‹ Traité de la constanceChapitre 109 sur 118 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Fnjln, Von enseigne que ces Maux ne sont ni noureaux, ni étonnants; qîiils ont toujours été communs imrmi les hommes et dans tontes les nations. Consolation tirée de là.

Je n'ajoute plus rien sur la Comparaison. J'arrive à une autre division de ma Légion, celle qui combat la

sed breviter et contemptim. Spolia enim potias leget ex devicto jam hoste, quam ut conserta manu acriter ciim eo pugiiet. Rêvera autem quid hic homini novum esse potest, nisi qui ipse iiovus novitius in humanis rébus? Crantor egregie et prudenter, qui versum hune seraper habebat in ore :

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Circulantur enim cottidie hse clades, et orbe quodam eunt per hune Orbem. Quid admirare? Quid tristia hœc evenire ingemiscis ?

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lllud potius mirum, si exlex quisquam ab hac communi lege, nec on us ferat quod ferunt omnes.

Solon amicum quemdam Athenis graviter lugentem in arcem deduxit, et subjectas omnes in magna urbe œdes ostendit : Cogita, inquiens, quam multi luctus sub his tectis olim fuerint, nune versentur, postea futuri sint : ac mitte mortalium incommoda tamquam propria deflere.

Velim idem tibi fieri possit, Lipsi, in magno isto mundo. Sed quoniam re non potest; âge, fiât paulisper cogitatione. Sisto te in alto illo, si vis, Olympo. despice mihi omnes urbes, provincias, régna; et censé

nouveauté, mais brièvement et avec dédain ; car elle ramasse les dépouilles de Tennemi déjà vaincu, plutôt qu'elle ne lutte vigoureusement et corps à corps avec lui. Par le fait, que peut-il y avoir de nouveau pour un homme, à moins qu'il ne soit lui-même un novice dans les choses humaines? Crantor, philosophe distingué et prudent, avait toujours ce versa la bouche : hélas, moi! pourquoi hélas tnoi? nous siqiportons les choses humaines. En effet, ces calamités circulent chaque jour, et elles vont comme en cercle sur ce monde. Pourquoi gémir de ce que ces tristes choses arrivent ? pourquoi s'étonner? Ce ii' est pas pour que tout te réussisse, Aga- 7nemnon, qu'Atrée t'a engendré. H faut que tu jouisses et que tu souffres, car tu es né nioyHel : en vain tu Vy refuserais, les Dieux le veulent. Il faudrait plutôt s'étonner si quelqu'un était exempt de cette loi générale, s'il n'avait à porter ce fardeau que tous portent.

Solon, rencontrant un ami qui se désolait très fort, le conduisit dans la citadelle et, lui montrant de cette hauteur toutes les maisons de la grande ville, lui dit : Pense combien de deuils ont été autrefois sous ces toits, s'y versent maintenant, ou y entreront plus tard, et cesse de pleurer les malheurs des mortels comme s'ils t'étaient propres.

Je voudrais, Lipse, qu'il me fût possible de te faire ainsi porter les yeux sur tout ce vaste monde. Mais puisque cela ne se peut en réalité, allons, fais-le un peu par la pensée. Je te place, si tu le veux, sur le sommet le plus haut de l'Olympe : regarde toutes les villes, les provinces, les royaumes; et pense que tu vois autant

totklem consepta te videre cladium liumaiiarum. Amphitheatra hœc qusedam sunt et velut Areiice, in quibus cruenti illi Fortunae liidi.

Xec longe oculos mitte. Italiam vides? nondnm trigiuta anni sunt, cum à sasvis asperisque ab utroque latere bellis conquievit. Latam illam Germaniam ? Validae in ea scintilise nuper discidii civilis : quae iterum exardescunt, et, nisi fallor, in exitialem magis flammam. Britanniam? perpétua in ea bella csedesque et quod nunc paullisper in pace est, imperio débet pacati sexus. Galliam? vide et miserere, etiam uunc per omnes ejus articules gangraena serpit sanguinolent! belli. Nec aliter in toto orbe.

Quee cogita, Lipsi ; et communione hac miseriarum, tuas leva. Atque ut triumphantibus à tergo destitui servus solet, qui in medio triumphi gaudio idemtidem interclamaret, Homo es : sic tibi monitor iste semper adsistat, Esse lieec bumana. Ut enim labor cum pluribus communicatus levior si-t : sic item dolor.

de réceptacles de calamités humaines. Ce sont comme les Amphithéâtres, les Arènes des jeux sanglants de la Fortune.

Et tu n'as pas à regarder bien loin. Vois l'Italie : il n'y a pas encore trente ans qu'elle se repose de guerres cruelles et acharnées qui la pressaient de deux côtés. Vois-tu cette vaste Germanie ! On y apercevait naguère de fortes étincelles de discordes civiles ; elles se raniment aujourd'hui, et, si je ne me trompe, elles éclateront bientôt en une flamme plus dangereuse. Vois-tu la Grande-Bretagne? Les guerres et les calamités y sont perpétuelles, et si maintenant elle est en paix pour un peu de temps, elle le doit à ce que l'empire y est exercé par le sexe pacifique. Et la France? Vois et prends-la en pitié : dans toutes ses articulations rampe la gangrène de la guerre sanglante. Il n'en est pas autrement dans le reste de l'Univers.

Pense à ces choses, Lipse, et que cette communauté de misères soulage les tiennes. Comme le triomphateur était habituellement suivi d'un esclave chargé de crier de temps en temps au milieu de la joie du triomphe : tu es homme; ainsi, toi, aie toujours présent ce moniteur : Ce sont des choses humaines. Le travail est plus facile, quand il est partagé entre plusieurs : il en est de même de la douleur.

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