‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 30 sur 224 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

DES SIGLES OU DES SIGNES ABRÉVlÂTEURS .

kwL yeux de quelques Dumiemales les sigles, selon Is rigueur du mot et selon la plus commune étymologie, singulœ UtîerWy seraient des lettres uniques, isolées, dont la fonction seiait de re'préienter, en abrégé, les mots dont elles seraient les initiales. Selon cette opinion, le sigle.serait donc une lettre.

Selon nous, ce serait 1^ une erreur et li étymologie dn

mot sigle n'est point êinffvh UUera. Sigle vient du mot grec (vrfhu), qui signifie chiffres, notes abrégées d'écriture. Or un chiffre, c'est un signe abréviatif, c'est exacitemeni la définition du sigle. Nous n'emploierons donc ce mot que pour désigner un chiffre particulier, un signe d'abréviation et nullement pour désigner une lettre.

D'un autre côté, le substantif sigle ne s'est guèr^ employé jusqu'ici qu'au pluriel. Nous l'appliquerons au singulier, ce que nous avons déjà fait dans une précédente publication oif. nous mterpréttons le monogramme de Gonan 11, duc de Bretagne. Ce monogramme se compose de lettres et d'un signe particulier qui, pqir luimôme, est à peine un signe abréviatif, puisqu'il remplace, dans ce monogramme, une seule lettre, une voyelle placée entre deux consonnes. Nous avons appelé ce signe abrév^tif, 4ans lemonognimine dont nous parlons, le sigle conanien, Ce sigle ou trait aigu Mlant ordinairement de gauche à droite, n'a pas pour unique foiu;tioii de ne

DBS INSCaUPTIOffS MONÉTAIRES. 41

suppléer qu'à une seule lettre. Il peut tenir lieu de plusieurs lettres lout aussi bien que Tabréviatif horizontal régnant sur un monogramme entier.

Il s'emploie surtout dans le monogramme complexe vertical miparti se composaat de plusieurs mots, et il joue alors un rôle vraiment remarquable.

Il établit une relation on junit dire suivie entre les deux parties du monogramme. Celui-ci doit se lire de gauche h droite. La première lettre du premier mot est la grande initiale monogrammatique à gauche. Le trait ai^ru est mire celte giande initiale et les lettres de la seconde partie. Or il indique (|u"apiès avoir ii-ouvr les lettres et syllables qu'il supplée et dont l'initiale est à gauche, il faut terminer ce mot par Tune des Ictti e.s à droite el vers lesquelles i! se dirige. C'est l'abrcviatif monétaire le plus remarquable. Ou a uu exemple bien frappant de rimiJurliiticc de son rôle dans diverses compositions du monnayage féodal.

11 est encore des sigles dont la fonction abréviative supplée plusieurs lettres, une ou deux syllables môme; en un mot, leur fonction est d'exprimer toutes les lettres nécessaires à la formation du mot au-dessus duquel ils sont posés.

les trois derniers traits tracés au tableau sont des abréviatifs par excellence, ils suppléent à toutes les lettres qui font défaut. Mais, en €6 cas, ils sont horizontalement placés au-dessus des lettres exprimées et les couvrent toutes selon leur étendue horizontale. On a aussi des exemjjlies de ces abréviatifs posés verticalement comme on le voit au tableau, et même posés horizontalement au-dessous du monogramme.

Le trait abréviatif aigu, dont nous venons d'expliquer la fonction, est plus particulièrement employé dans les monogrammes monétaires. On peut dire qu'il est presque exclusivement spécial à Part du monétaire, tandis que les abréviatil^ horizontaux, dont nous avons parlé en dernier lieu, étaient surtout employés dans récriture des chartes, des manuscrits, par les scribes et les copistes des siècles qui ont précédé la découverte de rimprimerie.

Nous avons tu le réle que remplissaient les lettres paralèlles po-

DE L4 COHPOSmON

sées aii-dpssus et au-dessous 'le^ symboles. Les monogrnmmistes plaçaieni t'ii uulro dos traits horizontaux au-dessous et qni lquefois sur les cùlés de leurs symboles. Ces traits monogrammiques ont une réelle importance, car leur rôle est étendu. Ils ont pour mission de supfiléer les letlres non tracées dans le synnhole. C'est le trait abrévialif an phis haut chef. Ce trait fut fiapfx' sur les monnaies et les sceaux de ces temps anciens, ( omme déjà depuis des siècles il régnait dans l'écriture, où 1 on a maltiplié infiniment tous les signes abréviatifs. Il faut donc porter une attention particulière à ce signe, lorsqu'on lit cerlaiits monogrammes. Sui une série de monnaies, nous établirons la mission remplie, par ces traits al)réviatifs.

Nous n'avons trouvé aucune exception à cette règle, que le trait lioi izuntal au-dessus d'un monogramme ou d'un nom a pour fonction de suppléer aux quelques letlres nécessaires à la complète formation du nom. Pour comprendre ces explications, il faut absolument avoir les tableaux sous les yeux. (Voir les abréviations, 2*» tableau.)

DES INSCRIPTIONS MONfiTAIRBS.

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