‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 30 sur 39 · DES BAUX · texte numérisé non relu

DES BAUX

Les végétaux ne sont pas tout dans l'ornement des jardins, les eaux y sont d'un puissant effet.

Vous avez vu quelquefois l'œuvre d'un peintre , qui , quoique en apparence terminée , ne vous paraissait pas parfaite : c'est bien , et pourtant vous voudriez plus de

fini; vous cherchez , et vous vous apercevez que ce qw manque c'est le dernier coup de pinceau de l'artiste, cetl^ dernière pensée qui donnera la vie au chef-d'œuvre* -^ Un site , où l'eau ne sera pas là pour animer la compon^ tion, produira sur vous le même effet. L'eau semble tool

natnrellement devoir faire partie d'un jardin ëlëgant;

Teffet magîqne qu'elle produit est indispensable à l'ensemble 5 son absence jettera dans votre ame une sorte de vide, et vous chercherez ce qui peut manquer dans ce

riche tableau.

Quelles sensations varices résulleront de la vue d'une pièce d'eau dans un jardin! se lasserait-on jamais delà jouissance inexplicable que l'on éprouve à parcourir ses bords ! Voyez ces arbres dont Tombrc tremblante se projeté sur sa surface, laissant percer entre eux les rayons dorc's d'un soleil éclatant, et le nuage qui, voilant tout à coup cel astre, passe lentement accompagne d'une légère brise, puis ride et assombrit pour un instant cette eau si transparente», et ce troupeau couché sur ses bords ou broutant le gazon vert et frais. Quelles pensées délicieuses ne viendront pas s'éveiller dans votre ame lorsque la lune, à la clarté douteuse, éclairera seule ce tableau, et que le silence de la nuit ne sera interrompu que par le chant du rossignol, le léger claquement que fait entendre le poisson, saisissant un insecte imprudent, et le murmure de cette onde réfléchissant un feuillage auquel la présence de h lune ne prête plus que des teintes sombres. Toutes les harmonies de la nature vous entourent alors.

Or, pour se procurer ce puissant moteur, il n'y a pas d'expédient praticable que Ton ne doive mettre en usage.

Dans la distribution des eaux, il est bon de faire remarquer à l'artiste décorateur qu'il doit avoir la précaution de les conduire toujours à une distance raisonnable de l'habitation afin d'éviter que les habitans ne soient incom-

moda par les exhalaisons qui s'en émanent, particulièrement au lever du soleil d'automne.

Les eaux, comme la terre et les airs , demandent à être habitées; les i)oissons aux couleurs brillantes y seront d'un effet agréable; mais joint à ce qu'ils sont souvent hors de la vue, ils ne récréent qu'un instant, et lorsqu'on est près d'eux : il faut aussi en peupler la surface. Lés oiseaux aquatiques, tels que le courlif , le canard sauvage, la poule d'eau et d'autres, pourront être attirés facilement dans une composition pittoresque et étendue au moyen d'un lac artificiel ou d'un étang , en partie encadré par des arbrisseaux et des plantes qui se plaisent au bord des eaux. Dans un climat où l'atmosphère est froide et dense, l'oiseau nomade réuni en longues bandes , et quittant les bords de la mer pour l'intérieur des terres , dirigera parfois son vol vers votre propriété , et suivra exactement les sinuosités de la rivière qui l'arrose. Dans une pièce d'eau à proximité d'un château ou placée dans un jardin régulier, le noble et gracieux cygne fendra l'onde de ses flancs, arrondis en carène.

Aux paysages et aux parcs, aux bois et aux scènes d'un aspect grandiose, sans cire régulier, appartiennent les eaux naturelles. Les eaux artificielles seront employées avec avantage dans les jardins symétriques où le luxe se déploie avec art , parce qu'elles-mêmes étant produites par l'art , elles ne pourraient entrer dans une composition naturelle sans en détruire l'effet.

Les eaux naturelles se divisent en stagnantes et cou-^ rantes. Les eaux staguantes nous offriront le lac^ Vétang^ la rivière anglaise, la pièce d'eau^ la mare et le marais^

les eaux courantes nous présenteront \2k fontaine^ le ruis^ seau, la rivière naturelle , le torrent et la cascade* Les eaux naturelles, soit qu'elles s'étendent eu longues nappes stagnantes, ou qu'elles arrosent une prairie qu'elles parcourent en murmurant, soit enfin qu'elles se prëcipltent avec fracas en cascades bouillonnantes, plairont toujours, même à l'homme le moins sensible aux beautés de la nature, pourvu néanmoins qu'on ne puisse pas deviner la main qui les conduit et l'art qui les dirige. Si, forcé par la disposition du sol, on a été contraint de leur donner des entraves pour les retenir^ autres cependant que les chaînes que Néron fil jeter dans la mer pour se venger de ce qu'elle n'avait pas englouti Agrippine , sa mère, il faut que les signes de cet esclavage ne puissent être aperçus par rœll le plus clairvoyant, et que partout où on les rencontre, elles semblent toujours amenées par la pente naturelle du terrain.

Le lac, si on prend ce mot dans toute son étendue^ ne peut jamais être produit par la main de l'ouvrier, pirce que son étendue doit être immense et que les travaux nécessaires pour le creuser sont de beaucoup au-dessus de nos forces. Un souverain seul peut concevoir un semblable projet et rivaliser dans cette entreprise gigantesque avec les antiques monarques de l'Egypte, qui ont fait creuser le fameux lac IVlœris, Quoi qu'il en soit, il est rare qu'un jardin paysager puisse renfermer un espace assez étendu pour avoir un lac dans son enceinte; mais il peut être placé sur ses bords , et , dans ce cas , l'artiste sait en tirer un très grand parti, en arrangeant ses points de vue de manière à le renfermer, en tout ou en partie.

dans le cadre de ses principales scènes. Du reste, il peut exécuter sur la partie du rivage dépendant de son terrain les mêmes travaux que pour l'étang dont nons allons parler dans ses détails les plus intéressans*

On nomme étang un lac artificiel formé par une digue ou une chaussée, qui, arrêtant le cours d'un ruisseau ou d'une rivière , force les eaux à s'élever et à couvrir une plus ou moins grande étendue de terrain* Le caractère de l'étang est d'affecter dans ses contours irrégnliers toutes les sinuosités les plus agréables et les plus variées ; mais il faut que la vérité préside à l'irrégularité de ses rives, et que la nature elle-même paraisse les avoir tracées. Quoique stagnantes , les eaux d'un étang ont un mouvement qui leur est communiqué par les vents : elles cherchent à s'étendre en tous sens ; mais, retenues de tons côtés par des obstacles qui leur offrent plus ou moins de résistance , leurs, ondes soulevées battent le rivage avec fureur, s'étendent et gagnent du terrain dans les parties plates et sablonneuses, tandis que les rochers, les terres fortes et élevées leur présentent un obstacle invincible. De là les anses qui s'avancent dans les terres , et les caps qui , taillés en falaises à pic , se prolongent au contraire en avant au milieu des eaux. Telle est la marche naturelle que le jardiniste doit imiter, s'il veut que son ouvrage plaise.

Les effets les plus agréables de l'étang résultent des (les qu'il renferme. Ici elles ne doivent point avoir la même figure que dans une rivière, par la raison que leur formation est tout-à-fait différente. Elles ne se sont point élevées lentement du sein des eaux à mesure qu'un courant rapide

Amoncelait les sables et la ferre dont il les compose toajonrsy mais elles sont au contraire des accidens da terrain qai ont résisté aux efforts des vagues. Elles n'auront donc jamais la forme étroite et allongée des premières , et leurs rives, sans cesse minées par les ondes ^ affecteront les mêmes irrégularités que celles des grandes pièces d'eau stagnante.

Quoique l'étang ne soit pas, à proprement parler, Fœavre de la nature , puisqu'il doit le plus souvent son existence à la main de l'homme qui a élevé sa digue, nous l'avons classé dans les eaux naturelles , parce qu'il n'est pas creusé à la main, et qu'un cboulcment de rochers^ en fermant le passage d'un ruisseau resserré dans une gorge étroite, peut naturellement en former un. Si Ton veut même obtenir quelque chose de très pittoresque , on peut imiter ces éboulemens , et faire paraître un étang l'ouvrage de la nature; mais pour cela il faut que la physionomie du site se prête au tableau , et soit parfaitement en harmonie avec le genre de la composition. Cet étang na-

irréguliers^ une hauteur inégale, et en cachant , au moyen de plantations , sa largeur, que l'on pourrait augmenter en la faisant descendre en pentes douces des deux côtés. Les vannes servant à vider l'eau, lorsque Fon veut mettre l'étang à sec pour pêcher, seront cachées par une maison de pêcheur ou une autre fabrique analogue, et annonçant un autre motif. Enfin, on élargira la partie vers laquelle entre le ruisseau, partie ordinairement fort étroite et fort allongée , et à laquelle on a donné le nom de queue sans doute pour cette raison.

Dans toutes les circonstances on plantera les bords d'un étang avec beaucoup dégoût, si l'on veut conserver aux eaux ce charme inexplicable qu'elles font passer dans l'âme d'un ami des plaisirs purs et simples de la nature. L'osier flexible courbera sur les ondes ses longs rameaux couleur d'or ou de corail; le saule-pleureur laissera pendre les siens jusque sur leur surface transparente^ tandis que le peuplier au feuillage argenté et l'aulne noirâtre feront contraster leur verdure, soit qu'on les regarde

tnrel appartient aux scènes sauvages et romantiques j si ^e dessinant sur Vnzur des cieux , ou réfléchissant leur

vous ne pouvez imiter, à s'y méprendre, l'accident que l'on doit supposer à sa formation , renoncez plutôt à lui donner ce caractère sévère, et faites paraître sa digue, afin d'en faire un étang ordinaire , susceptible de jeter du charme dans des tableaux de tous les autres genres.

Il arrive souvent que Ton veut déguiser un étang pour lai faire prendre la forme d'un petit lac \ ce qui peut être tente sans inconvenance quand la pièce d'eau est d'une grandeur suffisante. Alors il s'agit de masquer la chaussée : on j réussit facilement en lui donnant des contours

image dans le cristal des eaux. Plus loin un groupe de grands arbres ombragera. la rive ; ailleurs , au contraire , elle s'unira, pour ainsi dire, avec une prairie, et le rivage ne sera plus couvert que de plantes remarquables par la gailé de leurs couleurs et la beauté de leurs fleurs. Le butome élèvera ces charmantes ombelles de fleurs roses et lilas, tandis que ses racines s'étendront dans la vase; les glaïeuls, les nénuphars, et beaucoup d'autres plantes indigènes, fort jolies, émailleront les bords de la pièce d*eau , mais sans étaler une profusion qui démasquerait

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la main qui les y a transportées. Dans de certaines places, la macre flottante, les roseiiux , les joncs, et d'autres végétaux aquatiques , formeront sur les ondes de grands tapis de verdure où la poule d'eau et la sarcelle viendront, k la moindre apparence de danger, chercher une retraite pour elles et leurs jeunes familles. Enfin , on cherchera dans les plantations et les contours d'un étang, à produire de Teffet par la grâce et la variété.

La riçière anglaise^ pi. 17, fig. 2, n'est rien autre chose que l'imitation d'une rivière naturelle, elle lui ressemble par la forme, et se rapproche de l'étang par la stagnation de ses eaux. On lui tracera un cours sinueux , allongé, et ses deux rives seront à peu près parallèles. L'important est de masquer sa fin et son commencement, afin qu'on puisse lui supposer un cours éleudu. On y réussira en perdant une de sts extrémités, soit derrière une élévation, soit à travers un massif impénétrable. L'autre sera déguisée par un pont, une fabrique, ou tout simplement un mur de clôture par-dessous lequel elle paraîtra entrer dans le jardin. Le bord des eaux sera entretenu de plantes aquatiques qui maintiendront la transparence des ondes ', et le moindre vent, en ridant leur surface toujours dans le même sens, contribuera a rendre l'illusion complète, en leur donnant l'apparence d'un courant. Autant qu'on le pourra on creusera la rivière anglaise sur un terrain de niveau ; en voici la raison : si les rives sont élevées à une des extrémités et qu'elles aillent en s'abaissant jusqu'à l'autre bout, les deux lignes de la surface des eaux et de la surface du sol ne se trouvant pas parallèles , on ne s'apercevra que trop qu'il n'y a pas de courant,

puisque la rivière conservera un niveau et ne suivra pas la pente du terrain, ce qu'elle devrait faire naturellement.

Ija pièce dCeau n'a aucun des caractères qui puissent constituer le lac, l'étang, la- rivière, etc. C'est tout simplement une nappe d'eau à laquelle on n'a pas cherche à donner un caractère particulier, et dont les formes appartiennent au hasard. Ses rives peuvent être enjolivées comme celles des autres compositions de ce genre.

On appelle mare un amas d'eaux de pluie conservées dans un terrain assez compact pour qu'elles n'en soient pas absorbées. Ces eaux sont ordinairement croupissantes et verdâtres ; elles exhalent une odeur fétide, qui peut devenir très nuisible à la santé; aussi, toutes les fois qu'on pourra les remplacer par des eaux courantes , on fera très bien de les dessécher en comblant leur bassin* Dans le cas où l'on n'en posséderait pas d'autres, l'artiste emploierait tous les moyens pour en tirer le parti le plus avantageux ; il essaierait d'empêcher leur putréfaction en enlevant la vase infecte sur laquelle elles reposent; il y multiplierait beaucoup les plantes aquatiques , qui, jusqu'à un certain point, sont capables de les purifier en s'emparant de leur carbone, premier agent de la décomposition, et en leur communiquant , jusque dans leur plus grande profondeur, l'agitation produite par les vents.

Une mare peut figurer avec convenance dans une scène champéire où elle servira d'abreuvoir aux animaux domestiques. Elle ne sera pas non plus déplacée sur la lisière ou dans la clairière d'un bois , où naturellement on la rencontre assez fréquemment. Ses bords seront susceptibles de prendre des contours gracieux, d'être rendus

d'une approche plus facile , et eofin de recevoir des plantations dont le double but sera d'ombrager et d'assainir les eaux et d'en rendre le coup d'oeil pittoresque.

Les marais y à cause de leur insalubrité, ne doivent être conservés nulle part, non-seulement dans les jardins, mais même dans la grande culture. Outre qu'ils jettent sur des provinces entières des maladies contagieuses qui désolent l'humanité, ils enlèvent encore à la culture d'immenses quantités de terrain qui^ avec un peu d'industrie, pourraient fournir d'excellens pâturages.

Dans un jardin paysager, on ne tentera pas de dessécher entièrement un marais , parce qu'on peut en tirer des effets fort agréables en le coupant par des canaux, qui formeront entre eux un plus ou moins grand nombre de petites îles charniaules, si elles sont dessinées et plantées avec goût. Ou aimera parcourir, dans une élégante gondole , cet archipel en minialure, dont chaque point de débarcation offrira un tableau complet d'un caractère contrastant avec les scènes même les plus voisines , et cela sans inconvenance, parce que le cadre d'eau qui l'entoure suffit pour moliver un grand nombre d'accidens.

Telles sont les formes et les caractères que l'on peut assigner aux eaux stagnantes*, nous allons voir, à présent, les ressources que Ton peut tirer des eaux courantes, toujours plus agréables , parce qu'elles réunissent à leur limpidité, à la pureté de leur cristal, celle «agitation , tantôt douce et murmurante, tantôt produisant des effets majestueux ou terribles, ne manquant jamais de faire naître dans l'âme du spectateur des émotions vives et profondes.

La «oz/rce jaillit ordinairement aux pieds des rochers , sur les pentes des montagnes , ou au milieu des pelouses tapissant le fond des vallons. Dans ces trois circonstances différentes, elles ont aussi un différent caractère que l'artiste étudiera afin de le leur rendre dans ses compositions. Le bassin formé par une source s'appelle fori' taine. Ainsi ime source qui se montrera au pied ou au milieu d'un rocher ne sera pas , à proprement parler^ une fontaine , par cette raison que ses eaux, tombant de roche en roche , prendront à leur naissance la forme et le cours d'un ruisseau. Ici la nature aura fait tous les frais de la scène principale , il ne restera plus qu'à l'embellir par quelques accessoires, consistant en plantations d'arbres et arbrisseaux d'espèces appropriées au genre du tableau. Il faut conserver à cette source son caractère pittoresque et un peu sauvage, en ne lui adjoignant jamais des constructions, quelque simples ou rustiques qu'elles puissent être. Cette espèce de source paraît être celle qui plaît davantage, car on cherche a Timiter dans tous les jardins; et , presque dans tous , n'étant pas motivée par le caractère du site , elle est mesquine et de mauvais goût. Un rocher artficiel s'rlevant au milieu d'une plaine où la nature n'a jamais montré une pierre^ et laissant tomber par un tuyau de plomb un filet d'eau dans un bassin en stuc et en rocaille , dans lesquels sont maladroitement incrustés des coquillages marins péchés dans la mer des Indes , tel est a peu près le modèle ridicule que l'on rencontre dans beaucoup de jardins modernes, et que l'artiste évitera scrupuleusement d'imiter.

Quand la source est placée sur le penchant d'une col-

Une 9 elle peut également ou manquer de bassin , ou en avoir un. Dans le premier cas , on l'ornera par des plantations , comme nous venons de le dire 9 si mieux on n'aime lui en creuser un. Son caractère 9 tout aussi pittoresque, est cependant moins sëvère. Un banc de gazon , ombragé par un berceau de verdure^ j sera place daqs ses convenances ; on pourra même risquer une voûte , ou autre construction rustique contre laquelle on fera grimper le lierre toujours vert , la grande pervenche ^ et autres végétaux sarmenteux et rampans , à feuillage brillant et d'un vert foncé.

Mais c'est particulièrement la fontaine placée dans une plaine qui demande à être ornée d'accessoires choisis avec beaucoup de goût ^ parce que sa position la rend d'un eflet moins remarquable que les deux premières. Le fond de son bassin sera garni d'un sable pur , capable de faire valoir la transparence de l'eau. Les plantes qui pareront ses bords seront choisies parmi celles dont les couleurs sont les plus brillantes, et les arbres et arbrisseaux qui la couvriront de leurs branches seront pris parmi ceux qui sont le plus susceptibles de recevoir une forme pittoresque. Dans une scène champêtre ou rustique > cette fontaine pourra ressembler à un lavoir destiné à l'utile. Dans un tableau solitaire , on pourra y placer un petit monumeut figurant un ejir-i;oto y enfin, on lui donnera un caractère en harmonie avec le site et le genre de la composition générale.

Les ndsseaux, tant chantés par les poètes, sont de toutes les eaux celles qui plaisent davantage. On suit avec

-isolées , doBt les Ondes limpides entretiennent la fraîcheur et la verdure. Ce n'est jamais sans un sentiment de plaisir bien doux qu'on parcourt avec eux les épais bocages qu'ils égaient de leur doux murmure. La grâce dans les contours toujours motivés par les aecidens du terrain, la fraîcheur des ombrages et I9 verdure de leurs bords suffisent pour en fiiire des compositions charmantes. Si quelques obstacles se rencoortrent sur leur route^ et les forcent à diviser leur lit ou à précipiter leurs ondes en cascade, rien ne pourra leur être comparé pour caractériser des scènes riantes ou romantiques pleines d'attraits. Du reste , un ruisseau n'est déplacé nulle part , parce qu'il est suffisamment motivé et en convenance dans les scènes de tous les caractères.

La ripière est le résultat de plusieurs ruisseaux qui se sont rencontrés dans leur route , et se sont réunis dans un même lit. L'abondance des eaux d'une rivière lui ù\t vaincre plus facilement les obstacles qu'elle peut rencontrer, de manière que ses rives ofirent moins d'accidens et sont plus parallèles que celles du ruisseau. Il en résulte encore que son cours est moins sinueux, et qu'il l'est d'autant moins que la rivière est plus large. « Si le fond des vallons où coulent les rivières , dit M. de Viartj n'est pas exactement plat et formant une prairie de niveau^ mais qu'il arrive que les pentes du terrain continuent d'un c6té et d'autre jus(]u'au milieu du vallon, la rivière alors prend sa direction au bas du coteau qui offre la pente la plus rapide^ en passant alternativement d'un côté à l'autre de la vallée pour suivre le pied de ces coteaux , où

intérêt leur cours tortueux au milieu des prairies émail- le terrain est ordinairement le plus bas. Plus les rivières

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sont étendues en largeur^ plus cet effet est sensible, et les bassins des grands fleuves nous en offrent fréquemment l'exemple. » Ces principes naturels doivent toujours être prësens & Partiste, s'il veut donner à sa composition cette vraisemblance si prcfcieuse qui rend l'art aussi aimable que la nature.

Souvent un grand obstacle viendra déranger les lignes des rives et détruire leur régularité. Elles cesseront d'être prallèles lorsque les eaux seront forcées de s'étendre de chaque côté pour embrasser une île. Alors cbaque bras aura ses deux rives parallèles jusqu'à leur jonction et depuis leur séparation. Cette île, formée par les sables et terres d'alluvions amoncelées par les courans y pourra , jusqu'à un certain point , varier de figure, surtout si elle se trouve située dans un des coudes résultant des sinuosités de la rivière ; mais plus ordinairement > elle aura en longueur au moins trois ou quatre fois sa largeur-, elle se terminera en pointe arrondie à ses deux extrémités , et la pointe se présentant contre le courant sera plus émoussée que l'autre. Lorsque nous avons dit que les deux rives d'une rivière doivent être parallèles, nous n'avons pas prétendu que ce principe dût être suivi rigoureusement. On conçoit que des courans attaquent plus souvent un côté que l'autre , qu'un banc de terre très dure , un rocher, ou même de simples racines d'arbres , peuvent occasionner des irrégularités sans lesquelles il n'y auraitpas de variétés, d'où il résulterait une monotonie semblable à celle qui attriste l'imagination du voyageur naviguant sur un canal. Les bords de la rivière seront ornés des mêmea plantations que ceux du lac et de l'étang, On y

élèvera des fabriques appartenant au caractère de ce genre de tableau, telles que moulin, usine, maison de pêcheur, etc.

Les iorrens diffèrent des ruisseaux et des rivières en ce que leurs ondes écumeuses se précipitant de chute en chute sur un plan très incliné, entraînent en bouillonnant tous les obstacles qui résistent aux deux premiers , et se creusent un lit profond à travers les rochers , les bois et le penchant des collines. Le bruit de leurs ondes irritées troublerait la gaité, le calme des scènes champêtres, riantes et gracieuses; aussi n'appartiennent-ils qu'aux sites sauvages d'une physionomie sévère , et aux genres que les auteurs ont nommés terribles et majestueux. Le torrent ne peut pas se créer; c'est la nature qui le donne à un site, et aucune puissance humaine ne parviendrait à l'imiter dans cette oeuvre. Si l'artiste en possédait un dans l'espace mis à sa disposition pour créer un jardin paysager, il aurait le soin d'en éloigner non-seulement la maison principale , mais encore toutes les fabriques d'habitations.

La cascade est le résultat d'un obstacle qui, barrant le cours d'un ruisseau ou d'une rivière, force les eaux à s'accumuler et à s'élever derrière l'obstacle , pour se précipiter ensuite par- dessus, retomber dans un bassin qu'elles se sont creusé par leur chute, et reprendre ensuite leur marche tranquille. Toutes les fois que l'on aura un cours d'eau dont la pente rapide fournira les moyens de créer une cascade, l'artiste s'en emparera pour se procurer une chute dont l'effet pittoresque est immanquable. Mais s'il veut produire une illusion complète^

s'il veut que son ouvrage soit une Imitation parfaite de la nature j il évitera ce vain étalage de pierres amoncelées les unes sur les autres, qui , malgré tout Part possible , dénoncent toujours la main de Touvrier. Une seule roche posée en travers du courant , et par-dessus laquelle les eaux se précipiteront , paraîtra toujours plus naturelle. Si la masse d'eau est assez considérable , on pourra la diviser en deux nappes , par le moyen d'un rocher placé dans le milieu de la chute. Enfin, si les eaux étaient assez élevées, on pourrait peut-être les faire tomber en plusieurs sauts , et la composition en acquerrait beaucoup plus de charme. Une cascade, à cause du bruit qu'elle produit, doit aussi être placée loin des habitations. Dans un site sauvage et boisé, on aimera à rencontrer ces ondes bouillonnantes se précipitant avec fracas et remplissant l'air d'un bruit assourdissant. Ces tableaux, d'un caractère quelquefois sublime, feront éclore un sentiment

On rencontre encore dans la nature des genres d'effets produits par les eaux, et qui se rapprochent plus ou moins de ceux que nous venons de décrire > sans appartenir spécialement à aucun. L'artiste intelligent saura s'en saisir et les approprier à ses tableaux, toutes les fois que la nature les lui présentera. Il ira les étudier hors des limites de son terrain pour les exécuter et en produire une exacte imitation , qunnd les circonstances le mettront dans la nécessité de les créer«

Les eaux artificielles^ nous l'avons dit, appartiennent aux jardins réguliers et de luxe. Ce qui les distingue des eaux naturelles, c'est qu'elles ne sont, pour ainsi dire, qu'un motif pour autoriser des décorations de sculpture et d'architecture. Ainsi elles sontsubordonnées aux régies de l'art et non aux convenances naturelles. Quelle science hydraulique n'a-t-il pas fallu déployer pour forcer les eaux emprisonnées dans des bassins de marbre à s'élever

d'admiration et de plaisir, mais qui s'affaiblirait bientôt jusques aux nues en colonnes lumineuses retombant en

si le spectacle en était trop prolongé. La faiblesse de nos organes ne nous permet pas de jouir longtemps des émotions fortes^ et ce qui nous aurait d'abord séduit nous deviendrait ensuite insupportable, il faudra donc calculer la distance de ces compositions à Thabitation , de manière à ce que le bruit ne puisse pas être entendu de la maison. Le lieu d'où le courant se précipite doit toujours être élevé , et simuler une montagne fendue par les eaux qui cherchent un écoulement. Des arbres de première grandeur, des groupes et des massifs couvriront la composition de leur ombre, et se trouveront enharmonie avec la noblesse de son caractère.

pluie de diamans-, pour déployer ces nappes brillantes s'échappaut de la coquille d'une néréide ou de Turnc d'un dieu marin; pour produire ces gerbes éblouissantes qui s'élancent de la gueule des dauphins que l'on croit entendre mugir! Comme toutes les difficultés consistent à élever les eaux avec le moins de frais possible , nous allons décrire les machines les plus propres à cet usage.

Les personnes qui^ ne posséderaient que des puits très profonds, et qui ne voudraient pas faire la dépense nécessaire pour y établir une machine hydraulique, pourraient se contenter d'en tirer Teau selon la méthode ordinaire j mais alors il faudrait orner le puits de manière

i lai faire prendre le caractère de la scène dans laquelle il se trouverait place. Celui de la pi. i5oy fig. i5, convient à un tableau rustique; le n^ i4 à une scène champêtre , et la fig. i5 sera en convenance auprès d'une habitation ornée.

Moyens d élever les eaux.

Le propriétaire dont l'habitation et le jardin seront privés d'eau n'aura pas toujours à sa disposition une source plus élevée que son terrain, de manière ^ n'avoir que quelques rigoles ou des tuyaux de conduite k faire aboutir à un réservoir , d'où la distribution se fait avec facilité.

Souvent on est obligé de puiser à une grande profondeur ; on se sert alors pour tirer les seaux (dont l'un descend tandis que l'autre monte) d'un manège composé

Une charpente convenable doit consolider suffisamment les points d'appui.

M. Canissié nous a communiqué le dessiu d'un ma^ nége plus savamment construit et auquel sont adaptés deux réservoirs*

PI. i5i, fig. i. Coupe longitudinale du manège et du puits, et élévation du réservoir, a Réservoir en chêne doublé en plomb supporté par une charpente posant sur des dés en pierre. Il contient plus de 3ooo litres , ou 3oo seaux, b Puits dans lequel plougont trois corps de pompe aspirante et foulante, c Manège pour un ou deux chevaux selon la plus ou moins grande profondeur du puits et le plus ou moins grand diamètre du corps de pompe.

Fig. 2. Plan d'un manège, du puits et des réservoirs, où les mêmes lettres de renvois indiquent les mêmes objets.

PI. i53, fig. 5. Coupe transversale où l'on voit les deux réservoirs a a et le puits fi. d Tuyau de décharge.

d'un rouet horizontal B, pi. i53, fig. i, à l'arbre tour- /'Tuyau de communication entre les deux réservoirs.

nantÂ, auquel est adapté un limon C de i8 pieds de longueur : cette distance est nécessaire pour que le cheval qui y sera attaché ait un développement de manège suffisant. Le rouet, qui a 12 pieds de diamètre^ est couronné de 80 dents qui s'engrènent dans une lanterne de 7 pieds de diamètre, portant 40 fuseaux. L'essieu D de cette lanterne a 10 pouces de diamètre^ son mouvement se communique à la double fusée E, sur laquelle filent alternativement les deux cordes attachées aux seaux H.

Le détail que contient la même figure représente la disposition des seaux lorsqu'ils sont prêts à s'accrocher pour se vider dans l'auge G.

Fig. 4> 5> 6. Détails du réservoir, g Flotteur glissant verticalement dans un coulisseau. La tige verticale du flotteur porte deux pointes ou arrêts, lesquels au moment où le réservoir se remplit vont heurter un mouvement de sonnette avertissant de faire arrêter le cheval qui finit par prendre l'habitude de s'arrêter tout seul, h Boulon d'écartement renfermé dans une gaine de plomb.

Fig. 7. Détail des manivelles faisant manœuvrer les tiges des 3 corps de pompe, façonnées ainsi afin de rendre le jet plus continu.

V engrenage^ pi. 167, ofi're l'avantage de rendre l'élévation de l'eau continue, sans changer la direction du

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moteur , â^nomie de temps que ne présentait pas la précédente machine, puisqu'à chaque fois qu'un des seaux se vide^ on est obligé de faire changer de marche au cheval.

Sur le bord d'un puits ovale est fixé, fig. i» 3, une poutre C -y un arbre A, mis en mouvement par un cheval attelé au limon V, tourne sur la poutre C ; l'arbre A est contenu dans deux moises K, boulonnées et fixées aux poteaux P, qui s'assemblent ets'arc-boutent par les jambettes S à la poutre C, et aux équerres R.

La lanterne B9 adaptée à l'arbre A, fait mouvoir la roue dentée D, dont l'arbre E est en même temps celui de la roue à fuseaux F , sur laquelle s'enroule le chapelet G 9 composé de pots ou godets placés sur une double corde sans fin. Nous avons fait figurer le détail des pots fig. 3.

L'eau est versée dans l'auge H, fig. 2, et s'écoule par le canal M, où l'on peut adapter tel ajutage de conduite que l'on voudra.

Si l'on peut disposer d'une chute d'eau y on s'en scr* vira pour faire monter l'eau à une hauteur d'autant plus grande que la source ou l'afOiuent seront plus considéra* blés. Pour cela, on établira un châssis fixe PQRT> pi. 1 53, fig. 2, qui supporte Taxe d'une lanterne EF G D à fuseaux cylindriques , sur laquelle s'enveloppent deux doubles chaînes sans fin , faites de petites barres de fer liées ensemble par des charnières. A ces chaînes sont attachés des godets formant des chapelets d'inégale hauteur^ entretenus dans la mcme direction par des rainures pratiquées sur les fuseaux.

La source A s'écoulant par l'orifice X emplit le god^ B; chaque godet s'emplit successivement, et^ parle mouvement qui en provient, la lanterne et son axe tournent et déterminent l'ascension du chapelet DGC, l'eau per« due au fond du puits qui reçoit le premier chapelet doit pouvoir s'écouler ou se perdre dans le terrain plus bas.

Les godets B du grand chapelet forment un vase plus large à l'entrée qu'au fond, pour mieux recevoir l'eau de la cuvette : ce qui convient d'autant mieux que le tropplein coulant le long de leur surface va se décharger naturellement dans le godet inférieur sans perte d'eau.

Les godets C du petit chapelet ont la même figure que les précédens, avec cette dififérence qu'ils sont fermés de toutes parts, excepté à l'endroit ^ où ils ont un petit goulot vers le fond le plus étroit.

Lorsqu'ils descendent ils sont vides, parce que l'eau s'est écoulée par les ajutages s; lorsqu'ils remontent^; après avoir traversé le bassin de la source, ils sont pleins d'eau, et ils la retiennent, parce que les ajutages se troa-> vent dans la partie supérieure des godets.

A mesure que chaque godet arrive k la hauteur du bassin m i, l'eau qu'il contient tombe dans ce bassin.

On ajoute à l'axe de la lanterne une roue dentée qui s'engrène avec un pignon répondant à un volant, pour entretenirl'uniforinitédu mouvement delà machine; le détail placé sur la même planche en présente l'élévation ainsi que la forme plus en grand des godets des deux chapelets.

Cette machine s'appelle noria»

La figure 3 de la planche 1 53, est une bascule i balancier, dont on se sert avec avantage en Italie, pour époiaer

ks eaux d'an terrain : on l'appelle conchetta* Le dessin suffit pour concevoir la constroction de cette macbine.

U est facile d'adapter à la roue à aubes, moteur d'une usine, des seaux A (fig. I9 pi. ^55), suspendus librement k des boulons de fer traversant deux rangs de jantes, dont l'on appartient k la roue. Les seaux, emplis dans le courant G H, conserveront leur situation verticale, et parvenus au sommet, une barre D les forçant de s'incliner , ils verseront toute leur eau dans le bac G, d'où elle se distribuera par le conduit E, comme l'indique également la coupe, fig. 2, delà même roue.

On se sert très souvent, pour élever l'eau dans les jslT' Uns, d'une pompe aspirante. Gette pom|)e (Gg. i,pl. i56) est composée d'un tuyau de plomb A de deux pouces de diamètre, qui trempe dans l'eau qu'on veut élever, ayant son extrémité H, fig. i A, coudée, afin de Tarréter sur un socle de bois ou de pierre. On peut aussi la terminer comme l'indique la figure ia.

Ge tuyau aboutit a uu autre tuyau B aussi de plomb, de 5 pouces de diamètre, servant de corps de pompe, ayant sa partie N terminée en entonnoir pour se raccorder avec 1 aspirant, et pour servir à loger un petit barillet D, couvert d^une soupape ou clapet O. Ge barillet est de bois garni de filasse, afin que l'eau qui est montée dans le corps de pompe ne puisse plus descendre lorsque la soupape est fermée.

Le piston de cette pompe est composé d'un autre petit barillet E garni par le haut d'une bande de cuir ; il est attacbë a nne anse de fer suspendue à la verge G, et couvert par la soupape N qui s'ouvre et se ferme alternative*

ment avec la précédente ; le détail de ce barillet indique la position de la soupape et du cuir qui Tentoure.

La puissance appliquée à la poignée K fait jouer le levier M AI et enlève le piston qui laisse un vide entre lui et le second barillet , dans lequel il ne reste plus qu'un air très dilaté; alors l'air du tuyau, n'étant plus en équilibre avec celui du corps de pompe, élève par la force de son ressort la soupape O qui fermait la communication des deux tuyaux*, il se dilate et se met au môme degré de raréfaction depuis la surface de l'eau jusqu'au-dessous de la base du piston : son ressort, se trouvant affaibli, donne lieu au poids de l'atmosphère qui presse sur la surface de l'eau, de la (aire monter dans le tuyau d'aspiration jusqu'à une certaine hauteur.

Lorsque lepiston descendra, lasoupapeO se refermera; l'air contenu entre les deux barillets se trouvant condensé de plus en plus à mesure que le piston descendra, son ressort acquerra une force au-dessus du poids de l'atmosphère, lèvera la soupape N et s'échappera par cette ouverture i alors, si on enlève le piston de nouveau, la soupape N se refermera, et l'air du tuyau AD se dilatera entre les deux barillets. Le poids de l'atmosphère fera monter l'eau encore plus haut qu'en premier lieu. Enfin, continuant de faire jouer le piston , l'eau parviendra dans le corps de pompe d'abord avec l'air, puis^ l'eau passant par la soupape N, il n'y aura plus d'air au-dessous^ et elle arrivera à la cuvette C, d'où elle s'écoulera parle tuyau P.

Près de l'extrémité A , fig. ia du tuyau d'aspiration, on place une plaque de tôle Z, percée de trous, pour que l'eaUy en montant, n'entraîne pas de corps étrangers»

En théorie, la distance entre la surface de l'eau à âever et le point d'arrivée du piston est de 52 pieds, hauteur de la colonne d'eau qui fait équilibre au poids de l'atmosphère à surface égale*, maïs l'air qui est retenu par l'eau ascendante se dilate par une diminution de pression , et conserve une force élastique opposée à la pression atmosphérique qui agit de bas en haut dans le tujau aspirateur. Le piston ne s'applique pas parfaitement contre les parois intérieures du corps de pompe , et une portion de l'air atmosphérique qui presse la tète du piston entre dans le corps de pompe; ces deux efibts diminuent la distancée laquelle on peut placer l'arrivée du piston au-dessus du niveau des eaux : dans la pratique elle ne dépasse pas 28

pieds*

Nous avons joint sur la planche, fig. 2, une pompe extraite, ainsi que la précédente, de l'architecture hydraulique. Le levier A fait mouvoir deux verges de fer B, C, dont l'une baisse tandis que l'autre se lève; ce qui peut servir, ou pour avoir l'eau d'une manière continue, ou dans le cas où Feau se trouverait trop basse pour être élevée d'une seule (ois.

Si, par exemple, on avait un puits de 4o pieds de profondeur, on pourrait avoir deux corps de pompe , le premier placé environ au milieu de la profondeur du puits, et l'autre au-dessus du rez-de-chaussée*, la verge C fera mouvoir le piston qui aspirera l'eau à la hauteur de vingt pieds, pour être ensuite reprise par le piston du corps de pompe qui répond à la verge B.

Dans la pompe aspirante que nous avons décrite le corps de pompe 9 la soupape d'ascension^ le piston., sont

placés à une certaine hauteur au-dessus du niveau de l'eau dans laquelle est plongé le bout d'un tuyau d'aspiràlion : dans la pompe foulante, au contraire^ le corps de pompe, la soupape et le piston sont immergés, etl'eaa monte par refoulement le long d'un tuyau placé au-dessus de tous ces objets. La pompe aspirante ne peut élever l'eau qu'à une hauteur moindre de 62 pieds : la pompe foulante est douée de la propriété de l'élever à une hauteur indéterminée.

On distingue deux sortes de pompes foulantes simples, la première à piston foré, la deuxième à piston plein.

1** Dans la pompe foulante à piston foré, pi. i54, fig. 1, le piston agit de bas en haut ^ sa forme est la môme que celle de la pompe aspirante, mais sa tige est adaptée à un châssis de fer aa. Le corps de pompe a est uni à un tuyau montant bd à l'aide de brides et de vis : ce tuyau est composé de deux pièces : la première b est contournée de manière à ne point faire obstacle au mouvement du châssis de fer aa, et la seconde (2, dont la grosseur est uniforme, conduit l'eau à l'endroit où Ton veut Télever. La soupape d'ascension x est placée à la jonction du corps de pompe et du tuyau montant. Quelquefois le corps de pompe est de deux pièces, afin d'évaser celle d'en-bas pour faciliter l'entrée du piston et donner plus d'aisance à l'eau de monter; mais ordinairement on le fait tout d'une pièce, et on se contente d'en évaser la partie inférieure dans l'épaisseur du métal.

On peut considérer cette pompe comme un vase à fond mobile, le piston est ce fond : si on l'élève, l'eau contenue dans le corps de pompe doit nécessairement le suivre et

mouler avec luîj si on l'abaisse, Feau élevée ne peut descendre, parce que, par son poids, elle presse la soupape X el l'arrête , mais la soupape du piston s'ouvre h cause de la résistance que Teau lui oppose en descendant; cette eau vient se loger au-dessus du piston et remplir l'espace qu'occupait Veau élevée par sa première ascension. Lorsque le piston remonte, il élève une seconde portion d'eau, et, après quelques autres ascensions , Peau parvient au point le plus élevé du tuyau montant et se

df'gorge.

L'effort exercé par la puissance motrice dans cette pompe, en faisant abstraction de toutes les résistances passives, est équivalent au poids d'une colonne d'eau ayant pour base la base même du piston, et pour hauteur la distance entre la surface de l'eau du puisard el le point le plus élevé où elle parvient; cet effort est le même, quels que soient la forme et le diamètre du tuyau montant, parce que l'hydrostatique démontre que la charge qu'éprouve un vase quelconque rempli d'eau, dépend uniquement de la hauteur de l'eau et nullement de la forme ni des dimensions du vase.

Il est important, dans une pompe foulante, que la différence de diamètre entre le tuyau montant et le corps de pompe soit le moindre possible , et que les soupapes , soit d'ascension ^ soit du piston , laissent la plus grande ouverture.

2^ Dans la pompe foulante simple k piston plein, PI. 154» fig* 3, le piston qui n'a ni soupape ni ouverture se meut du haut en bas ; le tuyau montant b n'est pas placé au-dessus du corps de pompe, mais k côté; un petit tuyau

horizontal a les réunit. La soupape d'ascension se trouve à l'entrée du tuyau montant. Cette pompe, comme la précédente , a le corps de pompe, le piston et la soupape d'ascension submergés; comme la précédente, elle fait éprouver à la puissance une résistance équivalente au poids d'une colonne d'eau qui a pour base le piston et pour hauteur la distance verticale du point le plus élevé où l'eau doit être refoulée, au niveau de l'eau du puisard.

Lorsque le piston descend, une soupape placée dans la partie inférieure du corps de pompe se ferme, et la soupape d'ascension s'ouvre; alors l'eau que le pistou chasse est obligée d'entrer et de monter dans le tuyau b; quand le piston remonte, la soupape d'ascension se ferme, étant repoussée par la colonne d'eau contenue dans le tuyau montant : l'autre soupape au contraire s'ouvre, et l'eau entre dans le corps de pompe et remplit le vide laissé par le piston en montant, et ainsi de suite.

Les deux pompes que nous venons de décrire sont réunies dans ]a pompe Oêpiranie-foidanief PI. i54» fig* 2. Les seules différences qui distinguent cette pompe de la précédente sont : i° le canal d'aspiration d; 2^ la position du corps de pompe , des soupapes et du piston hors de l'eau. Le piston de cette pompe est massif et traversé d'une tige de fer arrêtée par deux clavettes ; il ressemble Il deux cônes tronqués semblables^ qu'on aurait unis par leurs petites bases ; chacun de ces cônes est garni d'une bande de cuir évasée en sens contraire. Le piston ne peut descendre que jusqu'au point x, car autrement il boucherait l'entrée du tuyau montant.

Le tuyau montant est fait de trois pièces : la première

a est supposée avoir été coulée avec le corps de pompe, la seconde b sert h former le coude que ce tuyau doit avoir j la troisième c fait mouler l'eau au réservoir. A l'endroit de jonction l est une soupape pendante m, en forme de clapet, qui s^ouvre et se ferme alternativement avec la soupape p qui est au fond du corps de pompe, La première relient l'eau qui est passée dans le tuyau montant.

Si pour mettre en action la machine on élève le piston, on forme un vide au-dessous, la pression atmosphérique ferme la soupape m, et la force expansîve de l'air contenu dans le tuyau d'aspiration ouvre la soupape p. Cet air occupant un plus grand espace n'a plus assez de force pour contre-balancer la pression de l'air extérieur sur l'eau du puisard; conséquemment cette pression fait monter l'eau à une certaine hauteur dans le tuyau d'aspiration ; si l'on abaisse ensuite le piston^ cet abaissement foule l'air qui se trouve entre ce piston et les deux soupapes, ferme celle du tuyau d'aspiration et ouvre l'autre. Après un certain nombre de coups, l'eau arrive dans le corps de pompe, mais le vide ne se fait jamais parfaitement au-dessous du piston , à cause de l'espace existant entre le point le plus bas de sa course et la soupape/;, où une certaine quantité d'air séjourne toujours.

Quand l'eau est parvenue à cette hauteur, la descente du piston refoule une partie de l'eau contenue dans le corps de pompe et l'oblige à entrer dans le tuyau montant ; l'ascension de ce même piston produit un vide qui est sur-le-champ rempli par l'eau qui monte dans le tuyau d'aspiration ; une seconde descente chasse cette eau dans le tuyau montant, jusqu'à ce qu'elle soit arrivée â son

sommet, alors une portion de celte eau d^orge i chaque descente du piston.

Dans ces sortes de pompes il Êiut prendre garde de régler si bien la levée du piston, qu'il ne bouche jamais tout-à-fait en refoulant l'entrée du tuyau montant, parce qu'il pourrait arriver*, s'il n'y avait plus d'air entre les deux, que le piston touchant la soupape p aurait à surmonter, en montant, le poids entier de la pression atmosphérique. De là vient qu'une pompe cesse quelquefois tout à coup d'agir.

Nous ne parlerons pas des autres espèces de pompe dont la difficulté de l'entretien ou la cherté de l'acquisition feront éviter l'usage.

Parmi les machines qui élèvent l'eau par simple translation , nous indiquerons la vis d' ji rcMmède , dont le dessin fait le sujet de la figure 4j Planche \Sf. La vis d'Archimède est composée d'un axe tournant placé obKquement , lequel est entouré d'une surface courbe qui suit les développemens d'une hélice tracée sur l'axe même*

Le tuyau ou enveloppe extérieure est construit à l'instar d'un tonneau de douves environnées de plusieurs cercles de fer placés à distances égales.

L'extrémité de ce tuyau plonge dans l'eau. Il est placé dans un châssis en bois ; son axe porte une manivelle à son extrémité supérieure.

La surface courbe qui forme les filets de la vis est encastrée dans l'axe et dans le tuyau j elle est toujours perpendiculaire à l'axe.

Les vis d'Archimède dont on se sert ordinairement dans les épuisemens ont de 16 à 18 pieds de longueur, et

de i5 à 16 pouces de diamètre int<^rieur; elles ëlévent l'eau à g on 10 pieds de hauteur, et elles sont mues par 8 ou 10 hommes qui travaillent pendant deux heures^ et sont ensuite relayés par un même nombre d'ouvriers. On calcule ordinairement que cette machine verse, dans une journée moyenne de dix heures , douze mille pieds cubes d'eau. (Plus de 3oo,ooo litres.)

L'eau dans cette machine monte en suivant les filets de la vis , et les suit jusqu'à l'extrémité supérieure du tuyau, quelle que soit la longueur de ce tuyau 9 car l'inclinaison des filets sur l'axe et leur continuité non interrompue fait qu'une fois entrée dans le tuyau qui tourne continuellement elle glisse sur la surface courbe qui forme les filets de la vis comme sur un plan incliné^ et passe de l'un à l'autre successivement jusqu'au bout, où elle tombe dans une auge disposée pour la recevoir.

Le vent devient aussi moteur pour élever l'eau. La Plancbe i58, figure 4 9 représente une pompe aspirante mue par le venU Le corps supérieur est encastré dans un châssis mobile ÂBCD. Le mouvement de rotation des ailes se communiquant k la manivelle, le piston qui y est adapté se lève et sebaisse alternativement. Une girouette composée de planches peu épaisses, tenant au cbftssis, dirige les ailes à tout vent; et la broche qui réunit le piston avec la manivelle est formée, ainsi que le fait voir le détail, de manière à laisser le mouvement de rotation inhérent à la seule manivelle.

Un assemblage de charpente rend fixe le corps de pompe inférieur^ en sorte que le châssis ABCD seulement tourne avec la girouettCi les ailes et la manivelle.

L'eau arrivée à la hauteur de la giirgouille I , qui peut avoir vingt-huit pieds au-dessus de l'eau élevée , s'écoule par un tuyau de conduite où elle est nécessaire, soit pour les arrosemens, soit pour les fontaines.

Le mécanisme bien simple de ce châssis s'applique naturellement à l'élévation de l'eau d'un puits ^ par le moyeu d'un chapelet P, fig. 1, PI. i58. Un assemblage de charpente SO, fig. 1, dont le plan est même Planche^ fig. 2, soutient un cylindre fixe, encastré dans le châssis mobile ^C auquel s'appliquent les ailes, la girouette et la manivelle de la fig. 4*

La manivelle N lève et baisse une verge N G correspondante à une seconde manivelle G formant l'arbre d'une lantemcl, sur laquelle s'enroule le chapelet P, qui monte l'eau et la verse dans une auge R ; de là elle est conduite où l'on veut.

Ce mécanisme, très-^facile à construire dans toute propriété exposée convenablement, peut être placé sur Thabi* tation même, et, du réservoir auquel aboutit le tuyau de conduite, Teau peut se distribuer avec avantage dans l'intérieur de la maison et dans le jardin.

Au lieu d'une seule lanterne, on peut adapter une roue dentée D, fig, 3, engrenant le pignon B, mû par l'axe de la manivelle G : cette roue dentée fait partie d'une grande lanterne Y sur laquelle se développe le chapelet.

La disposition des fuseaux du pignon et des dents de la roue D peut être calculée de manièi^e à produire le plus d'effet possible.

La Plancbe 169 présente le dessin d'un riche moulin à ventj établi au jardin Beaujon, servant i faire mouvoif

une pompe qui élevait l'eau à une certaine hauteur indicée dans la coupe de cette fabrique.

Les moulins à veut dont les ailes sont boiizontales ont l'avantage de s'orienter seuls.

Le mouvement de rotation des ailes se communiquant k l'axe vertical auquel est adapté un appareil semblable à celui de la Planche iSjy fig. i, 2, nous n'avons pas besoin de détailler davantage le mécanisme qui fait monter le chapelet , et nous nous occuperons seulement du moteur dont M. Borgnis a perfectionné l'invention.

Le volant du moulin à girouette ^ PI. 160 9 fig. 1 , se compose de six ailes verticales aaa ou cloisons adaptées à l'arbre D. Placé au*dessus d'une plate-forme circulaire, il est recouvert d'un toit mm, soutenu par six barres de {erpp, scellées sur le bord intérieur de la plate-forme.

Dans le milieu de cette plate-forme et dans la partie inférieure du toit sont creusées deux rainures circulaires exactement parallèles.

Entre ces rainures est placé un châssis très léger, couvert de toile , et qui a la forme du quart de la surface convexe du cylindre. Ce châssis & C est garni de roulettes pour faciliter son mouvement, et il communique, au moyen d'une lige de fer yy^ avec une grande girouette A placée au sommet du toit conique.

La tige en suit l'inclinaison, et elle est boulonnée sur le châssis.

Les barres de fer qui soutiennent ce toit sont en dedans des rainures pour ne pas empêcher le libre mouvement des châssis.

Le châssis ou paravent ouvrant les ailes qui sont d'un côté de l'axe donnera prise au vent sur celles qui sont à découvert , et la giroutte i chaque changement de vent entraînant le paravent^ orientera le moulin. Le vent, après avoir agi sur le volant, trouvera une issue entièrement libre, et aucun obstacle ne le réfléchira ni n'arrêtera son cours.

L'eau demeure souvent dans les terrains bas •, non-seulement il est utile de dessécher ces parties qui souffrent delà stagnation des eaux , et qui occasionnent des miasmes dangereux, mais on peut faire servir l'eau enlevée à l'arrosement des terrains supérieurs au moyen de mécanismes tels que la vis d'Archimède, la bascule, PI. 1 53 , fig. 3 , et d'autres de facile construction , tel que le suivaut tiré de Bélidor.

La fig. 5, PI. 167, offre un moulin tournant à tout vent , et qui se dirige lui-même au moyen de la girouette A composée d'ais fort minces.

L'arbre B est fixe et bien affermi dans les terres 5 tout le reste de l'assemblage est mobile et tourne avec la girouette.

Le mouvement des ailes se communique à l'arbre ED et à la roue à godets D qui est adaptée à cet arbre.

L'eau qu'on veut élever est contenue dans un fosse ou bassin circulaire, afin que la roue trempe dans l'eau sans toucher aux terres.

La roue D verse l'eau dans une rigole circulaire dont l'arbre B est le centre, et de là on la conduit où l'on

veut.

Cette machine n'élève l'eau qu'à six ou sept pieds au

plus , mais aussi elle en puise une grande quantité pourvu que le vent la favorise.

La figure 6 de la même Planche présente le mécanisme d'an autre moulin à vent, servant à épuiser les eaux au moyen d'une roue à palettes.

L'axe des ailes est celui d'une roue dentée a engrenant une lanterne h dont Taxe qui s'ajuste par ses extrémités à des poutres placées sur la maçonnerie du moulin , est eelui d'un tambour g qui engrène une grande roue dentée c.

Cette roue c a le même axe qu'une autre roue b à pa« letles qui prend l'eau dans la rigole : elle est entourée de la maçonnerie k.

Elle jette l'eau dans un canal supérieur, comme on le voit dans la coupe de cette roue, fig. 4 9 PI* ^^4- Une petite porte n qui se trouve à la hauteur du canal est toujours ouverte et poussée contre la maçonnerie par la force de l'eau, et, quand le moulin est arrêté j l'eau supérieure la tient fermée , ce qui forme comme un nouveau canal qui n'a plus de communication avec la rigole inférieure.

La roue, fig. 5, est composée de palettes appuyées d'un seul côté dans des courbes creusées convenablement. Ces palettes sont dressées sur ces courbes et avec le corps de la roue , de manière qu'en approchant du canal supérieur •elles ne soient pas horizontales, comme elles le deviendraient si elles étaient des rayons partant du centre de Taxe, et cela afin qu'elles puissent toujours jeter l'eau avec facilité dans le canal.

Pour ne point perdre d*eau, on peut remplacer les

courbes de bois, qui en déplacent une certaine quantité,* par des cercles de fer, au nombre de trois de chaque côté,' ainsi que l'indique la figure 5, PI. i54> sur laquelle ils sont marqués m. Des courbes n en fer doivent soutenic ces cercles dont elles font partie en les clouant aux par lettes qu'ils encadrent.

De pareils moulins , dont les prairies de Hollande son^ remplies , peuvent être appliqués utilement dans toute propriété où les eaux nuiraient à la culture.

Si l'on adaptait une lanterne à l'axe de la roue à palettes, son mouvement pourrait se communiquer à une seconde lanterne placée au-dessus, de manière qu'un chapelet pût reprendre l'eau élevée en premier lieu pour la distribuer plus commodément.

Nous ajouterons à ce que nous avons déjà dit sur les moyens de tirer l'eau des puils au moyen des manèges , une méthode en usageà Constantinople fourVarvosement des jardins de cette capitale, décrite par M. de Castellan dans son Voyage en M orée.

Deux puits m, /z, PI. 160, fournissent de l'eau aux réservoirs P , P , qui sont formés de planches réunies aux angles par des montants et de fortes traverses. Ces réservoirs sont isolés de terre sur quatre ou huit pieds ^ et sont plus ou moins élevés pour que Thumidité du terrain n'endommage pas le bois, et pour f\aon puisse aisément les réparer. Us sont calfatés avec des étoupes goudronnées , et la superficie du bois est également goU" dronnée.

La machine qui élève l'eau est composée d'un treuil t qui fait monter et desce;idre alternativement deux seaux

- iiS-

en cuir, ou 9 pour miens dire^ deux outres coniques CQTertes par les deux bouts ^ qui sont tenus par des cercles de fer à anses , auxquels on a attaché des cordes.

. On établit sur Touyerture des puits une espèce de cbe- Talet formé de trois ou quatre perches réunies i leur sommet , et dont les autres bouts s^écartent et sont plantés en terre sur les bords de l'ouverture.

Au sommet du triangle que forme la réunion de ces perches on fixe une poulie ^ deux rouleaux sont placés sur le réservoir ; ces rouleaux tournent sur des pivots. La corde, qui est attachée à la grande ouverture de l'outre en cuir, passe sur la poulie et aboutit au treuil , où elle se réunit avec le bout qui est attaché à la petite ouverture et qui passe sur les rouleaux r, r.

Lorsque l'outre en cuir est au fond du puits elle se remplit d'eau, et , en remontant , les deux bouts ouverts sont de niveau : dans cette position, que l'outre conserve dans son trajet, l'eau ne peut s'échapper^ mais, quand elle arrive au bord du réservoir, la petite extrémité passe par-dessus le rouleau , l'autre monte jusqu'à la poulie , l'outre se développe , l'eau s'échappe et passe dans le réservoir.

On se sert quelquefois d'un cheval pour puiser, à l'aide de l'outre que nous venons de décrire. La méthode en usage dans ce cas est très simple. Les cordes , après avoir passé sur la poulie et sur le rouleau , sont attachées au palonnier du cheval, qui, en parcourant un certain espace en ligne directe, fait monter l'outre remplie d'^eau , puis il ,rebrousse chemin ; l'outre alors descend dans le

puits, où elle se remplit de nouveau : le cheval recommence sa course et ainsi de suite.

L'outre est faite avec un cuir de vache tanné , mais sans apprêt, et cousu à la manière des tuyaux de pompe; le cercle en fer qui environne la grande ouverture a dix-huit pouces de diamètre et dix-huit lignes de grosseur : il porte des anses croisées en sautoir^ au sommet desquelles est attachée la corde.

Il nous reste à parler d'un moyen d'élever l'eau d'un seul jet à une hauteur plus considérable que par les machines précédentes ; nous voulons parler du beîierhydraur Uque inventé par Montgolfier , machine dont la dépense d'établissement et les frais d'entretien sont moins considérables et le produit plus grand que les premiers.

La Planche 154) fig- 6-79 présente la coupe d'un bélier dont nous tirons la description du Traité des Machines de Hachette. Il &ut, pour l'établissement d'un bélier, avoir à sa disposition une chute d'eau. L'eau amenée en A, et provenant d'une source ou d'une rivière, s'écoule par un tuyau de conduite AB, évasé en A, et incliné de manière à ce que la pente de A en B soit au moins de 37 millimètres par 2 mètres : elle s'échappe par un orifice C qu'on peut fermer à volonté au moyen d'une soupape.

Un réservoir d'air F s'unit par un petit cylindre abcd au tuyau de conduite BD; sur le milieu du fond de ce réservoir F est un orifice circulaire, auquel s'adapte un petit support cylindrique dont l'extrémité E est garnie d'une soupape , s est une autre soupape destinée à entretenir d'air le réservoir F , et l'espace mn qui est compris

entre l'ajotage abcd et le petit support cylindrique ; GH est un tuyau d'ascension qui prend naissance en G dans le réservoir d'air F.

On nomme le tuyau ÂBC ^ par lequel l'eau s'écoule , corps de beUer. Des deux soupapes qui ferment les orifices C et Ey on nomme la première, soupape d^é^ coidemerU ou d'arrêt , et la seconde y soupape cPascen-sion*

Ces soupapes sont des boulets D et E qu'on retient par des muselières j et dont l'épaisseur est telle qu'ils ne pèsent pas plus que deux fois le volume d'eau qu'ils déplacent^ on donne ^ à l'extrémité du corps de bélier qui porte les soupapes et le réservoir d'air , le nom de iéte du bélier*

Voici maintenant les effets principaux de cette machine mise en mouvement.

L'eau en s*écoulant par l'orifice C acquiert la vitesse due à la hauteur de la chute ; elle oblige le boulet D à sortir de la muselière et à l'élever jusqu'à l'orifice G. Cet orifice est terminé par des rondelles de cuir ou de toile goudronnée, contre lesquelles le boulet s'applique exactement. Aussitôt que l'écoulement par cet orifice s'arrête, l'eau soulève le boulet qui ferme l'orifice E du réservoir d'air F. Elle s'introduit en même temps et dans ce réservoir et dans le U^au d'ascension GH, et enfin elle perd la vitesse qu'elle avait à l'instant où l'ouverture C s'est fermée. Alors les boulets D et E retombent par leur propre poids sur leurs muselières : l'eau de la source recommence à s'écouler par l'orifice C : la soupape D se ferme de nouveau, et les mêmes effets se renouvellent dans un

temps qui , pour un même bélier, ne change pas sensi^ blement.

La compression de Tair dans le réservoir F détermiue l'ascension dans le tuyau GH ; mais le mouvement de la colonne d'eau ascendante se communiquant à l'air qui s'y trouve , ce réservoir serait bientêt épuisé si on n'y introduisait pas à chaque révolution du bélier une portion de nouvel air : le petit canal ^, fermé d'une soupape, sert de conduit à cet air: la soupape s'ouvre derextérieur à l'intérieur du corps du bélier au moment où la réaction de l'air comprimé en mn a lieu , ce qui arrive lorsque les deux soupapes se trouvent fermées par le jeu de la machine.

Avec un bélier dont le corps a 8 mètres de longueur et 2o3 millimètres de diamètre, une chute de 979 millimètres élève 269 litres d'eau en une minute à 4niètres 5 centimètres de hauteur. Un autre corps de bélier établi près Clermont (Oise) a 27 millimètres de diamètre et 33 mètres de longueur *, il est adossé à une montagne sur une pente de 7 mètres pour 33 mètres y le tuyau d'ascension a 14 millimètres de diamètre. Il fournit en 24 heures 1400 litres d'eau, élevée à une hauteur verticale de 60 mètres.

Les expériences faites sur ces béliers et sur plusieurs autres ont démontré que la force transmise est au moins les trois cinquièmes de celle employée à la faire mouvoir, ce qu^aucune autre machine hydraulique n'avait encore produit. Nous devons ajouter que le prix d'un pareil établissement est à la portée de tous les propriétaires } un pouce d'eau produisant 20,060 pintes peut être élevé en 24 heures à 20 pieds de hauteur, au moyen d'une chute

de 5 pieds 9 pour 43o francs , non compris les frais de posage et de tuyaux d'ascension.

Dans les premières éditions de cet ouvrngey l'auleur émettait le vœu que l'idée d'élever Veau par la dilatation de l'air put réussir. Ce vœu ne s'est pas encore réalisé, mais l'usage de la machine à vapeur s'est répandu et elle a été déjà appliquée à plusieurs jardins aux environs de Paris. On ne s'attend pas^ sans doute, à trouver ici un article sur ce moteur, qui est trop compliqué pour y trouver place; nous renverrons à l'ouvrage de M. Lard- NER : IjU jnachine à vapeur, leçons familières sur sa construction et la manière de lafaire fonctionner y 4 vol* in-i8 avec 12 planches gravées, chez Audot.

Puits artésiens.

Il est de notre devoir de parler au moins succinctement des puits arlfjsiens, nommés aussi puits fores et fontaines jaillissantes. La recherche des eaux souterraines a amené depuis peu des améliorations dues à des hommes de «cience d'un grand mérite. Le simple système de forage adopté aujourd'hui peut être mis en usage dans toute propriété située dans un pays où les cours d'eau sont rares, et où il serait fort coûteux de la faire venir d'une certaine distance. Quand l'eau n'est pas trop éloignée de la surface du sol , un puits artésien est un des moyens les plus économiques pour se procurer de l'eau.

On creuse le sol verticalement jusqu'à ce qu'ayant atteint une nappe d'eau souterraine elle remonle à la surface par l'ouverture pratiquée au moyen de la sonde, et

selon que la nappe d'eau supérieure qui alimente celle-là est située à une hauteur plus ou moins grande. Ces eaux s'élèvent en jets plus ou moins élevés; c'est la théorie des jets d'eau : une fontainejaillissante, jaugée à deux mètres au-dessus du sol, peut donner jusqu'à j,ioo litres d'eau par minute.

Diverses opinions ont été émises sur l'origine de .l'eau qui alimente les puits artésiens ; mais celle qui a prévalu comme la plus naturelle est que les eaux pluviales s'infiltrant de la surface à travers les Gssures des roches et les couches de terre, de sable et de pierre, se réunissent en filets, en ruisseaux, et coulent jusqu'à ce qu'elles rencontrent une couche de terre qu'elles ne peuvent plus traverser, et forment à cet endroit une nappe plus ou moins régulière. Les eaux trouvant un passage à travers un nombre de couches superposées , suivent ici une marche horizontale ; là elles s'écoulent dans une direction verticale, ailleurs dans une direction latérale. Dans les pays de plaines^ les couches du sol sont presque toujours horizontales.

Il y a dans le sein de la terre des nappes d'eaux tranquilles et aussi des cours d'eau formant des petites rivières souterraines , telles qu'il en existe sous le sol de Paris.

La température de l'eau provenant d'un puits artésien est plus élevée que celle de Teau qui existe à la surface de la terre* Cette chaleur que l'eau éprouve dans le sein de la terre est une question scientifique dont nous ne parlerons pas ici.

Utilité desfoniaines artésiennes. Outre qu'elles peuvent servir à l'irrigation, les fontaines artésiennes étant d'une

— Mtt-

température élevëe et invariable, on peut les employer dans les hivers au mouvement dWe usine, d'un moulin, et les adapter au moyen de tuyaux métalliques, aux serres exigeant une atmosphère régulièrement chaufTée. Les eaux toujours pures de ces sources et leur chaleur constante les ont fait amsi appliquer à une infinité d'objets, et les rendent d'une {rande utilité* Aussi voit-on chaque jour dans les départemens des fontaines jaillissantes se produire, soit pour alimenter des papeteries, des routoirs, etc., soit pour arroser des prairies artificielles ou des jardins potagers; ou bien encore, comme on Ta fait près de Montmorency, les eaux d'un puits foré seront conduites à Tépoque des froids dans un étangs afin de prévenir la congellation qui fait périr les poissons.

Mais les puils artésiens ne servent pas tous à amener les eaux à la surface. On fore le sol dans les pays marécageux afin de produire un écoulement à des nappes d'eau qui , couvrant la surface, rendent cette partie impropre à la culture, tout en imprégnant les alentours d'une atmosphère lualsaine. Cette invention ancienne est donc d'une grande

importance sous le rapport de la salubrité, et aussi par le «it qu'elle donne au propriétaire un terrain souvent excellent qu'il peut couvrir de végétaux. Ces sortes de puisards sont fréquens dans le Jura, où les habitans pourraient craindre de voir leurs propriétés submergées lorsque la rivière d'Orbe déborde.

Terrains où Ton peut espérer de trouver des eaux ^uterraines. Le propriétaire saura s'il a quelque espoir de trouver de l'eau dans sa localité , selon la nature du terrain qui la compose. Les sols les plus propices au per-

cement d'un puits artésien sont ceux dont le terrain présente des couches en pente naturelle perméables à l'eauj telles que des parties calcaires, crayeuses, sableuses, etc., intercalées entre des couches imperméables qui permettent à l'eau de former des nappes. Dans la masse de ces terrains ainsi stratifiés, les fissures qui y existent à de grandes distances offrent à Teau les moyens de circuler avec facilité, ce qui n'existe pas dans les terrains formés de granités ou de substances d'une nature homogène. Si la couche supérieure d'un sol ainsi formé est forée , l'eau prendra un mouvement d'ascension plus ou moins rapide^ qui continuera jusqu'à ce qu'elle se trouve au niveau de la nappe d'où elle provient.

La fig. 12, planche I , que nous empruntons a un ouvrage de M, le vicomte- Héricart de Thury, sur la cause du jaillissement des eaux des puits forés, explique comment les eaux sont réparties parmi les difierentes couches de terrains, et fera concevoir, mieux que nous ne saurions l'expliquer, la théorie des puits artésiens ; on voit que l'orifice du puîts A, se trouvant au niveau de l'infiltration M, qui alimente la nappe qu'a rencontrée la sonde , l'eau ne s'élèvera que jusqu'à la surface du sol^ la source du puits B, alimentée par la nappe P, jaillira au-dessus; et dans le puits C , au contraire^ l'eau restera inférieure & l'ouverture , parce que la nappe O est plus basse. Dans le puits C , on voit qu'il se trouve cinq colonnes d'eau dont les unes jailliront^ et les autres resteront à la surface, ou s'arrêteront au-dessous, selon la hauteur proportionnelle des divers points où s'établit l'infiltration.

Nous ne pouvons assurer, cependant , que l'on trou-

- IM

rera toujours des sources partout où les terrains que BOUS ayons indiques existent; car on a vu maintes fois diffiéreus sondages très rapprochés ne pas donner tous de l'eau. Gela dépend des dispositions locales qui s'opposent quelquefois à ce que le résultat d'un sondage soit satis£iisant ', ainsi près deTendroit où l'on aurait creusé un puits, il peut se trouver des fissures qui donnent issue à l'eauj et forment un obstacle à son élévation •

Quelquefois , il arrive qu'un cours d'eau traversé par la sonde y suivant une pente rapide naturelle, ne présente aucun indice d'ascension dans le tube; alors on détermine l'eau à s'élever au moyen de l'aspiration d'une pompe

tit^ d'eau toujours la même. Cependant si an paits est creusé non loin de la mer, et que l'eau qui alimente ce puits ait sa source sur les bords ou dans la mer même, l'eau suit le mouvement du flux et du reflux. 11 arrive aussi que dans de certains pays , l'eau des puits artàiens éprouve quelque changement^ soit par la trop grande sécheresse, soit par des pluies abondantes; mais ces cas sont rares.

Nous avons résumé les seuls indices qui puissent faire juger au propriétaire s'il y a dans le terrain qui compose sa localité des conditions qui l'engagent à faire ouvrir un puits artésien avec l'espoir d'y rencontrer une source

mise en mouvement, l'ascension se prononce alors, et jaillissante. Gomme nous Tavons dit, malgré les disposi*

continue sans interruption.

« Les eaux souterraines, dit M. Arago, ne forment des nappes d'eau qi^à la surf ace de séparation de deux couches minéralogiques distinctes; au contraire, dans l'épaisseur de celles de ces couches les moins compactes, dans le calcaire crayeux, par exemple, l'eau n'y existe que dans des espèces de rigoles, entre lesquelles il se trouve des masses de craie parfaitement saines. Si le trou de sonde rencontre une de ces rigoles, l'eau remonte plus ou moins , suivant la pression que le liquide y supporte. Si on tombe sur une. portion de la roche calcaire bien compacte, on a exécnté un travail inutile. Si au lieu de chercher les eaiix dans l'intérieur, ou même seulement dans la partie supérieure de la masse de craie , on pouvait pousser les sondages jusqu'à la couche imperméable, sur laquelle cette masse repose, on trouverait là une véritable nappe d'eau. »

Les puits forés donnent assez ordinairement une quan-

tions favorables du sol , il se pourra que les travaux entrepris soient sans succès; mais avec de la persévérance, son attente ne sera pas trompée, parce que si tel point da terrain ne répond pas au, but qu'il se propose, il fera sonder une autre partie, où ses efforts seront plus heureux.

Sondage des puits artésiens.

Tout le monde sait que le forage est le seul moyen que l'on connaisse pour amener à la surface l'eau des nappes ou des sources souterraines. La sonde employée à cet effet est composée de fortes tiges de fer s'ajustant bouta bout, et terminée à son extrémité inférieure par l'ootil destiné à percer les couches où l'on veut ouvrir un puits. ' A l'extrémité supérieure est un anneau libre auquel on ' attache le câble servant à soulever la sonde. Divenes sorta '

d'ootib s'adaptent à la partie inférieure de la sonde , selon qoe le terrain est plus ou moins difficile & forer ; nous ne les décrirons pas , parce que chaque sondeur ayant les siens, et ne pouvant agir sans lui, il serait inutile d'emlarrasser le propriétaire de descriptions dont il n'a pas lesoÎQ ; et comme il ne peut opérer lui-même , nous ne parierons pas des travaux du sondage y tout cela exigerait on traité spécial.

Temps ei frais que demandent lespuiis artédena.

11 est presque impossible de donner une idée du temps quel on peut employer au percement d'un puits artésien. Le forage est facile à exécuter jusqu'à une certaine profinidear; ensuite les difficultés arrivent, et l'opération jS^effectue avec une plus ou moins grande vitesse, selon la Ifiatore des couches. « Ainsi , dit M. Arago , dans certains Iterrainsy le travail marche avec une étonnante rapidité ^ [dans d'autres, au contraire, des roches à travers lesquelles le$ meflleurs outils ne s'enfoncent guère que de deux ou trois centimètres en vingt-quatre heures, des sables, pour pm dire liquides, des glabes , des marnes coulantes, qui ^ permettent ps un bon tubage, rendent l'opération Inexécutable. Aussi les ingénieurs voués à ce genre d'indastrie préfèrent-ils traiter à la journée en pla^t leurs Mnrriers sous la surveillance des propriétaires. »

On ne peut prévoir les dépenses d'un sondage , elles lont, comme on peut le penser, très variables suivant la istore du terrain qu'il £iut percer. Quand le terrain est brorable , les opérations s'exécutant vite et facilement ,

les frais ne sont pas considérables ; mais & mesure que le forage s'approfondit , surtout si le travail devient difficile , les prix augmentent dans une grande proportion.

On peut compter qu'un puits foré

à lo mètres de profondeur coûtera de 210 à 240 f#

20 mètres de ê^5o à 600

40 mètres de 1,000 è 2,5oo

60 mètres de i,goo à 3,5oo

100 mètres de 5, 600 à 5,ooo

300 mètres de 5,ooo à 8^5«o

Fontaines et effets Seau. — Hydroplasie.

Pour terminer le chapitre des eaux , nous ajouterons ici quelques exemples variés de fontaines et effets d'eau, qui trouveront leur place dans des scènes de nature diverse. Nous avons, dans ce but, recueilli des motifs dans tous les pays ou nous avons vu des sujets qui nous ont paru susceptibles d'orner les jardins, objets de notre goût intime.

PI. 3o , fig. i, jet d'eau partant du centre d'une corbeille de fleurs. — Fig. a, 3, 4? ^9 bassins ornés de divers profils. -— - Fig. 6 , bassin entouré d'une balustrade , sur laquelle sont placés 16 vases à fleurs. — Fig. 7, bassin avec vasque en plomb ou en fer fondu. — Fig. 8 , vasque en pierre artificielle ^ telle qu'on la fabrique en Angleterre* — Fig. 9, vasque en plomb où l'on a tiré parti de la cloche et de la coupe de Vhydroplasie. 11 est bon de re« marquer que, comme dans beaucoup de jets d'eau à vasques, il fitut que l'eau soit amenée par deux conduits différens dans la cloche et dans la coupe. — N"* 10, figure

à laquelle on a applique avec bonheur la cloche de Tbydroplasie. — Fig. ii, dauphin en plomb jetant deTeau par les narines ; il est placé sur un rocher, une coquille reçoit et rejette en cascade l'eau fournie par la gueule du monstre. — Fig. 12, fontaine sur laquelle on peut poser ime statue ou un vase. — Fig. i3 , demi-figure sur une gaîne; elle est posée sur le terrain même qu'elle arrose de Teau qui sort de sqs urnes , et qui forme immédiatement un ruisseau. — Fig. i4> nymphe du jardin du Luxembourg à Paris 5 elle sort du bain alimenté par Teau d'un rocher qui coule à ses pieds.

Celte nymphe nous rappelle un sujet bien gracieux et plein de poésie. Un artiste, n'ayant à sa disposition qu'un filet d'eau , imagina de le diviser en un grand nombre de

Depuis peu , on a mis en usage un moyen d'enrichir l'aspect des jardins : il consiste en effets d'eau en harmonie avec le paysage, et dont l'établissement n'exige cependant qu'une dépense minime; nous voulons parler de Vliydroplasie , art nouveau, dont les résultats sont aussi surprcnans qu'agréables et récréatifs. La description des appareils de l'hydroplasie a été faite plusieurs fois dans le Bon Jardinier j et reproduite dans les figures du Bon Jardinier, Nous ne répéterons pas ce qui a été dit dans ces deux ouvrages, qui sont entre les mains de tous les amateurs de jardins. Nous renverrons seulement à la planche 3o, figures 9, 10, du présent ouvrage, dont on a fait en Angleterre une heureuse application.

Nous avons vu en Allemagne , sur uii terrain uni, des

tuyaux capillaires qu'il plaça dansles cheveux d'une Vénus jets d'eau s'élancer du milieu des corbeilles de plautesen

sortant du bain , et qui était représentée dans l'action de presser sa chevelure, d'où s'échappaient mille perles humides.

PI. i4i, fig. 5, vasque soutenue par une figure d'enfant.

Dans notre planche 3i, nous avons esquissé, fig. 1, la fontaine de la rue Censier, h Paris , du petit nombre de celles où le sujet de la décoration est en rapport avec le mouvement de l'eau. — Fig. 2, 5, nymphes des bois présentant des urnes qu'elles répandent du haut des rochers, et dont les ruisseaux vont parcourir les prés de Flore. Elles ont été recueillies en Italie.

Planche Sa , fig. 1 > fontaine sur la route. — Fig. 2, fontaine dont l'eau alimente le lavoir public du hameau orné, dont nous avons donné le plan sw la planche 30. rr Fig. 5, pompe ornéç.

fleurs, comme le représente la planche 3o, que nous venons de citer; leur effet inattendu cause une surprise agréable. Cet effet, du reste, ne peut être continu.

On établit souvent dans les jardins fleuristes des bas-* sins avec jet d'eau ; et nous croyons être utile à beaucoup de personnes en leur disant qu'on fait à présent en fer fondu des vasques d'une très jolie coupe, et dont le prix ne dépasse pas il5o francs.

Les fontaines contribuent à l'élégance et à la richessd d'une grande composition ; mais il faut que l'architecture; de l'habitation soit aussi riche et élégante , afin de fiire un tout en harmonie. Rien ne serait de mauvais goût comme une fontaine à vasque , couverte de sculpturesil placée en face d'une maison champêtre. Dans les modilei que nous donnons , le goût de l'artiste on du propriétaire

lui servira de guide pour les employer & propos. Celle qui sont de forme purement architecturale, même les simples vasques, accompagneront les édifices et orneront les jardins réguliers, tandis que celles qui ont pour base des rochers pourront se placer dans des scènes nalurelles. Les deux fontaines, PI. i3o, fig. 4 c* 5, sont de Durand; celle fig. 6 est de M. Heurtant. On observera ce que nous avons déjà indiqué page 1479 que la quantité d'eau sortant du vase supérieur de la fontaine ( fig. 5) ne serait pas suflSsante pour former la nnppe de la vasque d'une dimension beaucoup plus grande. Pour remédier à cet inconvénient, les tuyaux intérieurs doivent amener dans cette partie Teau nécessaire à Tépanchement général.

Le réservoir d'une fon laine placé à mi-cAte , très souvent à une grande distance du jardin , reçoit les eaux qui sont conduites h la fontaine dans des tuyaux de fonte , si le terrain a des pentes fortes occasionnant des refoulemens; ou dans des tuyaux de grès entourés d'une couche plus ou moins épaisse de mortier, si le terrain est peu incliné, les tuyaux de plomb étant sujets à se crever, surtout dans les terres calcaires, ne doivent être employés qu'avec réserve, et seulement dans les ajutages. Les tuyaux de conduite doivent être appuyés sur des massifs de maçonnerie au droit des nœuds. L'air affaiblissant l'action de l'eau qu'il entoure, ou doit compter sur un douzième de moins de la hauteur du réservoir pour le point où elle parviendra.

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