f Buste, diadémé, à droite. La légende est iUisil)le
1^. f lE OFFIGINA MAVRENT. Ën monogramme : EL DE ber TVS.
Monogramme cintré. Emission primaire.
Cette composition mérite une attention particulière. Toutes les lettres de ce monogramme sont génératrices, c^est-4-dire qn^elles ont un trait commun, que chacune d'elles concourt à en former un autre. Ainsi, le grand trait vertical et le trait supérieur horizontal qui concourent à former TE initiale du nom, concourt aassi à former le T, initiale de la dernière syllabe TVS; et le même grand trait vertical concourt encore à former T^.
Nous deTons anail remarquer les deux lettres minuscules vs an centre du monogramme. (Voir nos frineipn ou chapitre det foiirer minuseuleSj p. 34.)
Nous avons donc DN EL DE TVS. Ce nom est un nom monétaire de Childebert; il n'y n aucun doute sur cette attribution. D'ailleurs, on trouve dans Leblanc une monnaie de Childebert dont le droit est le chrisme de lesus-Christ, pasteui- des nations, et le revers porte en toutes lettres sur trois lignes EL UEHEK TVS. Nous trouvons sur la monnaie que nous examinons les mêmes lettres, moins les médiales,
les mêmes s|ltabes, moins nne, celle du centre. Ces trois lettres BER, formant une syllabe, sont supprimées dans le monogramme par contraction. {Voir atuoprmcipes des abrématiùns par contraction ou prétérition, p. 38.) La suppression de lettres médiates constitae Tabréviation par prétérition ou contracUon. Nous devons donc restituer la syllabe BËR et lire ainsi ce monc^mme : Dommus notler EL DE ber TVS.
Mais ce monogramme n*a été ainsi composé que dans un autre but ; aTec nne autre visée, fort certaine, que nous devons démontrer.
Du symbolisme qui ressort de la compositton du monogramme :
D. N. ELDETVS.
Nous avons établi que les créateurs des compositions monogramma tiques, emblématiques et symboliques du moyen-3ge ont, le plus souvent, visé à exprimer une double idt'e. imp double pensée, celle du nom du prince et du pays, et celle d'une pensée religieuse. Nous en avons un exemple remarquable sous les yeux. Eu effet, si Ton veut bien considérer dans son ensemble la figure centrale de cette pièce, elle évoque, à première vue, Tidée d'un temple. Sa partie supérieure se termine par un dôme surmonté d'une croix. Au centre, rS, en coupant la diagonale de I N, forme un X, symbolique de Christus. La croiselte com nuant le dôme sépare bien par sa partie supérieure la légende, mais elle est cependant au-dessous et s'attaclie intimement au temple dont elle fait partie. Elle aussi a une double fonction à remplir, celle dVHre point initial et linal de la légende, et en môme temps partie du temple qu'elle concourt à constituer et révéler.
reste, le mémo moiiogi ammc et le même symbole se trouvent en marque centrale sur un triens. La croix nUndique plus le point de départ de la légende, elle est fort au-dessous d'elle, dans le champ de la monnaie, couronnant le ddme du temple, dont elle feit ainsi ejEcIosivement partie (1).
(1) Voir rAnnnaire de la Société française aimiisiiialîiiae, |d. 6, i4 16 et 16» p. 113 et hût., année 1866.
DES mSCRlPTIOMS MONÉTAIRES. 191
Gela élaldi, il faut qae les lettres offrent un sens en harmonie ayec le monument chrétien, et nous lisons : £GGL£n0 Domtm Notlri iMU-GMft.
Gette dernière interprétation n^avait pas été donnée, et cependant eUe tronvait en sa faveur une autorité. H. Lenormand a trouvé dans dans ce monogramme : c Ecclesia Yiennensis. » Au moins sur Tidée du temple que représente ce monogramme, nous aurions pour nous Tautorité de ce savant. Hais nous n^invoquons pas seulement les lettres que renferme cette composition, nous invoquons, à Tappui de notre opinion, la forme et la figure même qu^elle représente dans son ensemble, qui est celle d*un temple.
U. En monogramme : D. N. CHILDERBERTVS. Nous avons donné une analyse de cette composition au chapitre des lettres en vedette, p. 39. Nous renvoyons donc à ce chapitre. Monogramme horizontal avec lettres en vedette. Emission primaire. Au revers de cette monnaie est le chrisme du boa Pasteur. Cuivre. P. 1,15.