‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 48 sur 224 · O^NE MODALITÉ DU TRIANGLE ET DE LA CROIX FORMÉS PAR · texte numérisé non relu

O^NE MODALITÉ DU TRIANGLE ET DE LA CROIX FORMÉS PAR

LE G SYMBOLIQUE. {SuUe du Vf* 2 du 4« lableau,)

Avant de quitter les lettres emblématiques et symboliques, nous devons remonter à un signe chrétien que nous avons posé, sans numéro d^ordre, au-dessous des signes du n« 2 du 1* tableau.

Nous voulons parler de Pinitiale du Christ, ou du croissant trilobé et quadnlobé. Ce signe chrétien n'a été frappé sur les monnaies qu'à une époque postérieure à celle qui doit nous occuper, mais il a une telle affinité avec les signes du même ordre dont nous traitons,

il a joué un si grand rùle dans rarchitecture religieuse du moyeu-âge, que nous avons cru devoir en donner la décomposition, pour eu faire saisir le <5ens élevé, échappé jusqu'ici a 1 iiilcrprélation.

Ces ligui cb 11 ilobces el quaJrilobées sont formées, comme l'établit leur décomposition, de l'initiale du Christ, ou croissant lépélé trois fois et triaiigulairement disposé pour le signe trilobé; et répété quatre fois et disposé en croix pour la figure quadrilobéc. (Voir la suite du 11^2, 4^ tableau.)

La figure trilobée ou triangulaire est une expression de la puissance divine, un mode d^exprimer et d^évoquer Tidée de la Trè^ Sainte Trinité. G^est, Boas une forme nouvelle, le triangle sacré des Hébreux; au tieu de le former de 1% initiale de leliova, on Ta formé de IMnitiale du Christ; et ainsi ce triangle, au lieu d*6tre à angles aigus, est, si Ton peut ainsi parler, formé par des angles arrondis. TrUolnu » Tm m «fitn» — Trhiitat — Ikust

La n^uro quadrilobée est une forme de la croix qui, au lieu d*étre formée de rinitiale de lesus, Test de Tinitiale du GhrisL ISt cette figure, ainsi composée, est Texpression d'une sentence ou d*one invocation chrétienne : Crm dwittima Cœlatis OmsolairisBt— Croix Chrétienne Céleste Consolatrice I

Est-il rien de plus vrai, de plus conforme aux sentiments religieux de nos pères, que ce langage écrit au firontispice de nos églises ogivales, les véritables temples chrétiens?

Oui! le christianisme, dans sa divinité, devait donner le plus sublime essor au génie de Thomme; il Tinspira donc et produisit les admirables grandeurs d*un art nouveau, d'une architecture inconnue jusqu'alors.

Quoi de plus grand qae ce style architectural, si fier, si hardi avec ses ogives élancées vers les deux, portant dans ses flancs ou à ses sommets ces symboles sacrés? Ils sont, en effet, une merveille de la nature. 11 y a de ces temples chrétiens qui ont le genre de grandeur qui caractérise les oeuvres sorties des mains même du Créateur, parce qu'ils sont eux-mêmes une émanation directe de son souffle divin, l'art chrétien. Le style de Togive frappe tout à la fois par sa simplicité et sa grandeur; son dessin a des hauteurs et des

DBS INSGRIPTIOIfS MONÉTAIBES

masses prodigieuses, qui laissent la pensée du spectateur, prp=^rjue en extase, remplir les vastes espaces et suppléer les développcmeiils; rien n'y dérangé Ir^ r fiels et n'y trouble les aspects de l'ensemble. 11 faut que riioiume pense et s'humilie sous ces absides merveilleuses qui font descendre la lumière <!e ces symboles sacrés, des ces formes singulières ei mystérieiisp-. (le l'iigive. N'est-ce pas sous ces vastes espaces, sous ces voûtes prodigieuses, hors des bornes de la vie, tpie les pensées les plus saintes, les sentiments les plus divins remplissent Tâme, dès qu'elle est transportée par la religion au-dessus de ce monde ?

Le temple chrétien devient ainsi lui-môme un s^nnbole. Qui mettra un terme aux pensées (pi'il fait naître, aux sentiments quil inspire, aux méditations qu'il aiipelle, aux souvenirs des vivants et des morts qu'il évoque? Le temple nous enveloppe des mystères de Dieu et nous met en communication avec le Sauveur des hommes.

Nous ne saurions trop le répéter, la modalité du triangle et de la croix engendrée par le croissant, ou initiale du Christ, est née du génie chrétien.

Ainsi, lorsque ces symboles sacrés forment les sommets des Oèches et des ogives élancées vers le ciel, ils expriment celte idée : « Ecclesiu » Christianorum, templum Dei, salvatoris, consolatoris, teinplum » Triiiilatis. Ecclesia Domini, ~ l Eglise des Chrétiens, le temple du » Seigneur, du Dieu saayeur et consolateur. > Il est le signe distinctif dn temple chrétien.

Et l'ogive à la croix quadrilobéo ne dit-elle pas : C'est ici la demeure du Christ, du Sauvear des hommes, le temple de la prière, le temple où tout genou doit fléchir au pied de la croix. Templum Christit

Ces deux formes toutes chrétiennes de l'ogive ont été empruntées aux temples par la numismatlqne. — Elles sont devenues le cadre où se sont renfermés comme sous un abri protecteur soit les lys, soit les armes des princes chrétiens, et dison84e en terminant, si nous nous sommes habitués à voir ces compositions de l'Eglise gothique, sans les comprendre» sans nous élever à toutes les pensées divines qui les oiit créées, c*est que TEglise chrétienne ne révèle point tout à la fois les secrets qu'elle recèle, ni les beautés mystérieuses qu'elle

renferme. — Elle n'offre an prrmior ronp «l'ipil (|irnn ^;pns in<k^terminé et en 1 1 contemplant on deineurt' d un seiunnenl indéfinissable, (Fil m; sorlo tle nHorie sans ( alciil, san>^ biif, tjiii subjugue l esprit et 1 intelligence pour emporter Tâmc huiuame vers le ciel, étemel objet de ses désirs t

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