‹ Traité de la composition et de la lecture de toutes inscriptions monétaires monogrammes, symboles, et emblèmesChapitre 64 sur 224 · DU SYMBOLE FIC.LRK AU 0 DU 6*^ TABLEAU · texte numérisé non relu

DU SYMBOLE FIC.LRK AU 0 DU 6*^ TABLEAU

Nous venons de dire que la croix de L-G. était la croix des Juifs, dont le Tau des Grecs et des Latins retrace la >foime, et que cette lettre T était un signe d'absolution, «tiam paganis ipsit haHtum. Ce signe, sur les monnaies du moyen-âge, est composé du double élément qui forme la croix, de la verticale et de rborisontaledifféremment disposées; les deux initiales divines ne se coupent point à angles droits. Le Tau que nous avons sous les yeux est renversé, rinitiale difine verticale est perpendiculairement abaissée sur le centre de rinitiale divine horizontale. Cette composition, formée des éléments de la croix modifiée, est aussi un signe de salut. Audessous est la lettre S, qui ajoute au T Texpression de t^niii suIkIw, ou de crux talm! la croix t c'est le salut. Nous avons donné le sens de ce signe, et nous prions de se reporter au précédent tableau, oà nous avons présenté de plus amples développements.

GHAPiTRË VIIL

DU SYMBOLB PORTfi AO N« 7 DU^ TABLEAU.

Un emblème de la croix, disous mieux, un symbole, parce qu un

DES INSCRIPTIONS MOHtiTAIRES.

le retrouve souvent, qu'il est constant et traditionnel, que tonjoars seul et remplissant le champ de la monnaie, il semble exclure toute légende, un symbole que nous trouTOns dès Torigine mérovingienne, est celui de la croix ancrée, s'afBrmant sur une triple base*

Cette composition emblématique semble se prêter à deux sens. On peut y voir un emblème de la mère du Christ, t Haria Virgo Mater Christi, t formé de M monogrammatique, du V symbolique, issu des deux G adossés ou croissants. Gomme la volonté créatrice de ces types voulait atteindre à rexpression, par mia seule composition emblématique, de diverses sentences» on peut admettre ce premier sens.

Mais la décomposition de ce type nous a révélé une signiflcation nouvelle.

Cet emblème, comme on le voit {colonne éê (a âicompotiiion), forme .une croix ancrée dont chacun des bras se double et descend de Tinitiale divine; on'a ainsi donné une triple base à la croix' ancrée. Le plus souvent accostée de quatre sphères aux quatre points cardinaux, elle dit alors celte sentence : € Grux flrmammtum et anchora orbis. » Il faut rapprocher celte composition de celle des • numéros suivants, 8, 9 et 10.

Nous voyons dans ce signe une table d'autel dont, en effet, il retrace la forme primitive, la table sainte des premiers apôtres, et de là le nom : allarium, c ara salntis, i Tautel du saluL On trouve une variété dans cette composition, une modalité de ce signe que nous avons figurée au n« 9 de ce 6« tableau. On doit donc interpréter cet emblème comme nous Tavons fàit : c Grux, altarium lesus-Christi et anchora salutis. » c Grux flrmîssimum fîtndamentum salutis. > € Ara lesu-Christi. Altarium sancti martyris. »

A ^origine du christianisme, durant les premiers siècles, les images représentant la forme humaine étalent proscrites : la croix et ses nombreuses modalités étaient les seuls symboles offerts au culte des premiers fidèles, et ces symboles étaient multipliés à )*infini dans les catacombes de Rome, ces premiers sanctuaires chrétiens. Il importait, en effet, alors de ne pas laisser croire auxGentOs que les chrétiens tombaient dans ndoIAlrie reprochée aux païens.

130 DE LA COlIPOSmON

Jusqu'au XIT« si^^le, rimago do Dieu k* père ne fut point exprimée sous las traits du visage humain, et les esprits célestes sont représentés dans rEcriture-Sainte sous des formes de feu, de nuages, de vents, de roues.

Mais à répoque du moyen-âge où noas flommes, ainsi que nous Pavons établi dès les premières pages de cetoumge, Tart du monétaire n^avait plus la puissance de reproduire Pefllgie Immaine; il créait donc ces emblèmes, ces symboles que nous analysons, pour exprimer ses pensées et ses sentiment religioix, ou plutôt il reproduisait tous ces symboles que le génie dirétien avait enlàntés, dës« ses premiers jours, sous Tinspiratioa difine.

Ce n'est pas seulement sur les monnaies que ^se reproduisaient ces signes sacrés, on les gravait sur de pieux monuments.

Sur une plaque mérovingienne, qui évidemment a dû faire partie d'un monument sacré, on voit V<Utarkm que représente le n* 1 de notre G* tableau; seulement cet attaritim, au lieu d'être surmonté de l'ancre, est surmonté d'un vase ovale euisharistique qu'accostent deux colombes couronnées.

C'est une composition toute chrétienne, comme celle que nous IrouTons sur les monnaies.

Cette plaque foisait partie d'une quantité d'objets trouvés dans la vallée de l'Ëaule (Seine-Inférieure).

On trouve VaUariim (n« 10) sur VAâema/i ehroiiiea», oû Louis-le* Pieux, béni par une main sortie d'un nuage, est assis entre deux personnages, l'un le génie de la guerre, et l'autre le génie de la paix; l'un et l'autre sollicitent son attention et lui parlent. Cette composition est couverte d'emblèmes chrétiens; ainsi, à côté dé YaUariumt on voit la croix dans le losange sacré; au-dessus de la tété du roi, on voit le lys symbolique.

De la pt emière (orme de VaUarium ou de l aulel chrétien primitif.

Le premier autel eucharisque Ait la table de la dernière Cène sur laquelle lesus-Christ institua le divin sacrement de son amour.

DBS INSCRIPnONS MONÂTAIIIBS.

Dans lo langage usuel, on nomme autel la table plus ou moins longue et large sur laquelle on pose aujourd'hui le calice, le livre des épllres et évnngiles, le labernacle, les rolirjueset tous les oruemeutâ qui les décorent. Mais cette table et cet ensemble qui la décorent n"est pas l îmii'l; selon sa véritable si^niifiration, l'autel liturgique était, dans les premiers temps de la j l iuiitive Eglise, une petite table de bois, fort semblable à celle que retrace raltarium n** 9, sur laquelle on pom ait [»<isér seulement le cali'-e et la pati'-ne: aujourd'hui l'autel liturgique est une luei if i jiit t;, juste hissez grande pour re( pvoir le calice et lu patène; cet autel, qu'on appelle [uci le sacrt^e, est mobile et posé dans la table de bois, de métal ou de ^wrre dont la forme saisit tous les regards.

Cet autel mobile doit renfermer des reliques saintes, et la face supérieure ou horizontale de 1 autel doit être ornée de cinq croix, dont Tune est au centre.

L'autel, ou ara, ou altarium, que retracent les n*»» 7 et 9 du 0'' lalilKiii. est Tautel de la primitive Eglise; une simple table en boib de très-modique grandeur ne pouvant recevoir absolument que ^e calice et la patène.

La partie supérieure, terminée par un signe de puissance, caractérise la table sacrée, la table eucharistique; sans ce signe, il eût été presque impossible de reconnaître un autel et surtout un de ces autels antiques faits de Itois et consacrés à Dieu.

La partie supéi ieure de la croix et le signe de puissance qui terminent les autels des u" 7 et 9 révèlent donc leur caractère.

La table se voit dans la forme carrée et principale de la composition, mais les signes supérieurs sont ajoutés pour révéler la destination de cette table; c'était une idée pieuse que de reproduire sur ces muunaies mérovingiennes cet autel des premiers temps du christianisme.

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