar-^ bres qui devront rester, qu'on choisira parmi les moyens et les plus jeunes que comprend la plantation. Celte première opération faite, il faut chercher à former des groupes avec les arbres restés sur pied, en suivant les principes généraux ou particuliers du bocage, selon le cas demandé par le local, soit en 6lant ceux qui seraient nuisibles , soit en plantant ( où il serait nécessaire pour donner à ces groupes les formes convenables ), de ceux même qu'on sera obligé de retrancher, s'ik sont assez jeunes ott
d^une espèce susceptible de réussir à la transplantation. Deux ou trois groupes bien disposés suffiront |H)ur détruire les ouvertures en ligne droite , surtout si Ton en a abattu les bordures. Ces vides entreront aisément dans la composition de^ clairières qui , s*élcndant de c6té et d'autre sur la superGcie qu'occupait la masse du bois, en feront disparaître entièrement les anciennes formes. »
Le bocage est un bois agreste qui conserve la simplicité de la nature^ le bosquet est un bols moins vaste, plus orné, plus coquet, et qui peut avoisincr riiabitation.
Les bosquets appartiennent à tous les genres de jardins, et contribuent, plus que toute autre plantation, ù y jeter de l'agrément. La raison en est fort simple : formés par l'assemblage de toutes les espèces de compositions, on y voit l'arbre isolé , le massif, le groupe , le buisson , et cet heureux mélange lui donne beaucoup de variété. Les massifs qui , par leur disposition , produisent des clairières de toutes les dimensions, seront composés quelquefois d'arbres et d'arbrisseaux, d'autres fois d'arbrisseaux et d'arbustes à fleurs tr(^ apparentes. Ils seront plus ou moins grands, selon la distance de laquelle on doit les apercevoir en parcourant l'intérieur du bosquet. Vus de près, surtout lorsqu'ils n'entrent que pour accessoires dans un tableau^ on les fera dans de plus petites proportions^ mais on en plantera plusieurs qui , par leur position, formeront une réunion apparente dont les masses, vues de l'habitation , seront assez étendues pour ne figurer qu'un ensemble général. Les arbres isolés feront ici tout l'effet qu'on peut en attendre s'ils sont placés avec goût dans les clairières , ou s'ils ombragent les sentiers qi)i les traver-
sent , et alors on pourra les réunir au nombre de trois ou cinq pour en former de petits groupes. Dans tous les cas^ ils seront caractérisés par des fleurs ou un feuillage intéressans. C'est pour la formation des bosquets que la connaissance des végétaux est de toute rigueur; l'artiste doit connaître l'analogie qui existe entre eux sous les rapports de leur élévation, de leur feuillage, de leurs fleurs, et enfin de leur aspect général , afin de les disposer et de les combiner de manière à en tirer le meilleur parti possible. Les plantes herbacées, les gazons et les fleurs^ entreront dans la composition du bosquet, ils orneront les bords des sentiers dont les contours gracieux conduiront toujours le promeneur à des points de vue intéressans.
Illumination des bosquets. Les idées les plus naturelles arrivent souvent les dernières , après que l'imagination s'e&t fatiguée à parcourir toutes les combinaisons de l'art. Nous avons vu toutes les fêtes données à Paris depuis 1789 , et elles ont été nombreuses \ nous avons vu celles des Elyséesy des Idaliesj des Tivolisj dont les illuminations faisaient l'ornement le plus durable et le plus brillant ; il y en a eu d'admirables , mais partout la géométrie avait guidé l'ordonnateur. Une seule fois , dans un lieu public, le f^auxhall h Londres, nous avons joui d'une illumination pittoresque , et digne des fêtes de famille chez les amis des beaux jardins. Dans une partie d'allée, que l'on pourrait appeler un vallon simulé , parce que les arbres y étaient étages depuis les plus bas , qui partaient du bord du chemin , jusqu'à ceux de vingt pieds de hauteur , on avait attaché aux branchages apparens quelques centaines de verres lumineux de toutes couleurs qui par-
faient presijoe de terre » el élincelaient partout clans les arbres. Il est impossible de se faire une idëe de Tinipres* sion de surprise et de plaisir que l'on éprouve en arrivant dans ce bosquet isolé dont les approches sont obscures ; on se croit sous le charme de Tcnchantement dans une vallée créée par les fées.
Puisque nous avons fait diversion à l'article des végétaux pour dire un mot des fêtes de famille qui peuvent être données dans les jardins , que Ton veuille bien nous permettre de citer encore un eifet d'illumination pittoresque. Sur un pont d'une certaine étendue , et que l'on apercevait de loin dans le paysage , on avait 9 pour seule illumination, suspendu au-dessus des parapets, des guirlaudes de verres de couleurs^ dont la lumière fantastique, reflétée faiblement , dou];iait Tidée d*un pont enchanté.
Les êolonsde danse en verdure^ pi. 35^ fig. 1,3, sont de petits bosquets, et doivent trouver leur place ici. Celui qui est planté en peupliers , 6g. 2 , est en usage dans le Roussillon. Les jours de fêtes , on plante le mât , et l'on tresse les guirlandes. Le salon de perdure et la salle â manger^ fig. 3, 4» ^°t ^^^ faciles à composer , et il est fâcheux que Ton n'y pense pas plus souvent quand on plante un jardin. Le salon est rond dans son plan, il a trois portes : par conséquent on peut placer trois bustes et six sièges.
S'il est un genre de plantation agréable, c'est le ^«^rz/e/ ilwer^ destiné à fournir de la verdure et même des fleurs , lorsque partout ailleurs la nature en deuil n'offre que l'image de la mort. On aime^ par une belle matinée d'hiver, à parcourir ces compositions , dont la verdure
persistante nous reporte aux douces impressions du printemps.
Nous sommes loin de vouloir rappeler les pyramides régulières en ifs taillés que l'on répandait à profusion dans les parterres d'autrefois , beaucoup plus tristes alors que ne le sont i présent les cimetières de Paris; mais nous n'avons pu voir sans quelque plaisir le jardin à!ifs taillés de Levins-Hall, que nous avons fait graver pi. 3ç. Toutes ces formes bizarres, dont plusieurs sont élégantes, consolent, en hiver^ de l'absence de l'été autant qu'il soit possible de Tôtre quand les autres arbres sont dépouillés de leur ornement.
Le labyriniliey autrefois très à la mode^ et aujourd'hui presque totalement abandonné, peut cependant convenir aux jardins paysagers et symétriques. On le forme paiement dans le bois, le bocage et le bosquet. Par le moyen de sentiers ou d'allées ingénieusement tracés, se mêlant et s'entre-croisant de mille manières, on embarrasse le promeneur, on l'inquiète, et souvent on le fait revenir sur ses pas , lorsqu'il croyait toujours avancer pour arriver à un but qu'il cherchait ( ordinairement une fabrique ). Nous donnons quatre exemples de labyrinthes : le premier, pi. 7, n^ 1, est symétrique , c'est celui qu'offrait autrefois le jardin de Versailles i les n""* 2, 3, 4» ont été exécutés en Angleterre; le n^ 4 ^^ dans une île. Autrefois on n'employait guère que la charmille pour les composer; le lilas ou le thuya seraient infiniment préférables. Nous ne donnons pas d'exemples de labyrinthes modernes, parce que nous n'en connaissons aucun , même au Jardin des Plantes de Paris, où l'on appelle encore labyrinthe une butte sur
laquelle , depuis plus de soixante ans il n'y a plus de labyrinthe. Mais on sent combien il serait facile de crder une pareille composition qui est toute de fantaisie.
Le groupe est la réunion de plusieurs arbres* Pour être plante dans les règles du bon goût, c'est-à-dire pour posséder tous les agrémens qu'il doit à sa légèreté et à sa grâce , il faut que son étendue ne soit jamais plus consi* dérable que la bauteur moyenne des arbres dont il est composé. Il ne doit jamais être mélangé d'arbustes ni d'arbrisseaux formant taillis; mais, au contraire y chaque arbre s'élèvera au-dessus du gazon en une tige droite et sans branches inférieures, de manière & ce que l'on puisse facilement se promener sous l'ombrage du groupe. Ces tiges seront irrégulièrement espacées, mais cependant leur distance sera calculée pour que leurs cimes se touchent et ne forment qu'un seul dÀme de verdure. Ou conçoit aisément que , pour atteindre ce but^ il faut que l'artiste connaisse parfaitement le développement que prendra chaque espèce d'arbre, lorsqu'elle sera parvenue i son terme moyen d'accroissement. Il faut encore que les arbres aient de l'analogie dans leur feuillage ; car, leur masse de verdure ne devant former qu'un seul tableau , des feuillages qui contrasteraient en détruiraient l'ensemble. Le groupe peut entrer dans la composition de la plupart des scènes; et surtout sur le bord des eaux, sur le penchant des collines, au milieu des clairières, où son effet est le plus marqué.
On s'en sert quelquefois pour parer le devant d'une fabrique, parce que la distance qui règne entre les troncs d'arbres qui le forment , permet à la vue de s'étendre ,
sans que pour cela il y ait des places vides dans la com« position. Il est encore très employé pour masquer des objets éloignés , ou que l'on veut faire soupçonner éloignés : par exemple les rives d'un lac, d'un étang , les limites d'une plantation , etc.
lit massif ne diffère du groupe que par son étendue, qui peut être beaucoup plus vaste, parce qu'elle n'a point de rapport avec la hauteur des végétaux qui le composent. Il en diffère encore , en ce qu'il peut être fourré dès la base, et garni par conséquent de taillis, d'arbrisseaux, d'arbustes , et même de plantes vivaces. Ses masses de verdure, loin d'être suspendues comme dans le groupe, seront appuyées sur la terre, d'où il résulte que sa plantation demande moins de combinaisons. Il n'est pas non plus nécessaire que sa verdure soit uniforme; elle doit, au contraire, présenter des contrastes pleins de variété. C'est la que les arbustes et arbrisseaux h (leurs éclatantes doivent produire l'effet que Ton attend de leurs brillantes corolles. Le massif est très propre à la décoration des petits jardins , tandis que le groupe n'est par&itement i sa place que dans ceux d'une certaine étendue. Le mé. lange bien combiné de ces deux plantations produit toujours un effet charmant, et peut, dans plus d'une circonstance , remplacer avantageusement le bois.
Le buisson est un véritable massif en miniature. Il n'a jamais que quelques pieds d'étendue , et si l'on veut lai donner de la grâce , il faut que sa hauteur surpasse un peu sa largeur. Deux ou trois arbrisseaux tout au pins le composeront ; mais ils seront d'un bon choix , soit par leurs feuilles, soit par leurs fleurs. On choisira donc des
tsficeê très saillantes^ et capables de se faire valoir réciproqaement par l'agréable variété de leurs teintes \ il fiiadra cependant éviter les oppositions trop dures dans les couleurs. Le buisson doit être garni de verdure depuis le bas jusqu'en haut. On y met quelquefois des plantes vivaces et grimpantes , dont les tiges volubîles, s'entor« tillant autour des branches , forment de très jolies guir* landes. On emploie cette petite plantation sur la lisière des boisy autour des massifs et des bosquets, dans la formation des bocages, et enfin dans toutes les scènes où Ton veut un air un peu négligé qui caractérise davantage la nature.
U arbre isolé est un ornement très pittoresque , si l'on sait en tirer parti; mais il est très difficile à employer dans ses convenances : il plaît par la place qu'il occupe ^ ou par son caractère particulier. Dans le premier cas , on s'en sert pour interrompre des lignes droites, pour lier des parties séparées, et souvent pour servir comme de jalon, afin de diriger Tœil du spectateur sur un objet intéressant. S'il est nécessaire de conserver dans une vaste composition un grand espace découvert^ soit pour ménager la vue ou pour toute autre raison, c'est alors que des arbres isolés, plautés i des distances inhales et dans des directions différentes , forment un genre de plantation d'un caractère particulier, mais agréable, qui embellit le P^y^g^ ttns nuire au premier dessein de l'artiste. On les emploie à encadrer des pelouses , des lacs et autres cornpalliions découvertes; et, dans ce cas, l'irrégularité de leur arrangement leur donne beaucoup de grâce. On en plante sur les bords des sentiers et des chemins tracés dans les bois, dans les bosquets et les bocages;
mais il faut éviter scrupuleusement de les aligner pour n% pas leur donner un air d'avenue. Souvent on place dea arbres isolés en avant d'un enfoncement formé par d'épaisses plantations, afin de lefaire paraître plus distinctement et surtout plus profond. Enfin un arbre isolé f lorsqu'il a quelque chose de remarquable dans son port, tel, par exemple, que le cèdre du Liban, les belles espèces de pins, figure très bien sur le devant d'une pelouse ou d'un gazon; il y jette un ombrage délicieux, sous lequel on aime à se reposer. Plus un arbre est isolé, plus il se fait remarquer; aussi doit-il, dans ce cas, être choisi avec beaucoup de goût. Sur le bord des eaux le tupélo fixera l'attention très agréablement , à cause de la sitigularitédeson tronc ; l'aspect symétrique et pyramidal d'un araucarier en caisse cachée étonnera lorsque sa tige s'élèvera du milieu d'une pelouse , et le feuillage noir de l'if se dessinera d'une manière pittoresque sur la verdure d'un massif ou d'un bois. On préférera les effets de longue durée, tenant aux formes générales et à l'aspect de l'arbre, à ceux plus brillans, il est vrai , mais trop éphémères, produits par les fleurs.
Varbre belvédère , Varbre maison* Si dans une propriété il se rencontre un arbre de forte proportion et très branchu, soit chêne, hêtre, châtaignier, ou tout autre, on se plaira à y pratiquer un escalier et à en faire un belvédère comme celui de M. Panckoucke, pi. loo. Il y a beaucoup d'exemples de salons ou salles à manger établis ainsi dans des arbres. Nous avons vu dans la forêt de Yillers-Goterets Varbre des sept frères j nommé ainsi à cause de sept grosses branches que l'on avait utilisées pour «on-
tenir un plancher et une galerie , sans faire tort à sa belle végétation. Dans une ferme appelée MaUbb^ & un demimille de Saviglanoy près de Cord en Piémont y on volt l'érable que nous avons fait représenter pL 26 9 fig. 3 ; il a été planté il y a 60 ans , et l'on a commencé à le tailler seulement depuis 35 ans. On y monte par un escalier conduisant à un plancher circulaire. La note descriptive qui nous a été envoyée lui donne le nom ai acer commune et agacer campestre. Sa végétation est vigoureuse*
On a vu aussi tirer parti d'un vieil cnrbre creusé par le temps y et ne conservant plus guère que l'écorce, pour y établir un cabinet, un ermitage , une maison avec un étage où l'on arrivait par un escalier rustique pratiqué au dehors. De semblables curiosités donnent une réputation européenne à une propriété, plus encore que les objets de luxe ou d'un grand mérite qu'elles peuvent renfermer,
UarbrUseau et Varbuste isolés servent aux mêmes usages que le buisson dans le jardin paysager. Mais il n'en est pas de même dans le symétrique , souvent dans un parterre on place une corbeille pour y faire briller les plantes de collection les plus remarquables; c'est alors une plantation de luxe, au milieu de laquelle on a l'habitude de placer un^arbuste ou un arbrisseau qui doit , par l'éclat de ses fleurs, le disputer aux tulipes, aux renoncules , aux jacinthes et autres plantes d'amateurs. Le lilas varin , le rosier, le grenadier à fleurs doubles , peuvent céder la place à des arbrisseaux exotiques peut-être moins intéressans^ mais plus curieux.
Le rideau se compose d'arbrisseaux et d'arbustes grimpans^ à tiges sarmenteuses et radicanles. ^ çst extrême-
ment utile pour masquer, surtout dans un jardin de ville, un mur souvent noir et enfumé, dont le triste aspect suffirait pour détruire tous les attraits d^une composition charmante. Le rideau est toujours agréable, mais il peut prendre diflérens caractères, suivant celui des scènes dans lesquelles on Temploie. Veut-on , par exemple, dtcorer d'une verdure gracieuse la façade d'une habitation bourgeoise? ce sera la bignone aux larges fleun rouges, la glycine bleue de la Chine au parfum suave, ou le jasmin odorant, qui auront la préférence. En Angleterre, on astreint le buisson ardent au palissage, et ses fruits rouges et nombreux se voient de loin , et tapissent richement un cottage. Est-ce la ferme ornée que l'on veut tapisser d'un rideau de verdure? Ici ce sont d'autres convenances : tout devant y être utilisé , la vigne aux pampres chargés de riches grappes entourera la fenêtre et la porte de l'habitation d'une draperie verte et frémissante; sur les ruines romantiques d'un couvent abandonné, ou d'une vieille forteresse , le lierre se cramponnera avec ses mille branches aux donjons à moitié détruits par le temp;^ et mêlera son feuillage foncé aux mousses, aux giroflées et aux chélidoines croissant naturellement entre les créneaux. Dans le jardin paysager, les arbustes grimpans dont on se servira pojur orner les murs d'une fabrique , ou pour adoucir ù l'œil les anfractuosités d'une roche , devront toujours être munb de vrilles , de suçoirs ou de racines, au moyen desquels ib s'attacheront naturdlement et sans aide aux parois qu'ils devront tapisser. C'est ici que l'art ne doit servir qu'à indiquer un beau choix dans la nature.
. Ou donne le nom de rideau à une ou deux rcingëes d arbres qui auront été plantés à dessein de masquer un objet quelconque^ dont Feifet serait dcsagrëable, ou bien â masquer la propric'to elle-même contre la vue d'un voisbi*
Le quinconce n'est guère en usage que dans les jardins publics , les grandes compositions symétriques, les parcs. U consiste en plantations d'arbres de première grandeur, tels que roarroniers, tilleuls, ormes, etc., disposés en &hiquier. Cette composition a plus de grandeur que de grâce, plus de noblesse que de pittoresque*, aussi ne coovieut-elie dans aucun cas au jardin paysager. Les arbres qui la composent n'exigent d'autres soins que d'être nettoyés tous les ans de leurs branches cbifTonnes, cbancreuses, et des bois morts*
L'af'tf/iz/tf appartient , comme le quinconce, aux compositions qui demandent du grandiose et de la noblesse* Sa longueur et la grosseur des arbres qui la forment fout toute sa beauté. Au devant d'une façade dont elle laisse apercevoir une partie en perpective , elle produit un effet majestueux : on ne trouverait rien qui soit capable d'être, mis à sa place avec la moindre partie des avantages qu'elle offre pour conduire à l'entrée d'un cbâteau ou d'un palais* Cette composition demande plus de soins que la précédente, parce que généralement on soumet les arbres à la tonte* Si l'avenue a quatre rangs, dont deux rapprochés de chaque côté pour ombrager un trottoir, on tond en voûte, sur le trottoir, en mur droit sur le c6té extérieur, et en demi-voûte très élevée sur les côtés se regardant au-dessus de la route. Cette opératiou
se fuit au volant^ après la première sève. Quelquefois des branches, sans cesse arrêtées dans leur développement par une tonte mal combinée , se tourmentent et forment chicot ; il faut , aussitôt qu'on les voit noircir, les couper d rapprocher jusque sur un rameau vigoureux.
Uallée couverte ne diffère de l'avenue que parce que les arbres qui la composent n'exigent pas des dimensions aussi grandes \ on peut les choisir de seconde et même de troisième grandeur. La longueur de l'allée couverte n'est jamais aussi considérable que celle de l'avenue^ parce qu'elle appartient à des compositions moins imposantes ; mais les soins qu'elle exige sont beaucoup plus minutieux. Les arbres en sont plus rapprochés ; on les élève a tige, k sept ou huit pieds au plus , puis on les taille en palissade à une hauteur à peu près égale ; après quoi on arque les branches supérieures en voûte épaisse ne laissant dans leur feuillage aucun vide pour donner passage aux rayons du soleil. Ces plantations demandent à être entretenues fort propres, et à subir l'opération de la tonte deux fois par an. Du reste on les soigne comme l'avenue.
Moyen de conserver les vieux arbrea. S'il arrivait que de très vieux arbres fussent pourris etchancreux, que leurs troncs eussent de grandes excavations capables de retenir les eaux de pluie, ce qui hâte singulièrement leur mort, on ferait boucher ces trous par des maçons, avec des pierres liées avec du mortier de chaux et de plâtre. Cette véritable murure les conserve parfaitement , mais il est rare que les arbres atteignent d'assez grandes dimensions pour que l'on soit obligé d'employer ce procédé.
- loa -
Le berceau est une allëe couverte, mais dont les arbres sMtendent en palissade depuis la terre, et forment un d6me moins ëpais, quoique aussi impénétrable aux rayons du soleil. On soutient, si cela est nécessaire, la voûte dd berceau avec une légère charpente en bois ou en fer^ et, dans ce cas , on le plante souvent avec des arbrisseaux à tiges grimpantes et volubiles, entremêlés d'espèces à fleurs brillantes et i odeur suave.
M, Fion , célèbre horticulteur de Paris , et dont nous aurons i citer les serres et les espaliers de camellia et d'orangers, a composé un berceau t]uin'a vraisemblablement nulle part son pareil. Pour former une allée de 7 pieds de large, il a planté , à la distance de g pieds les uns des autres, des pruniers. Il les a ensuite greffes, par leur extrémité supérieure, à 7 pieds de hauteur du sol, comme on le voit dans la pK 27 , fig. i • Les pruniers soutiennent des pieds de vignes qui à la hauteur de 4 pieds et demi , s'étendent en guirlandes d'un arbre à l'autre, et font dii tout un ensemble agréable. M. Fion nous dit à ce sujet qu'il conseillerait à une personne qui voudrait établir un semblable berceau , de le faire dans des proportions plus considérables , et surtout de choisir des arbres qui conviennent parfaitement à la nature du sol.
La pi. 99, fig. 2 , représente un berceau de forme chinoise, très riche, et gracieux comme tout ce qui orne le jardin de M. Panckoucke, où nous l'avons dessiné.
La pergole devrait être d'un usage général en France, car elle oifre bien plus de variété que le berceau arrondi dont la forme, toujours la même , est tant soit peu monotone. Par le mot pergole y les Italiens entendent une
treille suspendue sur des piliers ou des colonnes* Les pl.24,fig.3; — 28,fig. i4;— 46,fig. 1;— 47,fig.i,3;
— 48, fig. 1, 35 — 49, fig. 1, 3; — 5o, fig. 1, 3, en représentent des exemples qui donneront une id^ de son élégance et de son efiet pittoresque dans le paysage. Aussi Tavons-nous employée souvent dans la composition de nos plans de jardin, comme on peut le voir sur les planches?, fig. 3; — 3, fig. 3; — 9,fig- 35 — 10, fig. s;
— 19 , fig. 3. En architecture, on nomme berceau toute voûte cylindrique, et cette définition s'applique aussi à la voûte de verdure dont les supports sont arqués. Ainsi nous appellerons donc pergole toute treille attachée i des piliers en pierre ou autre matière , comme h celle qui , soutenue par des poteaux ou perches en bois , sapporte les plantes horizontalement.
La pergole circulaire représentée en élévation , pi. 24 1 fig. 3, et employée dans les plans de jardins pL 3, fig. 3, et pi. 10, fig. 2, est composée de perches perpendicolaiies bien droites. De l'une à l'autre, de forts fils de fer soutiennent la vigne qui la couvre , et se croisent comme ou le voit dans les plans. On la voit aussi employée en ligne droite dans la pi. 3 , fig. 3 , au milieu du jardin potager. Si on veut la faire plus grande et plus solide, au lieu de perches, on utilisera des poteaux de J^k 5 pouces, cou« ronnés par des traverses en bois.
La jolie pergole de la pi. ^8, fig. 1 , est soutenue par des colonnes de pierre portant des traverses en bois. C'est celle-là surtout qui est du goût italien, toujours si pur, si gracieux et si pittoresque -y l'on voit à chaque pas , dans ce pays , la plus pauvre maison ornée de sa pe^ole, dont les
pSSers ont souvent été dérobes i cpelcjaes restes de colonnes d'an temple de Vénns ou de Junon.
La palissade est assez employée^ surtout dans les jardios de ville , pour masquer ou parer les murailles qui serrent de limites. Autrefois elle ëtait beaucoup plus & la mode qu'aujourd'hui , on était dans Tusage de la planter en chcurmille^ et qudquefois , mais rarement j en if. On s'en sert encore assez souvent à présent pour fermer un jardin k l'œil curieux des passans , tandis que les promeneors de l'intérieur, par le moyen d'ouvertures nommées hdha y pratiquées avec adresse dans l'épaisseur du feuillage, peuvent , sans être vus, voir ce que l'on fait au dehors. On l'élève h six ou huit pieds de haut , sur dix-huit ponces ou deux pieds d'épaisseur ; ce qui forme un véritable mur d'une charmante verdure. Quelquefois on plante deux rangs de palissades sur deux lignes parallèles, espacées de quelques pieds seulement, et 1 on fait ainsi
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entretien suivi : pour jouir de tous leurs avantages , on les tondra souvent, afin qu'une seule brindille, une seule feuille ne dépasse pas les autres, ce qui détruirait l'uniformité, leur principal mérite.
Les haies et palissades 7, 8, 9, lo, ii, pi. 38, plantées en aubépine, forment d'excellentes cldtures, dont la sûreté est augmentée parunfossé. Nous parlerons encore ici d'un autre genre de palissade que l'on peut planter sur lui double talus de terre, rapporté devant un mur qu^ l'on ' veut masquer, quand on n'a pu pratiquer un saut-de-loup. Voyez la ûg. 1 5.
Autrefois les grandes palissades étaient en telle réputation, que l'on manquait rarement , lorsque l'on voulait acheter une maison de campagne, de demander d'abord s'il y avait des cJiarmilleSy nom vulgaire qu^on leur donnait. Outre les palissades pleines , comme sonf encore les charmilles du parc de Versailles , on en taillait aussi à
une proftienade, que l'on ombrageait autrefois comme jour, sur divers dessins, telles sont les fig. 1 à 5 de la
Pâllée couverte , mais qu'on élague aujourd'hui, parce qu'on a reconnu que sa fraîcheur devenait dangereuse, ou qn'au moins elle était fort incommode à cause de la quantité de cousins et autres insectes malfaisans qu'elle attirait. La palissade prend quelquefois une autre forme, qoand elle sert, comme la bordure, à encadrer de grandes scènes. Alors on la tient de deux à quatre pieds de haut , et on la plante en troène, en syringa , en lilas, rosiers, on antres arbrisseaux intéressans par l'éclat oti la douce odeur de leurs fleurs. Dans ce cas, elle se rapproche beaucoup de la haie, et peut même la remplacer. Les palissades, surtout les premières, demandent de grands soins et un
pi. 38. Celles n^' 1, 2, 3, sont encore en usage en Belgique , où, très soignées , elles égaient la campagne et les jardins auxquels elles servent de clôture. Nous avons vu celles des n^* 4 ^^ ^ décorer les avenues du parc de Sceaux, et nous pouvons affirmer que l'effet en était si agréable, que nous les verrions reproduire avec plaisir dans quelques situations où elles se trouveraient en harmonie avec les plantations et les objets envirounaus, tels, que de border une terrasse. Nous attachons moins d'intérêt aux ar" cadesj u? 6, qui, d'ailleurs, ne peuvent servir de cldture. La Ao^ moins régulière que la palissade, et plantéed'espèces mêlées est encore une des plantations qui deviennent
de plus en plus i la mode ^ k mesure que le goiil des jardins de la nature se répand. En effet , elle a cet avantage sur les murs y que, bien entretenue, elle forme une clôture tout aussi difficile à franchir et beaucoup plus agréable. Elle ne restreint point la proprîclc à des limites déterminées , dans Tenceinte desquelles on est, pour ainsi dire, emprisonné ; elle unit au contraire le paysage extérieur à la composition , en permettant à ToBil de la fran- ,cbir sans l'apercevoir ; ou, s'îl la découvre , il ne la prend que pour une plantation faisant partie.de Tensemble général, et l'esprit n'imagine pas que ce soit une limite capable d'arrêter les caprices d'une promenade. Une bonne baie doit être impénétrable, et pour cela il faut qu'elle soit faite d'arbrisseaux robtistes, bien touffus et munis d'épines dures, longues et acérées. L'aubépine, mespilus oxyacantha , parait être , jusqu'^ ce jour , l'espèce la plus propre & faire des baies impénétrables , lorsqu'elle a été plantée sur deux rangs , et que , pour la garnir dans le bas, on ne s'est pas trop hâté de Félever. Cependant on la remplace assez avantageusement, dans de certains pays^ par des végétaux piquans^ tels que le genévrier commun^ le houx , etc.
Nous croyons inutile d'avertir nos lecteurs que le quinconce, l'avenue, Tallée couverte, le berceau et la palissade, sont des plantations proscrites par les jardiniers paysagistes; mais nous ne les recommandons pas moins comme très convenables à la décoration des jardins, toutes les fois que l'on a des parties régulières à planter.
Quoique nous ayons essayé de donner des principes pour l'emploi le plus avantageux des végétaux ligneux,
nous sommes loin de prétendre que nos règles soient saifisantes pour tous les cas. Il est des circonstances dans lesquelles des accîdens de terrain , des caractères de site, peuvent exiger des plantations tout-à-fait différentes de celles que nous venons de décrire. C'est à Pbomme de goût à savoir saisir ces nuances fugitives et combiner ces effets , de manière à rendre l'ensemble de sa composition aussi agréable que possible.
Les plantes herbacées nous fourniront la prùrie, la pelouse , le gazon et le tapis.
Yoi prairie est un des ornemens les plus employer dans les grands jardins paysagers, c'est aussi un de ceux qui ont le plus de charmes \ mais il ne suffit pas qu'il ait de l'agrément , il faut encore qu'il soit utile. Les prairies occuperont le fond des vallées , le bord des ruisseaux ; elles pénétreront dans tous les détours ^ dans toutes les iuflectuosités des bois et des plantations. <( Un tel espace, dit Bailly, ne doit pas être couvert d'un seule espèce de plante^ ni être lisse comme une nappe d'eau j les irr^larités produites par les divers végétaux qui y croissent, ne sont pas assez grandes pour apporter des modifications au plan général , et offrent néanmoins mille agrémeos dans l'ensemble et les détails, par la multitude des teintes et des couleurs que les fleurs de ces plantes viennent y introduire selon les saisons, et par les formes diverses de ces fleurs, ainsi que du feuillage et des tiges; il suffit, au surplus , pour reconnaître la prééminence des prairies émaillées de fleurs et composées d'une multitude de végétaux , d*y jeter un coup d'ceil au printemps , lorsque le vert passe successivement dans la même pièce, ou se
panache agréablement de blanc, de jaune , de bleu, de rouge. Loin de rejeter les plantes adventices qui se mêlent aux graminées^ loin d'éplucher une prairie pour la rendre plus belle , on doit multiplier ces plantes accessoires en jetant des graines de végétaux remarquables par quelques-unes de leurs qualités et surtout par leurs fleurs. De cette façon , on n'aura pas seulement remplacé la couleur brune du sol par une couleur verte , maïs également nnirorme, on l'aura semé d'une multitude de fleurs , on l'aura remplacé prun jiarterre naturel , on aura créé tout à la fois une prairie et un jardin fleuriste, qui , à chaque pas, oflriront un bouquet de fleurs moins rares et moins précieuses que celles du parterre^ mais souvent ni moins jolies ni d'une odeur moins agréable. » La prairie ne demande nul soin dans son entretien : il suffit de maintenir son humidité par les irrigations naturelles, et de la faucher une ou deux fois par an. Quant à sa formation , c'est une chose tout-à-fait difierente : elle exige des soins, de Tobscrvation , et quelques connaissances en botanique. Nous allons donner là-dessus quelques conseils.
La base de toutes les prairies naturelles se compose de plantes graminées , dont le choix est absolument dépendant de la nature et delà qualité du terrain. On aura pour premier guide l'observation des espèces qui croissent spontanément sur le sol que l'on veut convertir en prés , et 1 on y ajoutera les plantes que nous donnons ici :
Terrain marvcageiix. Fétuque flottante. Vulpin des prés. Vulpin genouiilé. Fléole des prés. Houque odorante* Mélique bleue. Paturin aquatique. Paturin des marais. Gretelle cynosure. Agrostis genouiilé* Brome giganles?
que. Orge des prés. Ganche aquatique* Canche élevée.
Terrain sec et sablonneux. Avoine des prés. Avoine jaunâtre. Fétuque des brebis. Fétuque couchée. Fétuque durètc. Vulpin agreste. Houque molle. Mélique penchée. Mclique ciliée. Paturin commun. Paturin bulbeux. Paturin comprimé. Brome. Brome inerme. Canche flexueuse. Canche blanchâtre. Canche feuilletée. Agrostis traçant.
Terrain de toutes qualités. Avoine pubescente. Flouve odorante. Dactyle pelotonné. Houque laineuse. Paturin des prés. Paturin annuel. Paturin à feuilles étroites. Ivraie vivace, ou ray-grass. Brize tremblante* Agrostis chevelu. Agrostis rouge. Agrostis des cliiens.
ha pelouse diffère de la prairie, en ce que son fourrage, tout aussi épais, ne s'élève jamais assez pour élre fauché , et sert de pâturage aux animaux domestiques. On l'établit ordinairement dans les lieux secs et hauts, où les prairies ne réussiraient pas. Du reste, comme objet d'agrément, elle sert au même usage. Quelques groupes , l'arbre isolé et le buisson, y figureront d'une manière pittoresque. Nous n'avons pas besoin de dire que la pelouse sera ensemencée avec les plantes que nous avons indiquées pour les terrains secs et sablonneux.
làdL pelouse et les gazons sont de charmantes compositions fort en usage dans les jardins modernes, paysagers ou symétriques. Ils réjouissent la vue et donnent de la gaité dans toutes les compositions d'un genre gracieux. Aujourd'hui il est presque de règle générale de semer une pelouse devant la façade de l'habilalîon. Par ce moyen, on laisse à découvert un espace qui permet d'étendre le point de vue, et donne la facilité de saisir d'un coup
d'œil renseniblc et les principaux dclnils d'une com|)oai- poque où les planlcs entrenl en rructlficarion ; k le fumer
lion. Nous en donnous des exemples dans lous les plans de cet ouvrage. La pelouse peut être ornce de massifs/ de groupes, de buissons et d'arbres isolés , et même de bosquets et de bocages \ mais ces petites scènes demandent beaucoup de goût dans leur distribution pour ne pas détruire , ou mieux, pour se lier à Tensemble du tableau.
Souvent on dit indistinctement pelouse pour gazon^ et viceversd. Le Dictionnaire de rÂcadcmic définit pelouse: terrain couvert et une herbe courte et épaisse '^ gazon : herbe courte et menue. On appelle plus volontiers pelouse une pièce de gazon d'une grande étendue.
Les gazons exigeiil du soin et de la propreté dans leur entretien; il faut les peigner souvent, les purger exactement des mauvaises herbes ^ et les arroser toutes les fois que la sécheresse de la terre annoncera qu'ils en ont besoin. La mousse leur est quelquefois funeste, si on la laisse s y multiplier beaucoup -, on en a même vu d'entièrement détruits par cette plante cryptogame dans un laps de temps assez court. Le meilleur moyen qu'on ait à leur opposer est Textirpalion. Oii se sert pour cela d'un râteau à dents de fer et serrées , et aussitôt qu'elles paraissent , on le passe dessus à différentes reprises^ jusqu'à ce qu'on les ait entièrement arrachées. On jette ensuite sur le gazon de la poussière de chaux, du plâtre, ou des cendres noires , engrais qui tous sont très bons, non-seulement pour préserver de la mousse, mais encore, dit-on, pour la détruire lorsqu'elle n'existe que depuis peu de temps. Les autres soins à prendre d*un gazon se bornent à le faucher au inoius quatre fois par an , et toujours un peu avant Té-
de temps k autre avec du terreau bien consommé; enGn & ressemer les places dégarnies. Cette opération eiige quelque attention. Il faut d'abord s'assurer de la cause qui a fait périr les plantes formant le gazon. Si c est par l'effet de l'ombre projetée par un arbre voisin ou un autre objet, on se contentera de donner un léger labour et de semer de nouveau ; mais on choisira des graines de paturin des bois •, l'expérience a prouvé que, dans ces circonstances, elles résistaient mieux que les autres. D'autres fois, un gazon se dégarnit dans certaines places, parce que la terre y est de mauvaise qualité-, il faut alorsl'amender avec les engrais qui conviendront le mieux à sa natnre et recommencer le semis. Mais lorsque cet inconvénient résulte d'une veine de terre slt'rilc, soit parce qu'elle contient des matières ferrugineuses , tourbeuses , ou pour d'autres causes, on doit enlever toute la surface à la profondeur d'un bon fer de bêche, et la remplacer par une autre terre plus propre à la culture. On agit ensuite comme dans les circonstances précédentes.
' Pour rendre la veidure d un gazon plus riante, on s'est avisé, depuis quelques années, d'y entremêler des safransj des crocus j ilcs colchiques , àesorchis, etc., dont les fleurs brillantes ou bizarres produisent le plus charmant effet; depuis très long temps on recommandait déjà d'y mêler le trèfle J) aise, le blanc et Y incarnai, ainsi que le loiier corniculé.
Les plantes graminées les meilleures pour établir le fond d'une pelouse sont le lolium perenne ou ray-grass^ vulgairement connu sous le nom de gUMon anglais, les
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Jéiuquea otdne et glauque , et gcnénileincnt toutes 1er ou sur le bord d'un chemin , des plaques de gasonde
espèces de cette famille , dont le feuillage est dpais ^ (ia et d'un yerl brillant. L'essentiel est de placer chaque plante dans le terrain qui lui convient le mieux, et ceci est encore plus de rigueur ici que dans la prairie^ parce que^ dans cette dernière, si un végdtal rdussit mal, un autre le remplace; au lieu que le gazon, dont Tuniforuiitë de nuance fait le principal mcrile, ne se composant que d une seule espèce, il faut qu'elle atteigne tout le développement dont elle est susceptible : on sèmera donc le ray^grass, par exemple, dans des terres fortes et un peu humides; dans les terrains secs et sablonneux on donnera la préférence à la fëtuque ovine ou coquiole, et à la f<Stuque glauque.
Avant de semer un gazon, le terrain doit être parfaitement prépare pour recevoir les graines $ c'est^A^dire qu'après avoir reçu un bon labour, on enlève toutes les pierres, racines et autres corps étrangers; on égalise par« failementsa surface, et^ s'il en a besoin, on l'amende avec du terreau consommé qu'on a soin de ne pas enterrer* Le semis se fiiit par un temps couvert et pluvieux, à la volée, dans la proportion de cent livres par demi-hectare, pour le ray-grass, et de cinquante livres pour les fétu« ques. On recouvre les graines au râteau et à la herse, et on passe le rouleau. Cette dernière opération se répète le plus souvent possible, afin de faire taller les plantes, et fournir, par conséquent , une verdure épaisse et uniforme. Il arrive parfois que l'on a des talus, des bancs, des bordures, etc., A faire en gazon; alors on plante en placage ) c'est-à-dire que l'on enlève dans uneprairie^
deux pouces d'épaisseur, et on les rapporte et ajuste comme des dalles , de manière A les faire parfaitement coïncider pour qu'il ne reste aucun interstice entre elles; on les fixe, s'il est nécessaire, avec des chevilles de bois enfoncées au marteau ; on aplanit le tout au rouleau ou à la batte , pour unir le gazon avec le sol, et l'on donne de bonsarrosemens si le tem[)8 n'est pas A la pluie. Quelquefois on veut couvrir de verdure une pente rapide, et l'on manque de ces lames de gazon ; alors on emploie un autre procédé. Dans un grand vase, un tonneau, par exemple, on délaie un mélange d'argile (celle-ci en petite quantité), de terre végétale et de terreau, avec une quantité d'eau suffisante pour donner au tout la consistance d'un mortier. On y ajoute alors les 'graines de gazon dans les proportions nécessaires, et on mélange de nouveau le tout. Cette préparation faite, on bat les surfaces des pentes que l'on veut semer, et on leur donne de la solidité, sans cependant les rendre trop compactes; on arrose légèrement, seulement pour les mouiller un peu, afin qu'elles puissent se lier parfaitement avec le mortier mêlé de semen. ces, qu'on y applique au moyen d'une truelle de maçon ou d'une palette en bois. Cette couche doit avoir d'un A deux ponces d'épaisseur; on l'unit; on la garantit^ pendant les premiers temps, des pluies violentes qui pourraient l'entraîner, et l'herbe ne tarde pas a paraître. Lorsque ses racines ont assez de force pour pénétrer A une profondeur plus grande qiie l'épaisseur de la couche, l'ouvrage acquiert de la solidité, et ne demande plus d'ail'très soins qu« d'être arrosé de temps A autre.
Les tapis diffèrent des prairies , pelouses et gazons ^ en ce qu'ils sont composes dans leur plus grande partie , de plantes à fleurs apparentes. On les cniploie à garnir le sol sous l'ombrage des massifs, des bosquets , des bocages et des bois* Nous les plaçons ici avec les gazons, parce qu'ils doivent paraître Touvrage de la nature, et que nulle plante exotique, du moins celles dont les attraits ont quelqu'ambition^ ne doit s'y montrer. C'est dans les champs que l'artiste ira étudier l'ordonnance des végétaux , qui entreirt dans la formation d'un tapis, et les espèces
seule des mille nuances dont elle embellit ses autres compositions. Il faut que le jardinier s'applique à cacher les traces de la main qui a planté un tapis; car si quelque chose fait soupçonner la culture, l'esprit deviendra plus exigeant, et ces gracieuses fleurs des champs perdront tous les charmes qu'elles doivent à leur simplicité, par la seule raison qu'on pensera qu'elles pourraient être remplacées par d'autres plus rares, et par conséquent plus estimées généralement.
La culture des plantes à fleurs brillantes appartient au
qui s'y feront remarquer avec le plus d'agrément. La jardin paysager comme au jardin symétrique; mais elles
circée aux pétales argentés brillera sous le frais ombrage du chêne antique de la forêt, et disputera sa place aux fougères et aux mousses qui croissent au pied de son tronc couvert de lierre. Les sagittaires, les butomes et les iris pareront les bocages où serpentent les ondes limpides d'un ruisseau. Tandis que les renoncules, les ficaires et les charmantes primevères, se montreront sur les lisières des prairies, et que les orchis, les centaurées et mille plantes, toutes plus jolies les unes que les autres, couvriront le sol montagneux des bois. On fait de charmans tapis de fleurs en semant ensemble le liseron belle de jour, la julienne de Mahon, la nigclle de Damas, le thlaspi, le pétunia, le silène et la reine marguerite naine. Les tapis, comme on le voit, ne sont emploies par la nature que pour cacher la terre sous une robe chamarrée des plus brillantes couleurs > et seulement dans les lieux où leur coloris tranchant sur la verdure des végétaux ligneux, doit varier les effets agréables. Dans une prairie, elle semble avoir pris à tâche de ne montrer à la fois qu'une
figurent en bien plus grand nombre dans les parterres. Elles nous fourniront la plaie-bande^ la planchej la cor* heUle, le massifs la contre-iordure et la bordure.
"Le parterre appartient au jardin fleuriste, qu'il compose en tout ou en partie \ mais on Vemploie encore à la décoration des grands jardins symétriques ou réguliers > qui accompagnent les châteaux et les palais. C'est par le choix des végétaux qui le composent, par leur rareté, l'éclat de leurs fleurs, leur singularité et leur mélange combiné , que le parterre charme les yeux et fait oublier aux spectateurs son peu d'étendue. Nous avons parlé des parterres à l'article du jardin fleurbte page 54*
La plaie-hande est la forme autrefois la plus généralement employée pour les jardins fleuristes. On la faisait droite : aujourd'hui on lui donne différentes inflexions, et ordinairement on lui fiiit suivre celles des bordures de la composition dont elle fait partie. Son caractère est d'être partout d'une largeur uniforme, n'excédant pas six pieds > mais n'ayant jamais moins de quatre. Ses
bords, resserres par des bordures de buis, de brunes, de pierres ou môme de plcincbes , s'élèvent de deux ou trois pouces au-dessus du sol environnant^ et le milieu s'exhausse en dos d'âne de 5 à 8 pouces* Les plaies-bandes se placent avantageusement autour des gazons, le long
des allées, des bosquets et autres pièces. Quelquefois ou les défonce, on en enlève la terre à la profondeur îTnn pied ou dix-lmît pouces , on la remplace par de la terre de bruyère, afin d*y cultiver des arbrisseaux et des plan-, tes qui ne réussissent pas dans un terrain ordinaire.
Les plane fies sont des parallélogrammes à surface plane, larges de trois à cinq pieds, d'une longeur indéterminée, séparées par des sentiers larges de quinze à seize pouces, destinées à recevoir des collections de plantes agréables^ telles que tulipes, renoncules, jacinthes, dont les variétés se plantent par ordre ; ou bien on y sème et on élève l(*s fleurs annuelles destinées à /^tre ensuite replantées sur les parterres, les plates-bandes et autres lieux* Les planches n'entrent pas ordinairement dans le dessin d'un jardin^ p«irce qu'il faut les établir successivement dans plusieurs endroits, a mesure que la terre se montre fatiguée de produire les mêmes plantes*
La corbeille affecte ordinairement la forme ronde ^ cependant on lui donne quelquefois la figure d'un polygone, d^ine étoile, etc. Elle est toujours placée dans un lieu d'apparat , par la rabon qu'elle ne sert jamais qu'aux plantes les plus belles et les plus remarquables pour col-
lection^ on les y plante en rangs serrés, de manière à ce que leurs fleurs ou leur verdure se touchant , donnent à la corbeille entière l'apparence d'un seul bouquet. On est
dans l'usage de placer au milieu de ce deissin un arbuste rare ou à fleurs très éclatantes. Lorsque Ton construit une corbeille , on exhausse la terre de trois ou quatre pouces sur ses bords, et jusqu'à un pied dans le milieu; on la soutient tout autour au moyen d'une bordure de buis ou autre plante, mais d'une couleur verte tranchante, et susceptible de prendre, aux ciseaux, une forme élégante et très nette.
La corbeille de petimia. Nous ne saurions donner d'autre nom à une grande corbeille étincclante de plusieurs milliers de corolles bleues et' blanches de pétunia qui tombaient en guirlandes tout autour d'un vase qu'elles cachaient en partie, et qui se sont renouvelées pendant tout l'été et l'automne* De nombreux pieds de cette belle plante étaient rangés dans un vase de bois en tonnel- Icrie, cerclé en fer et peint en vert foncé. Nous avons vu aussi un perron orne à chaque bout de ces mômes fleurs plantées dans deux caisses de 5 pieds de long sur i5 a i8 pouces de large; ou eût cru voir des banquettes couvertes de tapis de soie brodée des plus riches couleurs. Des vases placés comme ornement sur des consoles* élevées dans une galerie, contenaient des pétunia dont les guirlandes se balançaient avec grâce.
Le pétunia à grandes fleurs, le salvia splendens et le dahlia sont des acquisitions bien précieuses pour nos parterres d'été et d automne. Autour du pied d'un arbre isolé sur une pelouse, un semis de pétunia serré de manière à bien couvrir la terre, forme une des plus admirables corbeilles que l'on puisse imaginer. Nous en dirons autant du pelargonium.
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Le nuuaif de fleurs^ quUl faut distinguer du massif d'arbres page 98, est également bombé au centre, ses coutours sont de même dessinés par une bordure^ mais sa forme, variée de toutes les manières, n'affecte pas plus la figure ronde qu'une autre, et n'a pas un point central aussi déterminé. Les massifs se jettent ç^ et là, sans qu'on puisse leur assigner d'emplacemens positifs autres que ceux indiqués par le bon goût. Les plantes dont on les garnit doivent offrir à la fois une belle verdure , et des fleurs agréables se succédant les unes aux autres pendant toute la belle saison. Ceci est de rigueur : aussi doit-on faire un cboix exact des espèces qui fleurissent i chaque mois de l'année , pour les placer avec art, et les entremâler de manière à ce qu'un pied défleuri de trouve toujours à côté d'un pied en fleur. Ou a encore l'habitude d'espacer suffisamment le plant pour pouvoif repiquer^ dans les intervalles, les fleurs d'automne que Fon a semées et cultivées en planche* jusqu'à l'époque où l'on en a besoin, et même pour y enterrer des pots dont les plantes doivent produire de l'effet. Il est une observation importante à faire pour ces charmantes plantations; c'est de placer sur les premiers rangs les végétaux les plus bas , ceux d'une hauteur moyenne sur le second^ et les plus grands au centre. Ils se font ainsi réciproquement valoir, loin de se nuire en se masquant.
La co/z/re-6orc2ar0. est une ligne de fleurs d'un effet brillant^ dont on accompagne ordinairement les platesbandes , les contours des gazons et autres petites compositions. Les contre -bordures n'étant destinées qu'à produire un éclat éphémère, se sèment le plus souvent en
place et en sillons. On peut faire deux semis par an, afin d'avoir deux fois des fleurs \ ce qui est assez facile en choisissant des espèces annuelles dont la végétation est rapide; les premières se sèmeront en place, comme nous l'avons dit ; mais celles de la seconde floraison seronf cultivées en planches et repiquées en lignes.
La bordure est employée dans les jardins fleuristes et symétriques, pour donner plus de précision et de netteté aux contours de leurs différens compartimens. Long-* temps la bordure a été un objet de luxe que l'on soignait et entretenait au détriment des platcs-bandes et antres pièces qu'elles entouraient; on les plantait en grands buis, qu'on laissait s'élever à dix-huit pouces on deux pieds. De distance en distance, et particulièrement dans les angles, on en taillait quelques-uns en boules, en pyra* mides, en pièces d'échec, en bancs et même en fauteuib. Outre que cette méthode avait le grave inconvénient d*user et d'effriter la terre à une assez grande distance dans la plate-bande, ces buis écrasaient par leur hauteur les plantes basses et délicates. Aujourd'hui on a rendu i la bordure sa véritable destination ; on ne la tient qu'à trois ou quatre pouces de haut, sur une largeur de 3 i 5 pouces. Son mérite consiste à être taillée avec netteté , â être bien propre, bien garnie, et d'un vert agréable. Le buis nain est la seule plante qui ait offert jusqu'à ce jour toutes les qualités nécessaires pour faire une jolie bordure. Vainement la mode qui veut toujours U changement , t cherché à lui substituer d'autres plantes; dans une vaste composition dont les contours ont besoin de moins de correction dana leurs dessins^ elles ont plus ou moins
bien réussi; mais le buis nain remportera toujours dans les petits jardins qui demandent de la grâce et de la proprette Tous les soins qu'exige une bordure consistent kla tondre deux ou trois fois par an , avec la plus grande précision possible; c'est-i-dire que nulle brindille , nulle petite branche ne doit dépasser les autres* Sa hauteur sera toujours le double de sa largeur. Enfin on ne s'aper^ ccfra jamais d'un espace vide sans le regarnir sur-lechamp* Nous avons vu, dans plusieurs jardins, des étoiles, (les rosaces et d'autres dessins formes par des bordures en buis ; nous avons vu des inscriptions et des devises tracées de la même manière sur le terrain; certes, nous ne donnons pas cette décoration comme d'un goût bien pur, mais elle peut cependant avoir son genre d'agrément. Par exemple^ si Ton pouvait la motiver par un but d'utilité , nous ne voyons pas quelle raison empêcherait l'artiste de l'admettre dans sa composition. Si l'on rencontre à la porte d'un ermitage un petit jardin potager et quelques fleurs, les convenances ne sont certainement pas blessées: si au bout de ce jardin un if taillé en aiguille portait son ombre sur un cadran solaire^ dont les divisions seraient tracées avec une légère bordure en buis , les convenances en seraient-elles plus blessées? Certainement nous ne le croyons pas, puisque cette petite composition serait motivée* Nous pensons qu'il en sera de même dans beauconp de circonstances qu'il serait inutile de chercher à prévoir ici , mais que Tamuteur délcrmincra. Nous en avons di]h parlé au chapitre du jardin fleuriste.
Les fleura en vase sont le luxe <1u jardin fleuriste et du rrgnlier. On les envisage de deux mauières, comme objet
d'ornement. Dans le jardin fleuriste elles sont de collée** tion, et servent à parer un gradin; dans le jardin symétrique el^es brillent plus par la richesse du vase qui les contient , que par leur propre beauté ; aussi , pour ce dernier usage, ne fait-on pas un choix bien difficile. Dans an vase de forme élevée, on place quelques agaves, dçs alqès ou d'autres plantes grasses d'un aspect singulier. Si le vase est moins volumineux, on y cultive des pelargonium à fleurs éclatantes; et des pétunia enfin l'alysse saxatile ou corbeille dorée, fait un charmant efiet par le grand nombre de ses jolis corymbes d'im jaune brillant. Ces objets, pour rendre un efiet & la fois pittoresque et ma* jestueux, doivent être placés dans leur convenance; un vase de marbre, sur lequel on verra des sculptures^ sera supporté par un piédestal ; on en ornera les deux côtés d'un portique, d'un pavillon de luxe, etc.; près d'une chaumière ou sur la terrasse d'une habitation rustique, il deviendrait ridicule* Les plantes en pots, pour le jardin fleuriste, doivent, au contraire dès autres, ne se faire remarquer que par leur propre éclat. Elle sont précieuses 1^ par leur rareté , et alors elles appartiennent à la diVîoration des serres; 3* par leur choix et le grand nombre de leurs variétés, et dans ce cas elles sont destinées aux gradins. Les collections les plus ordinairement cultivées en pots sont celles d'œillets, de primevères auricules, de renoncules et anémones, etc. Il existe, pour les placer convenablement sur le gradin, un art qui fait valoir réciproquement leurs couleurs, soit qu'on les mette en opposition pour faire contraste, soit qu'on les range en ligne de nuance en nuance du foncé nu pAle. Quoi qu'il en soit.
les planches du gradin doivent être espacées entre elles^ de manière à ce que le feuillage des plantes du premier rang cache les pots du second rang, et ainsi de suite.
La tapisserie. Ce titre nous a dtd suggéra par la vue du bosquet du roi dans le parc de Versailles. Les bords des massifs de ce bosquet, très ouvert dans son intérieur, sont plantés en arbrisseaux qui se lient à des arbres de troisième grandeur j étant très serres et d'une végétation vigoureuse ^ il en résulte partout une sorte de mur de verdure. Chaque printemps on enterre devant cette espèce de charmille et dans toute son étendue quatre rangées de plantes en pot étagées de telle manière que celle de derrière est composée de plantes de quatre pieds dehauteur^ la troisième contient des végétaux à tiges moins élevées, la deuxième et la première rangées suivent la même dégradation. Ainsi, nous avons \u former le i*' rang, de devant, de verbena melindres; le 2® fut planté en pelargonium zonale à fleurs roses; le 3* en dauphinelle vivace avec ses belles fleurs bleues, et le 4* présentait des pelargonium très élevés donnant des fleurs rouge vif; quelques parties étaient variées dans la couleur des fleurs. Il résultait de cet arrangement une sorte de tenture de fleurs presque perpendiculaire qu'on peut comparer , avec raison , à une brillante tapisserie ornée de tout ce que la divine main de Flore a brodé de plus riche. Sur la pelouse toute chatoyante de verdure qui forme le milieu de ce bosquet enchanteur, s'élèvent plusieurs arbres isolés au pied desquels se déploient d'immenses corbeilles de fleurs éclatantes formant un efl*et admirable; elles sont composées, les unes d'une seule espèce de fleurs, telle que
des pelargouium rouges; d'autres de fleurs a couleurs variées mais de façon que chaque couleur forme un cerde sans mélange. Là les pétunia jouent encore un grand rôle. Le bosquet du roi, par son charme magique, est digne d'attirer seul les amateurs à Versailles sans qu'ils aient à regretter d'avoir fait le voyage.
Omemens fleuris* Nous désignerons ainsi :
1^. Les corbeilles en fil de fer peint, en bronze ou eo osier, élevées au milieu des pièces de parterre de la pi. sS, fig. 3, 4? et qui renferment et soutiennent les plantes à fleurs brillantes que l'on a plantées au centre.
2**. Zr'^e/ï/oî/ en même matière, élevé de trois à 4 pieds, ^S« ^y p'« ^^f et qui sert à soutenir des plantes volubiles. Cet éventail peut être placé au bout d'une allée droite dans un parterre.
S^. Les portes en treillage y fig. 1, 3, pU a6, que l'on ornera de plantes dont la légèreté fera le charme. Ces diverses décorations sont tirées du jardin de Muskau.
4°* Les treilles formant le bosquet des saisons, pi. 26, fig. 4^ au centre desquelles est une colonne dont les basreliefs représentent les quatre saisons.
5*. Les obélisquesj pL 27, fig. 5 , dont le treillage est destiné à soutenir des plantes grimpantes et que nous avons recueillis en Angleterre.
6°. La rotonde^ fig. 2 , et /a colonne , fig. 4 » en trdllage, même planche, qui ornent le jardin de M. Fion.
Ces diverses décorations trouveront leur emploi dans de petites scènes ou l'on voudra de la variété, mais elles ne peuvent se marier eu ûiicune manière aux scènes pittoresques^ où Ton aura en vue l'imitation franche et naïve delà nature.