‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 137 sur 224 · t GRATIA D«I. Monogramme d'Eudes · texte numérisé non relu

t GRATIA D«I. Monogramme d'Eudes

Monogramme cruciforme. Emission secondaire.

Après une étude très-attenlive. nous ( i ()Nuii> que ce monogramme est celui de Eudes. Nous le lisons ainsi : 01)0. ligne horizontale: RE, ligne verticale. Mais tel est relîet d'une composition secondaire où la volonté créatrice du type n'a plus sou énergique et véritable expression, que Ton peut lu e : RODOLF. L et VF liés. RIX. Avec cette lecture, on trouve l'application de toutes les lettres. Mais nous le répétons, nous croyons ipr il faut lire ODO REX. L'I posé entre TO et l li est une lettre qui a une double ionctioa. Cet 1 fait suite à

DBS INSCRIPTIONS HONÉTAIRBS. 295

CiRATlA D*- 1 et ( onduit ainsi à la fin de cette légende qui se termine dans le centro *lo la monnaie et dont il exprime l'un des mots. lesu-Christi est exprimé par TX symboliiiiie qui correspond à l'I. L'X a hi{-m<^me la double fonction d'être la symbolique de Christus et de terminer le mot Uex. L'ensei^ible de ceflf i iini]'Osition doit se lire ainsi : ODO UKX GRATIA DEi lESlJ-atUISÏl. [Voir les lellres de rappelj p. I^y^ au 4<> tableau, m iô, et aux textes, p. 81,)

Tête de profil de la Vierge voilée.

m. f DVMcoGAwiTrrr. Croix.

^. Sous une double couronne, téte de profil de la Vierge voilée, mère du Sauveur. Emblème mixte.

Au titre VII, ch. VI, 1 5, p. 55, nous avons reconnu, comme désormais acquis à la science, que le tjpè à la téte appelé Tnronien, , Cbinonais et Ghartrain a eu pour t^e primordial Teffigie de Louisle-Débonnaîre, mais que ce type disparaît sous une suite de dégénérescences et donné naissance à un type, téte de profil, complètement nouveau. Que ce nouveau type que la foi chrétienne a créé et admis pendant près de deux siècles est une figure emblématique et mysté^ rieuse de Ui Vierge, que ce n^est pas une figure du voile de la Vierge comme Tout soutenu MH. Cartier père et fils, mais de la 'Vierge reeoueerte de ton voUe eiimde profU. La justification de cette opinion sort des éléments mômes qui accompagnent le type central, des lettres qui Taccoslent, s'unissent étroitement à lui et expriment sa valeur. Aussi ajoutions-nous : t Nul doute n'est permis, puisque les 9 sigles et signes qui accompagnent cette figure révèlent qu'elle est » celle de la Vierge, mère du Christ, mère du Sauveur. » Et en effet, la figure n« 124, vue de profil, couronnée, est recouverte d'un voile semé de trois croisettes, posées horizontalement, et accostée des deux lettres très-expressives M S c Mater Salvatoris. »

Veut-on voir confirmer cette sûre appréciation, il faut étudier le numéro suivant.

m. f GATRVM DVNL Croix. •

4* Sous une couronne : T6(e de profil de la Vierge ToUée, accostée de quatre petites sphères et accompagnée de quatre lettres et signes posés en croix, savoir : deux H, ligne verticale; un croissant et un S, ligne horizontale, VS est accosté de deux sphères; au centre de la figure : une sphère.

Les sigles, lettres e( signes emblémaliques sont plus miiliipliésque sur la monnaie précédente, cl on peut dire qu'ils aflii ment aussi plus ('nergiquement ce que la monnaie précédriito pi fMiamait.

L'ensemble de œiie composilion nous montre donc le prolU de la Vierge voilée, et les inscriptions qui rentonient, datis une union intime avec le type central, « obnupta Virgo yiatcr Christi, Mater Salvatoris orbis, Protegit mundum et régnai ubique in aîternum. »

Comme cet emblème est simple et bien conçu ! Le croissant, emblème du Christ, est en harmonie avec les sphères multipliées dans cette composition. Et en vérité! comme ce grand type mystique de la léte en profil de la Vierge voilée répond aux profonds sentiments de piété, de vénération que toutes les belles populations de ces provinces, de ces vastes contrées que nous avons nommées portaient à la sainte mère du Rédemplcnr des hommes. {Voir au 4" tableauy 2; au 5*, n«* 9, 12, 15 et 16, et aux tejcles, lit. VlJf, chap. III, p. 62; tu. JX, «Aap. K, p. m et sum,, et chap. VU, § S, p. 110.)

GEOFFROY IV — 1215-im

Nous venons de voir, au numéro précédent, le rroissani apparaître, el nous en avons donné la valeur. Les croisades avaient déjà cinq fois entraîné les populations de rOccident vers les Lieux-Saints, lorsque Geoffroy IV frappa ses monnaies du croissant, en marque centrale et dominante. Le croissant avait été rapporté de l'Orient comme un signe sacré et les princes le placèrent non-seulement sur leur bannière, mais le gravèrent sur leur monnaie. {Voir au 5« tableau les n«« 15, 16 et 18, et aux textes le lit. IX, chap. VU, g ô, f. 110 et sm., et le chap* VIU, p. HS, et ehap. X, p. 417*)

126. GAVFRÎDVS. Croissaut, symbole du Christ posé au centre et entre deux autres croissants coupant la légende, le croissant inférieur adossé. Le symbole est trois fois répété, comme un hommage à la Sainte-Trinité =: « Christus est Oriens; » le Christ est l'Orient annoncé par les prophètes, « la Splendeur de la lumière nouvelle. ?» « Christus j'egnat in terra sicut in cœlis. » Voilà la valeur de cette composition : « Ecce vîr Oriens nomen ejiis 7> (Zac, YI, \-2), c'est l'Orient d'une lumière nouvelle, c'est le Christ venant d'en haut, « Oriens ex alto. ^(Luc, 1, 1^^.) C'est de rOrient que la lumière évangélique a jailli pour illuminer i'Occideni et éclairer toutès les terres, « lux terrarum. »

Lesn<* 127 et 128 nous sont un enseignement des effets de lad^é* nérescence. C'est le type très-dégénéré de la téte de profil, et sans les croissants, symboles du Christ qui raccompagnent, il serait difficile de le caractériser. Mais ce type, qui s'éteint, va former sous le prince succédant à Ceoiïroy IV, un type nonveâTu, qne nons avons appelé le chatel à la Vieiige.

GEOFFROY V — lSd5-IS39^

129. GAVFi\lD. Clialel à la Vierge. Lys symbolique de la Vierge Marie. Mère du Clirisl =; « Virgo Maria inunaculata, Mater Orientis, Mater Christi potentissima. » { Voir 6*" inhL, îj» §6 et le texte à la p. 160. Voir 5« (aW., n° et aux lexteSj tu, IV, ch. Ih § S, p. 90.)

Nous avons réuni à dessein les trois n<» 127, 128 et 129, afin que l'on pût suivre la dégénérescence d'un type et sa transformation complète ; cette transformation peut varier, selon les époques et les lieux, mais au fond elle est identiqae, car elle se produit dans le même ordre d'idées.

B0MÛRÀI4Ï1N

Nous trouvons au monnayage de cette ville un type de la t^te de

DE hk COMPOSITION

profll de la Vierge voilée, fort oui ieu\ cl furt imporlanl, parce qo'U cuantme toutes les iiiLcrpn'Ui lions que nous avons données. Celle monnaie esl aUribuée à.Thibaud V.

TIIIBAUD V — 1191.

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