‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 125 sur 224 · HENNIS · texte numérisé non relu

HENNIS

5 dis. (Monnam suppîimmîum, pl. dernière.)

C'est le type précédent de la croix à Tliorizoïitale chargée de deux croissants. Nantes et Rennes semblent avoir frappi- ce beau type à Tenvie : « Icsus Oriens. » C'est qu'en effet, lesiis est l'étoile matinale et splendide : « Ecce vir nomen jus Oriens. » Voilà le Fils de rHomme : « Ecce vir. i> C'est l'Orient; lesus commence toujours sa gloire, parce qu'il est toujours jeune, parce qu'il est rEternel!

NANTES OU VANNES ALAIN II NT fiARBE-TORTB — 937-958.

N<> 6. {Monnaies supplémenlaires, pl. dernière.)

f GRÀTIÂ DI REX. Au centre : Deux croisette$ (ligne horizontale), deax S dégénérés (ligne verticate) c Grux salusl Crux salas I »

Monogramme craciforme disjoint. Emission secondaire.

ni. VANNITIS CIANNI. Les deux N liés. Croix.

Il y a incertitude sur Tatelier monétaire de cette pièce.

La première voyelle de Vannes était alors un E et non un A. D'un autre côté, la première lettre de .Nantes a toujours été un N et non un V. H y a même étrangeté à substituer un A à un E, qu'à substituer un V à un N. Et enfin, })our perpétuer l'incertitude, Alain II était comte de Vannes; il bat les Normands, leur reprend Nantes et est reconnu le chef do la péninsule armoricaine — 038. — Depuis un siècle déjà, les chefs bretons prenaient souvent le titre de Re\. Cest avec raison (jue Bi|zol a attribué cette monnaie à Alain H. Mais, entraîné par l'erreur du temps, il a vu dans la marque centrale de l'avers le monogramme posthume, dit-il, de Eudes.

Dire qu'il faut retrouver dans ces deux croiseltes et ces deux S dégénérés le monogi - imme de ODO que Ton peut voir au 4" tableau, n» 6, monogramme, c'est vraiment tomber dans la plus lourde

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erreur. Que Ton voie un type nonveau amené par la dégénérescence du type primitif, nous n'y contredirons pas, il y aurait alors application d'un principe que nous reconnaissons.

Nous venons de le dire sous le n« 89, et r(''p(5rons-le, on a abusé du principe de la dégénérescence en ce qui regarde les monogrammes de Eudes et de Raoul.

Pour nous, dans le symbole de la monnaie d'Alain IL il v a un type chrétien bien composé que nos devanciers ont méconnu, [ ti c qu'ils ne s ciaient point placés sous l'empire de l'influence chrétienne, sous l'action des idées qui ont toujours présidé à la composition des types monétaires du moyen-ûge, type chrétien qu'a certainement voulu Alain II. Pour nous, il est de création directe; il n'est ;pas né d'une dégénérescence.

RENm

MONNAIE MUNICIPALE — X« siède.

105. t Légende dans laquelle on saisit seulement quelques lettres de REDONIS. Croix,

^. i CIVITAS. Au centre : r« , initiale de lesns, posée horizontalement entre deux C ou croissants, ligne verticale. = c leens-^Christtts, » c lesus-Christus. »

'Monogramme enicîforme. Emission secondaire.

Celte monnaie appartient à une période de iransuioa, entre rexiinction du type carlovingien et les types nouveaux et autonomes qui vont apparaître. EUe a dû naître vers la moitié du X« siècle, dans un de ces moments d*anarchie que produisaient si souvent les . compétitions de pouvoirs et les invasions des Normands. £Ile est municipale et a été frappée parla cité de Rennes, « Redonis Givitas, » disent les légendes; nulle trace d*mi6 autre autorité ne 8*offre. Et qu*eUe était la foi de cette grande cité de la péninsule armoricaine? De quels signes a-t-elle frappé sa monnaie? De signes exclusivement chrétiens à Tavers et au revers, et combinant les deux inscriptions quMls présentent, on a cette sentence : t Grux lesu-Ghristi. i C^est

rinscription la plus simple et la {oi la oiieui affirmée. Sur les types n<» 5 et 6 des monnaies supplémentaires, nous venons de voir le C on croissant posé à chaque extrémité de Thorizontale de la croix. Nous retrouTODs ici ces mêmes éléments, mais différemment disposés, c^'est nne modalité dans Pexpressioià d'une même pensée chrétienne.

ALAIN ni — 1006-1040.

iOù. + ALANl^^ . Croix.

r}. + RliDONIc«. En marque centrale : Etoile é\idée à cinq pointes = < Stella matutina et spiendida, i symbole de I.-G.

Nous devons entrer dans quelques détails sur la composition de cet emblème, avers et revers ^ c I.-G. Stella matutina et splendida. >

Be VétoU§ m marque eenirale sur les mcnnak» de Brelagm af âe Deots*

L'étoile est un symbole, comme nous l'avons établi dans notre doctrine, tit. IX, ch. VII, parag. 3, p. 108; c'est un signe sacré de toute antiquité. Dès lors, comme les grands types chrétiens, comme le triangle, les spht'^res, le chrisme. In croissant, le lys, il a dii apparaître en divers lieux en même temps.

Lorsqu' Alain III a gravé Tétoile, en marque centrale, sur ses monnaies, il n'a point emprunté ce type aux sires de Deols. Cette opniion est aussi celle d'un savant numismate, mais par un autre motif.

Ce numismate ne pense pas qu'un puissant duc de Bretagne ait recherché le type d'une monnaie d'une faible principauté et dont la circulation devait être fort restreinte.

Ce motif peut avoir sa valeur, mais pour nous, il n'est pas décisif.

La véritable raison de décider, est celle que nous avons donnée plus haut. Ost que ce signe sacré, l'étoile, étant dans Tordre des grands types chrétiens, a dû se produire en divers lieux à la fois, comme une émanation spontanée des sentiments chrétiens.

Le Messie, le Christ était annoncé et attendu depuis le commencement des siècles. Il était la plus vive préoccupation des Juifs. Leurs livres sacrés en témoignent à chaque page : c Âtque in te beàedi-

centur ùairersflB cognationes terrœ. y « Ët benedicondœ »ini in Ulo omnes nationes. » « Et non auffertur sceptram de Judâ et Dux de femore ejos, Donec venial qui mittendus est et ipteerit eocpeciaiio gen- Hvm. > (Gen. XLiX, 10.) « ivaqu*à ce que viemiB eekn qui doU être eimif4, et hd'mim sera ^attente des natUms. »

Voilà le Messie promis et attendu. Voilà Tespéranee des Hébreux. Les prophètes et Moïse, le premier de ces écrivains sacrés, avec quelles images inspirées expriment-ils cette espérance? « Onetur Stelia de Jacob et consurget Virga de Israël » Voilà la parole inspirée de Moïse c Qui novit Doctrinam Alttssimi, et visiones omnipotentis videt, > (Num. XXIV, 16, 17.) Voilà la parole de Moïse, qui connaît la doctrine du Très-Haut et voit les visions du Tou^Puissant : c Une étoile s*élèyera de Jacob, et cette étoile, c*est le Messie attendu des nations, c'est le Christ qui guidera les peuples vers les destinées divines. » Et le Christ a dit de lui-môme : .« Ego sum Stella matutina et splendida. »

Répétons-le donc, l'étoile est un grand symbole de l'Ancien et du Nouveau-Testament.

M. de Longpérier avait touché de bien près à la vérité, lorsque, essayant de remonter aux origines de ce symbole, comme type monétaire, il dit que rétoile était gravée sur le sceau de Salomon, et que ce symbole était, suivant la croyance des Orientaux, un talisman d'une incroyable puissance. Un talisman! C'était bien autre chose, et surtout une l»ien plus grande chose.

« Orietur Stella de lacob. » Voilà pourquoi l'étoile était comme un symbole protecteur, recherché des peuples de l'Orient. C'est de rOrient que devait venir le Messie, l'étoile nouvelle « que Dieu gardait sous son sceau (Job), l'étoile nouvelle que Dieu a envoyée comme un guide céleste à la terre. » Nous voilà aux vraies sources, aux divines origines de ce mystérieux symbole qui nous est révélé par les Saintes-Ecritures. « Je m'en vais faire venir rOrient qui est mon serviteur, » « et Ot ielur vobis sol justiciae. » Ecce vir Oriens nomen ejust » Voilà la merveilleuse parole de l'Eternel qui fait lever Téloile de Jacob et germer les gouttes de rosée, t qui gennit stiUas roris. i

DES INSGSIPTIOI» MONtrAIRES. 977

Voilà pourquoi Salomon, s'inspiiant de la parole de Moïse» itait

gravé sur son sceau l'étoile symbolique.

Voilà pourquoi, non on imitation de Salomon, mais en vertu d"une inspiration chrétienne, ce type apparaît à la fois en divers lieux sur les monnaies des Gaules, acquises par le sang des martyrs, la prédication (M les vertus de I Evangile à îa foi de Î.-C.

Tel est donc le grand symbole que le duc breton, Alain ill, et que les sires de Deols ont frappé sur leuis monnaies.

COMM D ~ lÛiO-1066. '

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