PROVINS ET SENS
239. f SEEIiÛEMIS CI VI. Croix cantonnée de TAlpha et de TOméga et de deux points cardinaux — « Crux Principium et Unis ubique. »
B^. RILDVWISCATO. Au centre : T-, initiale horizontale de lesus d'où émergent des rayons; au-dessus : croix entre deux sphères = c lesus Lux muadi, crux e]us et omnia. »
L'emblème dominant se compose de deux éléments : 1» de 1'-*, initiale horizontale; ^ de rayons qui en émanent et que Taneienne numismatique prenait pour des ie»<« (/^pet^.
dette simple et magnifique composition est une inspiration des Livres sacrés : < Ambulemus in lumiue Domini. » « Populus qui ambulabat in tenebris vidit lucem magnam; habitantibus in regione umbrœ mortis, lux orta est eis. > c Ecce dedi te in lucem gentium ut sis salus mea usque ad extremum terras, d « Ërit tibi Dominus in lucem sempilernam et Deus tuus in gloriam tuam. » (Isa'ie.) Et, chose étonnante, on dirait que ces poètes des anciens temps qui recueillaient pieusement ces monnaies, ces médailles aux symboles et emblèmes chrétiens, ont voulu les décrire dans leurs vers didactiques; la pièce de vers à laquelle nous disons allusion est intitulée : c lesus nt sol. >
• Sic «Mat removet loas caljg^ imilm»
• Hoplfliiditqiw piri ndibrniD luiniiw^ lonper
B IlleeUni àniniot •
I ImmIm» I«mh IwMiAt bmdiit mmAm, »
Ce dernier vers contient une véritable description du bel emblème que nous venon.^ d'analyser. Xomment à cette époque donner de lésus, lumière nouvelle, jour nouveau, une idée plus exacte et plus simple en même temps?
{Voir au 6" tableau, n»* /, 2, 3, 4 ei 5, et aux textes, tit, X, ch. IV, V et VI, p, 4U et mv.)
HENRI W ou II — 115îi-ll«0-H97.
340. f HENRI GOMES. Croix cantonnée de deux points si^ériques et de deux doubles W = c GRVXVtValnbiqne I GRVXTtVal nbiqttef i Ân n* 21 des monnaies mérovingiennes, pl. nous avons trouvé une première forme du W répété deux fols. Nous le retrouvons ici avec la même valeur, la même signification.
^. PRVYINS GASTRI. Même emblème central, rayons émergeant de r- , initiale horizontale de ^ esus, avec une modalité différente des sipes qui raccompagnent. Nous devons expliquer cette modalité. Les deux formes demi-sphériques qui sont en contact direct avec riiorizontale divine sont deux croissants, et au centre, un grand V s'appuyant sur l'horizontale = « Virai lesiis Otiens Lux mundi. » « lesm-Christus Vila. » « lesus Oriens Vita et Lux. »
Aux n°» 5 et 6 des monnaies supplémentaires et aux pages 273 et 274, nous avons montré le croissant posé sur l'horizontale de la croix et nous en avons dit le sens et expliqué la valeur. Afln de ne pas nous répéter, nous prions de se reporter- à ces articles, ainsi qu'au 5« tahieau, n'*^ 15, 16 et 17, et aux textes, p. 108 et suiv.
De l'interprétation des formules W W ou Y I I accostant la croix =: V t II sur tes mofutotes mérovingiennes el féodales,
Nous trouvons sur la monnaie de Provins, n° 240, deux doubles W à deux cantons de la croix de Tavers. Nous sommes convaincu que ce sigle a été choisi parce que ce double W était au centre, au cœur du nom de Provins, tel qu'on l'écrivait alors : « Prvfinx, » et qu'ainsi ce sigle pouvait tout à la fois évoquer une idée chrétienne t t l'idée du pays. C'est presque constamment, comme on le voit dans notre numismatique du moyen-àge. nous ne devons cesser de le redire, une double idée, une double conception sous un même si^me.
Nous avons déjà établi que les V accostant la croix exprimaient celte sentence : & Grux Vincit, » * Crux Vita. * ,
OBS iNSGfRIPTfONS HOUÊTAIRES.
Les doubles W nous présentent un sens différent; ils sont l'expression d"un vœu : « Ciux \t\at. »
Cétle interprétation est certaine, car on la trouve exprimée en toutes lettres sur une monnaie de Dagobert. Ce roi, qui avait gravé autour de la croix rctic inscription : c l\e\ Deus, « le seul roi est Dieu, complétant ( elle grande pensée, avait accosté la croix de ces deux lettres V. C. « Crux Vmcit. >
Dans cet ordre d idées si chrétien, à cette dernière forme dans l'expression de ses sentiments, il a snbstitué l'expression Vi f VA, = Crux VlVAr On peut voir celle monnaie dans Bouteroiie, au règne de Dagohert. La môme pensée a, ^ons les Mérovingiens et sur les monnaies leodales, revétn une formule un peu différente; au lieu de Pinscription complète Vivat, elle a gravé, par nl)réviation, le signe V t II, ou W f W : « Cru\ VTVAf, Cmx VIVA/. »
Le double W int!i<]Me la répétition de la lettre V, qui est deux fois dans ViVat; les deux traits I I indiquent aussi la répétition du V, et sont souvent, par dégénérescence, une de ses modalités. Ce serait une erreur de considérer comme l'expression d'un nombre la formule V f 1 1. Ce vœu, cette acclamation : « Crux \i\at, t» était le cri de toutes les populations s'élevant au christianisme, et l'affirmant dans leur foi nouvelle. Le prologue de la loi Salique, rédigée en latin sous Dagobert, nous en est un témoignage. Il commence ainsi : c ViVat Ghristos, t t ViVe le Christ » qui aime les Francs; qu'il garde leur royaume, et remplisse leurs i h( fs de la lumière de sa grâce; qu'il protège l'armée, quHl leur accorde des signes qm attestent leur foi; que le Seigneur Christ-lésttS dirige dans les voies de la piété ceux qui gouvernent (1). » Aucun doute n'est possible sur l'interprétation et la valeur de ces deux formules. Combien cette acclamation est en harmonie avec le magni&qne emblème c Imu Lux mundi. »
THEBAUTIU — 41«7-i201.
241. f TEBAT GOHES. Croix accostée de trois croissants et d\m V
(1) Legis isalictt prologus, apud script, rer. galiic. etfraneîc., 1, IV, p. ItS et li3.
DE LA GOMPOSmOK
=r «Vivat Crux Chrisli, Cœlestis Gonsolatrix. » « Crux Oriens ubique. Vivat. »
^. PRVVNco CASTHI. Môme emblème central, — horizontale de ^esus projetant ses rayons sur le monde. Mais les signes qui s'élèvent au-dessus de Thorizontale sont bien différente des précédents. Ces signrs nous semblent plus particulièrement politiques, ce sont trois tours crénelées, figures des fortifications qui faisaient la puissance de Provins.
Ve ia ngnifieaikn des tùwns créiuiUes surmontant Fmhlème
de Prwins.
Cette composition est une dégénérescence des premiers types, mais elle n'est point insoVilo. Des cités importantes attestant lenr foi par leur emblème dominant, alleslaieiit aussi leur piiissanr e par un signe secondaire. Cette modalité remonte à Tépoijne mérovingienne. On trouve, sur un triens frappé a Bonlocrne. « Bobonia Civi, » la croix centrale terminée par des créneau r, dans le but d'indiquer que la ville était gardée par des murs crénelés; c'était le » (rcssoriacum navale de César et portus Morinorum. » On peut voir ce triens dans Bouteroûe.
Mais nous petisons que dans ces signes nouveaux qui surmontent rhorizontale de -^esus. sous cette ligure cr''nel»'e. appart iile, visible, exprimant une idée de la puissance malénelle, il y a le sens cacbé, il y a l'invisible, il y a Ttiiiblème de la puissance divine, qui ajoute à cette composition cette belle et grande idée : « a lesii-Christo omnis forlitudo. omnis armatiira fortinm. » C'est le langage des Livres saints, et rensemhie de ce hel emblème nous dirait donc : & Icsus Lux mundi, et a lesu-Cbristo omnis fortitudo. f>
Il faut se reporter au type champenois de Thibaut I*"", roi de Navarre, p. 326, nM77.
DES IMSQRIPf lOMS MOMÉf AIRES.