‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 104 sur 224 · f FAVLTVS. Téte diadémée, à droite · texte numérisé non relu

f FAVLTVS. Téte diadémée, à droite

^. f NOVOVIGO. Groin dont la verticale est terminée par un ft à sa partie supérieure et dont le croisillon gauche est enclavé dans la lettre G.

Honogramme cruciforme mixte. Emission primaire.

Cette composition a été saisie dans son idée chrétienne, cependant elle n'a pas été comprise dans tonte son étendue. En effet, on a considéré que les deux lettres Gr et R étaient deux iitif iol» ^Ifaibiquês du qualificatif de Ghtdoia, G*est une erreur. LU iqui termine la partie supérieure de la Terticale de Ui croix forme, avec la croix, un symbole indépendant, ayant sa valeur propre : nous Pavons signalé comme une modalité du chrisme, comme un symbole extrêmement répandu et se gravant seul au centre des monnaies. {Vmr

DBS INSCRIPTIONS ttONtTAIRES. 307

len^ 19 duO'^ tableau et les textes qui y sont relatifs, p. 153.) Ce s^aibole mixte exprime doue la seutence cbrétienue : « Ciux l^edemptoris. »

Le créateur du type que nous examinons a voulu ajouiL i à la sentence premi&ne le qualificatif Ghriosa, et U Fa fait en enclavant dans la majuscule G le croisilloii gauche de Thorizontale de la croix. Il existe une Tariété de ce type qui porte au-dessous du croisillon droit 1*A, lettre finale de GhriosA, Même dans cette composition, il faut lire le type du chrisme central d*une manière indépendante. Cette composition dit donc cette sentence : c Grax Redemptoris Gloriosal > c Grux GMoiu MimU mundum. »

L*idée chrétienne qui a créé ce type était si vive, qu'elle a pénétré de sa lumière tous les numismates. Un seul Ta combattae et a voulu voir dans les lettres liées à la croix ou l*accostant Texpression du nom du pays, de Tatelier où ont été frappées toutes ces monnaies. Mais ce qu'il y a de désespérant pour cette solitairo opinion, c'est que le nom du pajs, qui serait ainsi désipé, ne.se retrouve pas.

Consolons-nous néanmoins, car nous avons pour nous dans ce débat ropinion des hommes les plus considérables dans la science, HH. de Saulcy, Chartier père, Duchalais, etc., etc. Enfin, nous avons pour nous le savant auteur d'articles fort remarquables sur la numismatique mérovingienne du Limousin, H. Hax Deloche. Si cela nous avait été permis par l'espace, nous aurions été heureux de citer une grande partie de la belle dissertation de ce dernier numismate sur la monnaie dont nous nous occupons. Ne le pouvant, nous ne saurions mieux faira que de renvoyer à la Revue numismatique, année 4858, page 58 et suivantes (i). Mais les savante numismatei que nous venons de nommer, tout en pénétrant ndée chrétienne qui a créé le type que nous venons d'analyser, n'ont point généra- ^ lisé cette idée. Ils l'ont toujours restreinte à des cas particuliers, et c'est bien regrettable, car avec leur science, s'ils s'étaient élevés au

(i) Lorsque nous écrivions ces lignes, nous ignorions qne l'ouvrage de H. Max Delocbe, sur les mérovingiennes liinou8\pes, lui eût vilu le prix de nnnùsmati^. Certes, nul prix n'a été mieux mérité.

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plan supérieur et gcuéral ties volonlés créalriL-es de la niuiii.-m.iiiijuo d(i moyen-âge, Us seraienl parvenus à des résullaus merveilleux dans 1 analyse ei rinterprutation de ces admirables types chr(i tiens. cGim miriabilia fecil. >

39. Losange sacré entouré d'une ploire ou d'une couronne perlée. {Voir le tv ,^ du J« lableau el les leœles qui y sanl ' relatifs, p. 90 et suiv,) Or. P. 1 gr. 15.

Cette monnaie a été trouvée à Lieuvillers, arrondissement de Clermoat(0is6). Lieuvillers a dû être aussi le lieu de sa fabrication. (Voir Bm. numismat, 1853, p. 348.)

40. GIOBRO VIGO. Téte diadémée, à droite; cfoisette au^^evant : € Gratia Ghrislî rex. »

i^. t RâCOLËNO H-O. Croix élevée au-dessus d'un Âlpha ou grand A monogranunatique, accostée de deux sphères rayonnantes; on aoMetnne étoile jetant leurs rayons aux cpiatre vents du ciel = AVE erux kd/ormuâ», cmx Admtra^tf»» Add** fodiKs, Lumra Orbis unîversi.

Le nom du monétaire a été lu UACOLENOMO. C'est une erreur. Le nom du monétaire esl ILVCOLENO. L'M, uni par un trait à l'O filial, forme le qualificatif MonetariO. Le trait horizontal qui sépare les lettres initiale et finale est un abréviatif suppléant toutes les lettres médiales. Il a ici la même valeur que s'il était posé au-dessus des deux lettres MO.

Observation sur la lecture du nom des monétaires.

Nous devons présenter ici une remarque qui, croyons-nous, n'a point été faite sur la lecture des noms des monélaires. Ces officiers des monnaies ont deux manièi'es d'écrire leurs noms. Les uns Tout écrit au nominatif: « DRVCTOALDVS MOnetarivs.» tBKNJSARDVS M. N. GEXOVFVS MONE TARIVS, » etc., etc.

Les autres l'ont écrit à 1 ablatif : « AÏDVLFO M. » « THEODOLENO M. RV1»VI.K0 MONETAn'o, ou plus simplement quelquefois le nom du mouclaire à l'ablatif sans qualificatif. L'ablatif absolu est plus

expressif. Il semble emporter Tidée d*une fonction considérable conférée par le prince, et ne doit pas se traduire comme le simple nominatif, Druetuiàdwt monétaire. Avec l'ablatif, il parait que l'on doit traduire : Dmetttatdns étant monétaire. Voilà les deux formes principales sous lesifueUes on trouve le nom des monétaires.

41. lUMNI. Buste diadémé, à droite; au-devant : une croisette;' < Gratiâ Gbristi. i

% En marque centrale : la croix ancrée; Gmx anchora salutis. Âu pied de la croix, M sont unies et sont liées entre elles les trois lettres AVE. L'ensemble de la composition nous dit donc : c AVE Gmx anchora salutis. »

On a voulu voir dans l'inscription, au pied de la croix, VE qui, dans ce cas, selon ces interprètes, serait Tinitiale syllabiqne de VENETVS = Vannes. Quelle étrangeté! Le nom national, celui de l'atelier monétaire est à l'avers : NAMNI, et on veut y mettre un second nom de pays. Cette interprétation serait graphiquement mauvaise, puisqu'il y aurait une lettre de plus que le V. Alors on a proposé' de voir NE, mais sans pouvoir attacher aucun sens à ce monosyllabe. Voilà dans quelle perplexité insoluble on tombe lorsque Ton est engagé dans une fausse voie!

Les lettres liées à la croix et engendrées par elle dans cet emblème, ne peuvent qu'exprimer une sentence chrétienne se rattachant au symbole avec lequel elles sont en union directe. Elles disent donc bien « AVE Crux anchora salutis. » C'est un principe qu'il faut retenir, que les lettres qui sont liées à un signe chrétien étant en relation étroite avec l;ii, forment nécessairemenl avec ce signe l'expression d'une sentence chrétienne.

4â. Croix ancrée posée entre quatre points cardinaux et accostée d'une forme sphérique et d'un A =. Crux ubique anchora salutis, Adaranda in Et&mwn.

^. Croix des bras de laquelle émergent quatre S cantonnés de points trinitaires.

Monogramme mixte, cruciforme.

Nous devons décomposer avec soin cet emblème. Apprécions d'abord les lettres symboliques ijui le forment :

Initiale verticale de lesus d'où émerge un S emblématique =^Iesas Salvator.

Initiale horizontale de lesus d'où émerge un S emblématique =: lesus Salvator. Ensemble : « lesos^hristus Salvalor, » deux fois

répété.

Apprécions maintenant Pemblème. Il est formé de trois éléments : 1" la croix, crux; ^" I S emblématique sortant de la croix ~ A cnice salus. A lesu-Chrislo salas.

Enfin, l'emblème a pour troisième ('It'menl trois points Irinitaires posés aux quatre points cardinaux, qui forment un emblème d'ubiquité et de puissance. Ensemble : < A cruce nbique omnipotente salus. » {Voir n»« 5, 9 el 10 é% 4* tableau; n"* f f et 17 du ,7°, el «<> / du 6*« tableau, ainsi que les texlea qui y smii n lniifs, til. Vlll, ch. VI et IX, §§ 1 et 2, p. C4, 76 et suiv.; tit. IX, ch. VL i 3, p. 107; ch. IX, p. lU et suiv.; tit. X, ch. II, § 3, p. 122.)

43. Double croix sï'levanl aii-ile>sns de doux sphri es, dont la pre-

mière horizontaîc esi ijoiencée ci coupe une forme sphérique. cl dont la st'coude huiizoulale est atteinte de deux itoiiiles de ( lou Crux transit orbes : super illos omnipolcns rcguat in aeleruuiii crux lesu-Christi crucilixi.

La forme sphérique, qui est élev^ et au centre de la croix, est ^ ici un emblème de réternité. {Voir, pour se rendre compte de chacun des éléments de cette composiition^ les 9y 11 y 12 du 5« tableau : le n« // du 4"; le »« 14 du et les textes qui y sont relatifs^ tit. IX, ch. V, g 3, p. 102, 5 et G, p. 104 et 105; Ut. VIII, ch. X, p. 77 et suiv.; tit. X, ch. XIV, p. 13d et suiv.)

44. Dans la marque centrale de cette monnaie. Oini'jjn surmonté

d'une croix, soutenanl deuxsphèies ù ses deux exlri'niitr.s et enclavant TAlplia. C'est une modalilt' de la senlence: «Crux Alpiia et Oni''tja. )i Les deux petites sphrie'^ (|ni terminent rOméga ajoutent, comme on le voit, une idée nouvelle à la

DES INSCRIPTIONS inOMÉTAIRES. 211

sMitence : « Grax A]ptaa et Oméga ¥Lmdi. » Au centre, un point final.

45 et Voir à la iiii de la période de l'anarchie monétaire méro-

viiigienne.

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