CAP. II
Peregriiiationem non facere ad intenhos morbos ; indicinam eam esse, non medicinam, nisi si forte in leti quodam et primo adfectuum motif.
Langius moto leviter capite, Audio, inquit : mallem tu Sapientiae vocem et Rationis. Nam ha?, Lipsi, quae te involvunt, nebulae et nubeculas sunt k fumo Opinio-
Mais lui , soupirant à ce langage : Faible jeune homme, dit-il, quelle est cette mollesse? Quel est donc l'état de ton âme que tu cherches ainsi ton salut dans la fuite? La patrie est en ébullition et en proie aux troubles; j'en conviens : mais quelle partie de l'Europe est tranquille aujourd'hui? On pourrait presque supposer, avec Aristophane, que Jupiter Altitomiant se plaît à bouleverser tout et à raeltre en haut ce qui est en bas. Ce qu'il faut fuir, ô Lipse, ce n'est pas la patrie, ce sont les affections de l'âme. Affermir son esprit et le fortifier, voilà le vrai moyen de trouver en soi le calme au sein des troubles, la paix au milieu des armes.
Non, répondis- je avec un emportement de jeune homme, non, Langius. Il faut fuir ce désolant spectacle. Les maux que l'on voit de ses yeux frappent plus fortement l'esprit que ceux qu'on entend raconter. Plaçonsnous hors de portée des traits, loin de la poussière du champ de bataille. N'entendez-vous pas le conseil prudent d'Homère ? Loin des traits, de peur qu'une blessure nouvelle ne s'ajoute à une autre blessure.