Cage suspendue comme un réverbère pour la mettre
à Tabri des chats et jouir du chant des oiseaux dans le feuillage. La potence est en fer et peut se transporter et de ficher dans la terre à volonté.
Nous avons cherché (chap. VI) à donner une idée des jardins zoologiques de Londres. On peul voir, pi. 92, quelques-unes des fabriques que le promeneur curieux y rencontre à chaque pas. La loge n** 1 renferme un ours blanc 5 la cage 3, très-vaste, est celle des singes 5 len** 2
est un tunnel on passage souterrain qui conduit sous la voie publique pour réunir une partie du jardin à un autre terrain que l'on a acquis du côté opposé. Ces trois vignettes sont tirées du Zoological garden de Régentas Part. Les trois autres numéros sont du jardin de Surrey, et représentent des loges de quadrupèdes et une grande volière située au midi pour y recevoir les oiseaux des tropiques.
§ 3. Fabriques d'ornement et de récréation.
Ces fabriques, quoique quelques-unes puissent être utilisées, sont plus particulièrement destinées à la décoration, et demandent h être motivées moins rigoureusement que les précédentes^ cependant elles doivent toujours élre en convenance avec le genre des scènes qu'elles servent autant à caractériser qu'à orner.
De^ cabanes.
Les cabanes sont des chaumières de trop petite proportion pour servir de logement , ou bien elles ne pourraient servir que pour loger des animaux ; nous en avons réuni plusieurs pour ce motif dans les articles précédens. Celles dont il nous reste à parler sont destinées à servir de pavillon de repos, et nous pouvons rappeler à cet usage les Cg. 2, pi. 86, et 1-2, pi. 87.
L'amateur des jardins assez heureux pour posséder
dans sa serre des palmiers et autres grands végétaux exotiques à effet, susceptibles d'être placés â l'air dans k belle saison , les groupera , à leur sortie de la serre^ de manière à composer une scène étrangère. La décoration pittoresque qui les accompagnera sera une cabane semblable à l'une de celles de Java, pi. gS, fig. 1, 2, ou de Sumatra, fig. 3, 49 ou de la baie de Tolaga, fig. 5» ou k chaumière indienne, pi. 96, fig. 1. Nous regrettons que les voyageurs n'aient pas apporté la vue extérieure de k belle cabane de Tonga-Tabou, fig. 6, pi. 93.
Les cabanes de la pi. 94 peuvent être considérées aussi comme ermitages^ celles de la ph 96, fig. 2, 3, seront placées sur de légères émmences ainsi que k cabane fig. 9, pi* 9 i ', les cabinets 5, 6, pi. 96, seryiront k tel usage que l'on voudra.
Nousavons recueilli, pi. 96 à lOi^ des fabriques d^omemensqui ornent le jardin agreste de M. Panckoucke (i)*
(1) Au moment de meUrc soos presse, nous noas voyons oblige de supprimer, comme ajanl trop d'étendue pour les bornes de noire ouvrage; une description particulière de ce jardin que nous nous e'iions plu à rédiger.
n nous a para intéressant cle réunir ensemble toutes ces jolies esquisses dues au crayon fin et spirituel de M* Au* mont, même la vue de l'orangerie chinoise que nous aurions pu joindre aux planches de serres. Elle est placée ici comme ornement éminemment pittoresque.
Sur une terrasse, un joli reposoir gothique (pl« gg, fig. 3) invite à s'abriter des rayons du soleil sous des guirlandes touffues de jasmin de Virginie aux longues fleurs pourpres.
Cette terrasse, terminée par les grises murailles des maisons voisines , contrastait tristement avec le coup d'oeil magnifique dont on jouit dans tonte sa longueur, mais ime riche et gracieuse décoration où brillent ensemble Tor , les peintures et la porcelaine chinoise, dérobe aux yeux cette sombre enceinte, et ce n'est point une vaine décoration^ c'est un palais destiné à loger des orangers aux
teurs de tableaux pittoresques celte idée ingénieuse* (Voy.pl. ioi,fig. 2.)
Sur la planche loo, fig. 2j on a figuré la façade de la chapelle de Guillaume Tell , imitée de celle qui est au lac d'Uri.
Près d'un marronnier touffu , qui s'élève au milieu d'un bosquet , vous n'avez d'autre vue que celle des troncs d'arbres; peu de chose était à faire pour jouir d'un beau panorama y et c'est ce qu'on peut exécuter au moyen d'un escalier rustique qui enlace le vieux marronnier comme la vigne embrasse Tormeau. Là , les écoliers n'ont pas besoin de jeter des pierres pour faire tomber les marrons , car ils peuvent les cueillir avec la main à la cime de Tarbre. (PI. loo, n** 3.)
Au bord d'un fourré épais et sauvage convient la cabane (pL loi, fig. i), imitée de celles de l'île de Jisey,
fimits dorés. On peut apercevoir dans le dessin de M. Au- et aux murs intérieurs de laquelle sont appendus des armes mont (pi. 103), la cour chinoise qui précède cette oran- et des ustensiles apportés du pays môme,
gerie et une balustrade entourant un bassin d'eau vive. A gauchi-, à travers une décoration chinoise à jour, on jouit de la vue d'une campagne immense : à droite se présente le berceau chinois de la pi. 99, fig. 3.
A l'extrémité de ce berceau, et sur un terrain qui s'élève, un banc se présente d'où l'on se plaît à retrouver sous un autre aspect la vue dont on a joui sur la terrasse; mais ici , la climpagne n'est visible qu'à travers l'ovale d'une espèce d'écran chinois. Assis sous un ombrage épais^ tout ce côté de l'écran est dans une demi-obscurité &vorable pour faire ressortir avec éclat le paysage en**
Quand le terrain monte et descend fréquemment, les lieux de repos doivent être souvent répétés -, li s'élèveront de jolis petits pavillons couverts de chaume (pi. 96, fig. 3, 4 et pi. 100, fig. 1), puis un banc circulaire, autour d'un majestueux chêne auquel est fixé un parasol immense. (i pi. 96.)
Nous prendrons occasion de ce chêne pour donner un conseîLsur l'art de vaincre une difficulté en horticulture. Le pied d'un arbre couvert , comme celui-ci , est privé du bienfait de la pluie, et il ne peut manquer de dépérir : le remède, cependant, est facile, car il ne s'agit que de lui
cadré par ce médaillon. Nous recommandons aux ama- rendre par des arrosemens fréquens cequ'il perd en pluie.
> La cbaumière russe (fig. i, pi» 99) est grande et élevée d'un étage; on monte sur le balcon rustique pour jouir du point de vue pittoresque que l'on doit y découvrir^ et l'on est surpris de se trouver dans un élégant salon dont tous les meubles et les peintures originales de Boucber et de Coypel vous reportent aux règnes de Louis XIV, de la régence et de Louis XV. Fermez les yeux, jardinistes classiques, jouissez sans examen amis de la variété et du plaisir.
' Sur le bord d'un lac, un des principaux ornemens est le rocher (pi. 97, fig. 1), que Tespace ne nous a pas permis de rendre plus en grand; la fig. 3 le représente, le spectateur étant supposé entré sous sa voûte à demi-éclairée , d'où on jouit de la vue du lac. Ce rocher est d'une construction heureuse et naturelle. Dans Ja fig. 4» pi* 999 nous en donnous l'esquisse, toujours à l'intérieur, et prise de côlé.
Le coteau où est situé ce jardin n'offre pas d'eaux vives à la surface du sol, il a fallu en tirer du sein de la terre. Beaucoup de personnes eussent établi un puits et un manège mû par un cheval. Mais ce manège, d'une forme disgraciieuse, on n'y a pas pensé, et le cJiepal à V écurie a été remplacé pnr quatre légères ailes de moulin qui , arborées sur une construction à jour, en arbres et en branchages recueillis dans le bois même,. mettent en jeu une invisible pompe, qui élève l'eau à une grande hauteur, d'où elle est versée dans des réservoirs dont un est renfermé dans une cabane (2 pi. 97) ; de là elle fournit au lac et à tous les besoins dans les jardins.
Nous avons tracé sur la pi. 97 le plan du moulin pris
à tous les étages, et toujours en y comprenant les étages inférieurs : le n** 4 ^^ celui du rez-de-chaussée, sur le sol qui couvre le rocher 5 le n** 5 est pris au premier étage ; le n® 6 au second et le n* 7 à la partie supérieure , où ne se trouve plus que la partie supérieure de la machine représentée plus en grand n® 8.
La belle galerie représentée fig« 1, pi. 98, vue de face, et fig. 2 dans sa perspective intérieure , est meublée dans toute sa longueur de sièges et de tables rustiques. Un es* calier vous conduit dans le belvédère (fig. 3), où des surprises de tous genres vous attendent. D'abord la vue de la campagne frappe vos regards, puis un grand miroir magique, fig. 4j où vous voyez en miniature ce que vous apercevez de Fautre côté avec tout le grandiose de la nature; ensuite l'écran fantastique (fig. 5), où sont enchâssés des verres transparens de toutes les couleurs, et que vous faites changer vingt fois en lui imprimant un mouvement circulaire sur son axe \ vous commandez ainsi au clair de lune, au soleil brûlant qui semble embraser la nature, l'incendie est sous vos yeux, à votre commandement.
Le léger belvédère ( fig. 3, pi. 96) est à l'extrémité d'une terrasse couverte où l'on trouve tout ce qui concerne les jeux et les exercices gymnastiques.
PapillonSf Behédères, Kiosques, Observatoires.
Les papillons se placent isolément partout où une scène gracieuse demande une fabrique élégante. Ils doivent cependant offrir un lieu de repos , non seulement agréable comme décoration , mais encore comme point
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de vue. Tantôt leur architecture sera enrichie de sculptures et de statues; d^autres fois elle sera légère et gracieuse. Placé sur un rocher au milieu d'un petit lac , ou sur une île partageant les ondes d'un ruisseau , un pavillon communiquera avec la terre par deux ponts légers, et réfléchira ses colonnes élancées sur le cristal des eaux; du coin d'un bois , ou à Feutrée d'un bocage solitaire , il offrira au promeneur un abri romantique contre les ardeurs du jour.
Les papillons rustiques jetteront de l'agrément sur les scènes champêtres. Quelquefois on se servira du rez-dechaussée pour serrer les outils du jardinier, et le dessus offrant un petit cabinet élégamment décoré fera un contraste piquant. Ces derniers se trouvent en convenance avec le jardm irrégulier d'une médiocre étendue.
Parmi les pavillons rustiques , il en est que l'on pourrait désigner sous la dénomination de pittoresques , par la raison qu'ils tirent tout leur mérite de la bizarrerie de leurs formes et de la rusticité des matériaux employés dans leur construction. On pourra leur donner la physionomie étrangère, d'une chaumière indienne ou d'une cabane sauvage comme il y en a sur les pi. 90 à 101 : ils plairont toujours par leur aspect pittoresque^ mais ils feront un effet charmant quand ils uniront la hardiesse dans la construction à l'originalité de la conception. Lafig. 5, pi. II 4, offre un modèle de pavillon suspendu et sur pivot , capable de surprendre par sa bizarrerie.
Les papillons en rotonde de la pi. 109 et fig. 7, pi. i4i peuvent être utilisés pour former des salles dt danse et de
concerts. Quoique toujours indépendantes , et même assez éloignées de l'habitation principale , ces constructions peuvent en prendre le caractère, à moins qu'elles ne forment elles-mêmes l'objet principal d'une scène. La rotonde ornée de colonnes, de pilastres et de sculptures, fera un effet convenable lorsqu'elle sera motivée par un château élégant. Dans une scène champêtre, ses colonnes disparaîtront , et la toiture en ardoise ou en zinc sera remplacée par une modeste couverture de chaume^ fig. 2, pi. 109. Dans un paysage agreste ou pittoresque, la rotonde rustique se trouvera en harmonie avec le pavillon d'habitation ayant le même caractère* La rotonde demichampêtre, fig. 5, peut, sans inconvenance, trouver place dans le jardin régulier de moyenne proportion.
Nous avons recueilli des modèles de différens genres de ces constructions sur les pi. io3 à m. La fig. 1, pi. m est celle d'un pavillon de concert et de danse ; les fig. 51 et 3 sont des pavillons de repos entourés de la galerie que les Anglais appellent véranda (voir page 176.)
La fig. 4 représente un pavillon d'architecture mau* resque. La fig. 5 est un pavillon ouvert servant de décoration au fond d'un jardin de ville.
La fig. 6 donne la façade d'un théâtre d'amateurs.
Les kiosques ne sont rien autre chose, chez les peuples de l'Asie, que des pavillons belvédères ordinairement consacrés à aller le soir savourer le sorbet , jouir d'une fraîcheur délicieuse et contempler le vaste horizon coloré des derniers feux du jour.
Chez nous on donne ce nom à de petits monuniens légers et élancés, construits pour fournir un point de vue
remarquable en plaçant le spectateur à une hauteur déterminëe.
Le belvédère est construit le plus ordinairement sur une maison , sur une terrasse ; le kiosque est plus ëlancé et souvent plus petit et plus léger. Nous confondrons quelquefois ces deux mots dont la définition n'est pas bien arrêtée- Belvédère veut dire belle vue.
Il arrive assez souvent qu'une colline, une forêt, ou tout autre objet , se trouve interposé entre un jardin et une perspective intéressante ^ de manière à la masquer aux yeux du promeneur, faute par lui de n'être pas assez élevé pour que sa vue puisse dominer par-dessus. C'est dans CCS lieux que l'on construit une petite tour renfermant un escalier par lequel on monte dans la lanterne plus ou moins élégante qui en couronne le sommet.
Les belvédères sont destine^ à alt'rer et retenir fe promeneur dans un lieu découvert oiFrant une perspective remarquable. C'est souvent sur le sommet d une montagne ou d'un coteau qu'on les construit , de manière que rarement on a besoin de les élever au-^dessus du sol. Cependant s'il arrivait que pour gagner de l'étendue dans le coup d'oeil on eût à en exhausser un de quelques pieds , c'est alors que , pour éviter de lui donner la forme d'une tour, ou pourrait risquer de lui faire une base en rochers artificiels. Nous en avons fait dessiner deux, pi. ii 5 et 116, qui peuvent donner au lec* teur une idée de leur construction et de l'eJBTet qu'on doit chercher à en tirer \ l'un est percé de manière à former un point naturel, l'autre ofire à sa base l'entrée d*une grotte. Il ne suffit pas qu'un belvédère soit bâti dans une
Tantôt on lui donnera la forme athénienne de la lanterne^ heureuse situation , il faut encore que l'élégance et la^ de Démoaihène^ dont le modèle admirable existe au parc grâce aient présidé à sa construction.
de Saint-Cloud; tantôt on figurera un jninaret^ semblable à ceux où les îmans vont crier l'heure de la prière chez les peuples mahométaus. Il est une autre espèce de kiosques non moins pittoresques, quoique d'un tout autre genre : ce sont ces petites constructions qui saillent d'un mur de façade ou de l'angle d'une terrasse. (Voy. pi. 1 17 .) Elles sont bâties dans la même intention que les précédentes y seulement il y a cette difierence qu'il ne s'agit plus d'élever le spectateur pour lui faire apercevoir Tobjet intéressant, mais seulement de le changer de position, et de lui donner la facilité de se placer dans un lieu où il n'aurait pu arriver si on ne lui en avait ménagé la facilité par le moyen de ce petit pavillon suspendu.
Nos gravures n'ont d'autre but que de donner des idées de composition ; il faudrait plusieurs volumes si nous avions voulu représenter des plans, coupes, détails et descriptions} nous nous bornerons donc, comme pour les pavillons, à de courtes indications.
Les pavillons des pi. 108 et 110 pourraient être classés dans les kiosques et belvédères.
La pi. 113 représente, fig. 1, un kiosque d'architecture orientale. Les fig* 3 et 5 des kiosques chinois placés sur des ponts. Les fig. 4 et 5 des kiosques aériens fiintastiques, tirés du jardin de Muskau. La fig. 6 un pavillon persan ou indien dont M. Canissié, architecte, nous a donné le dessin sous le nom de kiosque.
H. ii3, le pelk parillon n** 2 peut servir de belvédère. N* 1, belvédère fermé par des vitres. N** 3 et 4, kiosques de forme orientale constroiia en bois et en zinc peint , même les draperies. N» 5, kiosque en treillage. N° 6, kiosque de bois en grume.
L^pl. Il 4, ii5 et ii6 représentent des kiosques et bdfédères de formes très-variées.
UdbserpaUÀre est un belvédère Irès-élevé, dont nous avons donné plusieurs modèles. Ceux de la pi. 117 sout , iig. 1'*, un minaret musulman , et fig. 3, une tour. Les dessins de M. Canissié, pi. 118, représentent les plus jolis monumens qu'il soit possible d'imaginer en ce genre.
S'il arrivait que daus une localité la vue se trouvât masquée par quelque colline et que cependant sans beaucoup de frais on voulût élever un observatoire , d'où le coup d'œil s'étendrait au loiu> nous donnons comme un exemple fort simple l'observatoire dessiné fig. 4? P^* 117 ^^ que nous avons esquissé en Suisse.
Chapelles^ Oratoires^ Ermitages^ Ex-voto^ Temples.
Parmi les fabriques d'ornement , les*unes sont de simples constructions , tirant toute leur importance de leur eSet ; ce sont celles que nous venons de décrire. Mais d autres, les tombeaux, sont de véritables monumens destinés à réveiller dans notre âme de toucbans souvenirs , ou à y appeler la douce quiétude de la piété, telles sont les cbapelles , car leur effet pittoresque a engagé â les placer dans les scènes naturelles des grands jardins où l'espace a peimis de les isoler.
La cbapeUe italienne, pi. 119, deviendra par son
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étendue, téglise d'un hameau^ où les fidèles se rendront & l'appel de la clocbe dont la voix letnr dit que tout dans ce monde est périssable et que les plaisirs ne doivent pas former la seule occupation de l'existence. Telle sera aussi l'église figurée pi. i4i9fig* 4*
Nous avons représenté, pi. 120, la jolie cbapelle formant une des plus intéressantes fabriques du jardin de madame Delisle. Cette chapelle , riche d'architecture semi-gothique, est remplie intérieurement de richesses artistiques. (Voy. page 164.)
Les chapelles et oratoires de styles de divers pays, pi. 121 et pi. 122, fig. I et 2, cette dernière d'un style gothique anglais, pourront être adoptés selon le caractère du site où on voudra les élever; mais presque toujours une fabrique de ce genre sera placée dans une scène tranquille, isolée si elle est d'une architecture sévère; la chapelle gothique, si elle est ombragée par quelques groupes d'arbres antiques , ne manquera jamais de réveiller en nos cœurs un germe de piété religieuse.
Quelquefois un simple ex^votOy enrichi par la munificence des pèlerins qui s'y sont rendus en foule, a été changé avec le temps en une petite chapelle, ou même en une église le plus ordinairement desservie par un ermite. Celte circonstance , assez commune dans nos chroniques, peut suffisamment motiver un semblable édifice dans une localité sauvage, écartée des habitations; mais alors, à peu de distance du monument, on placera l'humble demeure du solitaire.
Uermiiage (pi. 122, fig. 5) sera d'une construction simple et rustique ^ une doche suspendue sous un petit
dame 9 é\eyé sur le toit, servira au chapelain à instruire les villages voisins de l'heure à laquelle il adresse ses prié* res à l'Étemel. Un portique couvert de chaume ombragera le rustique porche de sa cabane , et à Tentrée sera la pierre sur laquelle le saint homme , pendant une belle soirée d'été, aime à venir méditer sur les grandeurs d'un Dieu dont les secrets échappent à sa pieuse intelligence. Un arbre devant le banc, et un petit jardin légumier faisant face à la porte , tels sont les accessoires seuls en harmonie avec l'austérité du lieu.
Ce genre de fabrique ne convient pas seulement aux scènes sauvages et agrestes , il peut se placer avec convenance dans tous les genres de jardins, pourvu que ce soit dans un lieu solitaire , écarté du bruit et du mouvement. Les deux cabanes pi. 94» pi- gS j fig« 1 > celle pi. 101, peuvent , au moyen d'un petit clocher ou d'une croix, être converties en ermitages.
Il est un autre genre de mouumens qui appartiennent aussi à la piélé , et qui se rattachant à des souvenirs d'événemens merveilleux , font naître dans le cœur un sentiment de respect religieux, de curiosité et d'admiration : ce sont les ex-polo. Ils seront motivés sur la lisière d'un bois, où jadis la protection d'une sainte, invoquée dans le moment d'un grand danger, a sauvé miraculeusement levoj'ageur égaré pendant une nuit obscure. (V. pi. 120, pi. 123, fig. 2, et tous les sujets de la pi. 124). Auprès d'une fontaine dont les eaux procureront des guérisons merveilleuses, on ne sera pas surpris de voir la statue miraculeuse de la Notre-Dame à laquelle elles doivent leurs vertus (pi. 123, ùg*[if 2, 3 et 4)* Ces petites constructions
qui peuvent accompagner un ermitage ou une chapelle sont extrêmement pittoresques. Les croix isolées placées d'une manière toute pittoresque deviennent ex-voto, tels sont les exemples que nous en donnons pi. 1 24*
Les templesy qui tiennent aussi à des traditions religieuses, peuvent se motiver dans des scènes où l'on veut, pour un moment, transporter le promeneur vers des climats étrangers ou à des époques reculées. L'imagination peut trouver un certain charme à rétrograder de quelques siècles vers ces temps où les arts, dans leur enfance, annonçaient déjà ce qu'ils deviendraient un jour. Ainsi la fig. 5, pi. 123, rappellera l'architectureprimitive^ les troncs d'ar* bres soutenant le toit de chaume indiquent l'origine des colonnes y cette sorte de hangar aura seryi d*abord à abriter des intempéries de l'air, l'autel de gazon sur lequel nos premiers aïeux offraient à leur Dieu les prémices de leurs récoltes, et sacrifiaient pour les apaiser des génisses blanches. Puis, l'art commençant à faire des progrès, et le merveilleux pénétrant les esprits , les hommes qui se vouaient au culte religieux s'entourèrent de mystères ; c'est alors que les images du Dieu qu'ils révéraient furent dérobées aux yeux du peuple dans le fond d'un sombre sanctuaire^ des clôtures plus riches s'élevèrent pour la cacher aux profanes (pi. 1 23, fig. 6). Les prêtres devinrent opulens des dons de la piété, et dans la suite des colonnes de marbre, et tout le luxe de l'architecture, vinrent remplacer les piliers grossiers et la simplicité rustique des premiers temples.
L'architecture devint un art que l'on soumit à des règles plus ou moins sévères ; mais, quoiqu'ayant la même
paire (pi. 127, fig. 2), surchargée de myslérieux hiéroglyphes, reportera notre esprit vers celte époque où un grand homme abandonna pour la belle Cléopâlre la possession de l'univers. Dans un vallon romantique, sous Tombrage mélancolique d'un if ou d'un saule pleureur , un obélisque de marbre blanc (pi. 127, fig. 5) sera édifié à la mémoire d'un ami. Aucune inscription ne sera gravée sur la pierre, mais une couronne de laurier et un flambeau renversé diront que le guerrier a succombé sous le fer meurtrier des ennemis de sa patrie. Enfin , un obélisque (pU 127, fig. 1), s'élevant dans la clairière d'une forêt, à Tenfourchure de plusieurs chemins tracés pour la commodité des chasseurs, éternisera la place où se passa une bonne action. De loin , sa forme régulière et élancée, sa couleur blanchâtre se dessinant sur la verdure rembrunie des arbres de la forêt, formeront avec elle un contraste aussi agréable que frappant. Ces monumens , et surtout le dernier, ne produisent tout leur effet pittoresque que lorsqu'ils sont vus à une assez grande distance 'y ainsi il faudra donc les placer dans des ccliappées de vue pour terminer une perspective.
Aujourd'hui que les cimetières sont devenus de véritables jardins, et que l'on se plaît à décorer les tombes d'emblèmes disant la vie de celui qu'elle renferme, et à les entourer de végétaux^ idée touchante qui fait que le souvenir de celui qui n'est plus se réveille incessamment à la vue des fleurs qu'il aimait, nous avons cru devoir donner quelques figures sur cette sorte de fabrique, non pas que l'on doive en être prodigue, car à moins d'avoir
origine, elle se plia bientôt au goût particulier de chaque peuple, et prit par conséquent des caractères diflTérens.
Les temples rustiques se trouveront parfaitement placés il l'entrée d'une sombre forêt, dont Taspect majestueux tenninera une scène champêtre. Ils peuvent encore figurer dans un paysage agreste ou riant , mais boisé, et ton* jours ils seront accompagnés de groupes et de bosquets.
Les temples égyptiens, pi. 1 25, fig. 1, 2, ne peuvent se lencontrer, avec quelque vraisemblance, que dans un désert aride et où les rares végétaux qui croissent dans les pays brûlans, laisseront nattre â peine leur feuillage pauvre et desséché ^ mais le temple, pi. 126, fig. 3 et^y d'un st^le grec le plus pur , et aussi les deux temples éle- ▼ésa l'Amour, fig. 1 , 3, pi. i26j celui dédié & Flore, fig. 3, et le temple d'Esculape de la villa Borghèse, fig. 4y sont des modèles qui peuvent être imités dans toutes les scènes majestueuses, riantes, tranquilles, mélancoliques, etc., parce que les règles de bon goût de cet ancien peuple ont été adoptées par toutes les nations modernes de l'Europe. Â ces scènes conviendra aussi l'élégant temple de la Reconnaissance que renferme le jardin deMuskau, pi. 126, fig, 5,6*
Obélisques f tombeaux^ statues^ vases*
Parmi les fabriques formant monument, les obélisques tiennent un des premiers rangs , si on les considère sous le rapport des effets de perspective. Comme les temples , ils sont empreints d'une espèce de caractère historique
îni les rend intéressans^ parce qu'ils rappellent de grands ^ ^ », ^ -
souvenirs. Dans une scène artificielle, l'aiguille de Cleo- l'esprit rempli d'amertume et d'avoir un penchant dé-
cidé pour les promeuades mélsncolîques, la renoontre d^nue tombe inspirera tonjoars quelque idée pénible , «t il &ttdra plnsieurs beures avant que l'imagination aoift OBtièrement drgagëe de rirapressioB qu'elle aura prodvite. La place d*un monument fiin^raîre est dans la scène jnâcuicoUque^ c'est 1» où sera le cliamp de repos lorsqu'une famille i^oudra conserver dans sa propriété les restes mortels de ceux qui leur furent chers, ou du moins élever un monument h leur mémoire. Si ce ne sont pas de semblables motifs qui fassent admettre une tombe, et que l'on veuille en établir une pour compléter «ne scène, alors elle portera le nom d'un de ces génies qui, de loki eu loîa, apparaissent comme de brillans météores pour éclairer le genre humain, ou celui de quelque homme de bien, obscur pendant sa vie, mais dont les bienfaits laisse^ après lui vu souvenir semblable A ces fleurs qui, détachées de leur rameau par l'orage ) se fanent, et cependant imprègnent encore l'air de leur parfum*
L'architecture des tombeaux sera plus on moins rid^, selon l'importance du personnage dont ils couvriront les cendres. Il faut éviter de s'abandonner k IcBâibousiasmc'de la douleur et des remets , lorsque Ton Sève ces funèbres constructions, si Ton veut toujours veatar dans les règles de boa gei&t et de convenancei morales qui doivent passer avant tonies ks aigres oansidérntiftns Ainsi, il serait aussi ridicule qu'inoQn¥enant de voir une mère élever un sarcophage magniBque à un jeune enfant reposant A côté des restes de son père, dont la tombe ne serait marquée que par une «impie pierre s^ulcrale*
Toutes les resaonnces de l'ardUtede ae déploiefont ériger A «n grainl faonme nn naornonent digne de imL {Voyci les pi. i^, fig« 7; pi, is8, ^ t, », 5; pL #39, fig. 1, 3, 5 ^ et pi. i^i, fig, 6.)
Dans ce dernier cas, on se trome pour «osî dâredncgé de payer A sa mémoire la dette de la patrie y mais loraqu%n tombeau n'est <3evé que pour vin homme onlinaire et par une aiSoction particulière, trop de faste et de grandonr dans sa construction deviendraient incon venanoe; il doit être simple et modeste comme les vertus de celui dont il recèle la dépomtte mortelle. (Voyex pL 119, fig. 4^ ^^ pl- tSo, fig. 1, s, 3.) Parfois le monument gothique, A l'aiguille <^Qoée, aux ciselures délicates., élevé A la mém<nre d'une sainte se présentera au regard comme celui de la fig. 79 pl« 1 ^Q^ dont le plan est donné fig. 8. Le monument de la fiimiUe pourra prendre la ferme d'un adumbarÎMiinj pi. 129, fig, 5 et 6«
Les statues ^onXle luxe de la richesse, si je puis me servir de ct4(e expression. Aussi convtenneiit-dies principalement a l'orneroentdes parterres symétriquement dessinés devant le palais ou le châteaM d'wn homme riche. Il iant qu'indépendamment de la matière, les statues soient précieuses par la i>eautc du travalL 5i lou m'est pas assez heureux pour pouvoir se procurer les chefs-d'œuvre des pnemiers maîtres, que Ton en ait aià HMÙns de bonnes ooiMCs-; aaais que jamais on aie faase figurer daxàs une ccunpoêition, de quelque genre que ce soit, ces âiauohes grossières, pnodmts monstrueux du 4:isean d'nn vanileux taîUeuff àe pierre*
U est cependant quelques circonstaaoes -aà l'-on pour*
nit pmt-èlre moUtct qvd^Ms morecMa de aciilpluxe n ae les prëseslint à Vaii ^œ comme MceMoires de cegl atM s acènet • Par esempte^ mi buste de Pan, place ntr Q» piédestal dans un tableau champêtre» peut se trooyer a cenvenance^ les bas->reliefs des quatre Saisoila, pi. 26, %. 4y antoar d'ane colonne s'élevant sur on banc circulaire, ne seront pas déplacés dans un bosquet où Ton aura rëimi, autant que possible, des végétaux qui donnent soGcesaîvement des fleurs ou des fruits pendant lea ^tre parties de Tannée ^ enfin, la statue d^un ancien preux dans un petit monument gothique^ ph i2&, Gg. 7^ <le?é au coin d'une forêt» sur la place où une vieille chronique annoncerait que» victime d'une noire trahison» il est tombé sous la lance d'un chevalier discourtois* Dans tons les cas, ces constructions sont» dans un jardin pjsa^er» des anomalies qui peuvent être agréables» mais dont 00 doit user sobrement. G^pendant» qui peut rélister à l'effet attrayant d'une statue» se détachant sur an sonabre feuillage» et que l'on aperçoit & une distance laÎBonnée d'une babil ation de luxe? Au bout d'une allée droite, les bustes» fig* 4» 5» 6» pi. 5i, seront d'un bel effet» et l'élévation du piédestal les fera apercevoir pardessus les bosquets.
Les eoUmnes isolées^ terminées par des statues» sont d'«n bel effet dans les jardins paysagers avec lesquels elles sont enharmonie» comme on en peut juger d'après celle du bosquet du Roi à Versailles. Elles prouvent que l'art peut quelquefois s'allier avec bonheur aux tableaux de la nature. Noua donnons» fig. 7-8, pi. 3i» des exemples de ces sortes de colonnes, que Ton peut exhausser beaucoup
plot au moyen des piédestaux» comme dans la 6g. ^, représentant la eolonnedn bosquet du Roi.
La fig. 10» prise k tiêola bdla^ F«ne des lies Borromées, est un pilier portant une statue en pierre.
Les pcu$s sont destinés anx mêmes usages que les statues^ mais ils sont beaucoup moins sévères dans leurs convenances. Pour peu qu'une habitation appartienne ft un genre d'architecture déterminé» et que la eompositioii générale soit régulière» ils y seront parfaitement en harmonie. Ils tirent tout leur mérite de l'él^ance de leur forme, de la beauté des bas-r(jie& dont ils sont ornés » et de la richesse de leur matière. On les place en lignes par paires ou isolés» sur des porliques, des piédestaux, des murs» des terrasses» etc. Si l'on plaçait un vase de forme élégante» connu sous le nom de Atédrcisy par exemple, près d'une chaumière» on ferait un contre-sens absurde; il existe certaines formes antiques qui seront en harmonie avec la chaumière elle-même. Le vase, fig. 179 pi* ^4> °^ ^^'^ déplacé nulle part. Nous l'avons vu employé en grand nombre et servant entre autres à orner une maison suisse dans un jardin à Suresne. Nous l'avons retrouvé chez le fabricant, faubourg du Roule, près l'église.
Le vase» fig. 12, pi. i4i» rappelant l'architecture lombarde» pourra être placé an milieu d'un bosquet.
Bxèdre.
Par ce mot on entendait en architecture» chex les anciens> un lieu de réunion où se trouvaient disposés des bancs d'où l'on pouvait» de l'un à l'autre, se vmr et
converser. Les deux bancs demi-circulaires qui existent à la porte de Pompëï^ et qui ont é\é imites dans les bosquets du jardin des Tuileries, àParis^ sont des exèdres. Un exèdre est représenté sur la pi. 26^ (ig. 5. Ou monte par quelques marches à un banc circulaire en marbre; sur le dossier de ce banc sont placés des vases contenant des plantes à fleurs. Celui-ci est Fexèdre antique proprement dit , semblable à ceux de Pompéï et des Tuileries. Il est couvert d'une tente de zinc , dont la peinture imite la toile d'indienne et qui est soutenue par des lances: çà et là sont plantées au-devant des corbeilles de fleurs.
Nous avons dû donner le nom d'exèdre & la décoration que nous avons fait graver sur la pi. 24* La Cg. i représente l'élévation, etlafig. 2 le plan. La lettre a indique des piliers en pierre ou toute autre matière, d'un pied à i5 pouces carrés; ils supportent des vases où l'on entretient des plantes en fleurs et surtout des géranium et des pétunia. Des arbrisseaux grimpants , toujours verts, entourent les piliers avec légèreté , si la matière de ces piliers (ou colonnes) est de nature & être vue, ou bien ils sont entièrement couverts s'ils sont sujets h se détériorer. Dans ce cas, le lierre remplirait très-bien le but. La lettre b indique des vases placés devant les quatre piliers qui forment deux pavillons a l'entrée del'exèdre À. Les lettres c d sont aussi des vases placés en rapport avec les piliers qui forment le demi-cercle extérieur ; le rang des vases d est plus élevé que le rang c , de manière qu'entre ces vases se trouvent deux marches e f^ pour monter sur le terre-plein g^ où sont placés les bancs A.
Deux marches servent de même à arriver aux pavillons A*
D'un pilier ou d'une colonne & l'autre les arbrisseaux se détacheront en guirlandes. En attendant que le lierre ou les autres arbrisseaux aient atteint la hauteur des piliers^ on pourrait jouir néanmoins de la verdure au moyen de plantes grimpantes annuelles ou vivaces, plus promptes à garnir que les arbrisseaux.
On conçoit qu'un tel plan peut être modifié de plusieurs manières, et que la pergole semi- circulaire de la fig. 3 le remplace , quoiqu'avec moins de richesse. Nous l'avons placé ici parce qu'il est susceptible des plus riches décorations en marbre, car nous aurions pu le classer dans la section de V emploi des végétaux.
Nous avons employé cet exèdre dans la composition du parterre fig. 4* En efiet, s'il forme une belle décoration quand on le voit de près , il doit aussi être vu & une certaine distance pour que l'on en obtienne tout l'effet dont il est susceptible. Comme nous avons omis dans la description du jardin cosmopolite, pi. 14» de décrire ce parterre indiqué sous le nom de parterre fleuri , nous allons en donner ici la description.
Devant l'habitation B, pi. 24 , s'étend une pelouse de forme allongée £, à Textréniilé de laquelle se trouve une autre pelouse i semi-circulaire entourée de l'exèdre. Des plates-bandes l m sont destinées à des plantes d'un effet éclatant ; celles extérieurs m sont plus élevées que celles intérieures Z. Ici se présentait un grand écueil : la longueur de telles plates -bandes n'ayant aucun point intermédiaire qui aidât l'œil à en apprécier la distance, auraient paru beaucoup plus courtes qu'elles ne l'auraient
éié réellement. C'est en pareil cas qu'il faut employer ce que les artistes appellent repoussoir^ c'est-à-dire placer des objets intermédiaires qui coupeat les lignes et aident i Toeil à mesurer la distance. Les deux corbeilles, que nous avons placées au milieu des plates «bandes, remplissent entièrement le but : elles coupent les lignes sans masquer le point de vue; ces deux simples cercles évitent la monotonie et animent la scène. Sur les côtés sont des pergoles légères semblables à la fig. 3, pi. 24* Au-devant sont deux rangées d'arbustes en caisses. Derrière la pergole sont deux plates*bandes circulaires n, plantées en rosiers. Deux statues font face aux allées qui bordent la grande pelouse.
JeuXf bateaux, barques, gondoles, barrières^
sièges, étagères.
Les barques, destinées à varier le plaisir de la promenade^ pourraient entrer dans la classe des fabriques, parce qu'elles font le cbarme d'un jardin placé dans un site assez beureux pour avoir d'abondantes eaux. On a moins besoin de les adapter aux caractères des scènes , mais leur forme devra toujours être élégante. Les gondoles cbinobes, pi. iSg, fig. 1, et pi. i^a , Ibl jonque chinoise, pi. 140, fig. 1, sont de cbarmans modèles; on aime la forme de ces sortes de barques parce qu'elles sont généralement légères et gracieuses dans les détails. Toutes ont un pavillon pour abriter les promeneurs au soleil.
Si dans une scène dont l'aspect est italien, on aime que tous les accessoires portent le même caractère, alors
la barque prendra la forme de ces élégantes gondoles qui sillonnent le Rialto, pK i4o, fig* 3, et pour quelques ins« tans on jiourra se croire au milieu de Venise la superbe.
Si vous préférez la chaloupe française, alors nautonnier habile, vous dirigerez votre esquif à travers les réci& et les îles, en vous servant de la rame et des voiles, pendant que vos voyageurs tendront aux poissons des filets trompeurs ou leur présenteront l'hameçon perfide. (PI. i59,fig.2, 5, 4, et pi. 141, fig. 8, 9, 11.) La fig. 10, même pi., donne l'exemple d'une galère grecque. Quelle que soit la forme que l'on veuille donner â un bateau, il faudra toujours sacrifier l'élégance i la solidité; s'il peut inspirer la moindre crainte de danger, même à la personne la moins timide, on aura manqué le but qu'on se pro* posait , quand même le peu de profondeur de Feau ne rendrait le danger qu'apparent. .Loin d'éprouver du plaisir dans une promenade 9 elle deviendrait un vé-* ritable supplice pour la plus grande partie des personnes qui auraient osé s'embarquer sur une frêle nacelle, toujours prête à faire naufrage au moindre choc.
Les jeux servent peu à décorer un jardin, parce qu'ils ne font pas précisément fabriques; mais il en est quelquesuns dont la mécanique ingénieuse peut se présenter trèsagréablement à l'œil. G^est près de l'habitation, dans les scènes riantes et gaies, que l'on établira la balançoire qui plaît à la jeunesse (pi. i43) , le jeu de bague (pi. i44 ^t 145), et la bascule (pi. i44)« Le ^i^ à F arc sera dessiné par une palissade de verdure, sur la lisière d'une prairie ou d'une pelouse; ceux au pistolet et au fusil seront trèséloignés, non-seulement pour éviter les accidens, mais
encore pcmr qae k bmit des dëlonaticms ne parrieime pas aox oreilles des penoDoe» qui se trouTent dans l'habhatkm* Beancoop de femmes ne peuvent entendre le bmit d'nne arme à feu sans eiïroi, et ce bruit rëpëté devient incommode k font le monde. Outre cela, il effraie les oiseam domestiques an point de les feire déserter pour toujours le colombier ou la base-cour.
Nous aurions eu beaucoup d'autres appareils pour les jeux k citer et^à représenter ici, mais ce sujet comporte beaucoup de détails, et nous n'aurions pu que répéter ce que nous aTÎonsdéji publié dans les âmusembns de la CAliPAGNS, ouvrage en 4 volâmes, qui est entre les mains de tous les amateurs des plaisirs à la campagne.
Nous avons ajouté à cette édition le jeu de bagues^ pi. 145) dont le mécanisme est souterrain. Il a été com^ posé par M. Canissié. En voici la description. PI. i45y à droite, vue du jeu de bagues; à gaucbe^ coupe et plan y a , plan de la charpente ; h , plan du plancher haut ; c, escalier en bots pour monter sur le plancher haut \ d, palier ; f^ tribune pour celui qui est chargé de placer les bagues. Les serviteurs chargés de tourner sont dans un sonbassement, attachés à un bras du levier transversal. Les dragons et les nacelles sont abrités du soleil et de la pluie par une couverture en tôle de zinc^ formant parasol, et qui tourne avec l'arbre du milieu.
L'appareil de la danse de corde est figuré pi. 14^; il €st fort simple et peut être exécuté partout. Un mouffle sert à tendre la corde, laquelle est peu élevée de terre. Nous ne donnons pas cet appareil comme une décoration pour les jardins, mais connue une récréation des plus piquantes. Nous ne voyons que le Jeu de la vessie qui soit plus
récréatif. ( Voyez lea Amuêtmuns de la campagne. ) Uenjambée des giaas ou vindas^ pL i44» ûg. 3, est un exercice gymnastique qui a lieu sur un autre appareil ibrt simple : il s'agit seulement de fixer en terre^ avec la plus grande solidité, un mât ou poutre de i5 k 20 pieds» On pose sur son sommet une calotte en fer disposée pour y tourner très-facilement sur pivot; à cette calotte^ et k dîstancea égales, sont attachées quatre cordes qui deacen* dent jusqu'à 3 ou 4 pieds de terre^ et au baa desquelles sont fixés par le milieu autant de petits paloniers, ou barres de bois longues d'un pied a un pied et demi. Les élè** ves saisissent ces barres par les deux mains , s'écartent du mftt, et courent de toute leur force en décrivant un cercle* Bientôt la» vitesse et l'élan leur font quitter la terre qu'ils ne touchent par intervalle que de la pointe du pied. Ils peuvent même, en relevant les genoux contre la poitrine^ être transportés ainsi pendant longtemps. Quelquefois ils se choquent, mab toujours sans se faire de mal. Cet exercice, qui est très-actif, est un des plus amusans et des plu» salutaires.
Nous avons feit graver aussi \e portique de la gynuias^ tique f sur lequel la jeunesse aura à s'exercer pour acqué' rir la vigueur et l'adresse. Il est construit avec une grande simplicité, puisqu'il consiste en une seule barre très-forte^ posée et attachée à deux arbres, k 10 pieds de terre, s'il doit servir à des adultes, et seulement à 6 ou 7 pieds s'il n'est destiné qu'à de jeunes enfans. Voyez fig« 5, pi. 26. Le premier objet pendant au portique est une échelle de corde^ le 2* une corde Usse, le 3* un trapèze^ le 4* une corde vacillanle et le 5* une corde nouée; tout l'appareil est uni en haut par une corde à passage. Divers exer-
decs se prati^jneiil sur ce portique : on monte par une corde et l'on se suspend à la conle à passage pour redes* cendre par une autre, ou par rdchelle, etc., tantôt libre, tantôt arme, on portant un fardeau plus ou moins embarrassant. La barre transversale, qui forme et soutient le portique, peut être escaladée pour s'y exercer debout, ou à califourchon , et redescendre par les cordes. Le trapèze fait Toifice d'une sorte de balançoire sur laquelle on peut varier les exercices à l'infini par toutes sortes de monvemens et de voltiges. La corde vacillante est un bâton*
Les barrières^ ireillagea fX palis sembleraient^ au premier coup d'œil, présenter peu d'intérêt; cependant, employés avec intelligence^ ils produiront un effet pittoresque qn^on n'obtient pas toujours de constructions plus considérables. Vus à travers des masses de verdure, leur couleur uniforme et leur régularité contrastent agréablement avec les formes variées et le brilLint coloris du feuillage. La porte i claire-voie peut aisément prendre le caractère d'une scène et même le rendre plus saillant. C'est ainsi qu'on pourra la faire gothique, pi. 146, fig. 3; rustique, fig. 4; pL 1479 fîg* ^9 et i5o, fig. 3^ champêtre, pl« 146, fig. 3; ou ornée, pi. 1479 ^* ^ et 4; et i5o, fig. 2. On pourra même lui donner la physionomie étrangère, telle que la chinoise, pi. 146^ fig. 1; iSo^ fig. 4» pour la mettre en harmonie avec un tableau particulier.
La fig. i'*, pi. i5o, représente une barrière anglaise» Ces sortes de portes sont établies très-solidement et ne sont pas sujettes à se déplacer. La barre oblique a a a les soutient contre leur propre poids. La barrière n® 5, pi. 146, est anglaise aussi et construite d'après le même principe de solidité.
Les palissades serviront non-seulement à clore les petits parcs tracés autour des cabanes des animaux, mais on les emploiera encore, dans de certiûnes ctrconstauces, à tromper l'œil sur les limites de quelques compositions champêtres. Par exemple, un massif, une touffe de bois, qui se trouveraient placés an milieu d^une pdouse ou d'une prairie, mais hors du jardin, paraîtraient s'y rattacher si on les entourait d'une petite palissade peinte en blanc; le promeneur^ loin de soupçonner que l'intention de l'artiste a été de faire paraître sa composition d'une étendue plus considérable qu'elle n'est réellement, croira que cette palissade n'a été placée là que pour défendre la propriété contre la dent des bestiaux. On s'en sert pour le même effet, en les établissant dans des lieux très-reculés au-delà des véritables limites, mais de manière à les faire remarquer et à les faire prendre pour des portions de clôture. Ces petites constructions demandent beaucoup de goût et d'art dans la manière de les établir. Les plus simples et les plus agréables consistent en baguettes de châtaignier ou autre bois très-souple, entrelacées avec grâce^ maintenues par des osiers, représentant des portiques, des losanges composés, et mille autres figures plus ingénieuses les unes que les autres. Nos planches 148 et 149 offrent des modèles de celles qui nous ont paru les plus jolies. Celles de la pi. 148 ont de 6 à 8 pieds de hauteur.
Les bancs ^ pi. i49 et i5o sont des objets de peu d'importance, si on les compare aux différentes fabriques dont nous nous sommes occupés ; cependant ils ne doivent pas moins fixer l'attention dé l'artiste, et se trouver en harmonie avec le caractère des scènes. Le bon goût en dessinera les formes et en indiquera la matière : le marbre sera
employc devant un palais, la pierre ou même les planches dans un jardin symétrique; ils seront rustiques, c'est-àdire en treillage de bois couvert de son écorce , dans un jardin paysager. C'est surtout leur place qui demande à être choisie avec discernement. Un banc est le véritable moyen de fixer l'attention du spectateur sur un tableau, et de l'amener sans effort à en observer tous les détails. Dans leur construction on donnera toujours la préférence au bois plutôt qu'au marbre et à la pi«rre, parce que ces derniers sont très-froids et peuvent être dangereux. On fera bien de compotier le siège même du banc de deux pièces de bois au lieu d'une seule, comme on fait ordi^ nairement. Chacune des deux pièces ou planches sera inclinée de quelques lignes au milieu, et laissera une ouverîure de six lignes pour écouler les eaux de pluie. Celte inclinaison donne le creux que l'on a soin de pratiquer aux chaises de paille, et prèle bien mieux au repos. Nous avons apporté de Suisse ce siège qui est figuré dans le BON JARDiNisa de i854' Dans celui de 1837 se Irouve figuré le banc à recouvrement et dossier mobile usité dans les jardins royaux. Ces deux planches sont reproduites dans les Figures du Bon Jardiniisr, onzième édition, 1839. Nous avons vu quelquefois un banc tournant comme un tour de potier et d'un usage amusant pour quelques personnes, lorsqu'il était placé dans un endroit dont il barrait le passage, pi. 108.
Nous avons réuni dans les fig. 6 à 11, pi. i5o, des sièges tirés du jardin de M. Panckoucke^ les modèles de tabourets, fig. 9 et ii, ont été gravés dans une trop grande proportion relativement aux autres.
Le hanc couvert du jardin de M* Panckoucke, fig. 10, pi. 91 ^ est construit de bois en grume. La fig. 10 bis représente le plafond qui est sous le toit. On a esquissé dans le même jardin le banc rustique, fig. 1 1 , entrelacé dans les arbres.
Les bois les meilleurs pour construire des sièges de bob en grume ou à écorce, sont, en première ligne, le châtaignier, et ensuite l'érable. Les racines de vignes donnent des pièces contournées et noueuses pour les ornemens. On emploie aussi le chêne et le sapin pour les pièces à travailler. Le hêtre sert à faire des ouvrages propres, mais il est de peu de durée. On fait peu de tenons et de mortaises, ils sont remplacés dans une partie de ces ouvrages par des encoches dans les grosses pièces, voyez pi. i5o, fig. 12, et par de bons clous d'épiogle. Les autres parties s'ajustent en sifflet. On emploie aussi l'écorce de châtaignier pour recouvrir des pièces plates, apprêtées en sapin ou en chêne, et on les fixe avec des clous d'épingle fins à tête. Les parties très-courbes se forment, comme dans le treillage ordinaire, par des traits de scie plus ou moins rapprochés les uns des autres, selon que l'on veut cintrer plus ou moins. Quand les pièces du siège sont posées et clouées, on les coupe toutes à la longueur qu'elles doivent avoir pour la place qu'elles occupent*
Dans la pU i5o, fig. 5, on voit une étagère ou théâtre de fleurs pour placer avantageusement les collections de plantes en pots^ telles qu'oeillets , oreilles d'ours , plantes grassçs, etc. La forme régulière convient à cette construction*