SES DIVISIONS GÉNÉRALES
Le monogramme, nom formé de detix mots grecs : uovo;, seul, ypaun», lettre, est ainsi défini par l'Académie : * nutnogramme : » chiffre, on caraciére composé des priri'-tfsalfs lettres d'un nom et > quelquefois de toutes. » D'un nom? quelle erreur!
Celle (léfinilion rsl inoxacte sous beaucoup de rappurl-N. — Lorsqu'elle fui (loniiée par rAcadéraie, on ne ronnaissail pas aloi-s la coinposiliou munograramatique. Aujoiinrinii li tandrait clian'jer les termes de celle délinition et due (|ue l»- ui iiix^Tainruc est un • lulTre ou caractère composé d«> fnuirs les lettres dun nom cl quelquefois de ses prvicijmh's lettres si uieinent.
La définition du dictionnaire de PAcadéiuie peut s'appliquer aux monoprammes des rois Burgondes ef à quelques compostlions ujonofrrammarnjues des premiers rois francs. Le monosrramme du nom de CCS princes n'élail foi un qui' des principales lettres de leurs noms et rarement de touies. C/c'^t le monogramme monétaire à sa naissance. C/esl la règle pour le premier Age, pour la première période monogrammaliquc : mais lorsque le monogramme eut définitivement conijuis le champ de la munnaie, lorsipTil entra dans toute sa puissance, il exprima le nom entier, il en [uodaisil toutes les lettres par d'habiles combinaisons, ci il > ajouta souvent un quaUficatir.
Telle fut la loi de sa composition que le monogramme tjui ne renfermait pas toutes les lettres du nom qu'il devait exprimer était anormal, incomplet; il faisait exception, lorsque ce nom remplissait seul le champ de la monnaie.
La définition ai adcmique ne s'applique donc qu'à uoe bien faible portion des composilions monogrammati(iues.
Le plus .souvent l'expression d un nom seul ne forme qu'un monogramme simple. Mais il y a des monogrammes complexes et ceux-ci sont plus nombreux que les compositions simples; et ces monogrammes, quelquefois, ne sont formes d'aucun nom de prince, de ville ou de peuple, mais de quaiiûcatifs s'appliquant au prince dont le nom est dans la légende.
La définition de l'Académie manque d'étendue, et elle n'embrasse pas CCS inscriptions monogrammatiqucs, qui sont les pios nombreuses.
De plus, lorsque le monogramme est complexe, il ne renferme pas ordinairement les principales lettres du nom, mais seulement
Digrtizeij Ly <jOOgIe
les lettres de sa première svilable, ainsi que les lettres de la première syllable du second nom ou tlu second mot.
Enfin nombre de inonô:ir'aTnfnes sont composés par une combinaison de letitrs et de figures symboliques ou emlil< iii i fiques.
La numismatique va donc plus loin que l'Académie, car non-seulement elle compose des monogrammes pnr lettres conjointes et non roiijuintes, mais encore par des comf ismis de lettres et de Jigure^, et aussi elle a des monogramiiu'.> exclusivement formés de symboles on emblèmes, l'ne définition du mouogramuie doit se bornei' à le faire saisir sous le point de vue le plus généraL
Pour nous, le monogramme est un caractère composé soit de lettres conjointes ou non combinées de diverses manières, soit de lettres et de figures emblématiques ou symboliques, soit de ces dernières ligures seulement.
De là trois grandes divisions monogrammatiques.
PrasnlfeQNi IMTfsiUm.
Monogramme uniquement formé dè lettres : — Lettres entrelacées, coD^ointes, ou non conjointes. — Gelles^i constituent le monogramme disjoint.
Dans cette première division entrent cependant des monogrammes dont les lettres ne sont pas toutes contenues dans un même assemblage. V
De là une double subdivision : — Les monogrammes mi*parti; — les monogiame8.avec lettres ein vedette.
Nous appelons monogramme disjoint, celui dont tes lettres ne sont retenues entre elles par aucun assemblage, mais disposées suivant une certaine forme, ou de diverses manières.
S«axlèm« Dl-vision.
Monogrammes formés par des lettres el des ligures se combinant entre elles : ces monogrammes, qui sont excessivement nombreux, ont été bien rarement compris. ^
Enûnle monogramme exclusivement formé de figure^^ c'est le
DE LA COMPOSITlOlf
symbole ou remblème propremeni dit. — Mais, sur do« monnaies, le symbole et Temblème parlent souvent plus énergiquement que la lettre de Talphabet ordinaire. G^est donc un langage, et, pour ce motif, nous le classons dans rœjavre monogiammatique monétaire.
Dans les monogrammes, on retrouve Tune des origines, l'une des sources des armoiries. — Les monogrammes ont été, sous la première période de la ff^odalitr. ce que seront les armoiries au commencement du Xin« siècle. 11 est même des monogrammes qui, en supprimant les lettres mêlées aux monuments qu^ils représentent, seraient de véritables armoiries. — Nous disons en supprimant les lettres, car on sait que le blason exclut toute lettre de son écu, et n'admet que des ligures el leurs attributs.