‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 113 sur 224 · PIPINVS en deux lignes · texte numérisé non relu

PIPINVS en deux lignes

^. F, R barré. Au-dessus de VF et de FR : deux abréviatifs horizontaux; entre I F et I R, un point final; au-devant de PR, le doul lc iiiangle sacré, et au-dessous de l'R, trois points triangulairement disposés. Si la croix n'est pas gravée sur cette monnaie, deux signes chrétiens s'y remarquent. C'est le losange sacré, et dans le même ordre d'idées et comme pour affirmer le môme sentiment clirétien, sont trois points spliériquesen triangle. (Voir au 5» tableau les /, 2 et S, et les textes qui y sont relatifs, lit. /A', p. f)4.) I/avers et le revers sont ici daur, aiie intime relation, et l'ensemble de cette composition nous dit : « Pipinus Francorum Rex grati;! Trinilatis omnipotcntis. »

Monogramme horizontal mixte- Emission primaire.

234 i)£ LÀ COMPOSITION

n fant remarquer qac, le premier, nous avons affirmé que Ton pouvait voir dans ces signes une marque d*atelier, mais ces signes ' avaient alors pour fonction d'exprimer une pensée chrétienne et de s'unir au lypo central. Cette observation est d'autant plus frappante ici, que le caractère chrétien de ces signes n'est pas douteux; il est chrétien comme celui de tous les signes de cette époque, et que d'une autre part, l'indication de la ville où était frappée la monnaie était fort rare sous Pépin; et lorsque Ce nom était donné, il Pétait en marque centrale, comme nous en trouverons tout à l'heure un exemple.

73. £n monogramme horizontal : PIPINVS accoslé triangulaire ment

de deux signes trinitaires et d^un signe losangé, plus un trait de rappel ou de renvoi, posé auprès de TV, entre les deux vedettes de la troisième syllabe, NVS, pour indiquer que cet V, lettre médiale, appartient à Pune et l'autre lettre, S.

^. En marque centrale : B F. L'ensemble de l'avers et du revers a la valeur que nous avons déjà indiquée : c Pipinus gratiâ omnipotentis Trinitatis, > ou « Per omnipotentem Trinilatem Rex Francoram. » Cette monnaie et la précédente ont le même caractère, elles sont (signes et monogrammes) des modalités, des expressions variées d'une même pensée.

74. Ën monogramme : P F couverts de Tabréviatif horizontal et

posés entre trois symboles : croix— clef— cordon. «Pipinus Rex Francorum; cruxy clam et fmkiUus» »

Monogramme mixte horizontal.

î^. En deux lignes : c Sancto SteFano. » Au-dessus : signes abréviatïfs.

Le signe cruciforme qui est au centre de la monnaie remplit une double fonction; il concourt à former PR et VU âe BeX, et dans l'ordre symbolique, il prend le premier rang; on doit donc commencer la lecture de cet emblème par lui et l'on Ibn : c Crux datis et faniculus. »

Par cette composition emblématique, Pépin affirme sa foi. Cet in- * génienx emblème, émané d^un atelier monastique, descend en ligne directe des emblèmes mérovingiens qui Tiennent d*étre analysés. C^est bien là nn vrai type de transition des monnaies mérovingiennes aux types des Carlovingiens qui Tont apparaître.

^ensemble de cette composition doit ainsi sHnterpréler : c Pipinus Rex Francorum gratift crucis quœ est clavîs et (ùniculus. « Et pour se rendre an compte exact de sa valeury^voir titre X, ch. II, p. 12t etsulT., cil. XIV, p. 139, ch. XVf, p. 150 et suiv., el ch. XXIIi, p. lOS et suiv. Cette composition est sortie des textes sacrés : c Crux clavis ccslorum, » f Gnix... funiculus hœreditalis me®. »

Cette monnaie a été frappée par l'alibayo de Saiul*Ëlieunc de Dijon. Cette abbaye existait bien avant Pepin-le-Bref. Le nom de rabbaye, à I*ablatif, a surpris quelques numismates; cependant la formule de Fablatif était fort répandue el même celte formule emporte avec elle ridée d*un atelier ou d'^un monétaire ofQciellement établi. Nous avons expliqué la valeur de cette formule, el elle doit ainsi s*entendre : Le monastère de Sainb-ËUenne étant atelier monétaire « SANCTO STEFANO moneUrio. >

75. En monogramme : ilXP; au-dessus : l'abréviatif horizontal

€ Pipinus Rex. » Un point Unal après cliaque mot.

% En monogramme rétrograde : GAVIL; horizontal abréviatif au-dessus : = Cavilonno.

Monogramme horizontal. Emission secondaire.

76. En monugrammc : CARLM liés, couverts de l'abréviatif hori-

zontal ~ Garlomanus.

% ÂR. Au-dessus : Tabréviatif horizontal; aUHlessoos : deux traits abréviatifs el de relation = Attstrafioniiis Bea;.

Avant de mourir, Pépin avait partagé son royaume entre ses deux fils. Gharlemagne eul la Neuslrie el Garloman TAustrasie. On ne saurait voir, sur les deux monnaies qui précèdent, aucim signe chrétien. Ces monnaies sont purement politiques et sont une exception dans Tordre monétaire de celte époque, car le plus souvent, et

alors même que la monnaie était tonte politique, elle, révélait et affirmait la foi du prince par des signes chrétiens qni entraient en combinaison avec le monogramme politique, comme nons Tavons vn anx n*» 72, 7$ et 74 qui précèdent. Dans le n« 76, il est inutile, pensons^nous désormais, de nous arrêter à faire remarquer que revers et le revers se fondent en une seule légende = Carlmanus, Âmttratiofwn Kex, Cette lecture est ici d*une simplicité évidente; mais nous rencontrerons des compositions dominées par la même r^Ie, dont Tapplication ne sera point aussi aisée; et c'est le motif pour lequel nous avons voulu la rappeler dans un exemple d'une parfaite clarté.

GHARLEMAGN£ — 768-814.

Nous n'avons plus à nous occuper du monogramme carlovingien: nous Tavons fait connaîlre, nous en avons établi la composition dans ro\pos('* de noire doctrine. Mais nous avons à rendre compte de caractères l'ort remaniu ililes, de monogrammes qui n'ont point été compris, et qui, cependant., ont une valeur considérable et de premier ordre. Nous voulons parler des monogrammes que Gharlcmagne a lir^ppés sur des monnaies italiennes.

Pour expliquer ces monogrammes, les bien faire saisir, il est nécessaire de l'ernouter aux causes premières et supérieures dont ils sont issus, et d^aller aux grands événements qui les ont engendrés.

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