‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 114 sur 224 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

lesus^rist avait établi Pierre, le chef visible de son Eglise, et Pierre vint évangéliser^Rome païenne, et il y reçut la couronne du martyre. Il conquit et acheta de sa vie l'empire de celte cité qui sera la tête du monde catholique, c caput mundi; i c eam sanguine suo acquisivit, » comme le Christ avait acquis de son sang son E|^ise et tons les peuples de la terre, « quos sanguine suo acquisivit. »

Mais l'Eglise, dont le chef des Apôtres était la première pierre, n'était pas encore édifiée; elle devait s'élever, se fortifier, s'étendre

DES INSGR1PTI0KS MONÉTAIRES. «37

et embrasser le monde. Kllc s rlcva donc el s'étenUU par la douce parole et les vertus de TEvangile de I.-C.

Et les empires et les royaumes que l'cpée avait faits périssaient tous par Pépée, et il en eût ét«; ainsi jusqu'à la consommation des siècles, si la religion du Dieu micifif^, si h divine institution de son Eglise n'était veniif rimenter les pouvoirs de l;i iri re ;ivnc les vertus évangéliques. Le christiani'^me seul consolida et forlilia les puissances humaines, et inscnsiblemeiiL développa eu leur sein uue civilisatiou désormais impérissable. p

Aussi, cette immortelle institutioD de TEglise. et de son chef tîsible, ne pouvait être livrée aux passions violentes des peuples et des puissants de ce monde, faisant leur Jouet des souverains pontifes, élevant ou renversant à leur gré les vicaires de I.-G. , jetant le trouble et la perturbation au sein du monde chrétien, effrayant les consciences, agitant la doctrine sainte et immuable, et ébranlant la religion jusqu'en ses fondements. Il fallait donc que l'Eglise fût élevée au-dessus des tourmentes révolutionnaires, au-dessus des ambitions des peuples et des rois; et Dieu veillant toujours sur elle, elle fut faite vivante : » Facfa est in animam viventam, » afin qu'à son tour elle donoÂt au monde le souffle de vie.

Tels étaient cependant les périls des successeurs des apôtres au milieu des grandes commotions des peuples, dans la dernière moitié du VUKsiècle, lorsque Dieu suscita deux de ces grands missionnaires armés, s'élevant sur les grandes routes des nations à de certains intervalles, comme un signe de Dieu et comme une éclatante manifestation de sa volonté souveraine.

Ces deux sublimes ouvriers forent Pépin et Gharlemagne.

Pépin comprenait que la papauté était sur cette terre le plus grand pouvoir moral, puisqu^il descendait du ciel c a Deo. > Il comprenait que la cause de PEglise était celle de la civilisation, et partout il la servit avec intelligence et courage. Â deux reprises, il passa les Alpes, vainquit les Lombards, délivra le territoire de PEglise et le restitua à saint Pierre, augmenté des vingt cités de TExarchat et de la Pentapole, dont les defe, portées à Rome par le représentant de

Pépin, tui eni solciiiuilemcni déposées avoc Tactn authentique de sa douation sur le tombeau du Prince des Apôtres (1).

(1) Il esf int^re>sant donner ici un exlrail du traité de Ouiercy, resté incounu à nos liistoriuus fraoyais juiqu'oii l'année 18G7 : '

< Pactum, sivc promissio facta pcr Pipinum Patritiam Stephano secando ponUfici.

> In nomine DowiDi ab IncarnaliDiie D. N. Jesu Christi anno. . . qui cam Paire et Spiritu Sancto régnât Dens, ante et in fîitura smcula. Amen.

> Pipinus... Interhaec jam prafatus domînus et benignissimns Papa adeo ager &ctni est, ut pene oomes de vita illius camaliter diltderemus ; sed

superna lar^iente gralia, dum omiies desperati pene astaremus, ictu oculi polissiinc, nimium se convaluit; cœpitque nos illico cxoraro, ut ia nomine Domini per intercessionein Uculissimi Pétri, nndaciter conlia Aistulphum Loiit^oliaidoruinque gonlL'in insurgerenius oli tiiiiii>noin Saiicia! Rouiaua* Ecclesiaj suorumque oinnium. llis et cœteris exhorlati piu'cipimus, ut ex regnis nobis a Doinino subdilis, comités, tribuni, et duces ac marchiooes post octavas Paschœ nostne adessent pnesoititt, cum quibus de talibtts inire debuissemns censiliiini. CSamt^ue jussum nostruoi fuerit impletom et onmee eadem die coram nobis astarent, statuimus cum eonsenso et damore omnluin, ut tertio kalendas H igarum in Christi nomine hoslilitalem Longobardicam adissemus, sub hoc quod pro pactionis todere per quod policennwr et spou* demus tibi Bealissimo Petro clavigero regni ««destis et principi Apostolorum, et pro te haie almo Vicario tuo Stephano ^regioque Papie Summoque Pon« tifici, ejusquf» omnihus siiccMsoribus usqup in fîncm iiascub', per consensum f»t volunlalem omnium episcoporuui, alibalurii, ducum, com'itum Framoruni, quod si Doininus Deus noster pro suis, nn'rilis suisquo precibus victcres wos in gente et regmiui I,ongobard<)riiin rssr conflit uerit, oinne;? civitatcs atcfue ducata, seu castra sicquc iusimul cum Exarchatu Raveunalum uec non et omnia quœ pridem tôt imperatorum largitiane subaUtébant dilione, quod speeialiler inferius per adnolatos fines iùerit declaratnm, omnia qun intra ipsos fines Iberint uUo modo coastituta ?el reporta quse iniquisstma Longo> bardorum gente devastata» inm»a, iubstraeta ullatenm aUenata $unt, a te, tttigque Yieariis iwb omni integritate œfernaliler coneedimu$, nulle nobis nostrisque suceessoribus intra ipsas terminationespo^es^aee tetetmUt, msï solum modo ut orationifaoSf et anima» requiem profiteamur, et a vobis populoqup vostro Patritii Romanoruni vocemur. » € Nous avons ordonné, dit Pepin, à tous les comtes, tribuns, ducs et

DBS INSCRIPl'IONS MONÉTAIRES. 239

Sous cette inspiiniion d'en liant (1), « spirilu sancto inspiruti suiil Dei liomines. » l'epiii, poiirsiii\aiU son œuvre de rivilisatiori, dbnna place aux iHi'inies dans les assemblées annuelles de ses guerriers, et les évêques conlinreut les caractèi es farouches des hommes (l armes et IravailU'^rrnt à réformer les moMirs d'une sociélé encore barltare. Et ( 0 grand roi se s< ni mettait lui-même avec la plus graiule piété liliale aux prescripiioiis de TEglisr. (luî apinit au Gaulois, au Franc, an Saxon à se senlir mcmlires d'une même société.

E[ le I loi donna à Pépin et à sa pieuse femme, la reine Berlhe, la béncdicliou d'an iils dipc d'eux., el qui fui un de ces chefs de

> marquis do nos royaumes de comparaître de van l nous, après l'octave du / » Pâques, pour délibérer sur les choses susdites. Nos ordres ayant été

» remplis et tout le monde étant ea notre présence le jour susdit, nous » avons décidé,, avec le consentement et l'acclamation générale, de com-

> mencer, au nom du Christ, les hostilités contre les Lombards le 3* jour

> avant les calendes de mai (29 avril), moyennant la promesse, pacte et

> alliance, par laquelle nous prenons rengfi|;ement envers vous, bienheureux i Pierre, portier du royaume céleste, el pour vous, envers votre vénérable » Vicaire ici présent, Etienne, Pape et Souverain Pontife très-recomman- » dable et envers ses succcssenrs jiisfjn'à la fin des siècles, avec le con-

> srntomenl et la pleine volonté- iln ions les évèqut's, abbés, ducs et comtes » Fraacs, que si le Seigneur notre Dieu nous accorde lu victoire sur les

> Lombards par vob mérites et vos saiutes prières, nous vous céderouâ in-

> tégralement et à perpétailé toutes tes villes et les duchés ou châteaux » de TExerchat de Ravenne, ainsi que tous les patrimoines que tes dono' » (tons de tant d'emperewn ont offerts jadis à VEglise romaine; toutes

> les possessions dont les limites sont décrites plus loin, et que la trés-inique

> race des Lombards a àéoastém, ewvahûa et enlevées à votre pouvoir et t àvos Vicaires, Nous vous Ira céderons sans réserver aucun droit pour

> nous-mème ou nos successeurs, dans les limites de ces possessions. La ■» seule rhose que non<? demandions est que vos prières obliennonl le salut

> de notrtî iiiiif, cl (jue nous soyons appelés piilricc des Itomains par vous 1 et par voire peuple. » (Aiia.lecta jHi'tt: ponlipcti , 18G7.)

(i) C'est ainsi qu'Euenue il qualifie le dessein de Pepio dans son expédition d'Italie. 11 le dit inspiré de Dieu, c iuspiratus a Deo. »

DE LA COMPOSinOH

nations que, dans les desseins de sa miséricorde, Dieu sasdte an milieu d'elles pour les goider et les élever aux pins hautes destinées. Karle donc fut un nouvel homme de Dieu, et pendant quarantesix ans, il mit le plus grand pouvoir de la terre aux ordres de la foi, de la justice et de la science (1). 11 fut mieux qu^un conquérant, qu'un capitaine, il fat le modèle accompli dNui chef d^empire; aimant les hommes, méritant d'en être aimé, et constamment occupé à leur faire du bien et leur en ayant plus &it peut^tre qu'aucun des souverains de la terre (2).

Les Lombards avaient de nouveau envahi les Etats de PEglise; le pape Adrien I*** invoqua, comme son prédécesseur, le secours du roi fhinc — 173. — Karle répondit à l'appel du Saint-Père. Il franchit les Alpes, envahit la {iOmbardie et assi^ea Pavie qui devait bientôt tomber entre ses mains. Partout vamquenr, Karle résolut d'aller à Rome. Il y arriva le samedi-saint, le^ avril 774, avec une suite nombreuse composée d'évéques, d'abbés, (le ducs, de comtes qui venaient, comme lui, accomplir leurs vœux. Adrien le reconnut roi des Lombards et patrice de Rome. Karle confirma les donations «le son père, consacrant par un nouvel a de la souveraineté du SaintrPère sur Rome et sur les Etals dont eiie était la capitale, et ajoutant même à ces Etais.

Rien de touchant comme raidi» il paternel du Souverain-Pontife envers le jeune vainqueur des Lombards, et comme le confiant abandon de ce fils soumis de l'Eglise dans raffectueuse reconnaissance du Père des fldèles. Et de cette mutuelle et respectueuse confiance, de cette admirable entente, de cette elTusion de mômes sentiments ressort toute la valeur, toute l'étendue des deux grands actes que nous venons de rappeler.

Entourée d'ennemis ambitieux et pnissants convoitant avec ardeur la possession de Home, et au milieu de cet ébranlement général des peuples d'alors, que pouvait désirer TEgliset C'est qu'elle pût étendre et fortifier le christianisme, et avec lui la civiliâalion sous Tabri

(t) UzHitain.

(â) Tbiers.

d^ane main assez puissante pour écarter le péril de toute invasion. Il fallait donc que le grand prince qui maintenait le pouvoir temporel nécessaire à lUndépendance spirituelle de l'Eglise (4) le mît à rabri de tout danger, qu'acclamé suzerain de la royauté nouvelle, il en iU le sanTeurl et c'était exactement ce que voulait le SaintrPère.

Etqiloideplos énergique en foreur de la puissance temporeUe de la papauté» que ce double acte s^accomplissant simultanément : par Karle, confirmant les donations faites an Saint-Siège par son père, et à nouveau consacrant la possession réelle des pa^s dont la royauté directe était au pape; et en même temps, an même moment,, par le Saint-Père reconnaissant cette protectrice suzeraineté qui n'enlevait rien à Pindépeodance du Saint-Siège; échange précieux d'autorité, de pouvoirs s'appuyant Pun à Pautre, se soutenant, se coDjugant dans un ensemble indestructible. Puissance temporeUe

(1) L'iodépeiidaDce spirituelle de l'Egliâe? Les adversaires du pouvoir temporel formuleiii leur théorie en deui mots : Tout le spirituel à r£g1ise, et tont le temporel aux puissants de la terre, Mats n'est-U pas évident que cette division absolue est une pure abstraction complètement inapplicable, de toute impossibilité? L*étre humain est formé d'une ftme et d'un corps; il est destiné à vivre en société; or la société civile n'oflirirait qu'un étemel bonleTersement, qu'une succession de crimes, qu'un abtme de barbarie, si elle ne s'appuyait pas sur le moral dë l'hoomie, et la société religieuse serait l'invisible, l'impossible, serait une chimère insaisissable, si elle n'avait pas pour l'êU e humain (àmc et corps) une organisation sensible se révélant par des forces extérieures. De là la puissance morale s'appuyant sur la puissance matérielle qui concourt ainsi à son indépendance spiriluelle, à la conservation de celle vie dont I.-C. u aniuié sou Eglii>e, comme la lormaLion et la puissance des organes concourent dans l'homme à la conservation du souffle de vie dont Dieu l'a- pénétré.

L'Eglise est Ttaa» dn nMNide ; le pouvoir temporel qni la sert une de ses forces extérieures, l'un de ses agents externes, l'on de ses organes A rûde desquels elle manifeste son action. Le pouvoir temporel est à l'Eglise ' ce que le corps est à l'âme. Par la force et la nature même des choses, en vertu des lots qui gouvernent l*<wdre pbynque et l'ordre moral, il y a indissolobililé de droit entre ces deux parties constitudves du même être.

DB LA GOMPOSITIOX

étayée sur le bras droit diin grand ûc la terre, sublime ouvrier inspiré de Dieu; et puissance morale, religieuse, chrétienne, élayani l'œuvre liumaine accomplie par l'épée du conquérant! Ainsi l'on peut dire que. devançant les temps, le Saint-Père Adrien I•^ par une inspiration d'en haut, reconnaissait Charles comme le chef prédestiné d'un nouvel empire. Et cette prophétique vision d'Adrien s'accomplissait vingt-cinq ans après, sous Léon Ilî. « Aux fêtes de Noël de l'an 8(H), le roi Charles étant entré dans la basilique de Saint-Pierre, pour la messe solennelle de ce jour, et s'étanl incliné devant l'autel pour prier, le pape Léon lui posa une couronne sur In téle et tous les [{omains crièrent par trois fois : A Charles, Irèspieux, Auguste, couronné de Dieu, grand et pacitique empereur des Romains, vie et victoire! « Carolo piissimo Augusto, a Deo coronato, magno et pacifico imperatori Romanorum, vila et Victoria î » Charles fut ainsi institué empereur des Romains et le pontife l'oignit de Thude sainte.

Le Franc Karle se releva Cliai lemagne empereur 1 Empereur des Romains, empereur de l'Occident parle désir et la volonté de Léon 111, car lui, le roi Franc, ne l'avait point demandé, encore moins recherché. Et on peut dire que Tovation dont il fut l'objet le surprit sans le réjouir; aussi dit-il que, s'il eût prévu ces acclamations, cette ovation à laquelle il ne put sesoustraire, il n'eût point, ce jour, entré dans la basilique de Saint-Pierre.

C'est à cette date de la lin du Vni« et du commencement du IX« siècle que nous plaçons l'émission des monnaies que nous devons apprécier.

Nous rivons dû entrer dans les détails historiques qui précédents |):irce que, comme nous l'avons déjà dit dans l'exposé de notre doctrine, page 11, pour apprécier une composition mono^i uiimatique, symbolique ou emblématique, il faut absolumeul se placer dam le courant d'idées sous l'influence desquelles rœutre monétaire s'est arromplie.

Connaissant donc l'esprit religieux, chrétien, qui animait Charlemagne; connaissant ses sentiments de piété fdiale envers le Saint- Père» de dévoûment entier au Saint-Siège, apprécions l'œuvre mo-

DES INSCRIPTIONS N0N£TAIRB.$ ^3

nétaiie du grand empereur qui devait rendre témoignage de ses

sentiments el de sa foi.

Et tout d'abord, que dit Leblanc du langage que parlent ces monnaies? « Je ne scuy ce que peuvent signtlier les monogrammes qui sont sur les revers. « (Traité hisiorique des monuaii's de France, p. 93.) Ainsi donc, pour ét<ihlir que Ch.irlemagnc, toul en donnant au Saint-Siège le territoire qui devait constituer les Etats du Saint- Père, s'était réservé la souveraineté de ces Etats, il s'appuie sur une œuvre mont'taire dont il déclare lui-même ne pas comprendre les inscripUuns centrales. Et cependant, ce qif d y a de i'ius fort en faveur de son opinion, c'est cette œuvre nioiiûtaire : « Je ne fatiguerai » pas le lecteur par un plus grand nombre de témoigna ge?^, quoique » j'en puisse produire encore d'autres qui juslifienl la souveraineté » de nos princes dans Rome, je me contculerai d'ajouter à ce que » je viens de rapporter d'autres preuves qui, à mon avis, ont été in- » connues jusqu'à présent, et qui sont, sans doute, les aryuuunts les » plus forts (juon puisse rapporter de ht souveraineté que nos rois ont » eue dans Rome, ce sont les pièces de monnaies suivantes frappées » dans cette ville, (Dissertation historique,, p. 72.)

Que révèle donc décidément cette œuvre monétaire éclose sous l'inspiration des sentiments qui animaient Charlemagne et le Saint- Père, et devant cette effusion en une même âme de l'empereur et de l'Eglise?

Charlemagne frappe une première monnaie. Que dit-elle? Lisons. N» 77, pl. II :

77. GAROLVS IHP liés. En monogramme cruciforme : ROKA^RO, ligne horizontale; HA, ligne verticale.

Rendons-nous compte de cette composition. La légende dit le nom de Pempereur qui a créé les inscriptions qne porte la monnaie; par consécpient Fempereiur, par son nom, affirme ces inscriptions qui vont être une révélation et un témoignage de ses sentiments. La première inscription centrale c'est ROMA; mais ce n'est que le pre- ' mier nom de la sentence à trouver, le premier mot de Pinscription. L'avers et le revers sont dans les liens d'une étroite union. Roma

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2i4 DB hk QOHPOSITION *

n'est pas la simple dt^signaîion de l atelier oionétairo, eWo est l affirmation de la fenclion, de la uiissiou divine de la Villo r'tornollp. Et la composition de son monogramme le dit : chiu uiu de ces \eitvvs est attachée à une croix. Celle-ci en est donc la base, et nous avons enseigné toute la valeur de ceïî compositions : « Per lesum-Christum iiûiua 1 * Qu'ajoute le revers? qut^ répond-il?

Le revers est bien remarquable! 11 a aussi sa légende, et c'est la légende du ^aint^Siégc ! ! ! Ce n'est pas tel ou tel pape, lel on tel nom propre qui s'inscrit en celte légende. N'e>t-ce pas à l'Eglise, n'est-ce pas au Saint-Siège, u est-ce pas au vicaire de Jésus-Christ, n'est-ce pas aux successeurs du premier des apôtres que ces grands envoyés de Dieu, Pépin et Charlemagne, av^iait constitué le patrîmoiiMB saoré de saint Pienret Cbariemagiie va le déclarer, en passer acte sur sa monnaie. Et en oonséqnenee, il inscrit le nom de saint Bierre antonr de l^nserip|ion centrale : Smehts PHrus; ei comme si ce nom seol n'était pas une ré?élalioB snfflsanlie de sa volonté, il va la préciser 4e la manière la plas fofmjslte : qa'écpit41 alors dans PînscripUoft oentn^^ Après avoir nommé Rome à ravers, t = ROHA, = il ajoute an irevers : Snliafiiema Netffi ¥9pm. Rome, sié^e étemel de Noirs Sainl-Pèro te Papel Et l'emperenr a invoqué le nom de saint Pierre, vonbal, aeits son patronage, sous sa protection^ placer la déclaration centrale. El comme la compositien monogrammatique porte anssi avec elle son afllrmationt Sa base esi aussi la QTQh; elle dit dune < Per lesom Gtiristam 3edes Etevna Pap» Nostri. > Ainsi, par Tensemble des inscriptions de celte monnaie, Gliarlemagne, empereur, déclare que Rome qui tient sa fonction, sa mission de I.-G., est aussi, par I.-C., le siège étemel de Pîerre, le siège étemel de PEglise. — Toilà la valeur de ces inscriptions moil4ti|iT«is } tout i. Vtmre nous en tireMms les cqnséqueMes. Pouvsnivons; meift remarqooiiB la difléveiieede cempositioB de cet monnaies avec toutes celles que nona avons vues juaquMci.

Au centre de la monnaie, c'est le nom de I» ville inscrit en mQBOgramme cruciforme, el autour de ce monogramme c'est, en légende» le nom du prince. Nous ne pensons point qu'avant cette monnaie on ait jaimais vu le nom du prince entourant le nom d'un simple

atelier monétaire. Le nom du prince s'inscrivait autour de la croix, le grand symbole de la rédemption des bonunei; par cette inscription, le prince faisait un acte de foi; et le nom de Tatelier, le nom de la Tille où la monnaie était fhippée, 8%8crivait au revers. G*est donc ici une exception considérable, c*est one compositton d ritftt^nV, selon le langage du Blason.

Pourquoi; en effet, le nom de Tempereur autour d*an atelier monétaire? autour du monogramme d*Qne ville? Nous ne connaissons pas une seule monnaie de ce prince où un tel fait se soit produit.

Et cependant ici le nom de l'empereur est inscrit autour de Romet C'est que Rome est autre chose qu'un atelier monétaire, c'est que Rome est plus qu'une ville; Rome est le siège du Saint-Père, le siège du Souverain Pontife, vicaire de I.-G. Rome est la téte du monde catholique, t caput mundi; ) et ce sont toutes ces grandes choses que l'empereur affirme en inscrivant son nom autour de la ville immortelle^ sur une monnaie au revers de laquelle sont inscrits et le nom de saint Pierre, le prince des apôtres, et la déclaration relative à Rome : c S9de$ Btema Papœ wMri, >

Voilà bien l'inscription monogrammatiqne! Voilà sa valeur! Voilà bien comment la lecture en doit être f^ite. La ligne horizontale d'abord, c Sedes Etema; » la ligne verticale ensuite, Papœ Nostri, » et réunissant les deux mscriplions centrales de Tavêrs et du revers, nous avons la proclamation complète de l'empereur : c Roma Sedes Etema Papœ Nostri I » Rome! Siège étemel de Notre Saint-Père le Papel Charles étant empereur, Charles le déclarant, GAROLVS IMP.

Telle fut donc la première monnaie frappi^e par Charlemagne; mais cette œuvre ne suffisait pas à cet inspiré d'en haut. Rome devait être, pour la terre entière, le Siège éternel du Souverain- Pontife. Il voulut donc une formule répondant à la mission catholique de l'Eglise, et il frappa alors une seconde monnaie à un type nouveau. (N<* 78, pl. II.)

Voici ce second monument monétaire :

78. SANGTVS PETRVS. En marque centrale : Buste de saint Pierre portant les clefs et le sceptre pastoral couronné parla croix.

246 DE LA COMFOSITIUN

i|. «h En légende : ROHA, accostée de quatre points cardinaux. A la croisetle correspond une spbëre rayonnant à d^autres sphères, emblème de la croix illuminant tous les mondes : t Par crucem ubique Roma illuminât, t En marque centrale, s^unissant à la l<^ende Roma : t Eiema AposioHea Sedes Orbis. »

Décomposons ce monogramme. La lettre principale n^a point été saisie jusqu^ici. Nous avons vu au tableau des lettres que 1*H se mettait à la place do TE; c*en est ici un exemple. Hais il est une observation à faire. La forme H est TE grec long, VE majuscule, HTA, et c^est cettre lettre que Ton doit voir au centre de ce monogramme (i). Ceci compris, le reste se lit sans difllculté. L'ensemble de ces inscriptions, légende et marque centrale, doit ainsi se lire : € Roma Eîema ÂpostoUca Sedes Ùrbit. >

Sur cette seconde monnaie, Tempereur a voulu que Von ajoutât le qualificatif Âpa$toUea. Ainsi ces inscriptions expriment tout ce que l'Eglise enseigne d'elle-même. Elle est catholique, Sedes Ortns; elle est apostolique, le monogramme le proclame; elle «^st romotne, Pinscription légendaire le déclare et ajoute même ({ue, par la croix, Rome éclaire toutes les nations.

Mais une remarque importante nous reste encore à faire. Cette inscription « Roma Etema Apostolica Sedes Orbis » est bien le second lyiie frappé par Gharlemagne. Cet empereur, apiès avoir frappé, à l'avers, l'eCUgie de saint Pierre, n'inscrit point son nom Carolus Imp, autour de l'inscription Etema AposioHea Sedes Orbis, il y veut le dogme catholique tout entier; un nom lui parut manquer, Aoma, et alors il supprime, ou plutôt n'inscrit point son propre nom et met à la place cdui de la Ville éternelle. Ainsi ^ fat frappée cette monnaie que nous venons de voir exclusivement chrétienne, plus aucun nom politique. A l'avers, saint Pierre; au

(1) Cette forme grecqmj du TE, cette fonne II s'est coiisei vi'e daiis un grand nombre d'InscripUoDs. Nous avons trouvé une (rôs'reinarqaaltlo application de cette forme H pour E sur des monnaies de la Normandie. — Voir anz monnaies de cet ancien duché.

IHSS INSCRIPTIONS MONÉTAIRES. 347

revers, les belles inscriptions que nous venons d'analyser. Home qui, par in croix, éclaire toutes les nalionsl Rome siège apostolique, siège éternel de l'univers religieux !

Vraiment éîonnanfe souveraineté que celle qui s'^effaçait devant le successeur des apôtres, qui ne laissait régner sur ses monnaies que les insf-ripiions des dogmes de la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine 1 Chariemagne, n'acceptait la suzeraineté qu'à la demande et en faveur du Saint-Père contre des ennemis assez audarieux ou assez téméraires pour essayer quelques attentats contre le Satiii Sk lc.

Et dans la volonté de rempereur, rétalilisseraent de celte puissance papale devenait une institution ecclésiastique. î! rincorporait, il ridenlifiait à l'ordre et au régime de l'Eglise; il la faisait entrer dans rcxislence du spirituel, el de là ce triple nom : Eglise catholique, apostolique et romaine. L'établissement du siège du Souverain-Pontife à Rome, que saint Pierre a fondé par son enseignement, en évangélisant, qui! a acquis el cimenté de son sang, par son martyre, est une institution religieuse et chrétienne. L'ét-ablisscmcnl do cette puissance sur des possessions territoriales recevait un caractère spirituel des volontés formelles et puissantes qui l'affirmaient. C'était l'Eglise affranchie de tout joug, vivant de sa vie propre, se gouvernant dans une haute et sereine indépendance, portée audessus des flots tumultueux de ce monde, au-dessus des mers en courroux pour accomplir son œuvre divine.

Que Ton ne dise donc plus que ces monnaies révèlent que Chariemagne s^était réservé la plénitude d^un pouvoir souverain sur Rome, ou dans Rome, comme on disait alors. Ce n!était point pour la coustatation d'un tel pouvoir qu'il frappait les monnaies de son nom, mais pour affirmer sa foi en I.-G, sa fidélité envers son vicaire, le chef visible de son Eglise sur cette terre; mais pour témoigner de la protection respectueuse et dévouée dont 11 TentonraU. Et en échange de cette piété filiale qu'exigea-t-il? Il n'offrait que la soumission! Que demanda-t-il jamais? Rien que les bénédictions du Saint-Siège f Hais il poursuivait encore un autre but, il entendait apprendre à toute puissance qui voudrait attenter à Rome, que c'est contre luir>môme qu'elle se lèverait, et qu'il chAlierait le téméraire

M DB LA COMPOSITibif

coupable d'un lel allentat. Et cuinuifuL <mi aiirait-il été autrcmont? L'empereur ne pouvait ilomier et retenir, élever d"i:ne main el renverser de l an're, sceller uu grand acte dt'posé sur les saints autels, puis, par uji véritable sacrilège, le déchirer avec la poiiUe de son épée. Il ne pouvait surtout Yioler la volonté de son père et briser son œuvre! Nou, tout était conséquent, tout était harmonie, respect, piété filiale, dévoùmeut affectueux dans ce grand prince, et son épée ne s'élevait que pour protéger le chef auguste de l'Eglise, et non pour le dominer et régner sur ses propres Etats. Et de plus le pape n'avail~il pas sur Rome un droit antérieur? Nous l'avons établi au commencement de cette dissertation, en produisant le traité de Quiercy. Bien^ avant que Pépin, appelé par Etienne II, bien avant qu'aucun roi Franc eût pénétré en Italie, Rome était la cité des souverains pontifes. Au traité de Quiercy, il faut ajouter le Codex Caro* Unus (1), où sont les preaves les plus irrécnsaUes de rétablissement du domaine du Sainl^iége, avant la mission des rois Francs, de raiitonomie de l*Etat ponlifical et de la souveraineté indépendante, libre de toute servitude» des pontifes romains, si forts devant la ' violence, si grands. et si inébranlables, dans tous les temps, devant tout attentat et tonte spoliation*

Encore une fois, ces monnaies lues, aujourd'*hui bien appréciées, protestent contre les fausses interprétations que l*on avait tirées de leur existence, n'ayant pas pénétré le sens de leurs inscriptions.

Et comne notre interprétation est conforme à Pesprit des temps où ces monnaies étaient firappéest A ce moment, grftce à Dieu, la puissance de TEglise dominait toute autre puissance par la hauteur

(1) Le Codex Carolinns «st cnnsfrvô dans les arcliiviis impériales de Vieimc. Comme Ifs inscriptions mont-iaircs que nous venons de lire confirment cette œuvre de Charleraagne faisant réunir en un seul corps, dès l'année 791, c'«8t-èp4ire au moins sept année» avant ses inscriptions monétaires, tons les actes et tonte la correspondance du Saint-Siège ; actes et correspondance constatant et établissant les forces eitérietires, on peut dire les organes externes de la vie de TE^lise! (7est cfue dans son œuvre catholique tous les actes de ce grand empereur se corroborent les uns les autres, et ses monnaies de Rome en sont comme le sceau indestructible!

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de son enseignement» la suprématie de ta morale divine; elle était et sera toi^ours Téteraelle et seule barrière opposée an torrent d*ime avengle barbarie.

Et que firent les saccessenrs de Ghariemagne? Même protection pour le Saint-Siège, même fils soumis etdévoaés. La Boaveraineté directe dn Saint-Siège s^inscrivii même sur la monnaie par le nom dn SainirPère. Et si d'an côté on trouve le nom de Tempereor, de rentre on voit celui du pape régnant.

79. f BËNëDIGT. p. Saint Pierre de face entre les deux ietlres S P r= € Sanctus Petrus. »

4. t LODOYVIGVS IHP. liés. Enti« les deux lettres R 0 ligne horizontale; une main ouverte élevée. Ligne verticale = ROMANVS.

Monogramme cruciforme mixte. Emission primaire.

De l'interprétation de ce monogramme cruciforme mixte Komaniis.

Ce si simple mono^rnimine n"a point 6[é saisi même dans sa forme apparente. Si on avait placé la main à la suite du monosyllahe W 0. on l'eût compris peut-^tre; mais la main divisant en deux le monosyllabe a dérouté. En effet, voit i coranumi s'exprime Leblanc, dans son traité précité, p. 100 : « LODOVVICVS IMP, une main ouverte » dans !e champ de la pièce avec ces deux lettres R 0 qui font le » commencement de ROM A; de Taulrc côlc il y a un saint Pierre, » etc. » 11 est évident que cet auteur n'a pas compris Pensemble du monogramme qui est cependant ti ès-rcguliërement formé.

Ce qui doit te bien faire comprendre, ce sont les formules nouvelles que nous avons introduiti»s dans la science et qui émanent de nos doctrine^^. Lorsqu'un monogramme cruciforme disjoint est mixte ou puremciil cmblémaLique, il otfre deux lignes, l'une horizontale et l'autre verticale.

11 faut lire de suite les sipes ou les lettres d'une même ligne, et ' presque toujours on doit commcnar par la ligne hori/,ontâle; de là

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noire formale et la règle que nous arons toujours suivie dans TUn terprétation de ces monogrammes mixtes ou emblématiques.

Hais nous devons donner une interprétation plus complète da monogramme mixte que nous avons sous les yeux.

Nous avons dit dans nos principes que le monogramme par emblème élalL plus expressif que celui par lettre, c'est^à-^dire qu'il est plus Gompréhensif, qull dit plus et nous en avons ici un exemple. Après avoir écrit le monosyllabe R 0, au lieu d'élever une main, le créateur du type aurait pu achever le monogramme par les lettres M S, posées verticalement, ou par le mot entier MANVS écrit verticalement. On aurait eu alors simplement le qualificatif Romanus, rien de, plus; tandis qu'ici la main ouverte et levée dit plus que le motMANVS, elle est un emblème. ËUe s'ouvre comme un gage de confiance, de tidéUié; elle s'élève comme un gage de défense et de protection. Elle dit : € Conflde, sum fidelis; confide, sum tutor et defensor. » L'ensemlile de cette composition nous dit donc : LVOO- VICVS IMFerator ROMANVS Pap» fidelis tutor et prolector.

Telle est la portée de ce monogramme. Voilà son langage élevé et auquel on n*arrive qu'eu pénétrant jusqu'au fond de la pensée des créateurs de ces types si réfléchis et si sérieusement combinés, alors qu'un esprit léger, ne voyant en quelque sorte que la surfoee, ne saisirait qu'une sorte de réi ms se découvrant au premier coup^^œiK - Qu'on était loin de cette chose légère, et que Toeuvre, au contraire, était sérieuse et profonde !

Nous sommes porté à attribuer rémission de cette monnaie, non plus à Tempercnr, mais à Benoit Ul. En effet, elle porte à Pavers le nom du Saint-Père et son titre inscrit en légende autour du buste de saint Pierre, symbole du Saini-Siége; et c'est au revers que le nom de Louis est inscrit, avec le litre de Aofnoiitu tfiijiM'ofor, comme un témoignage de 1 appui tutélaire que ce prince donnait an Saint- Siège. Ainsi, il y a deux divisions, deux époques dans ces monnaies du Saint-Siège. Bans la première époque, c'est Chaiiemagne qui frappe lui-même monnaie, au moment où. il vient de donner une plus large et une plus ferme assise au Saint-Siège, pour déclarer que Rome est et sera désormais le siège éternel, catholique et aposlo-

DES UiSCRIPTlONS MONÉTAIRES. 251

Uqae da Saint-Père. Dans la seconde époque, c^est te pape qai, selon son droit, firappe monnaie avec son nom et le symbole de saint Pierre, et au revers, inscrit celui de Pemperenr (jai protège Rome, comme Tavaient fait ses augustes ancêtres.

Voilà cependant les irrésistibles arguments sur lesquels Leblanc appuie sa thèse contre la puissance temporelle du pape; il n*avait vu qu^un seul mot, un seul nom, le nom de Pempereur, alors que ce nom était un hommage envers le SainirSiége et le Saint-Père, et / ' Pexpression d*un dévoùment filial sans arrière-pensée. Alors que Pempereur, sous une inspiration de Pfisprit-Saint, donnait une assise nécessaire au Saint-Siège et la consacrait authentiquement sur ses monnaies.

L'auteur dont nous parlons, s'emparant de ce nom, en conclut que Pempereur ayant frappé la monnaie, c^est lui qui est rraimenl le maître de Rome. Eh! quoi, l*empereur eût été alors un conqué- ' rantde Rome! Mais il n'est entré dans la Ville éternelle qu'en fils soumis de l'Eglise, pour tendre une main amie au Saint-Père et recevoir sa bénédiction. Et cette effigie de la monnaie? C'est celle de saint Pierre! Et le nom de Rome? C'est celui de la cité acquise du sang du prince des apôtres! Et ce signe central? Hais c'est le signe catholique, apostolique et romain. Le signe de l'Eglise, de son siège étemel, c'est le signe du Saint-Père I cEtema sedes Paps nostril » Eh bien I ces signes jusqu'ici inconnus constituent Pâme • de la monnaie; et c'est celle-ci et ce sont toutes ces grandes choses qu'elle renfermait que l'on avait» méconnues, et que l'on avait môme déclaré ne pas comprendre. Désormais vous ne pouvez phis rejeter ces signes et vous demander, pour mentir : A qui sont-ils?v et à qui donc Rome? t Cognitâ autem lesus nequltift eorum, ait, quid me tentatis hypocrit»? Ostendite mîhi numisma censûs. At illi obtnierunt ei denarium. fit ait îllis lesus : cujus est imago bac, et superscriptio? Dicunt ei : Cxsaris; tune, ait illis : reddile ergo qu» sunt Gsesàris Csssari et qus sunt Dei Deo. » (Hath. 18, - . 19, 20 et 21.)

Rendez donc à César ce qui est & César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Rendez Rome à qui Rome appartient. Or la Ville étemelle est

au Sain^Siége, au Vicaire de lesus-Ghrist. Rome esi à TEglise ck- Uioliqae, aposUriuiae et romaine. Lisez bien le titre ; Piu Xesvh Gbristvm Roma nwtripapœ sede$ eierna! Per Iesvbi Ghristvm Roha eterna apostoHca sedes orbis! Voilà rinscriptiool c eaperecriptio t » voilà la grande image, âme de la monnaie : c imago hm, » Par lesns-Christ, Rome, siège éternel et apostolique de l'univers, t Et ports inferi non prevalebunt adversuseam, > Et les portes de Tenfer ne prévaudront jamais contre elle.

JLes catholiques se souvieiment, et que la terre le sache! G^est depuis la mission des deux envoyés de Dieu, Pepin et Charlemagne,, que les flots tumultueui de la barbarie ont rencontré une digoe insubmersible et inébranlable. Depuis le jour de cette grande mission, les pontifes furent au-dessus des convoitises fougueuses des peuples, des rois ou des empereurs, qui jusqu'alors, les élevant ou les abaissant à leur gré, les enchaînant à leurs pieds et les martyrisant, agitant et troublant TEglise, avaient déchaîné de la sorte, sous le souffle de leurs passions furieuses, les torrents de la barbarie sur le monde éperdu. Les vicaires de lestis-Christ et le monde chrétien avec eux retomberaient-ils donc dans les tourments delà persécution et du martyre ! L'homme peut périr, mais TEglise, mais le successeur de saint Pierre, du vicaire du Dieu crucifié?. . . Jamais!

Malheur à ceux qui violeraient les lois divines et humaines qui veillent autour du SaintrSiége et qui sont les soutiens de Tordre moral de ce monde ! Malheur aux peuples et aux puissances de la terre qu^ oseraient porter atteinte à TEglise et s'emparer de ses forces extérieures! Ils périraient dans leur crime et par leur crime môme; épbémère serait leur triomphe I Mais que terribles seraient les lendemains! I c Non pascam vos; quod moritur, moriatnr; et qnod socceditnr, succidatur; $t reUqui dévorent unmquisque camm proxim m, »— Ëiïrayantes paroles! prophéties redoutables qui recevraient une trop certaine réalisation !

La dissertation de Leblanc se fondait sur le caractère des monnaies cariovingiennesj mais il n'avait point pénétré le langage de ces caractères, de ces images grav^ sur les monnaies. Il déclare, luimém^, ne pas savoir ce que signillenl les marques centrales. Mais

DES INSCftIPTIONS MONÉTAIRES.

(fest précisément ce qu'il fallait connaître. Cest dans la marque centrale, nous TavoDs établi, que vil Tâme de Tinscriplion monétaire. Ne pas pénétrer te symbole dominant, c'est s'éearter de Tesprit qui a inspiré ces inscriptions, c'est s'abandonner aux chances de Tarbilraire et anx risques de Terreur; c'est édiAer sans base, et telle a été lâi dissertation de Leblanc.

Cet auteur n'a vu qu'un nom en légende, et s'appuyant sur ce nom seul, il n'a pas tu le symbole qu'affirmait et proclamait ce nom. n n'a pas connn le dogaie chrétien que l'empereur révérait, et auquel il rendait hommage; il a donc édifié sur une base fliusse, et cette base s*écroulant, l'édifice qu'elle soutenait est emporté dans sa ruine.

Disons-le pour la dernière fois en terminant : Qu'étaient les peuples au temps de Charlemagne? Ils vivaient dans une étrange confusion. L'empire grec se prétendait toujours maître de lllalie que d'autres puissances convoitaient; des peuples se déplaçaient et débordaient de toutes parts. C'était un ébranlement général. Pour son malheur, Didier, roi des Lombards, entendait faire et défaire les papes, et il tenta de porter une main sacrilège sur Rome; mais la divine institution de I.-G. ne sera jamais le jouet d'un puissant de la terre, et la couronne de Didier, et le royaume des Lombards dirent emportés comme une feuille desséchée par le vent. Et que sont devenus tous ces empires, fous ces royaumes contemporains du règne de Cbarlemagne, et qu'est devenu l'empire de Charlemagne ltti;méme, ce grand ouvrier de Dieu? Ils ont tous passé. . . Et n'est-il pas merveilleux que le plus faible de tons reste seul debout pour l'enseignement de la terre!

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