‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 34 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

D£S ATTRlkuTlOMS.

Pour détei minei* à quelle époque, à quel souverain, à (jucl pays, à quel atelier doit s'attribuer un type, une légende, une monnaie, il est souvent nécessaire, comme nous venons de le dire, de remonter à l'origine du type que présente la monnaie. Déterminer une attri-

DES INSGRIPTIOT«S MONÉTAIRES.

bution est souvent Tane des choses les plus dUûciles de la numismatique.

Remonter à rorigiiie de la filialion est un des moyens de parvenir îi déterminer une attribution, mais ce moyen n'est pas toujours luimême facile. L altribulion est donc la reconnaissance du pays, de répoque et du prince auxquels appartient une monnaie.

Cette reconnaissance conduit à la classification des monnaies.

Mais pour déterminer une attribution, qui embrasse une triple reconnaissance, il faut plus que de découvrir l'origine du type, ce h quoi d ailleurs on ne peut pas toujours arriver, il faut posséder le style des monnaies, le faire des ateliers de ciiatiue époque, de chaque ville, de chaque souveraineté. Chacune de rps puissances créatrices des monnaies y laisse sou empreinte pariu ulière. Elle a sa manière, ses nuances, en un mot, son style. Nulle connaissance ne demaudo plus de tact, un esprit plus exercé, plus délié, une habitude plus coninnielle de voir et d'examiner attentivement les types, les légendes monétaires; nulle n'exige une patience plus grande, une élaboration plus longue et plus approfondie. Car non-seulement cha(iue région a sa manière, mais encore chaque période de monnayage a son faire, son mode d exécution. L'examen et la connaissance des styles sont les premiers éléments de l'ai l des attributions. C'est la seconde vue du iiuuiismate, et de cet art des attributions on passe a celui de la classillcation. Mais si la tâche est ardue, que l'on ne se découra^re pas, car elle a son attrait, celui de la difliculLc vaincue, et sa récompense, celle de la conquête d'une vérité. Du reste, les savants ne se sont pas décourajîés, car aucune partie de la science numismatique française n'a fait plus de progrès que celle de i attribution.

De la Classification.

La classification dériye de rattribution. Elle consiste à placer les monnaies, dont on a reconnu Tattribution, dans Tordre numismaticpie auquel ces monnaies doivent appartenir.

UatlribuUon n'est pas seulement tout ce que nous venons de dire,

DB LA COMPOSITION

mais cllo t oncouri encore à détermiuer à quel ordre uamismatique

il faut iil;u'er les monnaies.

Auisi deux grandes divisions s'offrent d'abord : Ou la monnaie est autonome, ou elle est une imitation. Si la monnaie est imitée, elle appartient à la pc^riode mérovin-

gienne, carlovïQgieaae ou baronale. Il y a de nombreuse» subdivî-

sions.

Si la monnaie est autonome, elle est personnelle an priii-'e i\\n Ta frappée ou elle est jji-opre au pays où elle est ace. Alors elle est ou municipale, ou royale, ou buionale.

Nous avons trouvé des collections où il existait, à cet égaid, une assez i,n a nde confusion. La classification importe donc beaucoup à Tordre et à la bonne barmonie d'une collection. Elle aussi est comme une lumière de la science. Une classiiicaiiou irréprochable révélerait une connaissance supérieure des lois générales de la numi-^iuatique, en même temps qu'une entente parfaite du sujet siiécial et de l'ordre auquel appartiennent les monnaies, objet de cette classification. Démontrons cela par un exemple. Avant que nous eussions révélé le monogramme de Couan II, duc de Bretagne, les uumismates qui nous ont précédés avaient classé les monnaies conaniennes à la période carlovingiennc. C'était une erreur, la monnaie de Conan est indépendante. Elle est autonome. Elle commence l'autonomie bretonne, elle est la téte de la première série des monnaies autonomes. Il faut donc refaire, sous ce rapport, la classification bretonne.

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