‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 35 sur 224 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DÉGÉNÉRESCENCE DBS LETTRES.

Nous venons d'établir les principes généraux qui dérivent de la dégénérescence, et nous nous sommes plus spécialement occupé do la dégénérescence des types. Mais il y a une seconde altération, là dégénérescence des lettres. Celle-ci est étendue, car les lettres ne concourent pas seulement à former des types et des monogrammes, mais encore â former des emblèmes par Teffet de leurs dégénérescences.

DES INSCRIPTlOiNS MONÉTAIRES. 49

Dès ici nous posons ce principe que de la dégénérescence des lettres sont nés des emblè'mes.Ge principe sera Tan des fondements de notre doctrine sur les lettres emblématiques.

C'est au sein do Talphabet que la dégénérescence a surtout élu domicile et étendu '^on action; c'est là qne ses. procédés, ses faits et gestes, si on peut ainsi parler, arrivent véritablement à des résultats inattendus.

Ainsi elle altère les choses à ce point qu'elle métamorphose la lettre en un signe» en une figure. Ainsi ro devient un croissant ou se métamorphose en nne étoile à huit rayons. Elle fait dériver ainsi le croissant de VO comme de l'S, comme du C. Le croissant est en effet une moitié de l'une ou de l'autre de ces deux premières lettres. Enfin, divisant l'O en deux parties, la dégénérescence en forme deux croissants entre lesquels elle pose la tige du lys, métamorphosant ainsi cette lettre en cette fleur symbolique.

Ainsi de la dégénérescence naissent, comme nous le verrons, les lettres emblématiques qui feront l'objet d'un tableau spécial.

Nous allons successivement et rapidement parcourir les principales dégénérescences que chaque lettre subit.

0« la lettre (Suivre sur le 2« tableau.)

La lettre A ne subit qu'une faible dégénérescence, comme on peut le voir au â« tableau.

De la lettre B.

La lettre B est aussi fort peu altérée par la dégénérescence, mais elle est souvent enclavée.

la lettre G.

Cette lettre, initiale du nom du Christ, est celle dont s'empare le plus la dégénérescence. Elle la métamorphose en croissant, elle en fait une lettre génératrice de 111, du V et de l'X. C'est surtout dans les symboles et emblèmes que su fonction est multiple.

De la lettre D.

Cette lettre est peu atteinte par la dégénérescence, mais elle est

so

DS LA COMPOSITION

souvent le lire mouûgrajïuualique et lettre enclavée. Elle est &uà&i symbolique.

Antres lettres.

Les lettres E. F, G, K, H, L, N, subissent, ù divers degrés, les effets de la dégéuérebcehce; elles sgut uiunogrammaliques, liées ou enclavées.

De la lettre M.

La lettre M subit des transformation» qui doivent être Tobjet d'une attention particulière, car sa forme, comme celle du C, entre dans les figures et diverses combinaisons emblématiques que nous noterons plus tard. Elle se forme souvent par deux C adossés et souvent se rapproche du V. (Pour comprendre cette observation» voir aux n<» 7, 8, 9, 13 et U du 4« tableau.)

De la lettre O*

La dégénérescence divise la lettre 0 en deux parties, comme on le peut voir au tableau; en ce cas, cette lettre se rapproche beaucoup du G et de TS dégénérés, avec lesquels cependant il ne faut pas les confondre. Cette lettre peut devenir emblématique.

Antres lettre*.

Les lettres P, Q, ont été fort peu atteintes par la dégénérescence.

De la lettre R.

La lettre R présente une altération qu'il faut remarquer. La dégénérescence la forme de la manière suivante : elle courbe, en forme de C, b partie supérieure du Irait yertical de VK, de telle sorte que l'R présente, dans ce cas, une téte ronde comme un 0. — Voir cette forme de PR à hi colonne des lettres dégénérées, au présent tableau.

Cette dégénérescence n^ayant pas été comprise, on a confondu, dans certaiuos légendes, la lettre R avec la lettre Q, en sorte que ces légendes n'ont pu être lues et ont été déclarées illisibles.

lu lettre S.

La lettre S joue on rOle important dans les inscriptions monétaires. La dégénérescence souvent sépare rs en denxtronçons, comme m serpait coupé en deux par le milieu, et chacnn de ses tronçons fait fonction de la lettre tout entière. En ce cas, elle pourrait être confondue ane la lettre C, ai on n*y fgôaait attention* Si on y prend garde» on reconnaît (|ne le tronçon de PS se différencie dn G, en ce que sa forme est pins allongée et très-serrée à la coorbe. Jusqu'ici on a confondu ces lettres S dégénérés avec des G ou même des oméga dégénérés. An monnayage de Senlis on trouve on exemple trè»jQstiflcatif de nos oliservatlons. Nous donnons d'ailleurs ce monogramme avec sa décomposition an n« 2 du 9* tableau.

Oe la lettre T.

La lettre T subit les effets de la dégénérescence» qui lui folt perdre souvent la moitié de son trait supérieur. B31e substitue diverses lettres et de plus elle est lettre emblématique, comme nous le verrons -plus tard.

Dee lettre* U et V.

Le V et PU ont la même forme dans les inscriptions monétaires. La dégénérescence a eu peu d'action sur ces lettres. Le Y cependant a reçu une forme aux traits supérieurs recourbés en dehors ou recourbés en dedans en forme de vase. Ges deux modes d'être sont moins des dégénérescences que des formes emblématiques que nous retrouverons.

Oe la lettre X.

La lettre X a été fortrespectéede tonte dégénérescence. Elle forme nne lettre emblématique dont nous verrons la valeur et la signification.

Les deux dernières lettres Y, Z, n'ont point subi d'altérations sérieuses.

Des Ultras substitaées.

Dans les inscriptions monétaires, souvent quelques-unes des lettres qa*exige Torthographe du nom sont remplacées par d^aulres lettres.

Ces substitutions d^une lettre à une antre ne sont point, à proprement parler, les effets de la dégénérescence. Ces substilutlooç, dont nous avons déjà parlé, sont rarement la faute du graveur. Si celui-ci ne pouvait aisément se livrer k son caprice, le monogrammiste le pouvait encore moins, car il composait et dessinait le monogramme, les emblèmes et les légendes sous la direction do ta volonté créatrice. B devait produire ^expression complète de cette volonté.

Aussi dans les substitutions de lettres voyons-nous plutôt Texpression d^ine volonté que Terreur. Il est certain qu*à Taide de ces substitutions on a visé à obtenir un effet particulier, un résultat dans la composition, résultat imposslMc sans la substitution. Ainsi, à Taide de celle-ci, on combinait la légende avec In marque centrale et on obtenait une composition quelquefois fort singulière, mais qui, par sa singularité même, révélait qu'une volonté puissante a?ait présidé à sa formation.

La substitution de lettres poursuit et atteint encore un autre but. En outre de ce qu'elle est faite parfois pour se combiner avec la légende, et former avec elle une disposition particulière, elle a pour but aussi de composer une sentence religieuse et d'exprimer une pensée chrétienne.

Nous le répétons, parce qu'aucune vérité numismatique ne nous a été plus certainement démontrée dans la longue suite de nos études, la volonté créatrice des monogrammes triangulaires ou cruciformes par lettres disjointes, a le plus souvent un double but que nous avons déjà signalé, celui d'exprimer un nom national et une sentence religieuse, et celui d'évoquer une double idée. Il semble que l'esprit du temps se plaisait dans ces combinaisons; il les aimait, il les recherchait, et nous avons là l'un des secrets, l'une des causes des substitutions de lettres.

Afin de ne pas avoir à répéter les lettres que le monogramme prend souvent au lieu et place d'une autre lettre, nous renvoyons au ^« tableau, colonne des lettres substituées.

DES INSCRIPTIONS MONKTAIRES.

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