‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 203 sur 224 · HONKAIBS DU SÉNAT ROMAIN · texte numérisé non relu

HONKAIBS DU SÉNAT ROMAIN

Les auteurs italiens prétendent que la monnaie que nous étudions en ce moment, dite monnaie provinaise, est née à Rome plus d'un siècle avant les provinois do la Champagne, et ils établissent leur prétention sur une série d'actes et de faits qui ne sont point sans valeur.

Les auteurs français n'ont point discuté les actes et Fopinion des auteurs italiens, ils ont seulement répondu que c'était insoutenable. Pourquoi? La raison en est bien simple : le type du Peigne n'est pas né en Italie. C'est bien péremptoire! Mais hélas f et Dieu merci, ce type n*est pas votre précieux peigne, votre barbare emblème. Les auteurs italiens pourraient donc bien avoir raison.

2ii. r ROMA CAPVTM. Croix.

f\. f SE^'AÎ.P.Q.B. Au centre : F^, lettre initiale horizontale de lesus, traversant la légende, rayons émergeant de l'initiale; au-dessus : S monogrammatique entre Tétoile et le croissante «( losus Salvator, Oriens, Stella matutina, lux mundi. » « lesus lux mundi, salus, via cœli. *

Cette obole est d'émission primaire. Elle offre un type rare, celui de rhorizontale traversant la légende. Nous la disons d'émission primaire, à cause des signes sacrés qui accompagnent Temblème. C'est un ensemble de signes en parfaite harmonie avec l'emblème dominant. (Voir au ffi tableau, vfi 15» et aux textes, tit. IX, ch. VII, p. 108.)

243. oSENATVSoPoQoR. Croix cantonnée de deux sphères au 1" et 4«, et du signe magistial et d'un V au 2» et 3» = c Crux potens magistra vitee. »

ROMA CAPVTMViS. Même symbole central surmonté diin V majnscnle entre deux croissants. C'est la môme composition ' que nous avons interprétée au n» 240 = «: lesus-Ciuistus

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VITA; « in ipso tita. » lesus Oriens, « vita est luzit € Vtwil lest» Christus, lesus Oriens, I.tix mundi. » C'est l'expression, en emblème.^ de angile de saint iean : c In ipso VITA erat et VITA ËRAT LVX bomînnm. »

Gomme la composition romaine est remarquable par Tensemble tiannoniqne des signes sacrés qn^elle a multipliés à Pavers et an revers! G^est à Tavers le signe magistral, les sphères, le V, expression de la Vie, lumière des hommes, V symbolique qui se reproduit au revers an-4essus de IHniliale divine, entre les croissants. Et ceux-ci, comme ils se saisissent bien, comme ils sont mieux formés que ceux ' de la monnaie de Provins, n« Cet ensemble est plus expressif, pins harmonique, et par conséquent plus près de Pidée créatrice.

Nous concluons donc de l'ensemble de ces caractères gravés sur les monnaies du sénat romain, que ces monnaies sont d'émission primaire. Nous en concluons encore qu'elles sont antérieures à celles de Sens et de Provins. Et nous maintenons l'opinion vers laquelle nous avons toujours incliné, que le type sacré, si ailmirablement composé et si profondément chrélieii de Sens et tle Ti ovins, est né à Rome. Et c'est autour d'un peitjne que la ville (■[eniclle aurait inscrit son nom : ROMA, et ajouté ces deux mots superbes : CArVTMYiNDl! X^npeigml au lieu de ces rayons émanant de l'I, initiale divine !

Dans les compositions, tout ne doit-il pas être gradué? Si, dans la légende, Rome se déclare Capul Mvndi, elle doit ériger, marque centrale, un l\pe t{ui soit au-dessus d'elle-mOme. El, en eiïet, elle grave le maj^uifique emblème de la kimière nouvelle, «i lumen de lumine, » ravissante composition ces temps où l'on ne pouvait reproduire avec habileté le visage iiumam illummé de rayons divins.

En examinant avec soin cette composition bien exécutée sur des monnaies d'une belle conservation, on est frappé des pensées qu'elle évoque dans sa simplicité.

On croit entendre les paroles de ce dernier évangile que le ministre de Dieu adresse aux fidèles qui vont sortir du temple après le saint sacrifice. Le peuple est debout, il va rentrer dans les préoccu-

DES INSCniPTlOMS HOfiéTAIRES.

patiODS du monde, et la divine parole se fait entendre : « Deus eral verbum... m ipso vita eral et rila erat lur hominum et kix m tenebris lucet et tenebrae eum non cuinpreiieiidenint... erat lux veraquœ illuminât omnem hominem Yemcntcm in hnm mnndum; in mundo erat et mnndus per ipsum facln^ t -L el, mundus eum non rognovit. » Voilà les textes inspirateurs de ces ravissantes compositions emblématiques. Voilà de quel sourfle puissant s inspiraient ces voloniéi; saintes qui gravaient les emblcrnes sur l argent, l'or et Je bronze des monnaies. Et parce qu'on n"a pas remonté à -ces sources divines, à rinspiration créatrice, on n"a pas compiis reîn!)lème dont nous pouvons dire : « In mundo erat et mundus oum noncognovit, in propria venit et sui eum non acceperunt. »

EniiîK [ our terminer avec cet admirable emblème, nous ajouterons que nous le retrouvons dans le monnayage de Lille, dans la série du système llamand, dont les monnaies, d'une composition si délicate, sont empreintes an plus haut point du caractère chrétien.

Au monnayage de Lille, les rayons émergent du triangle sacré.

Que les signes qui composent le beau symbole de K'mie, Sens et Provins^ comme tous les signes qui forîaenl chaque symbole et emblème, sont harmoniques et que cette harmonie prouve la jmlesse de nos mlerpréUUUms et ^eMelknr,e de notre doctrine.

La loi du symbolisme est une loi de notre nature; elle nous enveloppe de toute part. La création tout entière u'est-elle pas un symbole de Dieu, le plus sublime, le plus éloquent et le plus harmonique? Le Tout-Puissant a écrit sur Fd^iivre de ses mams, et la création tout entière a Velut siLMlluni rnaxmium t> est gravée, est frappée des signes de son écruure. Kecliercher ces signes, les découvrir, les analyser, les comprendre, c'est la science du symbolisme théoloiiigue etphilosopluque le plus élevé. « En ut anima dei odore et guslu aliqno perstricta, quau'at species et formas, seu symbola omnisgeneris ipiibus exprimat id quod seniil. (Thomassin de Deo.i »

L'hom'mc chrétien, in^^piré de Dieu, à 1 exemple de son Créateur et de son Sauveur, en voulant retrouver partout et son image et ses

enseigiiernents bibliques, a écrit, à son tour, sur l'œuvre de ï,es mains. Et il a écrit en signes, en ^ymbulps et emblèmes. Rechercher ces signes, les découvrir, les analyser, It^ ( \[i!iqiier. c'est là notre œuvre présente, et c'est là la science du syinliolisme monétaire.

Ces signes .sacrés, ces lettres, ces grands symboles, ces divins emblèmes ne sont point et ne pouvaient être l'œuvre du caprice. Ils n'ont point été proiîiiits d'une manière arbitraire, ils ont été choisis entre tous avec im som exquis. « Electus meus... dedi te... in lucem gentinm!... »

Entre ces signes et ces lettres il y a des rapports naturels, et l'on peut dire d'eux ce qu'on a dit de la matière des sacremem^ : < Siij iium sacramenti visituie congruum débet esse ad repraesenlaudum spiritualem sacivimenti effeclum. »

Ces signes participent de notre propre et double nature. Ils ont corps et Ame: et, à travers leurs loi mes» il faut recliercher les vérités qui leur sont incorporées, c'est-à-dire leur Ame. Ces vérités doivent donc nous ôtre offertes sous des signes qui soient en parfaite harmonie avec elles. Ces signes seront de merveilleux révélateurs; et ne Tavous-nous pas vu? u'avons-nous pas constaté constamment que les symboles et emblèmes de notre numismatique constituaient toujours le type sensible d'une réalité mystérieuse.

Ainsi sous cette forme du temple, sous ce fronton au triangle sacré, quelle réalité mystérieuse était voilée? Tout n'était-il pas harmonie? Pas une note discordante! pas un trait dissemblable 1 pas une lelLre inharmonique! « Ï.-C. Deus crucitixus. » Et cette croix, ce s>iiibule (le la Rédemption qui s'èli^ve an-dessus du Delta symbolique pour appeler les fulèles au temple, k Yenite fidèles ad templum lesu-Christi nostri Dei crucilixi. » Voilà le corps et Pâme; la forme extérieure du temple? c'est le type sensible; et la réalité mystérieuse? c'est raxiojiK; chrétien comme l idée sous la lettre, comme la grâce sous le voile du Sacrement!

Veut-on un autre symbole, la téte de profil de la Vierge voilée? Elle est le symbole dominant! Et ce symbole est escorté de signes et de lettres nombreux et divers. Si nous avons mal interprété et si notre doctrine est fausse, il ^ aura dissonance entre le signe prin-

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dptl et léti signes de relatioii. Non, harmonie parfaite entre le symbole et tons ses signes de rapport. Qae dit le signe dominant? c Obnnpta Yirgo. t Que disent les signes de relation? t Mater Christ! t Mater Salvatorist Mater Orientis! Maier Ghristi croetfixi 1 » G*est TM symbol«|ne, Mater; c'est le eroissant, Ghiistns; c'est la croix, lesus cruciflxns.

Teut-on Temblème de Marie, vased*éIectiont Pemblème dn rosier mystique? Quelle harmonie dans ces compositlOfnst Veut-on passer aui emblèmes mixtes disjoints? Tout est encore harmonique! Quelles inscriptions chrétiennes t c Crux Lex Vils! Grox Lux Vittef brux tntrix Vit»! Crux Ik»ctrina Vitœl Crux Docet amornm Sakatorisf Crux salus ! Gmx Alpha et Oméga! » £t dans ces emblèmes de la Vierge immaculée et du Christ, quelle suave composition f

Prêtes Toreille la plus attentiTO à Tharmonie de tous ces types monétaires et vous n*y saisirez pas une seule note dissonante, pas un seul trait disparate. Voici une savante et sublime harmonie du plus grand mettre, cent instruments les plus habiles Pexécutent, toutes les voix de ces instruments divers sont si merveilleusement fondues, qu'il vous semble n'entendre qu'une seule voix, qu'un seul son qui pur, plein et vibrant, se module à l'infini, sans troubler votre ravissement d'un seul souffle douteux. Ainsi des signes, ainsi des monogrammes, symboles et emblèmes de la numismatique du moyen-âge; ils sont harmoniques, ils sont unissons, si nous pouvons ainsi parler.

Et pour rentrer dans l'examen du magnifique type de Rome, Sens et Provins, quel rapport peut-i) y avoir entre notre doctrine et la 'barbarie de l'ancienne numismatique? Le môme rapport qu'entre la vérité et le mensonge, qu'entre la science et l'ignorance, la lumière et les ténèbres.

Que dit l'ancienne numismatique de ce symbole dominant? que c'est un peigne! et alors que signifient les lettres et signes de relation? Elle rignore et ne s'en occupe nullement. Que signifie cette étoile accompagnant un peigne! que signifie ce croissant en combinaison avec \e peigne! que signifient ces lettres, cet S " «, iesus Salvator? » Ce Y en combinaison avec le type dominant et avec Tétoile

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H le croissant = « Via cœli? » Et suivant notre doctrine, quelle iiarmonie au contraire dans cette compositions «lesus Lux » ou « Sol muntli. » symbole dominant — * Via rœli, i» « Vita lux hominum, » emblème de relation, se liant harmoniquement au type dominant.

Comme ces signes sont entre eux de merveilleux révélateurs ! Les étudier, rechercher leur verbe^ c'est s'élever dans les régions de la vérité; car ces types sensibles, ces signes visibles, sont la véiité ima. géet « lesus Sol, lesus Oriens, lesus Salvalor, lesus-Christus, Via cœli, » dit noire doctrine. Et la doctrine de Péfangiie et la doctrine du chrétien, que dit-elle? les mêmes sentences. Noos sommes donc dans la vérité. Est-ce que l'héritage de lesus el des âmes quMt a sauvées n'est pas dans le ciel? Etiésus, notre lumière, n'est-il pas notre plus siîr guide? notre voie la plus assurée vers le ciel? Et le ciel n'estil pas le doux pays de la lumière? Gomme ces deux ordres de signes, le dominant et celui de relation, se combinent et s'harmonisent intimement! quels merveilleux horizons ouvre à nos regards cette admirable conception t vers <{nelle hauteur sublime elle emporte notre âmel La vérité seule a une telle puissance, et nous pouvons appliquer ce langage à tous les grands types chrétiens!

RHËIMS

La numismatique des archevêques de Rheims est abondante. Elle porte, en général, le nom de Tardievéque écrit en monogramme. €omme ces monogrammes ont été lus, nous nous bornons à n^en tracer qu*nn nombre restrenit. Cette numismatique a, d'ailleurs, été bien étudiée.

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