‹ Traité de la constanceChapitre 40 sur 118 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Que rien ne se fait ici-las que i)ar la xolonté de la Providence : que c est-far elle que les plaies publiques sont euvoye'cs sur les petiples et sur les tilles ; qtce c'est donc manquer de piété de s'en plaindre et de les fleurer. Exhortation à obéir à Dieu, contre lequel il est téméraire et inutile de lutter.

Si tu m'as bien compris, si tu crois fermement et du fond du cœur que cette force qui nous gouverne intervient et pénètre dans tout, et, pour emprunter la parole du poëte, quelle emplit toutes les terres et toute V étendue des mers, je ne vois pas quelle place il peut rester pour ta douleur et pour ta plainte. Car cette intelligence prévoyante, qui, chaque jour, roule et déroule les cieux, amène et ramène le soleil, fait sortir et met en réserve tous les fruits de la terre, c'est elle aussi qui produit tous ces événements et toutes ces vicissitudes qui te surprennent et qui t'indignent. Penses-tu donc que les choses qui nous sont agréables et commodes viennent seules du ciel ? Les choses tristes et incommodes en viennent aussi. Rien absolument, j'en excepte le péché seul, ne s'agite, ne se trouble, ne se mêle dans cette machine immense, qui n'ait son origine et sa cause dans cette cause première. Toutes les choses, a fort bien dit Pindare, ont leurs dispensateurs et leurs administrateurs dans le Ciel; et, comme Homère nous le fait comprendre par un apologue, il y a comme une chaîne d'or suspendue en haut, à laquelle sont attachées toutes les choses d'en bas. Qu'un éboulement de

ista : quod ctedes et bellum apud Belgas ab eadem ista. Divinitus, Lipsi, divinitus immissse omnes istas clades : ideoque bene et sapienter Euripidi q'ju'^opal hvr}.y.-o'. dictiœ. Fluxus, inquam, omnis et refluxus hic rerum humanarum, ab illa Lima dependet, ortus regnorum et occasus, ab illo Sole.

Itaque tu imnc cum freina dolori tuo laxas, et iudignaris patriam tuam converti aut everti : ne illud quidem cogitas; quis, et in quem, indignere? Quis? home, umbra, pulvis, in quem? formido dicere, in deum. Vetustas gigantes quosdam fabulata est , qui divos deturbare agressi de sua arce. mittamus fabulas : vos queruli, ii estis. Si enimheec omnia non permissasolum à deo, sed immissa; vos qui fremitis, qui repugnatis, quid aliud quam sceptrum illi (quod in vobis est) eripitis, et arbitrium reguandi? Cœca mortalitas ! Sol, Luna, sidéra, elementa, et omnia hœc secla animantum, parent non invita et obaudiunt supremœ illi legi : nobilissimum rerum homo, solus in conditorem suum calces jacit et resistit.

Atqui si vêla ventis dédisses, sequerere non quo

terre engloutisse ici des villes, c'est la Providence qui le veut; que, dans un autre lieu, la Peste moissonne des milliers d'hommes, c'est elle; que la guerre et le carnage s'abattent sur la Belgique, c'est encore elle. C'est Dieu, ô Lipse, Dieu lui-même qui nous envoie toutes ces catastrophes; et Euripide a montré autant de rectitude que de sagesse quand il a dit : de Dieu viennent toutes les plaies. C'est de cette Lune et de ce Soleil que dépendent le flux et le reflux des choses humaines, la naissance ou la chute des Empires.

Ainsi donc maintenant lorsque tu es tenté de lâcher la bride à ta douleur, et que tu es indigné à la vue de ta patrie révolutionnée ou ruinée, demande-toi : qui suisje, et contre qui vais-je m'indigner? Qui tu es? un homme, c'est à dire une ombre, un grain de poussière. Contre qui? je tremble de le dire, contre Dieu! L'antiquité a dit dans ses fables qu'il a existé des géants assez audacieux pour attaquer les Dieux et s'efforcer de les précipiter de leur forteresse. Laissons les fables. Vous qui vous plaignez, vous êtes ces rebelles. En effet, si tous ces événements sont non seulement permis, mais suscités par Dieu, vous qui frémissez, vous qui résistez, que faites-vous autre chose que d'arracher à Dieu, autant qu'il est en vous, son sceptre et la faculté de régner à son gré? Aveugles mortels! Le soleil, la lune, les éléments et toutes ces générations d'êtres animés obéissent avec docilité et se soumettent à cette loi suprême : et l'homme, la plus noble des créatures, jette la pierre <à son Créateur et lui résiste.

Si. tu mettais à la voile, tu arriverais où te pousse-

voluntas impelleret, sed quo illi : et in hoc Yit£e Oceano spiritum illum sequi récusas, temperatorem Universi : Et récusas tamen frustra, quia aut sequere, aut trahere : et cœlestia illa décréta vim suam ordinemque servabunt, sivein volentem sive inrebellem. Rideamus, si is qui cymbam ad rupem alligavit et funem identidem trahat, rupem ad se accedere censeat, cum ipse ad illam : et non major nostra stultitia est, qui ad rupem illam 8etern99 Providentiae nexi, trahendo et reluctando volumus eam nobis obsequi, non nos ipsi ? Mittamus aliquando haec vana : et, si sapimus, sequamur ab alto attrahentem illam vim, et aequum censeamus ut bomini placeat, quidquid placuit Deo. Miles in Castris, audito viœ siguo , vasa colligit ; audito pugnse , deponit ; animo, oculis, auribus, paratus ad omne imperium et intentus, idem nobis sit, et in hac militia sequamur alacres et pleno gradu quocumquevocautem Imperatorem. Ad hoc sacramentiira adacti sumus, ait Seneca, ferre mortalia •* nec "pey^turhari lus, quœ vita^n nostrœ potestatis non est. In regno nati sumus : Deo parère,

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