‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 32 sur 224 · D£ LA DÉGÉNÉRESCENCE DU TYPE ET DE SA FILIATION · texte numérisé non relu

D£ LA DÉGÉNÉRESCENCE DU TYPE ET DE SA FILIATION

La dégénérescence d'un type est nne altération dans la forme de ce type, ou une oblitération des lettres qui le composent.

Par la dégénérescence une transformation s'opère, et c'est alors que la fdiation apparaît. Néanmoins toute transformation n'est pas une ilégénérescence.

Tous les types ne se transforment pas et n'opèrent point une filiation. Ainsi le type au monogramme carlovingien, l'un des plus puissants, qui a été souvent imité, ne s^est point trftnttfonné en un autre type. H a Técn de longues années, U a été la monnaie primitive de presque tout le monnayage féodal, mais il ne s^est métamorphosé en aucun autre type. H a toujours été lui-même, il s'est usé, il a vieilli et s'est éteint (Voir au n<> 1 du 3* tableau.)

En d'antres cas, au contraire, on voit sortir d'un type primordial, par une suite de dégénérescences, un type nouveau. C'est ce qu'on

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appelle la niiation des typps. Celle-ci procède d'altérations successives, c'est une succession de dégénérescences. On iloit suivre chacune de ces successions pour se rendre un compte exact de la filiation des types cf. pour les bien apprécier et (■oniprendrc la transformation dernière. La dégénri'osrencc fait dévier le type de sa source première et le métamorphose pri'S(iue à l'insu de son auteur.

On trouve, au monnayage de Nevers. iiu type primordial ou d'émission priîîrnre. G"est, en inan|ue centrale, le mol HEX ('riit Iriangulaaemeiit. Les trois lethes de ce mot suliissent cliai'inic ei successivement de telles altéraUons, ((ue le mot qu'elles formaient primitivement, le mot Uex, est déllnitivoment transformé en wie fatiiiilc. Kn suivant sur une planche des monnaies nivernaises reproduisant successivement chatiue altération, on voit s'opérer, de dégénérescences en dégénérescences, cette remarquable métamorphose, (VoLi' au 'S" tableau, le n" 5.)

Un autre exemple frappant des faits et gestes de la dégénères, cencc, c'est le type à la tête turonnienne. Ce type s'étend sur un vaste pays, la Touraine, le Hlaisis, le Perche, Chinon, Chartres et d'autres encore. Quels changements il y subit, il cesse d'être luimême et ses métamorphoses ou transformations ditlèrenl, en quelques points, suivant les pays où les monnaies sont frappées. Mais aucun type n'a été j^lus plus approfondi dans ses dégénérescences, aucun type n'a été l'objet de plus savantes discussions. Nous y reviendrons lorsque nous nous occuperons des monogrammes de ce vaste pays. (Voir le n» 4, au 9* tableau.)

Ainsi souvenl de la dégénérescence naît un type nouveau. La dé-* générescenee est donc quelquefois génératrice. Mais comment sV père son enfiintementt II &ut remonter à l'origine d'une filiation pour le connaître, se rendre compte de la persistance des types, et de la création nouvelle.

On peut dire que ces types sont de formation secondaire; ils ne sont point sortis du premier jet d'une volonté créatrice, ils ne sont point nés d'une première et puissante inspiration. Ils sont nés parce que le principe de la persistance a longtemps résisté aux effets de la dégénérescence.

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