CHAPITRE II
DE LÂ CROIX ET DE SON SYMBOLISME. (iV» / dU 6* tobltaU.)
De ta croix avant I.-C.
La croix était un instrument de supplice usité chez les peuples anciens, et sur lequel on attachait les malfaiteurs pour les y faire
mourir.
La croix n'était quelquefois qu'un simple poteau droit ef uni sur lequel on attachait un patient avec des clous ou des cordes. Familiarisé avec la ligure de la croix chrétienne, nous ne nous la représentons que sous la forme de deux lignes, Tune perpendiculaire, l'autre horizontale, et nous ne considérons pas le simple poteau comme une croix. Cepend^nf au fond la croix, crw.r, qui dérive du mot crnnnri. torturer, nimphque point, pour Tinstrument de torture, une forme plutôt qu'une autre.
La croix composée est faite de deux pièces de hois>qui se coupent à angles aigus comme la lettre X. ou de deux pièces dont Thorizontalc surmonte la perpendiculaire, conirn* dnns le TAV des Grecs et des Latins T, ou enfin de deux pièces dont Thorizontale coupe à angles droits la perpendiculaire environ aux deux tiers de sa hauteur ; en tous cas, toujours un peu au-dessous du sommet de la perpendiculaire. C'est la croix latine f .
122 1»B U COMPUSmON
Ik la cnnao de L-C*
Nous avons dit, aux pirrf'drnts < liapili ps, (jiie l;t ( i oi\ sur lnqiielle Notrp-ScigneHr !.-C. fui crncilié élait la croix des Juifs, c'esl-à-dirc ceWe qui retrace le TAV-7\
Aucune de ces croix n'est le type onlinaire de la croix monétaire. Nous venons tout à Theure quoi est ce type.
Chez les Romains, le supplice do la rroix riait réserve aux voleurs, aux esclaves et aux délateurs. On appelait ce supplice : « servile suppîicium. > CYtail une grande infamie d'être mis en croix. Cest sur la croix (fue le divin Sauveur voulut mourir pour racheter les hommes, et la croix est devenue le signe sacré de la rédemption ; le symbole de Pignominie est devenu celui des espérances et de la gloire des chrétiens : « 0 crux ave, spes uniquat » f 0 crux gloriosat »
Constantin, après avoir embrassé la foi chrétienne, défendit, par respect ponr lesus^risi, d'infliger, à Tavenir, anx criminels le supplice de la croix. On donne le nom de m^tère de la croix, de mystère de la rédemption à la mort soufferte par Notre-Seigncar lesus-Ghrist sur la croix. Ce signe sacré est donc le symbole de la rédemption des' hommes, le symbole de leur salut.
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De la croix numélaii e.
Le prototype de la croix monétaire est la croix égale. On l'a appefée la croix de Gharlemagne, parce que cet empereur la prit pour type réglementaire de ses monnaies, et que ses successeurs suivirent , son exemple pendant plusieurs siècles. Néanmoins, la croix égale monétaire est antérieure à Gharlemagne. On la trouve fréquemment sur les monnaies mérovingiennes, dont elle est mémo le type le plus répandu. La croix égale est donc la croix monétaire par excellence. Elle en est-^ comme nous venons de le dire, le prototype. Elle en est le type normal. Celte croix est même antérieure à Tépoque ,mérovingienne.
Depuis la conversion des empereurs an christianisme) presque toutes les monnaies portent un signe chrétien, le cfarisme ou la GToix/et celioHsi est presque toujours une croix égale.
La croix que nous ayons flgurée au n« i du 6» tableau est la croix monétaire égale. La décomposition rend nn compte exact de la formation de ce signe sacré.
Elle est formée par l^initiale de lESVS se répétant et se posant deux fois, verticalement d*a])ord, et horizontalement ensuite. Ces deux initiales se coupent, à leur centre, à angles droits, et cette ' croix étant ainsi formée se place dans le champ de la monnaie. Lo plus souvent, et presque constamment, sa pose est droite; cependant la croix est quelquefois posée en sautoir et fome ainsi une croix dite de Saint-André : cette croix oJIire une figure de la symbolique X. Or nous avons vu aux lettres symboliques que 1% est une expression du nom divin du Christ La croix monétaire formi^e d'un élément unique, rùiitiale de lesus se répétant et s'appliquant sur elle-même, par son centre, à angles aigus, produit donc un X symbolique. Nous trouvons donc dans la croix : 1« ri symbolique qui exprime le nom de lesns; S" 1*X symbolique qui exprime le nom de Christus; 3<* enfln, la figura de la croix qui est le symbole de la réilt^mption par excellence, et nous exprime ces noms divins, cette idée chrétienne : «lesns^ilhnsuiis» t Grnx lesurChristi » c crux \ »