GAVORONJ!«IO. Téte diadémée, à droite
^ HANGYLFVS. Croix élevée au-Hlessns dn globe terrestre, entre deux astres lumineux au-dessus desquels «lie plane; = Grax excelsa in cœlis protegit et illuminât orbem.
« Habilantibusin regione nmbr» mortis Lux orta est eis. » (Isaîe IX, 2.) Une lumière s'est âevée à ceux qui habitaient dans une région couverte des ombres de la mort, et cette lumière c'est la croix; c'est le Christ qui a chassé les ténèbres à la lumière de sa croix.
c Ecce dedi le in lumen gentium ut sis salus mea ad extremum tenœ. » (Isaïe.)
Q monde, ô terre! t Super te autem orietur Dominus et Gloria ejus in te videbitur et ambulabunt gentes in Inmine tao. 1 c Non erit tibi (in terrâ tnâ) amplius sol ad lucendum per diem, nec splendor lun» illnminabit te, sed erit tibi Dominus in lucem sempitemam et Deus tuus in gloriam toam. » (Isaïe, LX, 1, 2, 3 et 19.)
Ne dirait-on pas que la composition de ce type mérovingien ait été écrite sous la parole ardente du prophète? Ecoatez encore : c Non occidet ultra sol tuus et luna tua non minuetur, quia erit tibi Dominus in sempiternam lucem. » Votre soleil ne se couchera plus et votre lune ne soufirira plus de diminution, parce que le Seigneur est hi lumière étemelle, c Iterumlocutus est lesus eis dicens: Ego smn lux mundl qui sequitur me non ambulat in tenebris sed habebit lumen vit». » (Jean, YIII, 12.) Et lesus leur paria de nouveau, leur disant : Je suis la lumière du monde. Voilà bien les textes sacrés où ont été puisés les caractères de cette composition chrétienne, et tant d'autres que nous avons déjà vus, et que nous retrouverons encore avec d'autres formes, d'autres modalités, mais au fond toujours les mêmes.
212 DK LA COMPOSITION
48, 49 et 54). Nous avons, à dessein, réuni ces trois numéros parce qu'ils présentent tous les trois le mî^me type central modifié toiiterois par des attributs qui demandent à être expliqués. Tous les trois présentent à l^avers un buste diadémé. Mais la légende diffère.
Le iMS I pMr l%edc» uUwr èt la lAe «adU, YVIGOŒDVS. Le n« 49 a pour légende ^ ÂRVERNO.
Le n« 50 a pour légende ARVERNOFIT.
hi du iv i8. BEHTOALDO. Eu marque centrale : AR liés. Audessous : un signe à déterminer. — Emission secondaire.
^ du n" 50. i:01)U;i..Vs MONE. En marque centrale : AR non liés mais couverts d'un abréviatit horizontal. An dessous est aussi un signe à dcierminer. — Emission pnniaire.
Quelle est la valeur de la marque centrale AR de ces deux revers?
Les deux signes placés au-dessous de ces marques sont évidemment en relation avec elles, et, par conséquent, doivent être d'nn grand secours pour en faire comprendre la valeur, comme la croix à laquelle les deux mêmes lettres AR sont unies sur le n« 49, nous donnera un utile enseignement sur la valeur de ces lettres.
Les deux signes auHlessous des lettres AR, n<» 48 et 50, sont de même nature, de même ordre. Le signe du n» 50 est d'émission primaire, celui du n« 48 est très-dégénéré; or ce signe du 50 est un Altarium, les deux ouvertures qjsCm y aperçoit indiquent où étaient déposées les saintes reliques, au-dessus desquelles devait être la partie supérieure de la table. {Voir ce que nous avons dit des autels primitifs chrétiens et delà croix, UL X,.du ehap. VII an ehap. XI, p. 12$ à 134.) G*est donc un monogramme mixte, et Tensemble de la composition nous dit : « Aifonai R^um; AdéfMi Redmpior; Adomî hedemptoris XUarium, »
Le n<> 49, au lieu de Tautel sacré, porte, en marque centrale, la croix accostée d'un A sous le croisillon gauche et d'un R monogrammatiquement formé par la croix et suspendu au croisillon droit. Les lettres AR, étant les mêmes que les lettres centrales des n<» 48 et 50, et étant en combinaison avec le signe chrétien par excellence,
DES UfSGRIPTIOnS MONÉTAIRES. 243
la croix, il en faut bien conclure que le si|,me avec Ie(}uel ces lettres sont en combinaison aux n°* 48 et 50 sont aussi des signes chrétiens. C'est ainsi que le type du n»48 affirme uotre iaterprélatioa de ces n*'* -iO et 50.
Telle est la forme du type n» 49, que la croix combinée monogniiiimatiquement avec 1 H et TA s'ouvre à deux interprétations : « Crux hedemptoris Xdoranday Xihrabilis, XdmirabUk: Cru\ AU A Redempldris ; Crii\ Xdonaï ^edernploris; \re crux iledemploris. » On ne peut, en présence de la composition que nous avons sous les yeux, méconnaître la justesse de ces interprétations, car elles sont toutes dans le môme ordre d'idées.
Comme nous avons déjà eu Toccasion de le dire, quelques numismates n'ont paru voir dans ces lettres cantonnant la croix que le le nom du pays. Noos accordons, à cet égard, toutes satisfactions. Cette entente entre aussi dans notre doctrine, encore quMl nous paraisse extraoï'diiiaire que le nom du pays étant déjà à Tavers, on le répète en marque contrale au rerers. Aussi, disons-nous que si les créateurs de ces types ont voulu redire le nom national, ils ont cei^ lainement aussi voulu combiner les lettres initiales de ce nom avec les signes du champ de la monnaie et exprimer des sentences se rattadiant aux signes et emblèmes que ces lettres accostaient. G^était un attrait de plus, un intérêt plus grand donné à ces compositions ingénieuses; c^était d*ailleurs, et nous ne saurions trop le répéter, dans les idées de ces temps. {Voir ee que nous (rknm dit au ttir» IV , eh* S, p. — Voir austi h iiîn VIÎI, p. 57 et tuw,, et patsim,)
D^ailleurs les lettres accostant ta croix ne sont pas toujours celles exprimant le nom du pays. En ce cas, nécessité est de ne voir dans ces lettres se combinant avec le symbole de la croix que Texpression d*nne sentence chrétienne, et nous en avons sous les yeux un exemple. La monnaie du n« 48 n*appatientpasà Glermont, Arvemo; donc ces lettres du champ de la monnaie, accompagnant un signe on toute figure emblématique, ont pour mission non d^exprimer un nom national, celui du pays ou de Tatelier où la monnaie a été frappée, mais de former une sentence en se combinant avec le signe, symbole ou emblème gravé comme elles dans le champ de la monnaie.
51. Légende iHisible. Nous avons donné cette monnaie à cause du
type de Tavers. Comme ce tyiie se retrouve sur quelques monnaies, nous avons cru devoir dire que nous en pensons. Nous n^afflrmons ici aucun princij^e, nous énonçons seulement notre opinion.
Nous croyons que la téte qui est représentée sur celte monnaie mérovingienne est celle de la Vierge, mère du Sauveur. Les créateurs de& types mérovingiens n'ont gravé, le plus souvent, que des létes de profil ; celles de face sont extrêmement rares et tout ù fait cxceptionnelies. La composition de celle que nous avons sous les yeux nous a toujours frappé ; elle est de face et formée de deux lettres emblématiques de la Vierge, l'M et le V symboliques : le bandeau et les cîieveiix bouclés achèvent de caractériser une figure de femme, telle que Us artistes d'alors pouvaient la reproduire. Nous ne connaissons ([u'uu autre exemplaire de forme identique. Pour nous donc, cette monnaie lunis oiVre un type de la Vierge : « Beata Viriro Maria. >' [ V(iir le tableau, >j<^ (>, figure; le i« labkau, n° 20, cl encore le 4» tableaUy el 14.)
^. Légende illisible. Dans un grenelis ou couronne de perles, croix élevée; aU'dessous lès deux lettres C Â et le trait abréviatif horizontal au-dessous de ces lettres : cCrux Ave, Grux Adoranda. i Nous avons donné Tinterprétation de ce type.
52. Sans It jiL'iide. Duste à droite, diadème, élevant de la main
droite la croix posée entre deux sphères : <* Uex in oratione, adoiaf I.-C, a dextrâ extoilens crucem siguum saiutis in
a?.leriium. »
^. Sans légende. Lien enlacé en losange entre une croix et quatre points posés en losange, et deux points à droite et à * gauche.
Cette monnaie est exclusivement chrétienne. Elle Test & Tavers et. an revers.
La figure s^enlaçant en losange est le sceptre, le lien nouveau qui doit réunir tous les peuples et tous les hqmmes; e^est le second
sceptre du i'asleur (jiii devait mener ses peuples: « Virga quaa
vocatur fiinicuius, » parce qu'elle est comme un lien entre les peuples ; mais le Pasteur rompit le lien, parce que^ses peuples n'étaient plus frères, ni fidèles à Dieu. Le Pasieur nouveau ne brisera plus le lien qu'il a lui-même formé, parce que ce lien est la croix : c Crux faniculus haereditalis me;e. »
Cette composition nous exprime donc cette sentence : « Crux funiculus iirmissimus inter genh^^ et inter homines in seculum soculi. y>
Le revers se combine admirablement dans l'ordred'idées qu'exprime lavers.
Pour l endre un compte exact de cette composition, il faut se reporter au 5'> tableau, n»* 3, 9 et 12, ainsi qu'aux textes qui y sont relatifs, tit. IX, chap. III, p. 90; chap. V, p. 100 et suiv. Voir aussi ce que nous avons dit aux pages 150 ell51.
53. Tôle diadémée, à gauche. Entre, deux croisetles : « Rex graciâ
Christi. » « Crux et omiiia. »
r!. En lettres lié(^s : AVE; croisetle au-dessous, en vedeltc. Monogramme mixte.
Or a Itt AVEN = Avignon. On peut y lireaus8i AYEN= Ave Harta. Nous ne faisons aiicime objection à ces lectures; seulement elles no tiennent pas compte du signe placé en vedette, la croix, qui a une valeur dominante; combinant donc le signe symbolique avec les lettres liées, nous lisons : c Grnx AVE. > Nous admettons, d'après notre doctrine, que ces lettres liées peuvent être Texprcssion du nom du pays où la monnaie a été frappée ; en «9 cas, la croisette a la même fonction que la croix centrale aniour de laquelle la ville inscrit son nom. (Fotr au titre lly chap. //, De la légende, p. 9, 9 et 10,)