CHAPITRE I
OE L'ORIGIMB des MONOGRAMMbS.
An miliea des invasioas germaniques qai ravagé reot et détruisirent rempil e romain, au mitieu des troubles et des orages qui les suivirent, Tart monétaire, chancelant comme le sol des Gaules, comme les peuples eux-mêmes, subit de profondes altérations.-
Cet art eut alors à peine la puissance de reproduire les traits de rhomme. Les premiers rois méravingiens frappèrent sur leurs monnaies, encore assez exactement, l*effigiedes empereurs et leur propre effigie; mais peu k peu Timitation du type romain s*altéra, s'éteignit, ' et le type humain, devenu barbare, méconnaissable, finit par disparaître presque complètement du champ des monnaies d^s la fin du VII* siècle. Gomme nul peuple ne peut vivre sans cet agent, le plus puissant des transactions humaines, les souveraûis eurent recours à une forme nouvelle, à un caractère nouveau qui remplissant le champ de la monnaie, avait un langage et une valeur compris et entendus des populations.
L'apparition de ce symbole nouveau ne fiit pas et ne pouvait être instantanée. Ce symbole naquit donc et se forma lentement. — Il se produisit d'abord avec précaution, il se pla^ au revers de la monnaie romaine, au revers du type impérial, ne faisant qu'accompagner à droite ou à gauche le type de la Victoire. Il s'offrit sous la forme de quelques lettres liées entre elles. Mais bientôt il grandit et remplit le champ entier de la monnaie.
De ce qui précède il suit que nous n'avons point à faire remonter aux époques les pins reculées l'art du monogramme, ni à en re-
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DES IKSCR1PTI0N8 MONÏTAIRES.
chercher la naissance et comme son radical de formation. Cet art n est-il pas contemporain de l arl d écrire? Les lettres furent h peine formées qu'on les lia et qu'on les combina de diverses manières.
Les signes graphiques, les emblèmes et symboles, les hiéroglyphes sont antérieurs à Tart du monétaire. D'où il suit que les peuples, dès la plus haute antiquité, ont frappé leur monnaie des signes gra* phiques les plus entremêlés et 1^ plus variés.
Les Grecs les ont imités dans cet art, et l^on possède des monnaies grecques Irappées de lettres liées et entrelacées de diverses manières.
Les Romains, venus après eux, ont imité leur exemple, à ce point qu'il n'existe qu'un assez petit nombre de deniers consulaires qui ne soient pas empreints de quelques lettres liées, exprimant tout ou partie d'un nom propre ou d'une dignité.
Le même art de lier et grouper les lettres se répandit dans le midi de la Gaule d'abord, et plus tard dans la Gaule entière, surtout après la conquête romaine.
Les Buigondes, les Francs nous ont laissé leurs souvenirs dans cet art, et nous aurons à les apprécier dans cet ouvrage.
Hais c'est surtout sous les périodes carlovîngiennes et capétiennes que le monogramme règne sur la monnaie et làit sentir son action dans le monde.
Le monogranmie est le caractère nouveau qui, pendant près de huit siècles, servira aux transactions des Gaules, aux destinées des peuples, car il formera le sceau et sera la signature de nos premiers rois.
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