‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 26 sur 224 · DES LETTRES MINUSCULES · texte numérisé non relu

DES LETTRES MINUSCULES

Nuu.s appelons lettres minuscules les lettres enclavées, les lettres centrales et en vedette. Les lettres enclavées sont celles engendrées par les lettres mono-

grammatiques qui les renfermeot entre leurs divers traits. Ainsi VE monogrammatique enclave, entre ses traits liorizontaux, des b» des p on des r. (Voir an tableau des modes monogrammatiques.)

Les lettres centrales minuscules remplissent une fonction importante. Elles n*ont pas toujours été comprises.

Tout signe graphique, au centre d'un monogramme formé de lettres conjointes, a une valeur importante.

Lors donc que dans le centre du monogramme s^offre un signe graphique, ce signe et les traits qui le forment sont l'expression d'nne on de plusieurs lettres. On doit donc porter sur la partie centrale une attention tout aussi éveillée que sur les lettres monogrammatiques. Quand quelques traits ou quelques signes graphiques, quels qu'ils soient, se présentent au cœur irun monogramme, on doit être certain qu'il y a là une combinaison de lettres qu'il faut découvrir, et cela est si peu douteux, qu'en relevant ces lot* rr s, on a le monogramme entier et, de plus, le monogramme est régulin- et complet. Sans les minuscules centrales, on n'aurait qu'un symbole incomplet.

Par exemple, dans le monogramme carlovingien, an centre, se présente une figure, un losange. Celte figure réunit, par une sorte de contraction, trois lettres, trois voyelles combinées A V, et par leur réunion celles-ci forment FO losange. — Voir au tableau. — Ces trois voyp]|(^s ainsi fondues forment ce que nous avons appelé le groupe central carlovingien.

Jusqu'ici les trois lettres foi-mant le f^nnipe cnntrnl du monogramme carlovingien n'avaient pas été soupçonnées. Cependant, sans ces lettres il est impossible de trouver le nom entier du monogramme. Et celui-ci n'est complet et n'a toute sa valeur qne lorsqu'il reproduit toutes les lettres du nom ou du mot que I on veut exprimer, surtout s'il n'est pas complexe, f'pst-à-dirc composé de plusieurs mots, car, dans ce cas, les mots sont exprimés ou par abréviations ou par syllabes (1).

(1) Moiioi/rannna est nota vt churacler ut cum UTïV.V^k {\) uniqna videretur, unde monogramma dictum est, omnes tamen littéral nominis

Le groupe centrai du monogramme rarlovingicn donne, comme nous l'avons dit, trois lettres disposre s on losange, savoir : V\ à sa partie supérieure et TV à sa partie inférieure, directement opposé à l'A, dont il est ainsi Tantipode, et la réunion de ces deux lettres forme la troisième qui est 10 losangé, lequel a été le générateur de ro odonique que Ton voit dans les monogrammes de Eudes et de Raoul.

L'O losangé est qiirlqiielois jilus qu'une lettre, il est aussi une figure emblématique. On le trouve dans les symboles religieux des XI**, XII'', XIII"' et XIV" siAclcs, Co sont là des règles et des compositions qu'il ne faut pas i>(m-i1iv de vue, car c'est avec elles que sont faits les symboles (|Uf nous devons apprécier.

Veut-on une épreuve cerlaine de la vérité de ces principes? On n'a qu'il jeler un coui) d^eil sur les niûn(i|j;i amnies de Louis-le- Dt'iiue el de Louis III. Leur nom latin e5>l Luduvicus. La lettre A ne se trouvant ])as dans le nom, dès lors leur iiionogramme ne renferme pas le losange ctirlovutgien. Au contraire, s'agit-t-il de former le monogramme de Cailonian, frère de Louis III, la lettre A étant dans ce nom, le losange de Charles réparait. (Voir aux et '2^ tableaux, les monogrammes de Louis-lc-Bègue, de Cliarles II et de Foulques d'Angers.) t

De même, du nionuiîramme rrurilorrae de Eudes, le nom inscrit sur les monnaies est Odo, et celui ([ne nous donnons au n" 6 du 1" tableau, est Odo Rex. Il eût été naturel de mettre au ceuti e 10 odonique losangé. Mais dans Odo ne se li ouve ni l'A ni TV, on n*a donc point placé le signe carlovingien losangé au centre du monogramme cruciforme; il ne pouvait y être, puisqu'à celle place il eût exprimé plus et autre chose que la lettre 0.

exprimeret — c'est le sentiment de tous les savants. — (Voir le monogramme de Cbarlemagne et celui de Pépin, roi d'Aquitaine, son pelil-fils. Ces monogrammes régnliers sont formés de toutes les lettres du nom.)

(1) Ati lien 4e Otten. Il e&l M pfau jnste de dira figura, mU fiuvta wAqtut. La peHite de l'utear

eut Lté l'ius iductenent rendiie. car uu monograone conirasé comme ceux de Charles ou «le Pépin, né s'inTry jirii;(i< «nm la forme d'une \ellie iiniqm'. Il n'v » qu'une figure, qu'UHe fortM, qu'un eorûetere, nms il ) a pluneur» letin» combinées lians ce caractère.

Le monogramme crocifonne de Odo commence par 1*0 losangé à gauche. Cet 0 est la lettre monogrammatique Initiale. (Voir au iy| 6 da l«r tableau.)

De rv minasciUe central de Fnlco.

Une seconde épreuye complète de notre interprétation du groupe carloTingien nous est fournie par la composition du monogramme de Foulques d'Angers. — Notre interprétation se contrôle et s*affermit par Fanalyse du monogramme angevin. En effet, la minuscule centrale du monogramme de Foulques, comte d'Angers, dont le mot latin est Fvleo, est la Toyelle Y. Le monogra^nme conjoint cruciforme qui reproduit ce nom, Fulco, est normal, c*est-à-dire qu'il est composé de toutes les lettres qui forment ce nom. Or, nous trouvons en croix les quatre lettres F, L, G, 0. Si le monogramme était réduit à ces quatre lettres, il serait incomplet et inachevé. Il lui manquerait une lettre essentielle, IT. Or cette lettre fait partie de ce monogramme, elle y figure en miniucule centrale. Si la figure que forme le groupe carlovingien ne représentait, comme on l'a cru, qu'une seule lettre, on aurait pu parfaitomrnt laisser cette figure au centre du monogramme de Foulques. £h bieni non, ce n'est pas • cette figure qui occupe le centre du monogramme angevin, c'est simplement rv, c'est-à-dire l'unique lettre nécessaire à Tachèvement du nom entier. C'est TV qui est, selon une expression du blason, qui est en abyme dans ce monogramme, en marque centrale. Et chose frappante ! il est arrivé que l'on a enlevé cette lettre du centre et qu'on l'a placée au-dessous de ce centre. Eh bien! c'est toujours rV parfaitement form»^, se rattachant dans ce cas à L de Fulco.

11 suit de là que la ligure centrale du monogramme carlovingien est autre chose qu'un<^' i^iniple lettre, autre chose qu'un 0 losangé, et qu'elle forme bien, au contraire, ce groupe des trois voyelles A V 0. Pour bien saisir cette dissertation, il faut mettre en regard les deux ruonogrammes de Charles et de Foulques. (Voir aux i" et 2« tableaux.)

Du reste, nous appliquerons ces principes avec les plus grands détails lorsque nous analyserons les monogrammes de Charles et de

DE LA GOMPOSmOH

Foulques. Et nous dirons |m ur terminer sur ces lettres minuscules dont la fonction e?t si impuriante, que sans elles, ou le monogramme serait irrégulier et inromplélemenl formé, ou, ce qui est plus grave, si 011 refusait tle reLunn.iUuf dans le groupe carlovingien les trois voyelles qui le forment, on aurait un signe, une figure graphique inexpli(}uée et (jui n'aurait pas sa raison d'être.

C'est au eenti e du monogramme carlovingien que nous plaçons le groupe des trois voyelles, d'ailleurs nécessaires à la formation complète du nom.

Dans un t,] and nombre d'autres types, le losange formé par les lettres ^ \' opposées par leur base, ne représente que ces deux lettres; et ces deux figures graphiques V \ sont alternativement, selon le point de départ, un A ou un V. On en peut voir un exemple au n» 2 du 3" tableau. Salys à droite et le même mot Salvus à la gauche.

Si on n'avait point décomposé cette figure que nous appelons losange central, on ne serait point parvenu à foire une lecture complète de ce monogramme et à connaître la régularité de sa composition.

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