CHAPITRE II
DBS ABRÉVIATIONS SPÉCIALES.
Les différents modes d'abréviation qui, jusqu'à l'admirable invention de l'imprimerie, constituèrent la brachffgraphie y étaient soumis à des règles qu'il était fort rare d'enfreindre.
Cependant les scribes, les copistes, les graveurs d'inscriptions, lapidaires, avaient d'assez grandes libertés; aussi les signes et sigles abréviatils se multipliaient autant que les mots des langues qu'ils écrivaient ou copiaient.
Mais ces compositions abrévialives si nombreuses ne devaient point et ne pouvaient point trouvei- yilace dans la gravure des monnaies. En général, les modes d'abréviation sont peu nombreux et les signes abréviatifs peu multipliés dans la numismatique.
Abréviaftions par eontraotim on prétéritlon.
Le monog^ramme par lettres conjointes s\^crit par les principales consonnes qui entrent dans Torlhographc du mot. Ce sont les consonnes qui commencent chaque syllable du mot et la consonne finale qui composent ordinairement le monogramme par lettres conjointes. — Prenons pour exemple le monogramme de Robert, en latin Robertus. Il est composé des quatre consonnes R.B.T.S. RoBifrTrS. Cette composition est normale et d'émission primaire. — Voyons un monogramme national, c'est-à-dire du nom du pays où la monnaie est lYappf'e. Par exemple celui de Tournus, qui n'a pas été compris. Le nom kuin do Tournus est Trinorcium. Il est écrit on monogramme TnNoi CIt'f». Celle composition esl aussi normale et d'émission primaire
Si les noms ou mots à exprimer commencent par une voyelle, celle~''i est, m o no !,n a m ma tique, c'est-à-dire principale et dominante. Mais immédiatement après elle, on reprend les consonnes qui, comme dans l'espèce précédente, forment la tête de chaiiue syllable et Ton achève toujours le monogramme par la consonnt? llnale. Prenons en exemple le nom de Erbert, comte du Mans. Le nom lalin est Erhei lus ; il peut être ainsi écrit monogrammaliquemenl : E.B.Tvs — ErBéTTVS.
Les lettres médiales supprimées, retranchées, constituent ce que nous appelons une abréviation par contraction ou prétérilion, parce que, dans les mots abrégés par ce mode abréviateur, on fait disparaîtie, par une sorte de contraction ou de prétérition, certaines lettres entre les consonnes, ou entre les initiales et finales.
Cette modalité munugrammatique par coulracliou ou prétérition, (pioique en elle-même régulière, est cependant exceptionnelle, parce que la loi est que tout monogramme complet renferme toutes les lettres du nom, lorsque celui-ci est seul dans le champ de la monnaie.
DB LA COMPOSITION
Abrévialion par saspension.
Les monogranunM conjoints, exprimant plus d*ttn nom, sont formés d*aiie ou deux syllables des mots qui les composent. Ces sy1> labes sont toujours la première ou les deux premières du mot. Ainsi le monogramme vertical mi-parti de Gonan II, duc de Bretagne, est composé des deux premières sjllables des mots qui le forment : BRIT-CONS, pour Brilannorum Consul.
Ce mode d'abréviation qui consiste à retenir une partie des mots qui restent ainsi inachevés, s'appelle abréviation par suspension.
L*abréviation par suspension est poussée souvent fort loin, car elle va jusqu'à exprimer le nom par une seule lettre, la lettre initiale. Ainsi : 0 pour Odo, S pour Savaricus, S pour Signnm, pour Salus, pour Salvator, R pour Raimundus, pour Redemptor, etc., etc.
Des lettres liées.
Les lettres liées, après la lettre unique, forment le monogramme le plus simple. On les appelle liées parce qu'elles ont un trait commun qui les attache Tune à l'autre. Ettes remplissent de nombreuses fonctions; on les trouve en marque centrale et dans les légendes. £Ues forment le plus souvent les deux premières lettres du mot et sont ainsi des abréviatifs par suspension. D'autres fois elles sont les initiales et finales et forment ainsi des abréviations par contraction.