LIBERTAS EST
rait non ta volonté, mais le vent : et sur cet Océan de la vie, tu refuses de suivre ce souffle modérateur de l'Univers! et tu le refuses vainement, car il faut suivre ou être traîné. Les décrets célestes conserveront sur toi leur force, et à leur moment, que tu sois soumis ou révolté. Nous ririons si nous voyions un homme qui, après avoir attaché son esquif à un rocher, tirerait sur la corde, espérant amener la roche vers lui, quand c'est lui-même qui serait attiré vers elle : mais notre sottise n'est-elle pas plus grande encore, à nous qui, liés à ce rocher de l'éternelle Providence, voulons, à force de la tirera nous et de lutter contre elle, qu'elle nous obéisse, et non pas lui obéir nous-mêmes? Mettons enfin de côté tous ces vains efforts. Si nous sommes sages, suivons cette force qui nous entraîne d'en haut, et trouvons juste que plaise aux hommes tout ce qui plaît à Dieu. Le soldat dans les camps, au signal du départ, ramasse tous ses ustensiles ; au signal du combat, il les dépose ; de l'esprit, de l'œil, de l'oreille, il se tient attentif à tout commandement et prêt à obéir. Faisons de même, et, dans cette milice de la vie, suivons notre commandant avec empressement et d'un bon pas partout où il nous appelle. Noits sommes obligés par notre engagement, dit Sénèque, à supporter les choses ?nortelles, à ne pas nous troubler de ce que 7ioi(S ne pouvons ejnpêcher. Nous som7nes nés en puissance de maître. Obéir a
Dieu, c'est LA LIBERTÉ.