‹ Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planchesChapitre 34 sur 39 · IV · texte numérisé non relu

IV

Nonsempraivlcms à M. London des idëes sur le choix à faire pour une résidence de ce genre* Le bon goût qui règne dans ks conseils quM donne à cet égard , nroos a engage à les présenter à nos lectenrs ccMnme une chose

utile:

« Si Ton bâtît un cottage , dxl-il , ce n'est pas que l'on Tenille se retirer du monde, mais bien se créer une re^ traite agréable et paisible, où, loin du tracas des affaires, on puisse rencontrer les douceurs de la vie. Ekissë*^je à choisir un site pour une telle résidence, je préférerais un terrain un peu accidenté à la monotonie d'une surface plate et unie } j'aimerais qu'il fut à un mille de la grande route, et à une journée de distance d'une grande ville. — Le parc, d'une forme irrégulière, mais plus long que large, aurait de lOo à i5o arpens; il inclinerait légèrement vers le sud^ et serait borné au nord et à l'ouest par des collines boisées ; une rivière , au courant rapide , le traverserait à une certaine distance de l'habitation , assise sur une éminence au nord et abritée par une colline. — De ce point, la vue s'étendrait sur une riche campagne cultivée par les habitans d'un joli village, dont le clocher s'aperçoit à distance avec sa flèche qui défie la foudre ; une chaîne de montagnes ou la mer arrêterait l'oeil à l'horizon. — Je diviserais le parc en trois parties inc'^ales : la portion qui s'étendrait devant l'habitation , serait une immense pelouse irréguliere dans son contour , et traversée obliquement par la rivière s'élargissant çà et là. Des taillis et quelques arbres en orneraient les bords. Autour de la pelouse , et plantés sans régularité apparente , la blanche aubépine^ le houx toujours vert , le genêt avec ses mille

.fleurs jaunes y Ist fougère et des- arbriisettux au béa» ùnSi^ lage, formerout une frange des plus agréablea-à ce tapis magnifique , embelli encore par quelques groupes et des arbres isolés placés avec art sur sa surface* —L'art et. le goût du propriétaire devront se déployer dans les doix autres portions aussi inégales , des bois avec de larges avenues tourmentées dans la ligne qu'elles parcourent , des clairières , des touffes d'arbustes , une ou deux fabriques, quelques gazons, etc. , etc*, en ayant soin toujours de prendre avantage des inégalités du terrain, de mena* ger les points de vue et de rendre le tout aussi naturel «pie possible. — J'encadrerais toute la propriété dans un large ruban de gazon. — J'employerais dans ce terrain toute espèce d'arbres forestiers, toutefois que le sol leur conviendrait; mais je choisirais de préférence le chêne majestueux , le sycomore si noble lorsqu'il veillit, le maronnier, emblème du luxe, l'orme, l^érable, le charme et quelques autres. — La pelouse étant un des objets les ptus importans dans une composiftion de ce genre, je conseillerai de la laisser brouter par des brebis , de jeunes chevaux, et si on le peut, par des biches ou des œrfs; iU animent et donnent un air de gaité que rien ne peut remplacer. »

Les cottages ne présentent aucun style d'architecture proprement dit; mais l'ensemble plaît et ne naanque pas de grâce et même parfois de noblesse. Les ornemens intérieurs doivent se trouver en analogie avec le style extérieur ; si un cottage forme l'habitation principale^ il faut que la simplicité se déploie jusque dans les jdantations; l'agréable doit se déceler à chaque pas^ que kcyeox ne

— ITt

m tco nlr ent riea de jntaquin , et cependant qve font rinbitation principale , quoique néaamoÎBs elle puisse

semble natoreK Le cottage sera à la fois noble et gracieux aa milieu d'un jardin paysager d'une certaine étendue^ soaarcfaitectnre sera élégante, romantique dans une com* position pittoresque, et il prendra une forme villageoise dans me scène rnstique.

Le grand seigneur ne dédaignera pas de faire son habitation d'un cottage^ mais alors ce ne sera plus comme maison de plaisance. Dépouillant les insignes de la gran* deiir, il se dérobera furtivement au tracas des affaires pubKqneSf aux pompes des salons, et sans bruit viendra passer quelques heures dans une paisible retraite, où du moins il pourra se rappeler qu'il est époux et père. Mais ce qui, pour celui-là, ne sera que le but d'une touchante simplicité, deviendra presque du luxe pour le commerçant et pour celui qui saura se contenter d'une fortune modeste. Bâtie à son goût, il ornera sa propriété de tout ce qui lui platt ; quoique tout y respirera l'aisance , on n'y verra point de luxe, parce qu'il n'en aura pas besoin pour recevoir quelques bons amis. — En quelques mots^ le cottage est au palais et à la chaumière, ce que le bourgeois est à lliomme opulent et à l'ouvrier : c'est la demeure de l'homme qui, dans l'échelle sociale, est placé entre le noble et l'artisan.

Coélages simpiêê. Le charmant petit cottage semigolhiqne, n* 2, pi. 67, situé à l'entrée d'une grande proprîâé,. peut être la maison du concierge ou du jardinier cmnnlant avec ses fonctions la place de concierge. Placée ici comme fiibrique d'ntiKté et d'ornement, cette con- «troGluMi peut ne pas affecter le même style que celui de

servir d^^ntrée à une composition dont le caractère géné^ rai, y compris l'habitation, serait emprunté à qnelqne site suisse. Il n'est pas de même de la fîg. 1 , pL 58. Ce cottage servant de pavillon d'entrée à un parc, indique, par son caractère, que l'architecture da château est sévère et uniforme. Ânx amateurs qui parla pensée aiment à se reporter à une époque de féodalité, voici, fig. 2, pi. 58 et fig. 7, pi. 60, des entrées fortifiées dignes d'un paladin à l'armure brillante, qui, visière levée, vient rendre visite au suzerain dont le manoir chevaleresque est caché par les arbres élev^. — Ces exemples d'entrées à créneaux ont quelque chose qni plaît à l'imagination, et qui ne choque en aucune manière la raison ni le bon sens, si elles sont placées dans des sites très agrestes.

Au milieu d'une faisanderie ou sur la lisière d'un bois destiné simplement à la chasse du lièvre et des oiseaux, on renconirera la maison du garde, fig. 5, pi. 58. Cette habitation, danssashnplicité, offre un certain caractère qni ne manque pas d'élégance^ on pourra encore en faire une laiterie dans une ferme ornée, ou bien encore un pavillon de délassement dans quelque scène tranquille. La fig. 4 peut servir également de demeureà un garde-chasse, ou de pavillon d'entrée. — La fig. 5, d'une architecture à peu près analogue au cottage que nous venons de citer, est d'un joli modèle et bien accompagné par la terrasse ornée qui l'entoure; il contient deux chambres à coucher, nn parloir ou salle à manger, un cabinet de travail, une cuisine. Le style de ces deux constructions a quelque analogie avec les cottages que l'on rencontre en Ecosse. — On conçoit

que ces cottages ainsi que ceux dont nous allons parler n'ayant qu'un rez-de-cliauss<5e, ne peuvent servir d'habitation principale que dans un jardin de peu d'élenduej c'est \e pied-à-terre du petit négociant, dont les affaires en ville ne lui laissent le loisir de venir jouir de la nature qu'un jour de la semaine. Mais si on utilise ces constructions comme simples fabriques, elles seront destinées, soit à Thabitalion des amis et convies du maître , soit à une salle de billard, une bibliothèque, etc. Tel est, fig. 6, pi. 58, le cottage d'un style tout-à-fait anglais, renfermant dans son enceinte, antichambre, chambre à coucher, salon, salle à manger et cuisine avec un four, ainsi que l'indique le plan. Dans la petite habitation d'une architecture à la fois anglaise et italienne, Gg. 7, un espace a été réservé entre la partie supérieure des croisées, et le bord du toit pour placer au-dessus de chaque croisée de la façade tournée au midi, des véranda qui, avec le parapet qui encadre la maison , font de cette fabrique un objet d'ornement. Le cottage, fig. 8, du même style que le précédent, mais plus vaste, a aussi quelque chose de plus élégant; les véranda plus larges sont soutenus par des tiges de fer fondu, et sont ornés sur le devant par une guirlande également en fer fondu, imitant des feuilles de vigne ou de houx.

Cottages composés. Nous entendons par celte distinction les cottages plus vastes qui, avec le caractère anglais qui en forme la masse principale, joignent k leur forme extérieure des ornemens empruntés à l'architecture gothique italienne, suisse, etc., et sont entourés partiellement ou en totalité d'un véranda et d'une terrasse. Un

modèle des plus simples de ce genre est la fig. 4? pl« ^7 \ le seul reproche k faire à celui-ci, dessiné sur lieu, c'est que les cheminées sont peut-être trop architecturales; le cottage^ fig. 3, pi. 59, offre dans sa simplicité le caractère suisse allié au style anglais.

Le cottage ou maison anglaise, fig. 3, pi. 55 , convient parfaitement \ une habitation principale d'une localité d'étendue modeste ; il est remarquable, comme celui de la fig. 2, par une lanterne d'un joli effet; elle est pratiquée sur la façade du bâtiment qui présente le point de vue le plus agréable, et sa saillie sur un plan polygone permet à la vue de s'étendre sur les côtés.

Dans un tableau pittoresque, et au milieu d'une clairière entourée d'arbres d'une riche végétation, on aimera à rencontrer le gracieux pavillon en style de la renaissance, fig. 1, pi. 56, dont nous donnons le plan ; la petite tourelle élancée qui l'accompagne est d'un effet charmant. La fabrique fig. 2, même planche, peut également servir de lieu de délassement-, le style en est plus rallier, mais n'est pas moins élégant que le cottage précédent. Placés dans un site écarté , ces pavillons pourront renfermer une bibliothèque: c'est là que dans le cours de la promenade on aimera à se reposer, tout en parcourant quelques pages d'un auteur favori. — Situés dans un parc que le maître a fait peupler de gibier pour son bon plaisir et celui de ses amis, ces cottages prendront le litre de Sendez'Pous de chasse y où les amateurs de ce genre d'exercice trouveront , non sans plaisir , une collation salutaire. Quel que soit le but auquel on destine ces constructions, il sera bien que les ornemens intérieurs répon-

dent & l'architecture eitërieure^ ainsi, faites que les meubles^ les tentures, etc., y rappellent le temps de François I^'',

Ce que les Anglais appellent dans leurs habitations ancien style anglais^ sont des constructions dans le genre de celles que Ton voyait du temps de Shakspeare; nous avons choisi pour notre TRA.ITÉ cinq de celles qui nous ont paru les plus en rapport avec les convenances et le bon goût; la fig. 2, pi. 55, sous forme de chapelle, aempranté au style mauresque ses plus jolis accessoires; elle fera bien, placée dans une scène tranquille, ëloignëe de tout bruit*

La 6g. 5f pL 5j, présente aussi quelques ornemens gothiques , comme on le voit d'après les plans, fig. 6, du rez-de-chaussée, et fig. 7, du premier étage ; cette maison ne contient que les pièces nécessaires pour une vie tranquille et retirée. Dans un site romantique, ce cottage bâti en briques et couvert de chaume, fera bien son efiet comme fabrique d'habitation : ce sera la demeure de l'intendant d'une propriété importante.

La maison fig. i, pi. 60, est d'une structure analogue â la précédente , mais elle est plus grande , une lanterne ou sorte de tourelle est établie sur chaque face latérale; les fig. 3 et 3 sont les plans. Dans ces habitations on verra toujours près de la cuisine des petites pièces^ elles servent de lavoir, de paneterie, de lieu de débarras, etc.

Dans un jardin paysager dont les allées ne présenteront pas des lignes régulières, on verra s'élever, comme habitation, la maison de structure ancienne d'un style sévère, ^g* 4) pl* 60. Une famille peut occuper largement cette

résidence ; comme le montre le plan fig. 5, le rez-dechaussée a une étendue presque double de celle de Yé^ tage au-dessus, fig. 6 ; une lanterne est pratiquée dans le parloir et dans la salle à manger , et donne la facilité de voir sur toute la face de la maison sans en sortir. Explication du plan du rez-de-chaussée , fig. 5 : a, vestibule ; hf parloir; c, cuisine ;c2, salle à manger; 0, chambre à coucher;/*, laiterie. Etage, fig. 6, a, chambres à coucher , 5, cabinet de toilette ; o, cabinet de travail.

Le vustc cottage que nous avons dessiné^ fig. 4^ pi* Sg,' quoique étant d'une architecture simple, présente cependant un noble aspect , et indique plus de luxe intérieur que dans les cottages que nous avons décrits jusqu'ici. D'après le plan que nous donnons du rez-de-chaussée., fig. 5, on peut se faire une idée du comfortable qui règne dans l'intérieur, et voir combien toutes les utilités de l'existence se trouvent réunies et distribuées avec soin: a, est le vestibule ; &, antichambre ; c, couloir ; d^ bibliothèque, salle de travail; 0, salon;/, petite salle à manger ou petit salon, si on préfère n'avoir qu'une salle à manger ; g^ autre vestibule sortant sur la terrasse ; 7i, grande salle à manger ; £, serre ou orangerie ; it, cuisine ; /, lavoir; m, boulangerie; n, laiterie; o, écurie pour deux chevaux ; p, remise ; 9, terrasse découverte ; r, terrasse ombragée par un véranda grillé; la partie supérieure peut être vitrce si cette terrasse n'est pas trop exposée au soleil de midi. Le premier étage renferme les chambres à coucher, cabinets de toilette, un billard. Au deuxième étage de la tour carrée sera la chambre d'ami ; les domestiques ont leurs chambres au-dessus de la cuisine et du lavoir.

L1i»bitatbii défaille cImis la p4. 61, est bâtie sar k penehairt d'une coUhie; la flg. 1 en montre la me perspectire prise à Test. Le peu de joars donnés par les fe^ nôtres pent faire adopter ce genre de construction dans le miêi, parce que naturellement les appartemens conserveront plus de fraîcheur que s'rls étaient éclairés largement^ la partie extérieure au-dessous du niveau a a^ fig. 4? ^^^ enduiCe d'un crépt de même teinte que le sol, et la partie supérieure étant unie et peinte comme le reste de l'édifice, formera contraste, et la base semblera , à distance , ne partir qne delà ligne a a. Ce cottage 9 par sa position élevée^ dominera toute la composition, et si on a ménagé les^ points de vue avec art, il deviendra une délicieuse ha* bitation. La fig. 2 se présente au sud; sur le côté nord, fig. 3, sont la cuisine, l'office et pièces accessoires *, l'ouest, fig« 4? montre le mouvement du terrain.

Plan du rcz*de-chaussée , fig. 5 : a , porcbe d'entrée en forme de lanterne 5 6, vestibule ; er, escalier principal ; dj salle à manger; e, salon ^/, bibliothèque;^, parloir; h , cuisine; i , salle des dottiestiques. Nous avons appelé re2-de-chaussée cette partie , comme étant celle dont le plancher se trouve de niveau avec la ligne a a, fig. 4$ néanmoins , il se trouve au-dessous un autre comparti'» ment de pièces qui sont destinées i la laiterie, au lavoir , aux caves. L'étage supérieur n'est divisé qu'en chancres à coucher et cabinets.

A l'entrée d'une sombre forêt dont les arbres séculaires réveillent nos souvenirs, une maison gothique y

pi* 55, fig. r^ rappellera à notre esprit d'avtrcs époques^ temps féodaux où ms ancêtres ive quiltftîent le nwiioir chevaleresque de leurs aïeux que pour aller sur uur cliam|r de bataille faire preuve de vaillance, ou dans un tournoi dépAoyrr leur adresse aux yeux des belles doDlib por^ taient les couleurs.

Ce genre de construction convient à tons les caractères de jardins paysagers, mais si l'on en fait ritabitatiou principale, il exclut nécessairement les fabriques d'architecture grecque et romaine.

La jolie habilftlion d'un dessin gothique anglais représentée fig. 1 , pi. 57, est un des plus éli-gans cottages qus nous ayons jamais vus. L'ornement qui forme le bord du toit^ et que nous avons gravé à côté , est , soit en pierre dans les malsons d'une certaine apparence, soit en chêne sculpté dans les fabriques moins inyportantes.

Cette jolie construction a été exécutée en Angleterre; nous ne donnons le dessin que de la façade , du c6€é isi jardin, n'ayant pu nous procurer un croquis dîu cMé opposé.

Nous donnons pK 62 , les détails d'un des plus j(4îs cottages que l'on ait encore construits. Quoique l'ensemble de cette composition soit des plus satisfiiisants, et que tous les accessoires en soîeni fort gracreux-, il est difficile d'en fixer le caractère d'architecture, tenant à la fois des styles flamand et suisse. Les murs sont en briques; le toit est recouvert d'ardoises ; les fôts des cheminées sont faits de ciment (1) ou de pierre factice; lous 1er

(1) Le ciment qa*on emploie com iauacmc trt ci» Angleterre -poar ces M>rtes (Fomeineiu moaUs est formé- d'une partie de ckaux pavebrèlëe

mAres omemaiU qui dëeomt ce cetlage^ sont en bois de chèae, scalpt^ avec phw «u moins de luxe.

Détails de la pi. 62 : fig* i j vue perspeclÎTe de l'habitation. — Fig. 2 , élévation de la façade principale. — ^Ftg. 5 f élévation d'un des c6lés.— Fig. 4 9 élévation de la &ce postérieure. —Fig. 5 , coupe sur la ijgnep. q, fig. 8. Fîg. 6, coupe sur la ligne n o, même fig. — Fig. 7 , plan de Tétagc inférieur où sont les cuisines, l'office , etc. On a inditpié par des lignes ponctuées , dans les fig. 2,3,4» ce soubassement ou étage inférieur , usité partout en Angleterre. — Fîg. 8, plan du rez-de-chaussée. — ^Fig. 9, plan du premier étage.

Détails des ornemens : fig. 10, a, est une partie du toit formant fronton sur la façade ; — bj coupe ou section du toit de la partie postérieure de la maison ; — c, un des f&ts des cheminées dont d est la coupe longitudinale; le plan, au-dessous, est divisé en deux parties, e, est la coupe de l'orifice v é , celle de la base ; — /", profil du balcon situé au-dessous du toit formant fronton ; un balcon semblable existe sur chacune des faces latérales ;«g, un des supports ou goussets de trois pouces d'épaisseur , placés au-dessous de la projection du toit sur les pignons 5 — 7i , un des balustres tournes formant la terrasse située sous le véranda qui décore la partie postérieure de l'habitation •, — i, profil du balcon des fenôlres latérales de la façade; — k , goussets soutenant le' bord du toit; /, profil de la corniche décorant l'intérieur du

parloir et du salon;— m, jambage et imposte de la porte prtBctpale.

Pour donner un peu de tous les genres , nous prés^itons tci^ mats seulemeat comme exemple de décoration 1 le dessin 6g. 1 , pi. 69. C'est dans YEncyclopédie des coUagea de M. LounoN, que noua puisons ce modèle, composition singulière, mab non pas sans goût, qui participe b la fois des camctères anglais et suisse et porte un toit italien. M. Loudon le cite comme modèle d'auberge, le plan eu est fort compliqué ; mais comme il nous a para extrêmement pittoresque dans son ensemble et dans toutes ses parties, nous avons pessé que l'on y pourrait puiser des idées. Les balcons, balustrades et toutes les parties saillantes sont en ch^ne sculpté. Il nous semble qu'employé comme ferme ornée , l'aspect d'une pareille construction serait tout à la fois champêtre et gai , nouveau, et même fort joli dans sa bizarrerie.

Par le même motif encore, on verra, pi. 67 , fig. 5 , une chaumière destinée à loger un fermier.

Presque toujours, comme on a pu le voir dans les plans de cottages que nous avons donnés^ le rez-de-chaussée est divisé en deux parties bien distinctes : d'un côté, sont la cuisine , l'office , et tout ce qui en dépend ; de l'autre , le parloir, le salon , la salle à manger, la bibliothèque; c'est au premier étage que sont les chambres h coucher. INIais dans un cottage qui n'a qu'un rez-dechaussée , les Anglais donnent tous leurs soins à la bonne

^uc Ton mêle, austitol éicînlc, à irois parties «le sable bien fia el parraiicmcnt lave. Ce cimcnl devient très solide cl peut Jurer fort longtemps sans ic dclériorer. On se sert aussi avec avantage du ciment dit romain.

distribution des pièces et c^est là qu'ils excellent. Lecoi?»fori étant le premier moteur de leur bien-être , ils aiment à s'entourer de toutes les commodités delà vie> et à n'être dérangés dans leur paisible existence par aucun bruit do* mestique. Ainsi ^ ils divisent les diverses parties d'un cottage de telle sorte , que des appartemens du maître , on ne puisse voir ni entendre les serviteurs que lorsque leur présence est utile^ et qu'aucune émanation culinaire n'y vienne se môlcr à l'air pur. A cet effet , la cuisine a toujours une entrée particulière.

Oniemena extérieurs des collages.

Les Anglais apportent beaucoup d'attention à Tarrangement des parties qui ornent lextéricur des cottages ; ils leur sacrifient quelquefois les règles de Tarchitecture ; mais ils mettent le plus souvent dans cette combinaison un goût 9 un discernement , qui fait que tous ces ornemens ne choquent pas les convenances , et formen t un ensemble qui plaît*, ce qu'ils nomment véranda , porcJie et ^erra^â^ycn sont les accessoires les plus caractéristiques; les toits, les balcons , les fûts des cheminées^ reçoivent à leur tour des ornemens en harmonie avec les premiers.

Le véranda est une galerie couverte, de quatre à cinq pieds de profondeur, que l'on place devant les fenêtres du rez-de-chaussée , et dont on peut se faire une idée par les fig. 2, 5, pi. 111*, y, 8, pi. 58^ où il est placé de chaque côté de la porte d'entrée de la maison , et dans la fig. 4 > pi. 59 , où il se voit sur le côté gauche et sur une petite terrasse 5 celui-ci est treillage : les premiers sont soutenus

par des tringles de fer , où pourraient s'entortiller de la vigne, des glycine ainensis , ou des plantes grimpantes. Le véranda peut être couvert en zinc , et il est susceptible de recevoir toutes sortes d'orncmens, quoique ceux composés d'arbrisseaux grimpans soient les plus gracieux. Dans la fig. 4*ph ^7 9 on voit un véranda fort simple , qui se confond avec le toit.

Un bout de véranda , placé devant la porte d^une petite maison champêtre, forme un portique des plus élégans. Il n'y a pas de maison de village en Angleterre , qui n'ait ce joli petit portique, imité dans les villes avec plus ou moins de luxe. Quelquefois le véranda règne tout autour de la maison.

Chaque style d'architecture peut admettre une galerie avec des arcades , ou une colonnade \ or , le véranda est au cottage ce qu'une colonnade est au temple grec, ce qu'est la colonnade de la Bourse à Paris.

Leporclie ou portique j est un des ornemens indispensables des constructions anglaises. Presque toujours, la porte d'entrée principale d'une fabrique est couverte ou précédée d'un porche. Il est en harmonie avec Timportance de Tbabitation ^ il est architectural, simple ou rustique , selon que celle-ci est plus ou moins régulière. Dans les constructions où le véranda fait le tour sans interruption , le porche est formé simplement , en ajoutant deux colonnes ou pilastres.

« Aucun édifice , dit M. Loudon , n'est complet sans quelque marque distinctive qui caractérise l'entrée principale j un porche est non-seulement cette distinction, mab il protège contre les pluies ^ et préserve l'intérieur

de rkumiditë. Dans bien des cas , ce porche peut être en charpentes ajoutées au cottage , mais pour la solidité , la dorée et le coup d'œil, il sera mieux de l'élever avec les mêmes matériaux rjui auront servi à la bâlisse de la maison^ et il devra se marier ainsi au style d'architecture que l'on aura adopté. y>

Les n®' 5, 6,7, pi. 5 1 , représentent des porches tirés de Fouvrage même de M. Loudon. Us sont en rapport avec Farchiteclure italienne.

La pi. 6y représente deux porches d'architecture plus régulière 9 l'un, fig. 2, selon les proportions de' l'ordre Ionique, et l'autre de l'ordre Toscan.

Balcons f terrasses, parapets y lanternes. — Ces genres de décoration avec les ornements dont nous venons de pailer, donnent aux habitations un aspect varié. Presque tous les cottages , s'ils ne sont pas tout-à-fait rustiques , ont au moins un balcon sur la façade du premier étage ^ et quelquefois au-dessous , une lanterne comme celles représentées pi. 55 f fig. 3. La terrasse se voit dans les fig. 4^

5, pi. 57 ^ 3, 4> 69 pl* ^8> 3» 4> P^* ^9? I9 4» pl* 6o« Elle existe avec parapet ou balustrade, fig. 5, 7, 8; pi. 58 ; fig. 1, pi. 59. Le parapet peut être construit en tuiles de différentes formes* Les fig. 1, 3, 3, 4 9 pl* ^^9 en sont des exemples ^ on conçoit que les dessins peuvent être variés à l'infini. Les tuiles employées ici sont représentées à côté sur une échelle plus grande. Le parapet peut encore être fait de briques de couleur, liées avec du ciment > comme l'indiquent les fig. 8, 9, pi. 57. Dans les cottages rustiques ou champêtres, on pourra remplacer le parapet par une haie peu élevée d'arbrbseaux toujours verts»

Le plancher des terrasses et passages , au lieu d'être dallé ou carrelé, peut, selon le goût du propriétaire, être pavé de briques de diverses couleurs posées sur champ ; on peut en varier les dessins de mille manières. Nous donnons quelques idées de ce pavage au bas de la pi. 58.

Les fenêtres anglaises ont aussi leur caractère , et nous n'avons pas cru devoir nous dispenser d'en donner quelques exemples dans les fig. i à 5 de la pi. 65.

Toitures et cheminées. Les soins qu'apportent les Anglais à la décoration extérieure de leurs habitations, se décèlent jusque dans la couverture des maisons et la forme des fûts des chemiuées*, mais ici, comme dans l'architecture des cottages , ils puisent leurs ornements dans tous les pays •, toutefois, il faut l'avouer , c'est toujours avec discernement qu'ils les emploient. Au lieu d'avoir comme les nôtres, des toits ressemblant à d'immenses tombes et des masses de plâtres pour cheminées ou des tuyaux disgracieux , qui ne sont que d'un fort vilain effet sur nos plus beaux édifices^ les leurs ne font qu'ajouter à l'élégance des cottages. — Nous avons repr»'senté pi. 63, fig. 5 à i3 , des modèles de dispositions de tuiles rendues ornementales, par la manière dont elles sont découpées; selon la fantaisie du propriétaire, il pourra alterner ses dessins, comme nous l'avons fait voir fig. 14. — Le mode de toiture indiqué parla fig. 19, était adopté chez les anciens , on en trouve encore quelques exemples à Rome. Les parties plates sont composées de tuiles telles que celles de la fig. i5 , puis s'enclavent sur les bords de celles-ci, et en couvrent les jointures, d'autres tuiles demi-rondes, fig. 16, fermées à plat, ou par des ornemens en terre

~ inculte 9 plus ou moins richement moulés , semblables , par exemple, aux fig. 17 et 18. — Les fûts des cheminëes sont en briques recouvertes, soit de plaire^ soit de ciment moule , ou bien elles sont en pierre factice, et même en pierre sculptée 5 le modèle que montre la flg. 20, est toutà-fait anglais, et c'est la forme la plus souvent employée ; les dessins des six autres ont été pris en Italie et dans les Iles Ioniennes , la fig. 2 1 à Rome -, la fig. 22 à Lucques j la fig. 23 à Pérouse*, la fig. 24 à Florence 5 la fig- 25 à 2iante et la fig. 26 a Corfou.

Dans cet article collages, nous sommes sortis du but de notre traité pour entrer quelque peu dans le domaine de Tarchiteclure , mais cela éUit indispensable pour faire connaître en France tous ces ornemens nouveaux pour nous, et on nous saura quelque gré, peut-être, si nos efforts ont été assez heureux pour que nous ayons pu faire comprendre et apprécier les procédés empruntés à l'art par nos voisins, pour donner à leurs cottages ce coup d'œil d'élégance , cette forme coquette , qui jettent sur les vues des campagnes d'Angleterre un charme inconnu ici , et que nous voudrions voir régner dans les Campagnes de France. Nous allons terminer cet article en indiquant un moyen de construction employé pour les cottages d'Irlande et d'Ecosse.

Pour rendre plus pittoresque ce genre de fabrique^ on élève les murs en briques que l'on laisse voir jusqu'à la hauteur du premier étage j puis , à partir de cette partie jusqu'au faîte , on forme par dessus la brique un mur de plâtre crépi à la sur&ce, et voici, pour préserver de l'humidité , le moyen que l'on emploie en Ecosse et en Ir-

lande* On enduit le mur d'une première couche depiilre et dé chaux mêlés; aussitôt sèche, une autre de même nature est appliquée bien unie sur la première. A peine ce second travail achevé , un deuxième ouvrier passe immédiatement, en jetant bien paiement et sans l'unir, un autre mortier composé de gravier fin et de terre franche passée au crible que l'on mêle avec de la chaux pure bràlëe et de l'eau , jusqu'à ce que le tout ait atteint un degré de consistance ni trop épaisse ni trop liquide; pendant que l'ouvrier applique d'une main ce mortier, il tient de l'autre une brosse de peintre , trempée soit dans du blanc de chaux ou quelque autre couleur , et il la passe sur son travail , de manière que lorsque cette surface est sèche , elle soit partout de la même teinte.

Portes et fenêtres gothiques.

Le porche, fig. 4? P^* ^4? P^^^ servir de transition en* tre une cour et un jardin, si la cour offre quelque décoration d'architecture de ce genre.

La fenêtre à balcon^ pi. 64» fig* < 9 pourrait être adaptée à quelque construction ancienne, telle qu'une vieille tour ainsi que les portes et fenêtres, fig. 2, 3, 5, pi. 64; fig. i> 4, 6, 7, 8, pi. 65; et fig. i, pi. 66. La fenêtre, fig. 8, pi. 65, n'est pas gothique par sa forme , mais elle donne l'exemple d'unecroiséeà vitraux colorés, pouvant être placée dans le cabinet d'un pavillon de jardin. Les couleurs des vitraux devront être assorties avec harmonie : dans la fig. 6, pi. 65, les losanges seront rouges, le filet qui les encadre est blanc sur un fond bleu qui entoure tout le vitrail v ki

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petiU nmds sont ronges, \» étoiles sont bleoes, IVcnsson est jaim^ et ks dentelures qui rayonnent autour sont rouges; loul le reste est blanc. Dans la fig. 7 la rosace est bleue, entourée d'un filet jaune sur un fond circulaire rouge; le reste est blanc* Ces couleurs, du reste, peuvent Tarîcr suivant le goât de cbacun, et peuvent être même remplacées par des peintures. Nous avons encore placé dans la pi. i4i>fig« 5, une vignette donnant Tidée d'une fenêtre gothique; les numéros 1 , a de la même planche rappellent des entrées gothiques. La fig. 3j pi. 66, où l'on voit le style gothique marié avec le style grec, rappelle le temps de la renaissance.

Oa sentira, sans que nous ayons besoin de le dire, que souvent on exécutera en peinture seulement ce que l'on n'aurait pas l'intention de construire.

La glctcière trouve sa place ici parce que, par son usage, elle est une dépendance domestique : non-seule^ ■Mut €Ui y conserve de la glace , mais on peut aussi s'en jawir pour y dépeser, pendant les chaleurs de l'été, les pvovisioyis alimentaires sujettes à se corrompre dans un lieo viotBs frais. Les fruits enveloppés de deux épaisseurs de pi^pîer et renfermés dans des bottes de fer blanc ou <k aîoe, an nombre de i5 ou 20 dans chacune^ sur trois vangëes ou lits, s'y conservent très-longtemps*

Nous avons conservé, pi. 68, fig. 1, le dessin delà gk* eîèffe ordinaire, mms nous avons em devoir dooner à e4të, fig. a, la coupe d'une glacière dite amévioaino d'un US9{^ beaucoup plus sur. Le toit en cbaum^^est pereë au aonuBet d'un trou de six pouce» carrés, qui sert de ventilateur pour renouveler l'air dans res(>a€e vide entre la

charpente et la paille qui sert de couverture à la ci^e. H est un petit vestibule entre les deux portes d'entrée ; I, I sont les BUirt de clôture de la glacière , soutenant les terres.La^ace est déposée dans une cage en bois, C, portée sur huit pieds, et formée de petites planches transversales; elle a dix pieds de hauteur et autant de largeur, ce qui lui donne une capacité d'environ 800 pieds cubes. Entre les murs et cette cage est un espace vide D, de deux pieds^ quo l'on remplit de paille bien foulée. Une couverture en planches à plats-joints E, retient deux pieds d'épaisseur de paille qui la recouvre ; sur son côté F est une porte toujours couverte d'épais paillassons, par laquelle on dépose ou on va chercher la glace selon le besoin. Au-dessous de la glacière est un puisard T, par où les eaux s'écoulent et se perdent. Dans le plan, a est le vestibule , h la cage où l'on dépose la glace , c c l'espace garni de paille , (2 la clôture de la glacière , e la porte à deux battans , fermant très-hermétiquement.

Nous recommandons cette glacière. D'après l'ancienne manière de construire les glacières , la glace est sujette à fondre, parce que les murs construits en maçonnerie sont conducteurs du calorique. Dans la glacière américaine, au contraire, la glace est isolée par la paille et le bois, et ces matières n'ont pas*le même inconvénient que le mur de maçonnerie; de plus, le ventilateur placé au-dessus sert i renouveler l'air , et aucune fermentation susceptible d'échauffer la glace ne peut avoir lien.

Dans une scène champêtre et gaie, on peut surmonter une glacière d'an petit kiosque , élevé sur une butte de terre couverte d'aiibres et d'arbrisseaux d'ornement, afin

d'en embellir le coup d'oeil , de donner de l'ombrage, et de maintenir à la terre sa fratcheur et sa soliditë, pi. 68, fig. I . Si la scène est d'un caractère rustique^ la chaumière conviendra davantage j mais sM faut mettre la porte de la glacière en harmonie avec une habitation d'une architecture ëléganle, un monument figurant l'entrtîe d'un temple indien ou égyptien , produira un effet beaucoup plus convenable.

Des ponts.

Les ponts se liant ordinairement à Tensemble de la composition et à l'habitation principale, ce genre de fabrique doit trouver place dans ce traité avant les mai^ sonn et maisonnettes rustiques qui ne sont que de seconde importance.

Sous le rapport de leur utilité et de leur effet pittoresque, les ponts sont peut-être les fabriques les plus intéressantes dont on puisse orner les jardins , aussi les a-ton beaucoup multipliés.

Nous les plaçons parmi les constructions utiles, parce que nous ne les admettons, dans tous les genres de compositions quels qu'ils soient, que lorsqu'ils sont motivés par la nécessité ou au moins par une apparenté utilité. Dans toute autre circonstance, malgré le coup d'œil agréable qu'ils peuvent offrir, nous les regardons comme de mauvais goût, et nous les proscrivons sous peine de ridicule. Cependant « si un paysage, dit M. de Viart, semblait demander des ponts pour le caractériser davantage, ou pourrait peut-être tenter de les y introduire, quoi-

qu'ils n'y fussent pas d'un usage indispensable ^ mais c'est alors qu'il faudra plus que jamais les faire supposer un effet du besoin. On devra pour cela les placer sur des parties d'eau ayant la forme de courans, dont on aura bien soin de dissimuler les extrémités, soit en les faisant entrer sur la scène par-dessous l'arcade surbaissée d'un mur, qui peut être supposé la clôture d'une propriété voisine ; soit en les perdant dans une partie de terrain à la suite de jardins où l'on ne pourra pénétrer, mais où Pœil les suivra quelque temps, ou de bien d'autres manières que le local pourra indiquer. »

Avant d'entrer dans les détails qui conviennentà chaque genre de ponts, nous allons établir des règles générales à observer dans leur construction. Le sujet est vaste , mais nous nous renfermerons dans la propriété particulière ; si nous dépassions ces limites , ce serait vouloir faire un traité volumineux. Nous enseignerons les préparatifs pour construire un pont sur divers terrains 5 nous indiquerons les précautions à prendre pour la stabilité de ces constructions et pour veiller aux travaux. Si nous donnons, parfois, des modèles de ponts de plus grandes dimensions^ c'est afin que l'on puisse avoir sous les yeux des objets de comparaison. Nous ne pouvons rien consulter de meilleur que l'excellent article du Dictionnaire technologique qui nous servira de guide.

Si la rivière qui parcourt un terrain est susceptible d'offrir une plus forte masse d'eau une certaine partie de rannée,oudedéborder,c'est àcetteépoquequ'il faut choisir l'emplacement le plus convenable à la construction d'un pont, parce qu'alors on en fixe la longueur en consé-

quence, et on calcule la force que doivent présenter les piles au courant le plus rapide ; alors aussi on prend des mesures pour resserrer les eaux dans une limite qu^elles ne dépasseront plus. C'est alors que le maître qui dirige les travaux, étudiera l'aspect sous lequel il présentera un pont ; car il ne produit pas un effet aussi pittoresque, vu par ses différents côtés. Autant que possible ^ on l'établira de manière à ce que, du principal point de vue , l'œil le saisisse , pour ainsi dire^ de trois quarts , c'est-àdire qae l'un des abords doit se rapprocher de l'œil et l'autre s'en éloigner, en suivant à demi , la marche de la perspective. Celte position permettra de voir une des deux faces , les voûtes , de distinguer les parapets, ainsi qu'une portion du chemin qui le traverse.

Le propriétaire qui veut faire bâtir un pont, doit savoir que la pression qu'exercent toutes les pierres des voûtes les unes sur les autres, réagit sur les piles et sur les culées ; or, il faut que cellesH^i opposent une force de résistance capable de soutenir l'effet des voussoirs. La nature du terrain et des matériaux doit lui être aussi quelque peu connue, afin que dans le genre de construction qu'il adopte, et que nous supposons devoir être toujours de forme légère, il ne laisse donner aux culées que l'épaisseur justement nécessaire à Teffort de la pression, et aux piles une largeur en harmonie avec toutes les oonvenances locales et de bon goût.

Si le pont doit être léger^ et n'être jeté que sur un ruisseau tranquille, les abords en seront faciles à ordonner 'y mais s'il doit traverser une certaine largeur , et que le courant ait quelque rapidité, il faut, pour pro-

téger les fondations contre l'action dégradante de l'eau, que les approches présentent un revêtement en pierre auquel on donne un fort talus.

Il existe entre la longueur et la largeur des ponts une proportion dont on ne doit jamais s'écarter, et celle-ci dépend de l'importance du passage» Quel que soit le volume d'eau sur lequel on constndra, la longueur devra toujours être double au moins de sa largeur, autrement le pont serait lourd, manquerait d'élégance et produirait un effet opposé à celui qu'on en attendait. Ainsi , sur un ruisseau , sur une petite rivière où l'on ne pourrait lui donner les proportions convenables, onl'étendrait au delà des rives, jusqu'à ce qu'il ait acquis des proportions agréables. On motiverait cette méthode , en donnant aux côtés une apparence marécageuse , s'ils étaient plats , ce qui serait facile en y plantant des végétaux qui se plaisent sur le bord des marais ; si les bords étaient escarpés , l'opération deviendrait encore plus aisée , il faudrait simplement en diminuer l'escarpement.

La hauteur des arches doit aussi être calculée suivant la quantité d'eau qui s'écoule , et être en rapport avec les principes d'une bonne architecture. Les petites arches conviennent aux eaux tranquilles. La hauteur des voûtes doit être de plus d'un mètre au-dessus des hautes eaux , de manière à ce qu'un homme d'une taille ordinaire, assis dans une embarcation, puisse passer sans être obligé de se baisser et d'abandonner la manœuvre de son esquif. Le degré d'élévation des arches, dépendra encore de la masse de l'édifice et de l'effet qu'on se propose d'en tirer pour le point de vue.

— IM

Les grandes axcties aMi préférables sur les iorrens, sur les rlYikes aux eai«x rapides et sujettes à dégrader les pil«s> sur les ondes dont un rocher sert de fond ^ et elles sont ÎDëvitabks lorsque les rives sont escarpées.

Dans tous les cas j on. doit arriver aux ponts pair ua« pente adoucie le plus possible ; il eu résultera un bon effets celui de ne pas présenter d'obslacle à la vue y en masquant par la hauteur du cintre les objets qui sont au delà« Les parapets et garde-fous seront dans des dimensions suffisantes pour empâcher jusqu'à Tapparence du dangier; mais cependant ils seront proportionnés de manière à ce ^e le pont ne présente pas une galerie fermée par deux murs.

Lorsque le terrain a peu de consistance f le pont devra être élevé sur pilotis. Pour le travail du pilotage , on enlève la partie la plus molle du sol , et Ton ne bat les pieux appelés pilots ou pilotis que lorsque l'on a rencontré un sol plus résistant» Ces pilots sont ordinairement en bois de chêne ou d'aulne , comme résistant plus que tous autres, k l'action destructive de l'eau , mais le cours des eaux produit sur les fondations un effet qui tend à les affouiller^ pour former une opposition à ce remous, on fait jeter autour des pilots, des éclats de rocher. On emploie aussi à la base des pilotis, un mortier appelé béton qui formé de silice et de chaux maigre, durcit considérablement sous l'eau.

Si le fond sur lequel on veut construire est solide, s'il présente, par exemple, une masse de rocher , il serait presque impossible d'y pouvoir fixer des pilots ; il vaut mieux fonder sur le sol naturel 3 si la partie où on doit jeter

les Cbodalâttis n'est paa de «ûreatt, e« bien ne prteaie pae une pente tooraée ver» k eovmiit, il &nt alors hke niveler ce fond, sur lequel on édifie sefon les principes àt l'art.

Voilà» à peu psèft^ kafwîncipattx objets que le pcopriétaire doit connaître, afin de veiller à la stabilité delà construction d'un pont dont le dessin doit rouait la simplicîfté à l'éléganee et à la foroe.

Les divers ponts entrant dans l'ornement des jardins , sont variés k l'infini , sous le rapport de l'effet qu'ils produisent à l'œil, selon la simplicité , la richesse, la bmr* rerie, etc., que présentent leurs formes> et aus par le earactère de leur construction j mais ils. se «attadi^opt toujours h l'une de ces divisions distinctes :

1°. Ponts en pierre $

3°. Ponts en charpente etenbois rustique (grume) ;

3^. Pont's en fer;

4°. Ponts suspendus en fil de fer , en chaînes ou en

cordes.

Les ponts tournaas , levis et autres de formes particulières, peuvent être comptés comme subdivisions de ceux-*là.

PorUa en pierre. Subissant les lois de Varchitecture , quel'on met dans une harmoniesévère ou gracieuse^ r^or lière ou accidentée, avec le caractère de l'habitation principale, et occasionnant dans leur construction des frais plus considérables que les autres , ces ponts sont particulièrement destinés à enrichir la demeure de l'homme fortuné; ils conviennent aux points de vue étendus, et deviennent lourds s'ils sont trop rapprochés. On devira calculer la

ptâtioai d'iM» pMit em pierre, de manière «pie k soleil en édêige la plus grande partie âe la journée le e6té toamé vers les lieux eu on le découvrira le plus souvent , car il semblera éerasé , si sa masse est noyée constamment dans YomAre j et l'effet en sera triste et désagréable*

Un pont en pierres de taille , d'une arcbitecture régulière et bardie, embelli d'une balustrade en iisr , de lantemesy de vases, etc, ajoutera beureusement à la noblesse d'uBie seine dont le point principal du tableau serait un diftteaa, une villa révélant par le luxe qui la décore, le s/)»ur de Fppulence*

Si le pajs^e exige moins de richesse^ si Thabitation , quoique majestueuse , ofiîre dans son architecture des ornements qui accasent plutôt Télégance qu'un goût sév^e, les ornements du pont devront être en rapport avec le genre léger. Nous avons représenté pi. 1 3 1 , deux ponts exi pierre qui orneront une propriété dont l'habitation offrira une architecture simple.

Enfin, dans une scène rustique , mais d'un a^ect vaste, «a pont en pierres brutes superposées, offrant aux yeux leurs couleurs tranchantes cachées çà et là par des plantes laissant tomber gracieusement leurs lianes vertes et flexiblés, sera d'un effet des plus agréables^ la rampe et les •memens placés sur le passage du pont devront être en npport avec son architecture et le reste du tableau.

Les ponts en charpente et les ponts rustiques se marie- Bont convenablement aux paysages d'un caractère agreste ME sauvage, rustique ou champêtre, et seront quelquefois bien placés dans un tabkau d'un certain grandiose, lorsqu'ils imiteront le pont du Baincy, pi. i36, fig. 3. Bâti

en bois de chêne, ce pont existe encore en bon état, quoiqu'il ait été construit en 1787.

Les ponts en bois seront gc^néralemeot mieux placés à des points de vue rapprochés et dans des jardins d'une étendue médiocre. (( La diversité de leurs formes, dit le Jardinisle moderne , la combinaison de leur assemblage , la disposition de lonrs culées et le ton de leur couleur (qui doit toujours être assorti à celui de la scèn%), produisent un grand nombre d'effets opposés , qui peuvent chacun trouver leur application. Le choix en sera déterminé par l'homme de goût, qui rejettera sans doute ces formes asiatiques qui eurent tant de succès dans le premier âge des jardins pittoresques.

Le porU en charpente, pour être agréable , doit offrir quelque chose de gracieux , de léger et de spirituel dans sa construction ^ il faut, pour ainsi dire , que la mécanique la plus ingénieuse dans ses détails et dans son ensemble ait l'air d'avoir disputé k l'arcbitecture l'avantage de le rendre à la fois solide et pittoresque. Si un pont de cette espèce ofire quelque chose de curieux et de hardi dans son assemblage , il pkira beaucoup dans toutes les scènes qui, placées près d'une habitation simple ou cham* pêtrc , sembleront s'y rattacher par quelques points de contact.

Nous n'avons rien négligé pour réunir une grande quantité d'exemples de ponts en charpente, en grume et en fil de fer, qui puissent entrer dans la composition de jardins de grande comme de petite importance. Nous nous sommes particulièrement attachés à ceux dont la construction, peu compliquée, est susceptible d'être exécutée

par les ouvriers qui se trouvent dans tous les pays, les cinq ponts de la pi. i32, tous en charpente, sont de feu Bellanger, célèbre architecte. Rien n'est plus simple que le n° 1 ; les quatre poinçons a des angles sont entrés de dix-huit pouces dans une maçonnerie légère qui sert de culée -, les deux sommiers cintrés inférieurs b qui soutiennent le plancher, sont supportés par des chaînes attachées aux poinçons. Ce pont a vingt pieds de longueur ; s^il était de petite proportion, les chaînes ne seraient pas nécessaires.

Toutes les pièces du pont n® 3, appuyées sur des bornes en pierres c, servant de culées, sont unies avec des liens de fer. Il a vingt- quatre pieds de longueur.

Le pont n** 3, est composé principalement des poutres c2 soutenant le sommier cintré e \ toutes les autres poutres ou arcs-boutans, sont fixées par des broches aux poutres d çt servent plutôt comme un ornement singulier que comme soutien véritable. Il a trente-six pieds.

On monte sur le pont n** 4> très-cintré, par dix marches de bois en grume, soit pour le traverser, soit pour jouir d'un jeu de bascule que Pon y a construit d'après une idée assez originale. La maçonnerie des culées/ n'a, comme dans le précédent pont , que 1 8 pouces de largeur dans le sens de la longueur du pont^ ainsi qu'on peut le voir dans le plan ; ces culées soutiennent à chaque bout deux traverses g et des sommiers contre-butans h , qui vont s'assembler dans les moises. Quatre pièces y ^ sont emboîtées dans les sommiers 7ï, et dans le sommier cintré l. Ce pont a trente pieds.

Le pont couvert n° 5, soutient une balançoire. Celui-

ci, simple dans sa charpente^ n'a pas de culées en maçonnerie : les poinçons ou poteaux des angles Z, sont enfoncés en terre, retenus par des traverses et des pal-planches m. Les ponts en charpente, fig. 1, 2, 3, pi. i33 , sont aussi de Bellanger ; ils réunissent la simplicité, la solidité et l'élégance.

Les ponts en charpente de la pL 134» fig- I9 2, 3, 4 » sont de M. Canissié. Les détails gravés les feront comprendre suffisamment. Le n^ 2 est orné d'une balançoire.

Les n°* 5, 6, sont des ponts chinois exécutés en Allemagne, ainsi que le n° 7 dont la décoration est gothique. Le pont couvert orné de vases de fleurs, pi. 1 57 , fig. i , est tiré du parc de Muskau en Prusse. Sans doute, on la couvert, afin qu'il puisse servir de lieu de repos sur la rivière, mais nous préférons le pont couvert d'une tente, fig. 4 9 pl* '^6« Nous avons vu d'autres ponts dont les rampes étaient ornées de vases de fleurs, mais à découvert ; la couverture de celui-ci lui ôte de son élégance.

Les ponts de bois en grume ou matériaux bruts , tels que. troncs d'arbres, branches , etc.> sont ordinairement nommés rustiques y et sont en usage presque partout^ parce que généralement leur forme présente un caractère plus pittoresque. Nous avons même remarqué qu'ils sont les seuls ( si l'on en excepte le pont chinois ) que des jardiniers maladroits ont jusqu'ici osé placer dans leurs compositions sans les motiver par la présence de l'eau, ou par un ravin. Il existe des circonstances où l'escarpement de deux montagnes très-rapprochées , paraîtrait un motif suffisant pour hasarder une semblable construction ; mais il faudrait que l'espèce de ravin sur lequel on la jetterait

fut prolongée 9 et mit le promeneur dans le cas défaire un très-long détour^ si un pont , le seul moyen d'abrc^ger la route, ne serenconliait sous ses pas. Rien ne serait d'un aspect plus pittoresque qu'un pont dont le double motif serait le rapprochement de deux collines séparées par une rivière (pi. i36 fig. i). La nécessité où Ton serait d'en construire un plus petit sous le grand , prodairait un effet aussi singulier qu'agréable. On trouvera , parfois, l'occasion de placer des ponts, même sur un terrain plat et sans mouvement, quand on aura eu à creuser des puits et des fondations de maisons, en amoncelant les déblais d'une manière convenable, et en un point de vue beureux de la maison.

Les ponts rustiques tirent la plus grande partie de leur charme de la manière ingénieuse dont les bûches entrecroisées qui les forment se présentent aux yeux, et du contraste qui existe dans la symétrie géométrique de chacune des parties par rapport à l'ensemble général : pour cette raison, peut-être, plus Técorce de leurs bois est rugueuse cl grossière , plus ils plaisent. Nous avons dit qu'un pont en pierre devait être placé dans des lieux éclairés ; il n'en est pas toujours de même pour les ponts en bois, et surtout pour ceux en grume. Souvent même la position contraire leur est avantageuse : le jour , en passant au travers de toutes leurs parties , les dessine d'une manière tout-àlail pittoresque , et fait ressortir beaucoup plus avantageusement , surtout pour la perspective, les objets qu'on aperçoit au-delà. Nous recommandons surtout aux artistes de ne pas se laisser séduire par l'effet charmant que pourrait faire naître , dans une scène ou une perspective , une

construction de ce genre , toutes les fois qu'elle ne serait pas entièrement dans les convenances locales. S'ils suivent notre conseil, ils multiplieront moins ces fabriques, et elles plairont davantage.

Les ponts rustiques, pi. i55, sont destinés à des scènes champêtres, où la campagne est découverte et dessinée à grands traits ^ ils sont d'un style sévère et qui indique la solidité.

Les ponts, fig. 4* pL i33, fig. 3 et 3, pi. i37, figureront dans des scènes agrestes très-boisées. Sous le pont, fig. 2, on a ménagé des sièges qui servent à la fois de repos et de décoration , en rapport parfait avec l'architecture du pont.

Nous avons fait figurer beaucoup plus de ponts en charpente que de ponts rustiques. La raison de celle multiplicité des premiers , est qu'ils servent de modèles pour la manière de construire les seconds, et que l'on y trouve les principes de la solidité qui peuvent s'appliquer au bois en grume comme au bois plané. Chacun trouvera aisément le moyen si simple de remplacer le bois uni par le bois à écorce. Dans les scènes qui auront de l'étendue, le pont sera ordinairement plus long: il exprime une décoration plus sévère ; dans les scènes qui offriront peu d'espace, la décoration sera plus légère et délicate. Mais s'il s'agit d'une scène d'un caractère sauvage, si l'endroit est escarpé et sombre, le pont devra présenter un arrangement simple et naturel qui se rapproche de l'enfance de l'art.

Dans la construction de ces sortes de ponts , si le lit de la rivière est étroit et tranquille, on ne prend ordînai-

yement aucun point d'appui dans Feau ; on en prend le moins possible lorque le courant est rapide et la navigation difficile. Si les accidents do terrain donnent lieu à une chute d'eau qui se déploie en nappe large et unie, en cascade brisée et écumeuse, et que l'harmonie exige un pont en bois en cet endroit, il vaudra mieux construire les piles en pierre brute et les arches en bois ^ cependant , ceci est une exception, surtout pour les ponts en bois rus^ tîque, car ceux-ci ne peuvent guère s'établir que sur une rivière au lit étroit^ au courant doux et point sujet aux dangers du débordeoMHit.

La force nécessaire des pièees de bois à employer pour ces constructions, est un principe qui regarde le conatructeur, et demanderait ici des détails trop n^inutieux et trop compliqués pour le but de ee traité.

L^s ponts de pierre ou de bois n'ayant qu'une seule arche, et destinés à réunir les bords d'un ravin étroit ou d'un ruisseau, portent le nom de ^xinc^aiM^.

Il est bien entendu que les parapets des ponts en pierre ou charpente seront en fer ou en bois , selon le goût du propriétaire, selon l'aspect de la scène: ils pourront être en bois si celle-ci est agreste ou sauvage $ en fer ou en pierre sculptée > dans un tableau dont l'architecture ré« gulière est riche ^ mais les ponts en fer seront toujours surmontés d'un parapet également en fer«

Les p(mis en for- 'proprement dît on en barres de fer, ne pouvant, à vrai dire, s'appliquer qu'au service public ou à des propriétés particulières d'une grande étendue et sur des rivières larges, sont rarement en usage. Un intérêt bien entendu fera préférer, avec juste raison, les ponts suspendus aux pcmts en barres de fer, et même quelquefois aux ponts en pierre et en bois, parce qu'ils offrent dans leur ensemUe plus de grâce, de légèreté, coûtent moins, et qu'ils sont d'une construction plus facile et plus prompte (i). Le pont des Arts, celui des SS. Pères, et le pont d'Austerlitz à Paris, sont de beaux modèles de ponts en fer. Des piles en pierre servent généralement de base à celte sorte de construction ; les madriers du plancher sont supportés par des barres de ferl assemblées transversalement.

Ponts au^ndua en fil de fer , en chaînée , en cordes. •^ Plusieurs auteurs ont avancé que les ponts suspendus en cordes existant dans l'Amérique du Sud (2), dans la Chine et le Tbibet^ ont donné naissance aux ponts sus- ' pendus dont on fait usage aujourd'hui daua presque loutei l'Europe. Cette €»pinion est assez vraisemblable : kt 1 hommes de science ont pu saisir cette idée due à des pee« pies que la nécessité a vendus inventeurs , et oonnaissaut la forée de résbtance que le fer pouvait of^poser i sa vertu d'élaslieité, l'appliquer à die hardies eonstructioRS :

(1) Les ponis siupendiu coAlent k peu ^lès trois à qajiire cinquîènuBS «le moins que les pouls en pUrrc.

(3] \oytz la fig. I, pi. i38, repre'senUnl un pont suspendu en cordes dans les Cordillères. Voyez aussi fig. 1 une aulrc sorte dt pool suspe&fltt csisUnt près de l'ile de Gozso à Malte. 11 se compose de deux cordes parallèles fiiées par chaque bout aux rochers. Un char ou espèce de nacelle eii suspendu à ces cordes, pwr sa partie supérieure , sur quatre poulies. Un homme s*j asseoit et fek mouvoir k nacelle au moyen d'une troisième corde*qu*il tire avec «es «Miins.et qui est filée, comme 1«« deux antres, aux roahcrs sans âire fixée à la naetUs.

d'ane pensée îngënieate ils ont fait un arl admirable.

Le système de suspension étant la partie la plus impor^ tante de ces constructious, conséquemment, la forme, la dimension et les points d'attache ou amarres doivent kn les plumiers objets qui fixent Tattention des propriétaiics. Lêl dimension d'un pont varie suivant le poids fa'tl supportera^ pour cela on calcule le poids des matériiax qui forment la travée, et on ajoute celui de la suràiMTfjiR par laquelle le pont doit être éprouvé ; ce poids total augmente, en sus> d'une fraction suivant la tension des chaînes*

On éprouve la force des ponts suspendus en leur oppoaint une surcharge de 200 kil* par mètre carré de superficie-, lorsqu'ils ont résisté pendant trois jours à ce poids, oa peut les utUiser en toute sûreté.

Nous -nous permettrons dans cet article de puiser dans 1t mémoire sur les ponts en fil de fer de M. Séguin ainé^ ^ques observations et des règles générales pour la construction. Le lecteur nous saura gré, sans doute, d'avoir ^is ici pour guide la science d'un bomme auquel la FnDce est redevable du premier modèle d'un pont suspendu en fil de fer (i).

« Le simple particulier, dit M. Séguin, peut, avec peu ds dépense, exécuter des constructions qui, avant cette époque, n'auraient pu être l'objet que d'entreprises pu«

bliques. Combien arrive*-t-il de fois, dans les terrains montagneux , coupés de ravins ou séparés par des rivières rapides, que le manque de communications prive les faucilles ou des villages entiers d'une partie des jouissances qu'ils ne pourraient se procurer qu'en faisant de longs détours. Le petit pont constmitpour essai dans ma propriété (a) avait 1 8 mètres (56 pieds) de long sur 5o cen timètres ( 1 8 pouces) de large *, il était soutenu par six faisceaux en fil de fer, n^ 8, de huit brins cbaque, formant une flèche de 90 centimètres (35 pouces), dont quatre desti-^ nés à soutenir le plancher, et deux servant de main courante, et, en cas d'insuffisance des faisceaux inférieurs, à leur aider â soutenir le poids dont ils pouvaient être chargés au moyen des fils verticaux qui formaient le grillage du parapet $ les faisceaux inférieurs avaient été formés -en enveloppant le fil sur deux poulies en bois de 10 centimètres (5 pouces 9 lignes) de diamètre enfilées dans des barres de fer de 3o millim. (11 lignes), scellées dans le rocher, ce qui laissait dix centimètres d'intervalle entre les deux faisceaux des extrémités, et 3o centimètres entre ceux du milieu. On établit ensuite sur ces quatre faisceaux, et à 5o centim. (18 pouces et demi) de distance les unes des autres, des traverses en bois de chêne de 5o millim. de large sur 4o millim. de haut, et l'on cloua dessus un plancher en sapin de i5 millimètres

I (1) Ce pont suspendu , destiné sculemeot au passage des geoa de pîed , établi à ÀDDoaay par M. Seguin lui-m^me, ii*a coûté que ctnçuanie

Jmcs.

\ (1) Ce pont a été établi , ea i8a5, sur le Rhâne entre Tain et Tonrnon (Ârdèche). Nous recommandons aux propriétaires le mémoire de

l|L Séguin; îl leur sera d^une grand» utilité dans le cas où ils TOadraient avoir plus de détails sur la construction de ce genre de pont, — Chc»

m» Bachelier, libraire, quai des Âuguslins.

d'épaisseur qui a été dëmontë, tant par des convenances locales, que dans la crainte qu*il n'arrivât quelqu'acci-^ dent aux imprudens curieux qui les soumettaient journellement à de trop rudes épreuves.

« Cet essai montre dans quelles ëtroites limites de dépenses on peut construire des ponts en fil de fer.

« La faculté la plus précieuse des ponts suspendus est la possibilité d'en établir sans supports, jusqu'à 3oo mètres : elle fait disparaître complètement une des grandes difficultés qui s'opposent à la construction des ponts en pierres ou en bois sur les fleuves dont la rapidité ou la profondeur est très-considérable, celle d'asseoir solidement les piles au milieu de leur cours. On sait, en outre, les inconvéniens qui résultent de leur trop grand rapprochement qui, embarrassant le lit du fleuve, gêne la navigation, favorise les afFouillemens, etc. »

Après une série d'expériences faites sur le fer en barre et le fer tiré à la filière, M. Séguin a reconnu que la cohérence du fil de fer est plus grande que celle du fer en barre. Il résulte de cette connaissance que des faisceaux de fil de fer employés pour la suspension des ponts, sont préférables à des barres de fer ou à des chaînes (i ).

« On pourra objecter, ajoute ce savant, à l'emploi du fil de fer, que la durée en sera moindre que celle des chaînes , ce qui serait probablement vrai si on laissait les unes et les autres exposées à l'air, sans entretien-, mais si on veille à leur conservation , en les enduisant tous les

cinq à six ans, avec une couche de peinture à l'huile , on pourra en regarder la durée comme indéfinie

« La principale difficulté des ponts suspendus réside dans la connaissance des propriétés de la courbe qu'affectent les chaînes ou les câbles en fer auxquels on les suspend. Celte courbe est difierente suivant la disposition du plancher qui sert de passage ; elle se nomme chaînette lorsqu'il est établi directement sur les câbles (fig. 3, pi. i38), eX parabole lorsque le plancher en ligne droite y est suspendu par des cordes verticales (fig. 4» 5, 7.)

<( Lorsque la rivière est encaissée par des rochers un peu élevés, et que l'espace que l'on a à franchir est peu considérable, de 20 i 3o mètres par exemple, le nioyen le plus simple est d'établir le passage directement sur les câbles, car la dépense des culées devenant nulle, on peut en augmentant les fils, diminuer la flèche de la courbe dans la même proportion, et adoucir par ce moyen assez la pente pour la rendre d'un usage facile et commode. Ces sortes de ponts ne peuvent servir qu'aux piétons et aux animaux *, mais il en résulte l'économie, la facilité et la promptitude avec laquelle on peut les construire. Le mode le plus généralement usité pour des ponts de grandes dimensions, est celui où le plancher est horizontal et soutenu aux câbles en fer par des cordes verticales , la communication a lieu alors par l'intérieur des culées, au haut desquelles sont fixés les câbles

« Au lieu de piles et de culées percées de portes, oa

(i) On irouvcrt qtté, vu la facilita d'cxccalion, la mise en place, le remplacement, le prix, elc, l'avantage est incontestablement du c6le' de l'emploi du fil de fer.

aère quelquefois des colonnes rondes ou carr^ (fig. 4)« L'on peut supprimer entièrement les culëes et se rdduire â des massifs d'amarres L, fig. 4f et P Q, fig. 8, pL i38 , dont la hauteur n'excède pas celle du plancher* M. Brunel de Londres a fait exëcuter le premier pour la France des ponts en fer ainsi disposa. Cet habile ingénieur pense qu'une telle disposition est surtout utile pour empêcher les ponts d'entrer en vibration. Non content de cette prëcaution, il a ajouté encore des arcs renversés en chaînes de fer^ fig. 6, pt. iSB, opposés i ceux qui le soutiennent. Ces arcs liés avec le plancher de la même manière que les chaînes supérieures , le rendent susceptible de résister à une force qui s'exercerait de bas en haut^ tendant à le soulever.

a Ces précautions sont surtout utiles^ lorsque les ponts n'ont pas une grande masse ^ mais on peut s'en dispenser, lorsque ces édifices ne sont pas trop exposés à la cause destructive d'un double système, et les arrêter par des amarres écartées a bj c d, fig. 5, en contrebas ou sur le côté. »

Passant ensuite à la construction des culées, M. Séguin nous donne le résultat de ses expériences et de la pratique.

« Tous les fers n'ont pas la même ténacité 5 plusieurs causes, dont il est difficile de se rendre compte , influent puissamment sur celte propriété... Il ne faudrait pas trop s'appuyer sur la ductilité du fer pour en conclure qu'il

fût plus tenace ; car l'expérience prouve que ces deux propriétés sont loin de marcher ensemble, et que le fer aigre supporte, à peu de chose près, le même poids que le fer doux (i).

«Lorsque l'on peut sceller les barres de manière que leur direction fasse suite à celle des câbles, on peut se contenter de leur donner la même force , si par leur position elles ne sont pas sujettes à être mouillées ou détériorées 5 mais si elles étaient exposées à l'air, enfoncées dans la terre ou placées dans un endroit où elles fussent sujettes à une usance rapide, il serait bien d'augmenter leurs dimensions, eu égard aux avaries auxquelles elles seraient exposées. On s'assurera, dans tous les cas, que le fer est bien sain, que la traction se fait exactement dans le sens de la longueur des barres; on donnera à la partie scellée 3o centim. à 5o centim. de longueur suivant que le rocher sera plus ou moins sain et suivant sa dureté

Chacun, dans sa localité, doit être à même de juger, soità l'inspection, soit par l'expérience, l'effort que peut supporter une masse de rocher ou une pierre, suivant les circonstances où elle se trouve placée.

« On ne doit jamais employer le fer, le bois, la bâtisse, etc., sans préalablement s'être assuré de ce que peuvent supporter ces matériaux, suivant la manière dont ils résistent, et s'être rendu un compte exact de l'effort qu'ils auront à soutenir j car, en supposant même qu'on ne le connut pas exactement, il serait bien que les parties fus-

(0 La lenacîlf du fil de fer reçoit est à peu pris la môme que celle do fer forgi?, mais il est complètemcnl dëpourvu d'clasliciie et s'allonge, avant de briser, da diûime enviroa de sa longueur primitive,

Beat disposées de manière à présenter partout le même degré de résistance.

« Lorsque Ton n'est pas g^é pour l'espace, il y a une grande économie à employer des culées en pierre comme simples supports ; la masse de la culée n est alors destinée, suirant sa position, qu'à faire peu ou point de résistance. Le cas où elle n'en fait pas est oelui où les câbles, après avoir passé sur son sommet ^ viennent s'amarrer dans le terrain en formant de cliaque cAté un angle égal

av€c l'axe de la pile.

« Les amarres P Q, fig. 8, devront être fixées dans le rocher assez solidenaent pour résister à la même traction que les câbles «n fer ; à défaut de rocher, on ferait un massif de moellons maçonnés dont le poids serait équivalent à Tefiort que peuvent soutenir les câbles; il faudrait alors tarauder rextréraité des amarres, et les faire traverser de fortes pièces en bois derrière lesquelles «n meltrait des viroles tiès-larges et plusieurs écrotts-, ou^ comme ont fait les Aurais, des lentilles en fer fondu percées d'un trou daus le milieu, destiné à recevoir le bout de la barre qu'on aurait soin de bica arrêter par derrière avec des claTeites ou des boulons. i>

4( Les chaînes de la fig* 3 sont soutenues, comme on le voit, par des palées en bois destinées à servir de simples supports. On dispose, fig. 9, ua assemblage en ferme de chevalet^ assez ouvert pour que la ligne D F qui divise l'angle A D B en deux parties égales, passe entre les deux bras du chevalet Les cordes ne sont pas

arrêtées au haut de la palée, mais elles appuient sur un coussinet ou sur une poulie 3 s'il en était autrement^ et

que IVmi fixât 1^ câbles et lei amarres à la pièce de bçîsy il fiiodrait que ces dernières fossent renforcées ?> ,

Après avoir donné ainsi quelques exemples sur les moyens d'établir des culées , Tinçénieur ajoute que suivant les besoins de la localité, on peut employer, pour en tenir lieu, une terrasse, une maison, un vieux mur , un arbre, selon que l'un de ces objets se rencontre a la portée; le point important est de se rendre exactement compte de la résistance que peut ofirir l'objet dont on vent se servir, sans se basCT sur une première impression irré^ fléchie qui pourrait induire en erreur.

Les dimensions d'un pont étant déterminées ainsi que la courbe que l'on veut donner aux câbles , on évalue la tension qu'exerce la charge du pont sur ces câbles, en supposant le pont couvert d'autant de fois 65 kilogrammes que le plancher aura de mètres carrés^ en y ajoutant le poids du plancher et celui du fer. Ainâpar un simple calcul , le propriétaire pourra connaître la charge probable que peut supporter le pont qu*il fait construire.

II est difficile de dire quelle force de fil de fer non-recuit il est convenable d'employer pour les ponts suspendus ; cependant, dans les petites conslructions de ce genre, comme la rouille du fer est facile à prévenir, parce qu'il est facile de vcriCer souvent Télat des câbles, on peut se servir de fils plus petits que dans les ponts de grandes dimensions, et on courre les différentes parties de plusieurs couches de peinture à l'huile faites avec soin , pour neltre le for à l'abri de l'oxidation ; cette peinture pénétrant dans les moindres intervalles, forme use

— IM

qtti semble homog^iie^ pl«l&t qu^une ffëunioa de brint de fil de fer.

M. Séguin doane le conseil , dans les ponts de petite dimensioay dont le passage est établi directement sur les cibles, et où l'on amarre à une barre de fer scellée dans le rocher, de remplacer les anneaux de fer par des poulies en bois dur, percées d'un troa de la dimension de la larre. Ces poulies auront lo centimètres de diamètre , et seront garnies en cuivre ou en fisr i l'intérieur. On peut alors établir les fils de fer directement sur ces poulies. Les

« Le meilleur que je connaisse, dit M. S^oin , consiste a disposer, pour serrir de parapet, un assemblage de pièces de bois liées ensemble et nirintemies, i la distance ^im mèCre l'une de l'antre, pur èe9 traverses disposées eu croix de Saint-André , qui viemient joindre bout â bout, en formant entre elles un angle droit. On maintient cet assemblage par le moyen de boulonts en fer , qui tra« versent les pièces de bois entre les joints des traverses , permettent de serrer à volonté, et hti donnent une grande solidité. Les amarres destinées i empécber le balance-

traverses de fer fondu «, fig. 1 1 ^ pK i38, peuvent en tenir ment, seront fixées aux culées le plus bas possible , à des lieu» anneanx ou crochets que l'on implantera dans la maçon-

nerie : elles sont surtout essentielles, lorsque l'on fait des ponts très-légers , ou établis directement sur les cordes ^ parce que la quantité de mouvement acquis est toujours proportionnelle à la masse en repos et en mouvement*

4C La force des pièces du plancher doit être calculée suivant leur portée. L'expérience a démontré qu'une pièce de chêne de 3 mètres (9 pied» 4 pouces) de long sur un décimètre (5 pouces 9 Kg.) d eqoarrrssage pouvait supporter environ i,5oo kil., maison ne doit, dans )a pratique, les exposer à être chargées que de | à ^ de cette quantité, si l'on veut qu'elles aient une durée constdérabfe.

« Dans les ponts suspendus, on a regardé assea geHiéralement comme une règle reçue, qu'il fallait donner au fer trois fois la force nécessaire pour le faire rompre; cependant, s?il devait être continuellement exposé i cet effort, on pourrait craindre qu'il ne finît par cédera cette charge, tandis qu'il pourrait être, sans beaucoup d'inconvéniens , soumis à un effort beaucoup plus considérable , s'il ne

« Les amarres des culées (t, fig. 4» ^9 7 9 9? pl* i38) peuvent se faire en fer ou en fil de fer , de la même manièreque les câbles suspenseurs; mais il faut observer dans ce dernier cas, de ne pas les faire arriver jusqu'au terrain, tant pour les mettre k l'abri des dégradations que pour éviter le voiûnagie du sol, où, étant exposées à l'humidité, dles ne tarderaient pas à être attaquées et promptement détruites par la rouille.... On ne doit employer le scdle-* ment avec du plomb ou antre métal, que lorsque Ton n'a pas d'autre moyeu de fixer les amarres, parce que le contact de métaux de diverses natures, surtout dans un lien humide , contribue à les détruire très-promptement. »

L'oscillatton qu'on imprime au plancher d'un pont suspendu lorsqu'on le traverse, est produite par le fer obéissant à la vertu élastique que Ton lui connaît } c'est le plus grand inconvénient que présente ce genre de construction , aussi doit-on employer tous les moyens possibles pour affaiblir ce balancement en donnant plusde rigidité au pont*

devait Tétre que dans quelques circonstances très-rares. Il conviendrait donc de ne donner aux charpentes formant les planchers^ que la masse strictement nécessaire pouf leur faire acquérir une fixité qui rassurât complètement les hommes et les animaux, et éviter par là les dépenses et les difficultés d'exécution dans lesquelles on se jetterait en faisant des édifices trop massifs. »

Ainsi, ces constructions d'invention moderne, variées à Tinfini , réunissent à la légèreté et à Telégance, la stabilité, l'économie et la promptitude d'exécution.

Le système de ponts suspendus sera bien employé surtout sur les rives escarpées où les points d'appui se trouveront naturels et fixés. Si le lit du ruisseau n'est pas d'une grande largeur , on n'y prend aucun point d'appui , et on jette le plancher d'une rive à l'autre , comme les ponts fig. 3, 4 9 5^ 7 • Si la rivière offre une masse d'eau assez con* sidérable, on construit bout à bout deux ponts supportés à leur jonction par une pile en pierre , fig. 6.

Les ponts suspendus, fig. 6, 7, pi. i38, ont été exécutés sur une grande échelle 5 nous en donnons la gravure afin que l'on ait sous les yeux des objets de comparaison. Le prix de leur construction ne se compte pas par moins de centaines de mille francs. Ceux qu'il convenait de faire connaître, pour l'utilité dans les propriétés particulières , sont gravés n« 3, 4, 5, pi. i38.

Len** 3 est une simjXe passerelle étroite, dont le peu de largeur a nécessité les amarres a, b, c, d, pour éviter le balancement considérable qui aurait été occasionné par les passans. Le détail de ses culées est figuré n" 9 , et a été expliqué précédement, page 189.

Le ponceau n® 5 , en fil de fer , peut être exécuté sur une longueur de 10 pieds jusqu'à 30. Les poinçons ou poteaux a sont fixés dans la maçonnerie b , destinée à résister aux efforts du courant. La chaîne c passe dans les poinçons, et va traverser les pals d enfoncés dans le sol ; elle est retenue par des écrous e, lesquels peuvent être serrés à mesure que la chaîne serait susceptible de se détendre par une cause quelconque. Indépendamment de ce moyen , d'autres écrous f^ placés sous les traverses qui soutiennent le plancher î, et vissés dans les cordes on tirans g^ servent encore à régulariser la forme du pont , si parla dilatation des matériaux, le plancher fléchissait. La chaîne se compose d'un faisceau de fils de fer entourés d'un autre fil comme on le comprendra mieux sur la fig. II.

Le pont fig. 4* est plus étendu et plus solide ; il a environ 40 pieds. Le système est le même que pour le ponceau que nous venons de décrire , mais toutes les pièces sont plus fortes* La chaîne c est double de chaque côté du pont; la force de soutènement réside dans des culéesL derrière lesquelles la chaîne est fixée par un écrou* et ressort au point m, sur le côté d'une sphère en pierre dont une moitié est hors du sol. Les cordes g ou tringles de fer, dont une est figurée en grand , fig. 10 , se divisent à la partie supérieure en deux crochets zi, qui posent sur la< double chaîne; la charnière p est faite pour éviter que la corde g ne se fatuse, quand les chaînes se détendent ou se tendent, effet qui a lieu tous les jours par la dilatation du métal. La fig. 1 1 représente l'écrou r, par lequel on serre ou l'on desserre à volonté la chaîne. On peut voir ce

pont dans l'immense parc an Raincy , i trois lieues deParis* n est peu de pays qui n'offrent aujourd'hui à l'amateur an modèle de ponts suspendus (i)«

Pour d'étroits passages et dans des localitës offrant des scènes tout -à-fait agrestes, abruptes ou sauvages; dans un tableau rappelant quelque vue d'un pays lointain , telle qu'une savane d'Amérique , on emploiera de simples poteaux verticaux retenus avec force dans le sol et si^r lesquels on jettera des cordes liées entre elles* Une semblable construction aura l'apparence d^un pont des Cordillères Cg. I, pi. iS8y appelé par les habitans du p^yspont de Iiamac. Il est composé de cordes de 5 à 4 pouces de diamètre faites de la partie Gbreuse de Vagai^e ameri^ cana^ il a i3o pieds de long sur 7 de large* Le poids de ces cordes fait que le pont présente une sorte d'arc d'autant plus sensible, qu'il est imprudent de les tendre avec trop de force. Les ponts que l'on construit ainsi dans l'Amérique, durent à peu près 25 ans dans un bon état , pourvu que l'on renouvelle de loin en loin quelques cordes qui s'useraient plus vite que les autres. — Un pont ainsi fait, jeté dans une propriété^ pourrait aussi rappeller au

voyageur l'Indostan , son beau ciel et $es mille peuplades si différentes de moeurs et de langage.

Ponts lepisj ponts à bascide» Dans une scène où les fabriques imiteront le style belliqueux et féodal du moyen âge , dans un tableau à l'ensemble romantique , ce genre de pont se trouvera en harmonie ; en toute autre occasion il sera déplacé , s'il n'est nécessité pour la sûreté de l'habitation. Cette construction peut servir à la fois de pont et de porte.

Deux pièces de bois Z, pi. iS/, d'environ 24 pieds de longueur, portées en leur milieu par les pieds-droits d'une porte , peuvent basculer sur des tourillons m-^ ces pièces, nommées flèches , vont en s'amincissant vers le bout extérieur, où elles sont réduites à 5 ou 6 pouces d'équarrissage, de 13 qu'elles ont dans le reste de leur longueur.' Elles sont liées ensemble dans la partie 1 1, nommée bascule et manœuvrent ensemble. Aux bouts extérieurs sont fixées deux chaînes n qui s'attachent en haut à des crochets et , par Tcxtrémité inférieure au tablier, ou plancher qui forme le pont. Lorsqu'on fait bascula* les flèches l (lesquelles sont chargées de contre-poids du côté

(i) On lîl le passage suivant dans la relation d^on %'oyage entrepris^ en Tan 5 18, par trois religieux chinois, pour aller chercher des livres bouddhiques au Thibet :

«Au milieu du onzième mois, ils entrèrent dans le royaume de Che-mi* A mesure qu*on approche de ce royaume, on le voit sortir peu à peu CCS monts Tson-ling (Montagnes Bleues). Le pays est couvert de montagnes atides et peut à peine suflirc à la subsistance du peuple. Les chemins sont escarpes et coupes en beaucoup d*eudroits par des précipices qui rendent les communications eitrémement difQciles pour les piëlons et les ca<- ▼alîers. Les voyageurs allèrent en ligne droite du royaume de Po-lin-U au royaume d*Oulchang. Dans ce royaume , ils virent un pont en chaînes de fer ^ suspendu à une hauteur prodigieuse ^ entre deux montagnes. En regardant en bas, ils ne pouvaient voir le fond de Fabtme ouvert sous leurs pieds. Ce pont n*ctaii point garni d*appuî de chaque c6tc, et , en se penchant sur les bords, on eût pu tomber en un moment d*unc hauteur de 10,000 pieds; c*est pourquoi les personnes qui traversent ce pont ont grand soin de regarder devant elles, sans dévier ni à droite ni \ ^^^t. (Traduit du chinois par M. STANISLAS JnusN.)

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îjitërieur) en tirant la chaineite intérieure o ^ les chaînes n enlèvent le tablier qui ferme la porte j9 et découvre le foflsë. Des contre-fiches /* assurent la solidité du pont; lorsqu'on le relève, ces contre-fiches tournent sur des charnières situées i leur point d'attache sous le pont, et se dressent verticalement; mais pour qu'elles ne quittent pas le mur, elles sont guidées par un étrier en fer £ , dans le» quel elles glissent .JOn donne ordinairement 12 pieds de long au tablier, dont l'extrémité extérieure vient poser sur la maçonnerie du fossé , ou sur la première arche d'un pont. Nous avons représenté, fig* 4» pl* 1^7 9 un pont-levis hollandais^ selon Fancienne et plus Mmple méthode*

Si l'on veut obtenir la sûreté sans l'appareil du pont , on construira unpoiz^ àhoacule^ fig* 6, pi. 157, tel qu'on les a employés sur le canal de l'Ourcq.

La contre-fiche fonctionne comme dans le pont-levis, et le mouvement est imprimé par le quart de cercle denté qui engratne dans un petit pignon qu'on fait tourner par une manivelle. La partie postérieare du tablier ou la cuUe est plus courte que l'antérieure, qu'on nomme i;o- Jie^ mais elle est équilibrée par un contre-poids. On relève la volée en faisant tomber la culée , et le tablier se place verticalement. Il faut, à cet effet, réserver un espace libre où la culée puisse s'enfoncer en tournant. Lorsque le pont est abaissé , la culée devient horizontale •t recouvre cet espace ; on la contient alors par un valet, en se servant du levier. Le pont à bascule pourra faire partie de toutes les scènes , puisqu'il ne porte en luimême aucun caractère et que son mécanisme peut être

caché, soit par de la maçoanerie , soit par des rocaiUes et des plantes rampantes. Son emploi conviendra pour la clôture de la propriété : il donnera passage sur un sautde-loup , sur un canal , etc.

Ponts tournons* On aura fort rarement & employer dans une composition un pont tournant ; il ne peut être motivé que lorsqu'une propriété étendue présentera une rivière assez large pour ce genre de construction. Les ponts toumans remplacent avec avantage les ponts cidessus, lorsqu'ils sont bâtis pour livrer passage à quelque chaloupe à voile ou li quelque bateau chargé. Le pont s'ouvre en tournant sur un axe vertical, et décrit un arc de cercle. De fortes roulettes aident au mouvement , et pour qu'elles ne s'usent pas inutilement, on s'arrange de manière à ce qu'elles ne portent pas lorsque le pont est en place.

Avant de terminer cet article , nous devons parler du pont vivant y que sa nature rangerait dans la classe des ornements appartenant aux végétaux , plutôt que parmi les fabriques, si son but d'utilité, au moins apparente, ne le plaçait dans ce chapitre. Sur un ruisseau ou une petite rivière, dont la largeur n'excéderait pas 12 à i5 pieds, et dont les rives seraient un peu élevées, on pourrait l'exécuter facilement. Pour cela, on prendrait deux jeunes arbres dans les espèces qui croissent rapidement et reprennent de bouture^ on choisirait des tiges delà grosseur du bras, ayant une longueur ^ale i la largeur de la rivière, on creuserait sur les rives de celle-ci deux trous, dans lesquels on planterait horizontalement les arbres , de manière à ce que les racines de l'un fussent placées du

G&të àe la tèie de Vantre : ces télés seraient elles-mêmes enterrées et déyelopperaient des racines en très peu de tanps. Â mesure que les deux tiges pousseraient des brandies , on les arquerait presque horizontalement poar em»pècher la sève de s^jr porter au préjudice du tronc \ on enlre-croiserait celles ptacëes sur les côtés , et en se greffimt naturellement par approche les unes sur les autres ^ elles formeraient en peu d'années un plancher aussi solide que singulier* Lorsque les deux arbres auraient atteint une grosseur convenable ^ ou laisserait croître verticalement, et à des distances ^ales , des bourgeons que l'on grefferait par approche en losange^ pour former un gjBurde-fou, ou plutôt un balcon de verdure.

Un jardinier un peu intelligent pourrait faire , d'une autre manière, un pont vivant beaucoup plus pittoresque et d'un succès plus certain. Il planterait deux arbres trèsjeunes SUT chaque rive> et à mesure que leurs tiges croîtraient y il les courberait en arc sur le lit du ruisseau , de manière à faire rencontrer le sommet des arbres delà rive gpiuche avec le sommet de ceux de la rive droite* Alors il les grefferait en approche les uns sur les autres, pour ne faire plus que deux tiges qui figureraient deux cintres sur le cours de l'eau. Il ménagerait les bourgeons de côtés, et les grefferait de même et en losange, pour former un plancher entre les deux troncs , et^ comme pour le précédent , il ne laisserait croître les bourgeons pour faire les garde-iottSj que lorsque le pont aurait acquis de la solidité par la grosseur des tiges et desbranches. La raison en est que^ si on laissait croître des branches verticales avant que celles horizontales aient pris une certaine croissance^ elles

s'empareraient de toute la sève qui tend toujours à nvonter, et on ne réussirait jamais h fovmer un plancher, parce que les rameaux que l'on entre-croiserail po«ir cela maigriraient d'abord , puis finiraient par se dessécher dans un très- court laps de temps»

On voit, sur la planche 112, deux ponts dent l'architecture a le caractère chinois; celui de la fig. s est en pierre et il est surmonté d'un kiosque ou pavillon de repos dont les omemens sont chinois. Le pont de semblable architecture , fig. 3, porte un kiosque plus léger. Toute» les parties de celui-ci peuvent être en bois et les détails exécutés en zinc.

Mcdsona et maieormetteâ rustiques*

Moins importantes que les constructions dont nous venons de parler, elles ne laissent pas cependant déjouer un grand rôle dans l'ornement des jardins, parce que 9 plus économiques, elles peuvent être multipliées, et augmenter ainsi l'effet de plusieurs tableaux dan» la même composition, outre quelles peuvent aussi s'utiliser en servant de logement à des gardes-chasses^ à des bergers^ etc.

Tous les travaux pour la présente éditioskde ce Traité DES Jardins ont été faits dans la petite maison de la pi. 6g, fig. 1, et dans le cabinet de travail pi. 54» fig* i6. Cette petite maison est ornée d'une pergole et a quelque chose du caractère des maisons suisses. Le dessinateur a donné beaucoup trop de saillie au toit , ce qui le fait paraître extrêmement lourd. U en est de même du cabinet fig. i6.

La maison rustique (pU 69, fig. 2), peut être Thabitation principale dans un jardin champêtre d'une grandeur médiocre; dans ce cas, son effet sera d'autant plus agréable que son architecture extérieure, d'une simplicité pittoresque, contrastera avec l'élégance et le bon goût de sa distribution et de ses décorations intérieures. Mais, dans un jardin paysager d'uue grande étendue et renfermant des scènes de plusieurs genres , elle deviendra fabrique et servira de logement à des cultivateurs ; alors sa construction^ sans cesser d'être pittoresque, deviendra plus simple encore pour se trouver mieux en convenance avec son but d'utilité et avec la scène champêtre dont elle sera le principal sujet*

L'habitation rustique, fig. 1, pi. 70, d'une simplicité pittoresque , sera placée à mi-côte dans une situation agreste.

La jolie maisonnette, fig. 4> pU 72^ sera heureusement placée au bord d'une rivière ou d'un chemin.

Au bout d'une petite presqu'île, s'avançant d'une manière pittoresque au milieu des eaux d'un lac ou d'une rivière, on aime à rencontrer la maison du pêcheur^ pi. 7 1 , 6g. 4y dans laquelle sont déposés les filets que l'on va prendre pour saisir dans les ondes transparentes le vorace brochet ou la carpe aux écailles bronzées. Une frêle embarcation est attachée à un des piliers sur lesquels la maison est élevée pour préserver ses habitans d'une inondation perfide.

La maison champêtre, fig. 2, peut servir de logement à un petit cultivateur, à un garde, et servir de l'une des eulrées d'un domaine.

A l'extrémité d'un parc ou d'une forêt, près d'un ruisseau qui jaillit de roche en roche et descend d'une montagne couverte de sapins, on bâtira la maison du garde chargé d'épier et de surprendre le braconier au moment où, d une main dévastatrice^ il va donner la mort à la perdrix entourée de sa nombreuse et naissante couvée. Une partie des pavillons d'habitation que nous allons citer sont propres à des logemens de gardes.

La maison du jardinier prendra le caractère du genre auquel elle appartiendra. Si le jardin est champêtre, elle pourra faire partie de l'habitation du fermier; dans une autre scène, elle se trouvera placée à l'entrée de la propriété, pi. 79, fig. 1 ; si le caractère de la composition est rustique, elle en prendra la physionomie, fig. 2, et pi. 72, fig. 3. Placée sur une élévation, à lenlrée d'un bosquet, elle formera point de vue. Dans le cas où l'on voudrait augmenter son effet pittoresque, on pourrait lui donner une forme de pavillon rustique, fig. i et 2, indiquant dans ses proportions les commencemens grossiers d'une architecture régulière et susceptible de se perfectionner avec le temps.

Les chaumières sont un des oruemens les plus agréables et les plus généralement employés dans les jardins paysagers^ oii elles doivent se placer dans leurs strictes convenances, sous peine de ne produire qu'un effet mesquin, annonçant le mauvais goût de l'artiste. On les utilise, soit comme habitation lorsqu'elles sont assez considérables pour cela, soit comme lieu d'entrepôt pour les outils ou instrumens de jardinage ou d'agriculture. Elles peuvent avoir différens caractères et par conséquent

coDTenir k des scènes diflférentes. Les unes, d'une arcKitectnre rustique, pl« 7^, fig. 3, pi. 73, fig. 1-2-3, pi. 81, fig. 3-4, oflîrent tout ce qu'il faut pour loger une famille entière de charbonniers ou de bûcherons, habitués aux privations et au travail. On les construira dans les lieux écartés, dans les clairières, ou sur la lisière des bois. Un petit jardin potager ornera leur façade, et quelques arbres fruitiers, choisis parmi les espèces qui demandent le moins de culture , ombrageront leurs toits de chaume. Elles doivent être construites avec cette simplicité qui n'exclut pas une sorte d'élégance ; surtout il faut bien se garder de leur donner, soit à Tintérieur ou à Fextérieur , l'apparence de la misère , car il 7 a loin de cet état abrutissant à Thumble condition de ces ttres laborieux. Elle doit porter un air de gaîté et de propreté qui atteste les soins de ses habitans. D'autres chaumières, pL 80, conviennent a des sites moins sauvages et plus champêtres. On les suppose habitées par de petits cultivateurs propriétaires, fiers de conserver leur indépendance et le modeste héritage de leurs ancêtres. Les omemens dont elles sont embellies annoncent que leurs propriétaires joignent à la culture de quelques arpens de terre une industrie particulière qui les maintient au-dessus de l'indigence. Aussi leur petit jardin est-il ordinairement garni de quelques fleurs ; auprès est un veiner d'arbres fruitiers de bonne qualité^ et la vigne enlace de ses rameaux, riches des présens de Pomone, les piliers du portique, fig. i et 2, s'étend en larges rideaux de verdure contre les murs ^ encadre les fenêtres de Thabitation, fig. 5, d'une draperie frémissante. Une chaumière, fig. 4» indiquera par

quelque signe particulier qu'on y exerce une hospitalité intéressée; un toit de chaume, abritant deux bancs de bois, inviteront le voyageur fatigué à se reposer un instant*, mais ici finit l'illusion : le promeneur entre et trouve, au lieu d'un cabaret, un salon de bon goût, destiné à venir prendre le café ou des rafratchissemens né* cessaires après une longue promenade. Enfin, on peut donner aux chaumières un caractère particulier propre à nous rappeler uhe architecture et des scènes étrangères. C'est ainsi que nous avons fait dessiner, pi. 74 ^ 77> ^^ maisons suisses, et pi. 78, des chaumières russes.

D est un autre genre de fabriques d'habitation, susceptible de produire un coup d'œil très-pittoresque, mais que le bon go&t a généralement proscrit des jardins, parce qu'elles seraient presque toujours d'imitation , nous voulons parler des ruines habitées.

Lies ruines peuvent ajouter beaucoup au caractère d'une scène solitaire, mais il faut qu'elles soient motivées avec une grande vraisemblance, et c'est assez ordinairement là qu'ont échoué les architectes de jardins. Sur le sommet d'une roche sauvage escarpée , on aimera voir les ruines d'un château féodal. Des tours à créneaux dont les pierres sont minées par les ronces et les mousses parasites, nous rappelleront ces temps de barbarie où un seigneur châtelain, l'effroi des contrées environnantes , faisait de son manoir une forteresse toujours prête à protéger ses brutales exactions ou sa rébellion. Lorsque la lune éclairera de ses pâles rayons ces remparts écroulés par le temps, ravagés par les révolutions, les pas mesurés de la sentinelle sembleront résonner à vos oreilles, et l'œil

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étonniS elierclicrft à dëcf^invîr dans Tombre le fanlAfoe myatéïïienx que les romaockrs font apparaître aoua les vottles souterraines. Il n'est pas rare de rencontrer dans nos campagnes les restes d'un Tiem couvent gothique, ou de quelqu'autre monument religieux; c'est alors que l'art s'en emparera pour les restaurer adroitement, et les encadrera dans une scène aaâanoolique : Timagination, jugeant de ce qvi a été par ce qui est, ira an-delà même de la réalité, fera re?i?re un édifice capable d'inspirer des émotions vives et des aonvenirs pleins d'intérêt* En un mot, nous conseiUoas de tirer parti des ruines qu'un hasard heureux anrait mises à la dsposition d'un proprié^ taire; mais nous n'engagerons jamais à en construire, et nous n'en donnons aucun modèle.

Maisons suisses*

Parmi les fabriques d'habitation y on doit placer au premier rang la maison suisse, contruite en bois , et que nous pourrions appeler la maison de montagnes» Celleci placée à mi-c6te, ou sur une éminence^ à l'extrémité ou finit l'arête d^un coteau , produit l'effet le plus pittoresque. Si elle est imitée fidèlement, elle causera la plus Tive émotion au rojageur qui a joui du bonheur de parcourir la Suisse, ce pays où la nature est si grande que l'on pourrait dire qu'elle est au-dessus d'elle-même. Elle fournira au propriétaire l'occasion d'employer utilement des sapins, peupliers, hêtres, ou autres bois droits , en construisant une habitatÎMi avec peu de dépense.

Les maisons du canton de Berne sont les plus connues.

et ont été h plus souvent imitées, mais rarement avec exactitude; ce sont celles qui plaisent davantage parmi celles de la Suisse, parce qu'il j a de la variété dans leur stmctmre, et ime certaine grâce dans leur aspect. Noos en avons fait dessiner plusieurs d'après nature , et nons allons donner leur description et lâcher défaire compreivdre l'extrême simplicité de leur construction.

Les montagnes, comme les vallées de la Suisse, étaat tous les hivers couvertes d'une épaisseur plus ou moins forte de neige , on s'est vu forcé de construire en maçounerie les murs du rez-de-chaussée. L'intérieur de ce rezde-chaussée sert à loger les bestiaux , et ordinairement la partie postérieure de la maison, construite en barres de bois et à jour, sert de grange à foin. La bâtisse en bois est donc posée sur cette maçonnerie en A , fig. i , pi. 74* Dans tout le reste, il n'entre absolument que du bois, k l'exception des pentures, des gonds et serrures. Peur fixer les tenons dans les mortaises ou dans les coulisses y on emploie des chevilles de bois*

Les murs se construisent en madriers de trois à quatre pouces d'épaisseur, assemblés, comme on le voit fig. 3, par des coches ou entailles H. Ce sont les extrémités de ces madriers qui sortent comme on voit en B, et qui pré* sente des sailKes aux angles ou aux extrémités des cloisons B D 9 que Ton peut sculpter sur difierens dessins. On les emploie plus longues sous les galeries ou sons les toits qiiMles soutiennent , et où on leur donne la forme de goussets C. On voit qne les cloisons sont tenues aux extrémités par le même moyen qu'an angles de la mai** son* Si une porte interrompt la continuation des ma-

diievi j cen-€Î s'asMinbleut par Iran tenoas E dans des caiémeB G du moutaot des portes , oà ik sont retenus pr des chevilles de bois , si on le juge nécessaire.

La couverture > selon la méthode bernoise, se compose de planchettes de deux pieds ûe long ^ de six pouces de large, imbriquées de manière qu^il j en a toujours cinq ou «x épaisaeara à la fois povr garantir du froid. Elles sont setoMies «u«dessas par des Irarres fixées a^ec àeè chevilles im» tes <^evrons , et encore par des pierres posées sur <lei iMmes, pour qne le tont réside an f ent, {f^oyez pi. 74 f fig. 4 9 ^0 M**^ ^fMe méthode, très économique pour des gens à qui le bois co&le si pen, est viciense, et ks prapriiélaiics au peu aiaés emptoient k tnile, en de higes ardoises très épaisses qni sont i leur disposition. H sera facile, â qni le voudra , deéaire an toit en planches oatn ardoises s'il en a; cependant nous préfâ^rions les tuiles recourbées, si on jngeqne k cottstrvclion puisse tnpporler lear poids, car ce toit est , comme on le voit, Ml avanoé.

Ce qui donne un caractère paiticitlier anx maisons kmoises, ce sont les galeries^ ou pluldt les balcons en kit dont on les entoure et qui en font romement , surtout quand ils sont garnis de vases de fleurs. Ces balcons protègent la partie inférieure de k maison , comme le Mt avancé protège U partie supérieure ; ils donnent le *K»]fien de f4acer différens nstensiles, d'étendre du linge , ^ de prendre l'air sans mettre les pieds dans la neige ou ^^ k terK humide. On peut en varier le dessin , dont *QH doMDOBs , pi, 74> %• ^9 >SA niodèk d'une exécution knfe.

Une maison à peu près semblable à celle que nous venons de décrire est gravée pi. 75, fig. i. A celle-ci nous avons joint une coupe et le plan du premier étage. Gomme on le voit, ou monte par deux escaliers extérieurs à deux logemens séparés où on entre par les galeries D. On voit sur le devant deux chambres â coucher A^ deux pièces i cheminées B pouvant servir de cuisines, et des escaliers G pour le deuxième étage. Nous avons substitué ici les chemint^s en maçonnerie aux poêles en pierre de k Suisse.

Une autre maison avec pkn et coupe est figurée pi. 7 5, fig. 2. L'escalier de celle-ci forme perron, et off arrive dans les logemens par un couloir E, qui conduit à une pièce commune F où se trouvent des escaliers pour l'étage supérieur. Deux pièces sur k derrière peuvent servir à tel usage que Von voudra , ou en une seule pour grange. On y monterait par un escalier ajouté au dehors^ ou qui partirait du rez-de-chaussée intérieur.

On comprendra que Ton peut modifier ces plans comme on voudra , et faire la maison beaucoup plus petite en ne construisant qu'une chambre en profondeur ; mais il est toujours essentiel que le plan de la maison , pour produire un meilleur eBèt, soit plus long que large. Nous avons dû entrer, pour ce genre de construction , dans des détails circonstanciés , parce qu'il est peu connu, et qu'aucun ouvrage n'en a fait mention.

Nous avons figuré, pi. 74» ^S* 4) ^9 d'autres maisons bernoises ; le n* 4 représente la maison de bains de AosefdnuL La partie à droite est une belle salle ji manger dont le très grand vitrage pennet de jouir k ^us complètement possible de la vue du pap.

Celle fig» 5 représente une maison de paysan au Haliaherg. L'extérieur de chacune de ces deux habitations présente des différences avec celles que nous avons décrites ci-dessus.

Toutes ces constructions en bois de sapin durent plusieurs siècles, même dans les vallées humides de la Suisse. On n'y ajoute aucune peinture, ni k l'extérieur ni à l'intérieur. Des ornemens sont sculptés en bois sur la façade , où l'on inscrit aussi des versets tirés des psaumes.

Une maison vraiment magnifique est celle de la planche 76»qui a été dessinée dans le Oberhasii.

La planche j'j représente l'intérieur d'une de ces maisons et son ameublement rustique.

La planche 78 , fig. i, 3, donne l'esquisse du pavillon dit chaumière russe ^ à Tusage du roi dans le parc du Raincy. Les dehors sont revêtus de bois en grume composé de rondins entiers. Le n^s, d'une architecture sem-' blable, est revêtu en planches comme les maisons suisses.

3. Pavillon du parc de Muskau. Il sert à loger les faisans 9 mais il conviendrait à plusieurs genres d'habitations.

4. Intérieur d'un chalet suisse dans la Vengenalp, où l'éditeur du présent ouvrage a reçu une nuit l'hospitalité. Ce chalet , que les neiges ne permettent d'habiter seulement que 4 niois de l'année, est composé de la pièce que l'on voit, d'une autre pièce où l'on fait les fromages, d'un grenier pour coucher sur le foin et d'une étable pour recevoir les bestiaux dans les temps de pluie , car, malgré sa position aérienne à 6000 pieds au-dessus du niveau de la mer , et la fraîcheur de l'air ^ les animaux y passent la

nuit en plein air, â une petite distance de la Yungfrau qui de moment en moment fait retentir l'air du tonnerre de ses avalanches.

Habitations chiru)is€s et jardins •

L'architecture chinoise, légère, déliée, élancée , se ma. rie volontiers à l'effet des arbres dans les jardins ; aussi, depuis un siècle , y a-t-on introduit les pavillons chinois avec une telle profusion qu'il est arrivé un moment où l'on en était rassasié au point de ne plus les souffrir, et de supprimer les curiosités chinoises même dans les appartemens. Cependant les chinoiseries ont repris faveur dans les dernières années, et les magots j achetés à grands frais, ont été réintégrés sur les cheminées des petites maîtresses.

Quoi qu'il en soit de la réintégration du genre chinois, ce n'est qu'avec un goût bien entendu, avec le sentiment de l'harmonie que l'on peut s'aventurer i admettre ce style. Il est tellement hétérogène à nos contrées qu'il ne peut former scène dans nos compositions, i moins d'être isolé de tout autre tableau ^ c'est ainsi que dans un jardin cosmopolite, on ne rencontrera un paysage chinois qu'après avoir traversé un désert ou bien un bois planté d'arbres étrangers , en sorte que les yeux ne seront pas frappés trop brusquement par deux scènes qui, placées près l'une de l'autre , présenteraient une trop grande anomalie; alors arrivé sur le sol du jaune empire, vous accepterez avec reconnaissance des fruits étrangers à vos habitudes, comme tout ce qui vous entoure. Si au milieu d'une plaine élevée dont les environs sont boisés , s'élève

nn to, cette fabrique sera placée là comme obserpoioire, et il devra s'y montrer sans accessoires de style européen.

La construction des maisons et pavillons chinois est tris détaillée ; elle exigerait des gravures nombreuses que ne comporteraient pas les bornes de ce traité , et que l'on devra aller chercher dans les bibliothèques publiques où se trouvent une foule d'ouvrages sur ce genre de constructions. Il doit suffire ici de Tesquisse d'une ou deux maisons vues à rextérieur, et d*un intérieur pour donner ridée de sa forme el de son ameublement.

En Chine, à Texception des maisons de pauvres , une habitation se compose d'une grande enceinte formée par un mur appelé mur de respect* Cette espèce d'enclos renferme y non pas comme chez nous une grande maison et un jardin , mais des bâtimens qui ont chacun leur destination particulière 9 à peu près comme dans le hameau orné que nous avons décrit page 83.

Souvent même, dans les résidences de campagpe, ces

quant au lac, de massifs d'arbres et de plantes d'agrément avec des allées pour la promenade : jardin paysager en miniature où la fraîche verdure et les arbrisseaux fleuris forment un tableau naturel dont Thomme sait jouir et que son imagination agrandit. Dans les compositions plus vastes, les montagnes et les rochers naturels ou arti« ficiels jouent un grand rôle, ainsi que les eaux qui en sont la conséquence naturelle. Toujours sur les lacs petits ou grands, creusés par la nature ou par la main des hommes, on a construit, en manière de ponts, des galeries légères, les unes cou ver les, d'autres à découvert, d'autres encore offrant en dessous un promenoir fermé et en dessus une galerie ouverte bordée de balustrades^ ces galeries partant de la rive du lac, forment quelquefois plusieurs circuits el conduisent à un pavillon ou à un kiosque qui lui-même est construit sur l'eau; quelquefois aussi elles suivent seulement le rivage d'une partie du lac qu'elles encadrent. La promenade dans un de ces vastes

pavillons particuliers soit d'utilité, soit d'agrément , sont jardins est un voyage au milieu d'une nature pittoresque

arrangés au hasard dans le jardin paysager, car les Chinois ne connaissent pas les jardins réguliers, et si dans leurs cours on voit quelques arbres^ ils sont toujours plantés irrégulièrement; chez eux la nature a de tout temps guidé le jardiniste^ et peut-être est-ce à leur imitation que les Européens ont du le goût des jardins naturels. Âla ville même^ on trouve dans l'enceinte du mur de respect et dans le quartier le plus éloigné de l'entrée, un jardin plus ou moins grand y presque toujours composé d'un lac peuplé de poissons dorés, d'une montagne, d'un ou plusieurs kiosques, d'un pavillon principal communi-

on l'on rencontre V étang du nénuphar, la maison de ta beauté précieuse^ le pont gui intimide , la pagode de la douce rosée , le belvédère où Von entend la neige , et dans la partie élevée le /a, ornement inséparable d'une riche résidence.

Les diverses maisons ou pavillons qui composent l'habitation sont séparées par des allées de communication et par des cours ornées d'arbres et animées par des faisans, des poules deBantam et d'autres oiseaux curieux. Le plus apparent des pavillons , près de la porte d'entrée, forme une salle, espèce de temple consacré à l'idole domesti-

que, au génie de la famille , afin que les visiteors puisseot contempler Tautel et le simulacre des Lares ou Pénates , de l'inTention de Fo et de Laokiunu

La petite maison représentée fig. i, pi. 82 , est un de ces pavillons dont ikous venons de parler et qui servait de bibliolbèque. La base sur laquelle on monte par trois marcbes est en granit y les murs sont de briques bleues au couleur de plomb ayant reçu Taction d'un feu de bois dans un fourneau construit exprés, où elles n'ont pas été atteintes par la flamme qui les aurait fait rougir; les colonnes sont en bois peint en rouge et verni ainsi que la cbarpente du toit; les cbasais des croisées sont d'un jaune Tougeâtre et la porte est vert-olive avec des compartimens rouges et bleus. La toiture est en tuiles concaves liées avec du mortier d'argile.

Les maisons des pauvres sont construites en briques aéchées au soleil, et couvertes en paille.

La fig. 2 représente Tintérieur d'une salle de rœeption. Le c6té gauche est vitré avec du papier blanc , car à la Chine le verre est rare ; mais ces vitrages en papier craignent peu les injures de l'air à cause de la grande saillie des toits. Au fond est une vue de paysage et des petits tableaux de fleurs ; la boiserie est peinte de diverses couleurs. La dorure est répandue à profusion, avec la peinture vernie, dans les habitations chinoises, pour peu qu'elles soient luxueuses.

Fig. 5. Maison de mandarin à la porte de laquelle sont deux mâts avec des étendards , remplacés la nuit par des lanternes de papier ornées de peintures, La clôture qui l'entoure est le mur de respect.

Fig. 4*5,6. Kiosques chinois» On trouvera d'aatKt kiosques et pavillons de rq»os dans le style chinois, pi. 1 10, 112, ii3, 116 et ii^.

Fig. 7. Tour. Ces sortes de batimens sont , pour ainsi dire, les traits qui caractérisent la physionomie de la cob« trée. Leur nom chinois est to, et c'est improprement que les Européens les appeWenï pagodes ^ terme usité dans quelques parties de TOrient pour exprimer un temple consacré uniquement aux rites religieux. Les tas chinois sont élevés dans des occasions particulières par des vice-rois ou de riches mandarins pour satisfaire leur propre vanité. Ils sont construits en briques ; quelquefois revêtus en porcelaine, à 5, 7 ou 9 étages , toujours impairs. A chaque étage règne une galerie où l'on peut se rendre par la fenêtre servant de porte ; cette galerie est couverte d'un toit en tuiles d'une riche couleur jaune fortement vitrifiée. Â chaque angle pend une clochette que le vent fait résonner.

Cabanes pour loger les animaux.

11 est peu de maisons de campagne où l'on n'élève, soit comme pur agrément , soit comme objet d'utilité , quelques-uns des animaux domestiques si propres à jeter de la vie dans un paysage. L^artiste tirera parti de leurs habitations pour renforcer le caractère pittoresque assigné par les auteurs aux genres champêtre et rustique, ainsi qu'à la ferme ornée. Il pourra les placer comme fabriques partout où elles se trouveront en convenance, et, au moyen d'un treillage artistement entrelacé, il formera au-

ionr cie eHacune un parc dans lequel les animaux auront à parcourir un espace suffisant pour le maintien de leur santé, et pour animer la composition. Les voyant pattre on bondir autour de leurs chaumières^ le spectateur oubliera Tenceinte qui les renferme; l'effet sera le mime que s'ils étaient en liberté , et cependant les pré* cienx Tt^étaux qui enricliiront le paysage seront i Tabri ie leurs dents meurtrières. Oo entretiendra , autant que possible, la yerdure du gazon qui leur servira de prome* nade y et l'on pourra y planter des arbres pour leur fournir un ombrage salutaire pendant les ardeurs de l'été ^ mais il faudra prendre la précaution de garantir lears troncs au moyen d'épines, de planches, ou en les cou- Trant, jusqu'à la hauteur où les animaux pourraient atteindre , d'un enduit fait avec de la 6ente de vache ou de mouton délayée dans de Teau et de la terre grasse; on y ajoute une quantité suffisante de charbon eu poudre pour donner au mélange une epuleur foncée approchant de cdle de l'écorce. Cet enduit étant facilement détrempé et entraîné par les pluies, a besoin d'être souvent renou« Tdé.

Ce qui est bien préférable pour enfermer les animaux volatiles et les quadrupèdes de petite stature , c'est le grillage en fil de fer, parce qu'à une certaine distance il disparait à la vue^ et alors les captifs paraissent libres.

Les animaux ruminans habiteront des cabanes solidement construites et propres à les garantir du froid. La vache laitière se plaira dans une rotonde en chaume, pU SS, fig. I. La douce brebis et le bélier mérinos logeront dans des chaumières, fig. 3 et 3 , moins spacieuses ^ et Tâne^

aussi utile qu'injustement néprisé, sera placé dans une écurie rustique entourée d'une galerie sous laquelle il se reposera pendant les feux de l'été, pi. 81, fig. 1-3, et 85, fig. 4* Noua avons figuré, pi. 83^ 84-87 * plusieurs fabriques dont le Jardin du Roi, à Paris, nous a fourni la plupart des modèles. Elles sont propres à loger non seulement des animaux domestiques, mais encore les sauvages habitana des forêts, tels que cerfs, daims, chevreuils, etc., que Ton voudrait, par plaisir, élever sous ses yeux. Ils se plaisent parfaitement dans un enclos de quarante à cinquante pos^ et le plus grand nombre même y multiplient comme en pleine liberté. Un treillage assez léger, haut de huit pieds^ suffit pour les y renfermer avec la plus grande sûreté. Les planches 85, 86 et 87 représentent plusieurs cabanes du même genre dans lesquelles on petit également placer des oiseaux de basse-cour, poules d'Inde, paons, faisans et autres. Les oiseaux aquatiques, cygnes, oies, tadornes^ sarcelles de Virginie^ etc. , dont on peuple assez ordinairement les grandes pièces d^eau, se logent parfaitement dans ces cabanes, quand elles sont placées près du ri-vage , et dans l'endroit dont la communication de l'eau à la terre est la plus aisée , car ces animaux ont la marche lourde et difficile. Dans un bassin dont les bords sont escarpés on peut placer, pour les cygnes, une baraque en planches, dont le sol sera élevé d'un pied à dix-huit pouces au-dessus de la surface des ondes , et Ton établira , pour leur en faciliter l'entrée el la sortie, une planche inclinée depuis la porte jusque sur l'eau et ayant , de six en six pouces , des petits liteaux cloués en travers j cette précaution suffit pour les empêcher de glisser lorsqu'ils y mar-

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chent ayant les pattes mouillées. La fig. 5, pi. 83, est un pièce, dont le fond est en terrasse. Nous donnons le plan poulailler surmonté d'un pigeonnier. La fig. 6 donne une d'un de ceux qui sont plus compliqués. Dans la pièce porte rustique qui pourrait former la devanture d'une ca- d'entrée A se trouve le foyer, sans cheminée (la fumée

passe à travers le toit en bois ), pour faire les fromages. En B, une serre avec tablettes pour les ustensiles ouïes fromages. En C , nous supposons un lit , quoique les pâtres soient dans l'usage de coucher modestement sur le foin dans le grenier, comme nous l'avons fait uous-roéme dans les Alpes. En D , on peut loger des animaux. En E est une galerie où, quand il pleut , on fait entrer une vache pour la traire ^ on la fait sortir sans se retourner par l'extrémité opposée.

Des oiseaux et des volières. — Colombiers*

Les oiseaux sont l'accessoire naturel et indispensable de tous les genres de scènes ^ ces aimables hôtes, par leurs douces mœurs, leur vivacité^ leurs chants mélodieux et variés^ charment l'oreille, ou môme par leur symphonie discordante donnent la vie à l'espace. Tout en admirant un point de vue, l'oeil aimera à être distrait parle toI des coches à demi-bois , toujours en suivant le même sys- oblique et prompt de l'hirondelle 5 il se plaira à suivre i tème que dans la construction de la maison suisse. perte de vue, dans sa course perpendiculaire, l'alouette

La fig. 2 représente un chalet de la Vengenalpe : il au gazouillement si doux. Chacune des espèces d'oiseaux est construit en madriers et couvert en planchettes sur tient sa place dans un parc. Des plantations d'arbrisseaux lesquelles on pose des pierres pour que le vent ne les en- portant des fruits en baies séduisent les tribus d'oiseaux lève pas. de petite espèce et le puéril amusement d'éparpiller des

Le chalet fig. 1, pi. 88, est en bois rond. On le cou- graines de chenevis ou de la mie de pain n'est pas à dévrira avec les matériaux dont on pourra disposer. Le plus daigner. Par de semblables moyens , nombre d'oiseaux souvent cette sorte de chalet ne contient qu'une seule seront attirés vers \m bosquet converti et disposé ainsi en

bane. Les fig. des pi. 89 et go sont affectées aux mêmes usages.

Le cTidlet est une sorte de chaumière en bois usitée dans les Alpes, sur les hautes montagnes accessibles, pour servir de refuge, dans les momens de tourmente, aux animaux qui paissent à l'air quand la neige a fait place à la verdure , et retournent dans les vallées aux approches de l'hiver. Ils servent aussi à loger les pâtres et à travailler^ ainsi qu'à emmagasiner, les fromages que l'on fait avec le lait de chaque jour. Des chalets sont construits aussi

dans les vallées près des habitations pour servir de petites granges.

Beaucoup de personnes nomment improprement chalet tout ce qui a l'apparence d'une maison suisse.

Leur construction a lieu souvent avec des madriers^ comme la maison bernoise , et souvent aussi avec du bois rond et bien droit dégagé de son écorce. On assemble les angles , comme on le voit dans la fig. 3, pi. 88, au moyen

une véritable volière naturelle , république dont les liabitans seront d'autant plus charmans qu'ils seront sans entraves. U est bien entendu que le site choisi à cet effet devra être éloigné des arbres fruitiers que vos protégés insolens et sans gêne pilleraient sans égard pour TOUS. Mais pour les y conserver, pour en jouir toujours , défendez qu'aucun coup de fusil ne soit tiré près de ce lien; ordonnez, aucontraire, que par de petits soins on cherche à les fixer dans votre enclos; si vous avez à vous défaire de quelque oiseau de proie ou malfaiteur, employez la ruse et non la poudre. Bientôt un peuple ailé habitera avec vous , charmante création qui réjouira voire âme comme un brillant parterre réjouira vos regards : c'est la corneille avec son cri semblable au bruit du clairon ; c'est une nuce de moineaux francs saluant l'aurore de leur singulier ramage; ce sont le chardonneret et le rouge-gorge, la fauvette et la mésange aux chants gracieux et continus; c'est la tourterelle roucoulante et, dans

cerez votre volière à peu de distance de l'habitation; ombragée par de riants bosquets, on ne s'attachera pas à la déguiser, parce qu'elle est motivée partout , et partout agréable : seulement on la construira de la manière la plus commode aux habitudes des petits chantres ailés qu\>lle doit renfermer, et sa forme aura toute l'élégance que l'on pourra lui donner. Les volières conviennent particulièrement aux scènes gaies et gracieuses. Si on la cache dans l'épaisseur d'un bosquet , l'oreille sera frappée du chant agréable des oiseaux sans que les yeux puissent découvrir leur prison ; cette interruption du silence des bocages jetera dans l'âme une distraction douce et pleine de charme.

La gravure 4 9 pl« 90^ représente un colombier au pied duquel est une volière à douze loges pour de grands oiseaux.

PI. 9 1 , fig. 1, 3 , 3, 4> 5, 6, volières de différentes formes et grandeurs. On devra observer qu'une volière doit tou-

l'éloignement, le coucou plaintif annonçant le retour de jours être disposée de manière à se partager en plusieurs

la belle saison. Puis, le soir , c'est un chant pur, hardi | dont les notes filées avec art, enflées à propos , produisent sur vos sens une impression indicible. Quelle puissante mélodie dans un oiseau tel que le rossignol d'une si frêle organisation !

Cependant, non content d'entendre dans votre bois cette séduisante harmonie, langage des oiseaux, vous voudrez encore multiplier vos jouissances et, renfermant ces petits êtres dans une prison dorée, les avoir près de vous, leur prodiguant vos soins et vos légères caresses pour les habituer à votre présence. A cet effet, vous pla-

compartimens , afin de diviser les oiseaux dont les espèces ne peuvent vivre ensemble. Il faut aussi pouvoir entrer dans le milieu de ces divisions comme en a , fig» 7 , pour de là soigner toutes les volières.

Il nous semble plus naturel de construire des volières uniquement en grillage au milieu des arbres, deniaaière à ce que l'on ne voie que ces jolis petits habitans des airs, sans apercevoir leur prison qu'il faut dissimuler autant que possible dans le feuillage. Des cabanes cachées ou d'autres petites fabriques leur serviront d'abris.

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