Téte» laoréd, à droite; autour la légende : ANDEGAYIS
^. THEODOGISILIIS. Dans le champ : vase eacharisttqne, lalune, recevant les saintes hosties descendant du M.
Triens, or. Emission primaire.
( Gœnantibus autem eis : accepit lesns panem et henedliit ac fregit, deditque discipalis suis et ait : aodpits et comedite, hoc est corpus eorum. » (Math., XXVI, 26.)
t Et accepto calice, gratias agens dedlt eis. . « et ait illis : hic est sanguis meus novi testamenlt qui pro multis efltandetur. » (Marc, XIV, 22, 23.)
c Et accepto pane, gratias egit et fregit et dédit eis deoens : hoc est corpus meum quod pro vobis datnr : hoc facile in meam cornmemorationem. » (Luc, XXII, 19.)
c Galiz benedictionis ed benedidmns. 3 € Hieest pmii$ qui é$ eala âeseméiU » c Qui manducat hune panem vivet in sternum. » (Jean, XXVI, 59.) Voici le pain qui descoid du ciel ; celui qui mangera
DES IRSGIUPTIONS MOHftTAlIUES.
ce pain vivra éternellement. « Iste est panis quem DomiDus dédit vobis ad vescendum.» (E}Lod.)^£t maudavil oubibusdesuperetjanuascœii aperuitetpluitillismanna... et panem cœli dédit eis. » (Ps. LXXVII.) £t il commanda aux nuées des airs, et il ouvrit les portes du ciel, et il fit pleuvoir la manne. . . et il leur duima un pain du ciel. C'est de ces textes divins que s'est inspiré le créateur du type que nous avons sous les yeux, c'est la source sainte où il a puisé cette remarquable composition.
Cependant des numismates, qui attribuent avec raison cette monnaie à Glovis, la considèrent comme antérieure à sa conversion au christianisme, et par conséquent comme païenne.
Celte opinion est absolument erronée. Nous ne croyons pas qu'il existe une seule monnaie païenne de Glovis. D"abord ce chef des Francs dut, comme les rois Burgondcs, imiter le type impérial, surtout en faisant ouvrer des pièces d'or, ét ici il s'agit d un tiers de sol d'or.
En second lieu, à la fin du V« siècle le paganisme était vaincu, le druidisme expirant, Clovis se serait donc trouvé dans nn milieu peu favorable à l'émission de monnaies fort différentes de celles qu'adoptaient les populations.
D'ailleurs, si ayant sa conversion Glovis avait une monnaie autonome, en dehors des usages et des habitudes des populations (ce qu'il faudrait admettre), il dut, après sa conversion, décrier cette monnaie et en faire opérer la refonte. On ne peut s'empêcher de rappeler ici les paroles de saint Rémi : « Courbe ta téte, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré, i
En troisième lieu, il y a une réponse péremptoire à Terreur que nous combattons. La voici :
La monnaie dont il s'agit a été frappée à Angers; or, Angers était chrétien, et Clovis aussi lorsqu'il s'en rendit maître. Dès le III* siècle, au plus tard, le flambeau de la foi avait été porté, par des misssions, au-delà de la Loire (1). C'est au moins à la suite
(1) TerluUicn, né dans la seconde moitié du II» siècle et mort dans la première moitié du Ule, parlait ainsi des progrès du cbristiaoisme : « Credi-
BB LA COMPOSITION
de la jrrnnde mission du siècle, dont parle Grégoire de Tours, que sur presque tons les points de la Gaule, siHaMirent des églises et des diocèses régulièrement oiganisés. Or ce ne fut qu'au commencement du Vie siècle que Clovis fut maître d'Angers, c'est-à-dire plusieurs années après sa conversion au christianisme. On ne peut donc iixer rémission de cette monnaie antérieurement à la conversion de Clovis; dès lors est détruit le seul fait sur lequel on s'appuyait pour ne pas considérer comme chrétien le type qu'elle représente; d'ailleurs ce tyi)e proteste par lui-même. Si on ne Ta pas considéré comme chrétien, cVst que Ton ne l'avait pas compris, comme tant d'autres qui vont se présenter à chaque pas. Mais quel est ce type? Nous voyons dans la marque centrale une composition chrétienne très-caractérisée. C'est un vase eucharistique admirablement composé; il est formé d'un V et d'un M enlacés, initiales de la Vierge Marie, vase d'élection, symhole virginal destiné à recevoir la victime sainte, riiostie sans tache. Au centre de ce vase eucîinri^iKiue etaudessus, sous une forme sphérique, on voit les smiiies hosties descendant des cieux : c Et mandavit nulnljus de super et pluit illis manna. y> « Ilicest panis qui descendii de cœlis, » Ces hosties, c'est le pain descendant des cieiix à l'invocation et aux prières dn pasteur des Ames, c'est la victime sauiie, c'est le luste venant se donner aux. nations : « Rorate cœli de super et nubes pluant justum. »
C'est là une gracieuse composition, et ce vase eucharistique doit être ajouté à ceux dont nous avons donné la forme aux 4, 5, 6, 7 et 8 du 5° tableau.
Rien ne doit échapper au regaid alientif du numismate. Nous croyons découvrir dans cette charmante composition un monogramme. Le monosyllabe mon, moneiariuSj serait le quaiificatif du nom inscrit en légende autour de la marque centrale. Les créateurs de ces types du moyen-âge visaient souvent à un double but et se plaisaient, en conséquence, à ces compositions évoquant une double
demnt jam Gctulonim varietates etMaurorum inulti fines, Uispaniariiin omnes termini et GalUarum variœ ntUion» et BrUannonim inaciiessa Romanis oca Christo vero subdita. >
DBS IKSCntPTtONS MONÉTAIRES.
idée. Ce fait est si fréquent et si général, que nqas Tavons érigé en principe. Il faut donc tenir pour certain que cette marque centrale est un vase eucharistique, qu'elle a été composée pour évoquer anx regards des populations des idées religieuses. Ce vase devait reposer sur un triple pied et se placer dans un calice dont il devait former la lulune. Il a pu exister aussi comme forme extérieure.
Le monogramme que nous y découvrons est comme le point secret de la monnaie, comme le point secret de Tofficier qui la faisait ouvrer. C'est là un de ces doubles elTels, r(^pétons-le constamment, car rien nVst plus vrai, c'est là un de ces doultles n^sultats auxquels visaient les créateurs de ces types dans le moyen-âge.
Du reste, notre opinion sur celle mariiuc centrale est conlirméo par Texistence d'une autre monnaie qui offre le même type, mais plus simple. Elle n'est formée que du V symbolique recevant la maune eucharistique descendant des cifnx, rien de plus; par conséquent rien qui puisse offrir une combinaison dp lettres. On peut voii- ce dernier type dans Leblanc, page .58. {Voir notre 4^ tableau, du 6 au MO 15, ainsi que les textes qui y sont relatifs.)
S. LAVDVNO. Tète, jaurée, à droite.
^. GLOATO. Dans le champ : colombe eucharistique couronnée.
Des doutes ont été élevés sur la date de rémission de cette monaie. Les numismates, qui la veulent reporter à un temps antérieur à la conversion de Glovis, regardent le type du revers comme représentant un paon, emblème de la richesse et de la fortune.
Selon nous, c'est mal interpréter le type du revers. Ce type est chrétien, et par conséquent a été frappé par Glovis après sa con^ version.
Sous le règne de ce roi, la forme du vase destiné à recevoir les saintes hosties, la plus en usage était celle de la colombe. Or la forme de la colombe frappée sur cette monnaie nous parait plus caractéristique, plus indicative de son usage, de sa destination que toute autre. En effet, sur la partie supérieure de celte colombe, on voit un couvercle faisant saillie qui s'enlève et se remet à l'aide d'une palme, emblème du triomj^e du christianisme.
DB LA COMPOSITION
Par ces motirs, nous considérons celle monnaie comme émanée du sentimeuL chrétien.
CHLOTAIRE — 511-558.
0. D. N. IIVSTINIÂNYS II. Buste, diadémé, à droite; dans le champ : LV.
% VICTORIA AVSTV. Dans le champ : Victoire de face, tenant de la main droite une croix, et de la gauche une couronne; au-dessous de la croix : les deux lettres c S.
On a TU, avec raison, dans ces dew lettres les initiale et finale de Ghlotarins, de GUotaire, fils de Clofis.
Mais il faut remarquer cette composition. Les deux lettres c S sont placées immédiatement au-dessous du sjmbole, aurdessous de la croix, en sorte que Ton peut dire qn^elles sont en rapport direct avec cette croix, remarque que confirme le caractère même de ces deux lettre*;. Le n qai, s'il était exclusivement destiné à exprimer le nom du roi, devrait être une majuscule, est au contraire une minuscule, et la lettre finale, qui aurait dû être minuscule, est majuscule. Elle a ce caractère, parce qu'elle exprime une idée qui se rattache au symbole. En cfTet, ces deux lettres constituent une légende qui découle de la croix et qui doit ainsi se traduire : erux Salus.
Nous l'avons souvent répéu» dans nos principes, les volontés créatrices de ces types du moyen-âge visaient, le plus souvent, a un double but dans leurs compositions monétaires. Nous en trouvons ici un exemple.
Du type central iê la Vt0foir«.
Nous (levons aussi expliquer, une fois pour toutes, ce type si fréquent sur les monnaie >
Il y a deux types principaux de la Victoire : l-^le type romain, qui a eu diverses modalités. Il remonte jusqu'aux consulaires; le type chrétien de la Victoire, qui offre aussi diverses modalités. Celui-ci remonte à Constantin, il se distingue du premier en ce
DBS IHSGRIPTIONS HONiTAIBBS.
que la Victoire se présente sous les traits d'un ango revêtu d'une longue robe qui l'enveloppe de ses plis jusqu'aux pieds. {Voir les n«» /, 3, 9 et 12 de la planche première,) Le type ruuiain de la Victoire est moins ample et plus heurté dans sa composition. Mais depuis Constantin, Tun et l'autre types sont consacrés à exprimer une idée religieuse; ainsi IMn et Taulre type sont donc également chrétiens; lear forme seule tes différencie. Le type de la Victoire que nous appelons romain, comme celui que nous avons sons les yeux, forme une composition par laquelle rempereur exprimait le triomphe de la croix, qui seule fait mériter et donne la véritable couronne. Â cet emblème, on a consenré le nom antique de Viaona Attgusia, ou de YieioHa Âugmîmmt Hais quelle différen !o de cette Yictoire de la croix à celle si sanglante des autres Victoires foulant à leurs pieds des victimes humaines. La composition de ces -types que nous examinons doit ainsi se traduira : « Victoria Angusta porrigit gen* tjbus crucem per quam fidèles coronantur. i
Cependant, Temblème de la Vtrtoire a eu aussi pour but de rappeler et de conserver le souvenir de triomphes signalés, en même temps que, par ses attributs, elle évoquait des pensées chrétiennes. Ainsi était encore atteint le double but auquel visaient les créateurs des types du moyen-flge.
10. En monogramme : c Chlotarios sub cruce ou per crucem Rcx. »
lî. Kii symlfole nu\[n : «. Crux magislra mundi. » {Voir le n" // du « tableau), Co&t le type du revers de cette monnaie. Monogramme complexe, vertical, mixte.
Bill. Emission primaire.
Le monogramme de Tavers n'avait point été lu complètement. On n'y avait vu que Chlotarios. Il y faut ajouter Rex, et porter son attention au signe sacré qui domine toute cette composition. Le
trait horizontal supérieur ne forme pas seulement le T de CliloTarios, mais il forme aussi la croix par laquelle règne le roi «per crucem, per Cliristum, gralià Christi Rcx. y> Ce nom. ainsi formé. alTecte en apparence une désinence grecque, il faut se rappeler que l'O substituait rv. {Voir au tableau des lettres,)
DB LA GONPOSITIOR
Ce monogramme, birn n mposé, nous offre uue application des principes que nous avons donin s sur les lettres en vedelte. C'est une variété; ces lettres initiale et finale, au lieu de comprendre entre elles verticalement le monogramme, sont posées en côté, et remplissent, par ailleurs, toutes les conditions des lettres en vcdelle.
THÉODEDERT 1er — 534-547.