‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 49 sur 224 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DU TRIANGLE SACRÉ DES CHRÉHENS. figwe du 5« îaUeau.)

he précédent lablciiu nous a révélé les lellics symboliques et les rôles imporlauts qu'elles ont pour mission de rcnipiir.

iMais de tous les signes monétaires la partie la plus considérable et la plus élevée est celle de Temblémc et du symbole.

Dans la numismatique du nio\en-âge, ceux-ci ne \iarlcnt pas seulement à rintelUgence, mais encoi e à Tâme et à la foi.

Le christianisme tout entier, dans ses mystères, dans ses dogmes, dans ses sentences divines, y vit et respire.

Cette numismatique a donc sa racine dans la doctrine chrétienne, elle est une révélalioD incessante des saintes croyances de nos aïeux, une proclamalion conlinnelte, une profession constante de leur foi et de leur ailachement k TEgllse de Jésus-Christ.

Nous a?ons vu la symbolique a el nous n'avons qu'à rappeler de quel élément est formé le triangle sacré des Hébreux. — Son élément est rinitiale de lehova ouleova. t Sanctametterribile nomen, Icova,

DES mSGMPTiONS MONfiTAIRES.

» miiA serip, romplet iiiiir quinque vocales litleras ad formandum » omne nomen, nationibus universis necesssarlas. » Ce nom saint et terrible dans tous les temps a frappé l'imagination :

• Nmnai vonlct unyn In se colligit omoct,

> Quds ilD^ nenw iMtiii, leribere MOM iNNeal. » SdUeetf «leraoiitt]taiiiSINBNV!iIEI£verlniiû» » Nec formare mana, nec pôles ère tofiui.

* Si quid agas, s! quîd conoeptt rece loqnaris :

' a Alleodant SVMMO, liogaa nannaque, D£0. »

Sous la loi du Nouveau-Testament, cet I symbolique est Tinitiale de lehus ou lesus.

Le triangle sacré des Hébreux était donc un emblème, un symbole do la divinité; le symbole de edui qui ist par M-méme^ il évoquai! ridée du Dieu tout-puissant d'Isaac et de lacob.

n en est de même sous la loi du Nouveau-Testament Le triangle sacré se décompose et cependant il est f^imple dans sa composition, car il n'est formé que d*un seul élément, TI initiale de leova ou de lesus.

L'I syrabolique entre dans la formation des grands types. Il est, lui, le plus grand généraleur; sans lui, nul symbole chrétien ne pourrait être créé « Creator omnium rerum Dew. » Nous verrons son action incessante et permanente; un seul symbole, comme lui, ne se

décompose pas, c'est le signe magistral du divin maître que nous irouvTi'ons au tableau suivant 4 fundamentum est lesus. > cMagister vesicr un us est. y>

Ainsi donc est formé le triaîiglo .sacré des chrétiens.

Signe de toute-puissance, il exprime l'idée de la Trinité, qui est le piemier des mystères chrétiens et le premier fondement du christianisme.

Ce signe divin est de toute antiquité. De même que nous démontrions tout à l'heure que le? Romains avaient empnmté aux Hébreux jusqu'au nom du maître de leurs dieux (1), de même qu'antérieure-

(1) Dans leur théogonie, les Romaini appelaient le maître de leurs dieux, lovis, lupitcr, par contraction des mots lovia pater; c*e8t un emprunt détourné de la source hébraïque, parte âetartâ, lewa.

ment aoos avons établi que le paganisme avait emprunté aux Hébreux leur symbolique Thau, signe d'absolution, de même nous voyons que le triangle sacré fut, par les nations |»aîennes, emprunté au peuple de Dieu, qui est bien le premier des peuples, puisque tout en découle.

Il n'est pas sans intérêt de voir ces signes divins se transmettant de générations en générations, toujours plus entourés de leurs respects plus afttrméspar leur foi! L'interprétation de nos ancêtres peut nous être un appui ; voici comment ils se sont exprimés : « Le triangle est

* hiéroglyphique de la divinité adorable du Père, du Fils et du » Saincl-Esprit, qui, étant trois personnes, ne font qu'un Dieu, de » même que cette figure composée de trois angles égaux ne fait » qu'vn triangle parfait, lequel a esté aussi recogneu par les anciens » Payens pour symbole de la Divinité qui comprend dans son éter- » nilé, le passé, le présent v\ fadvcnir. n Rien de net et de positif comme ce langage qui sliarinonise si admirablement avec celui de rAncien et du Nouveau-Testament.

« Docele omnes gentes baptisantes eos in nominc Patris et Filii et » Spirilûs Saiicti. y> S'il était possible de sonder celte triple puissance» (juel ablmc, (juelies profondeurs iiihnies nous seraient entrouverts sur cet admirable et inipt-nclrable mystère de la 1 runté. « Deiis » trinus in j^ersonâ et unus in essentiâ. » « Vcrbo Domini cœli iinuati » sunt, et Spiritu oris ejns omnis virtus eonim. » (Psaume 32, 0.) Et quel langage nous fait entendre saint Jean, le grand évangélistc : « Cum autem vencrit Paracletus quem Ejo miltam vobis a I\itrfi, i> Spiritmn rerHatis qui a Paire procedit, Illc leslimonium perhibcbit

* de AÎE. » C'est en ce sublime lanj;age ijue la Trinité trois fois sainte estdédari i' i ar TAncien et le Nouveau-Testamen!. VA 1'K<i)rit (le véiité cât venu inspirant l'Ëglise <c Cujus Trinilas iii;mameuLum » est. »

La figure que représente le 1 de notrt' T)- tableau est fort l emarquable : des numismates n'y ont vu qu'une étoile à six ravoim. L'étoile est aussi un emblème chrétien, c'est même un symbole que

nous expliquerons, mais.ee serait une erreur de ne voir qa^ttne cloile dans la figure que reproduit le m 1 de notre 5" tableau.

Ufinut prendre garde qu*à l'étoile ne se rattache jamais aucun autre signe s'f ajoutant comme un attribut; or ici le double triangle que nous examinons est accompagné des signes qui lui sont identiûés, et qui ont une valeur sjpbolique.

Le premier de ces signes qui frappe vivement l'attention est le signe magistral par excellence ; nous en verrons le sens et la vertu au tableau suivant; il est le signe du divin maître € signum divi Kagislri. »

Ainsi cette première composition, ce signe magistral uni au triangle, nous révèle cette sentence chrétienne : « Trinitas magislra mundi, » « Dens magister gcntium » et rappelle la parole de Tévangile que nous avons déjà citée lorsqnc Jésus-Christ, aprôs sa résurrection, envoyant ses apôtres aux nations, leur dit : « Docete omnes gentes baptisantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritùs sancli. »

Le second triangle enlacé au premier porte une sphère à chacune de ses extrémités et nous révèle dans cette mystérieuse composition le puissant amour de Dieu pour la terre, réternelle attraction qu'il exerce sur elle, et nous dit ces sentences chrétiennes : Trinilas subU'vat orbes « orbis Deo adhœrebit. » Et en effet. Teusemble de cette composition nous offre le symbole divin, le double triangle sacré s'enlaçant avec les mondes de i univers qu'il soutient et protège.

Ce grand type a été frappé sur des monnaies au nom de Charles III

Nous devons décrire celte monnaie avec le langage de la numismatique et nous en lerons ensuite cnnnalirc l'origine.

f CARLVS REX — croix cantonnée de deux sphères au 1" et au 4« et de deux croisettes au 2^ et au 3*', crux uhique régnât.

^ : Double triangle renfermant en soi des sphères. L'un est rehausse du signe magistral vers le sommet de chaque angle, a Trinitas magistra mundi protegit orbes; » l'autre soutient une sphère à chacune de ses extrémités. « Deus Trinus sulilevai orbes, mundusDeo adhœrebit. V) Doulde denier. — Emission primaire.

Cette monnaie est toute chrétienne à l'avers et au revers; par ce

m LA COMPOSITION

motif, nous raUribiions nu\ premiers jours du rèpne de (iharles III, alors (|iie régnait aussi Eurles. romtc do Paris, fils de RoberHe-Forl.

Charles étant trop cnfanK Eudes avait été porté au trône i>ar la îifTCssit(^ dp la défense du pays roiili e les Normands. Mais de grands seii^aieurs. jaloux de la puissance de Eudes, avaient reconnu pour roi Charles III et l'avaient fait sacrer à Reims d^'s Tannée 893. C'est à celle époque que nous fixons la fabricalioQ de ce beau double denier que nous venons d'analyser.

Sa douille eomposition chrélionne nous en fait une loi. Nous Pavons dt'jà dit, les monnaies qui à Pavers olTrent la croix entourée du nom du roi et au revers un second type chrétien, ont été frappées en général à Pavénement du prince, surlout lorsque ce prince était appelé au trône du vivant de son pire. Cela était dans Pordre cl dans le courant des idées chrétiennes qui dominaient les nations et les princes. Et nous le répétons, c est toujours à ce point de vuequ*il faut se placer pour comprendre et juger Pœuvrc monétaire du moyen-âge.

On trouve ^ur des monnaies de la i'^'^ et de la 2'^ race des rois francs ce double triangle ou étoile, réduit aux proportion^ ins iriangles du n» 2 de ce tableau (voir ce numéro), cai" il n'est pins le tyi)e dominant de la monnaie, il n'est plus en marque centrale; mais il accompagne alors soit Pefflgie du prince, soit le type du centre. Ce double triangle exprime que le prince régne per Trmitnlemi per Christum, per Deum, ou, comme on l'inscrira un peu plus tard sur les monnaies, « Gralià Dei. »

Ainsi au revers d'un denier do Pépin-le-Dref, on trouve ce double triangle après les deux grandes lettres FR en marque centrale. A Pavers (te co denier est le nom IMPINVS : or Pavers et le revers de cette monnaie se liant intimement dans leurs inscriptions, on doit lire PIPINVS graliâ Dei, gratiâ lYùiitatis ou gratié Christi Ftancorum rex.

DES INSCRIPTIONS HONÉTAIRES.

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