‹ Traité de la danse. Grammaire de la danse et du bon ton à travers le monde et les siècles depuis le singe jusqu'à nos jours. 6341 danses ou pas différents et articles en tous genres sur la danseChapitre 2 sur 210 · PRÉFACE DU TOME II · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TOME II

Le tome II que je présente aux amis de la danse est le complément des études et recherches chorégraphiques de ces vingt dernières années. J’ajouterai qu’il n’a rien de commun avec le tome Ier, et ne comporte aucune répétition. Les danses nouvellement parues viennent s’ajouter aux anciennes. Celles de province, les danses militaires, étrangères, de théâtres, de concerts, bals, cotillons, font l’objet d’appréciations nouvelles et spéciales. Aussi mon travail n’embrasse pas moins de 3,333 figures de cotillon et 5,000 danses, ou pas de. danse différents.

Se mettre soi-même en scène étant une question fort délicate, je me permets, pour donner à mes lecteurs une idée exacte de mes efforts, de reproduire ici une interview publiée dans le Progrès par un de mes camarades de ce journal, dont je suis moi-même l’assidu collaborateur :

«Très intrigué, par la somme considérable de travail que doit fournir le professeur Giraudet, lequel est à la fois auteur, journaliste, chorégraphe, musicien et homme de sport, je me rendis dernièrement à sa salle de danse, 39, boulevard de Strasbourg, dans le but d’apprendre de sa bouche même, ce qu’il faut de travail, de persévérance et d’application, pour accomplir semblable besogne.

« J’ai appris là, que ce maître habile, qui trouve encore le temps de fournir chaque semaine un article au Progrès, a créé pendant ces vingt dernières années, tant pour la France que pour l’Etranger, 132 ballets pour théâtres, concerts, revues, expositions, salons, etc. ; 150 répertoires de danseurs ou danseuses comiques ; 225 danses de salon pour couples enlacés, quadrilles, etc. ; 2000 pas chorégraphiques ; 500 figures de cotillon; 784 articles dans les journaux sur la danse,, le bon ton. Un ouvrage poétique, etc.

« Notez que ce professeur est aussi infatigable que fécond. Il donne une moyenne de 8 à 10 heures dé leçons par jour, soit particulières, soit à son cours, dans lés pensionnats, écoles ou familles. Sept traités différents de la dansé, du maintien et .des devoirs de chacun dans toutes les circonstances de la vie, sont sortis de sa plume intarissable, autant que documentée.

« Une telle somme d’effort, est la preuve pour ainsi dire tangible, du dévouement constant que. M. Giraudet a toujours apporté, à la vulgarisation et au perfectionnement de la danse.

« Collectionneur érudit, il est passionné pour tout ce qui touche à la chorégraphie; Il a tant fait pour cet art qui faiblissait il y a dix ans, qu’il a fini par le remettre en honneur, dans les réunions de familles et salons.

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« Jrès robuste, à la fois simple, agile et distingué, ce praticien est admirablement doué, pour l’enseignement de cet art primordial.

« Quoique musicien modeste, c’est lui qui donne les motifs à ses compositeurs lorsqu’il s’agit de lancer une danse nouvelle. D’ailleurs on trouve de belles compositions à son actif ; les auteurs viennent souvent le consulter sur des points embarrassants. Son esprit original, sa compétence indéniable et son excessive fécondité, ont vite trouvé la solution qui convient.

« Il n’est pas de danse qu’il ne connaisse; dix mille pas chorégraphiques issus de tous les pays, forment son bilan, et sa prodigieuse mémoire tient tout cela méthodiquement en son cerveau, de telle sorte qu’à la minute, il. peut satisfaire quiconque fait appel à cette prodigieuse encyclopédie vivante.

« Semblable labeur, uni à de si vastes connaissances, pourrait, certes, suggérer bien des réflexions . A vous de les faire, ami lecteur, quant à moi, mon commencement sera aussi ma conclusion : Voilà vingt années bien employées. »

Malgré les éloges de mon confrère, je n’ai pas la prétention d'avoir fait une œuvre parfaite. Quelques fautes ont pu trahir ma plume, des défauts de mémoire ont pu me faire commettre des omissions. Aussi serai-je reconnaissant, à ceux qui voudront bien me signaler les danses oubliées ou les erreurs commises. Je prie également les professeurs de danse et mes lecteurs, de m’informer des danses nouvelles, dont l’apparition parviendrait à leur connaissance. Par contre, je suis à la disposition de ceux qui, par lettre, demanderaient de plus amples explications sur les sujets traités. De même, toute question de maintien, de bon ton ou d’usage, ne paraissant pas suffisamment élucidée aux tomes Ier et II, et qui donnerait lieu à des demandes de renseignements — Ecrire à M. Giraudet, 39, boulevard de Strasbourg, Paris , — feront l’objet de nouvelles études et Investigations. Je m'appliquerais toujours répondre à mes correspondants, avec la plus scrupuleuse exactitude.

Je ferai mon profit des observations de chacun, car en 1909, je me propose de publier IJ Encyclopédie de la Dame, où figureront en outre, la musique originale de toutes les danses, les origines de la chorégraphie, et tout ce qui se rapporte à l’art du danseur. Cet ouvrage ne comprendra pas moins de 5,000 pages en texte n° 7 et formera deux volumes du format des grands Larousse.

Succès oblige, dit-on. Jamais proverbe n’aura reçu plus éclatante confirmation. D’ailleurs, dès maintenant, au lieu de deux éditions de dix mille par année, je me vois obligé de faire tirer cinq éditions de ma méthode, soit cinquante mille. Si la danse opère ce miracle en faveur de l’auteur, quels bienfaits n’entramera-t-elle pas pour ceux qui sauront s’y livrer avec discernement. Qu’on ne vienne pas douter des progrès de la chorégraphie. Sa marche en avant est indéniable. Loin d’être délaissée, la danse est de plus en plus en faveur dans les familles de la bonne société. Il n’en est aucune qui n’ait son professeur de danse et de maintien.

Point n’est besoin de rappeler longuement l’utilité de cet exer-

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cice. Qui n’est pas danseur aujourd’hui, n’est pas armé pour tenir sa place dans la société. Ne pas aimer la danse, c’est manquer de la fibre qui passionne pour les bonnes et belles choses. C’est le plus bel art qu’ait enfanté le génie humain, en même temps qu’il est le plus ancien. Il nous distrait, nous embellit, nous développe, nous conserve en santé ; il donne l’aisance à tous ceux qui s’y livrent. Il n’y a pas de fête possible, sans bal, aussi bien chez les souverains que chez les plus humbles travailleurs. C’est un plaisir qui est le domaine de tout le monde, comme le monde entier est son domaine. De cet inaliénable bien, nul n’a le droit de prendre la part qui nous revient ici-bas. Tous les humains sont égaux devant le plaisir, que procure un bal. La danse, qui est la meilleure et la plus efficace des médecines, est le gardien vigilant de la santé. Elle assure partout les coudées franches, nous repose et distrait l’esprit, égaie les gens moroses. C’est elle aussi, qui élargit le cœur et fait aimer les arts, apprécier les choses, et accorder sa bienveillance à plus petit que soi. Cet exercice ne disparaîtra que si le monde s’effondrait. On a toujours dansé partout, on dansera toujours et en tous lieux.

Malgré cela, les personnes qui déclinent les invitations au bal sont nombreuses. La raison de leur refus est simple^ car c’est tout simplement parce qu’elles ne gavent pas danser. Il y en a pourtant quelques-unes qui, s’armant de courage, franchissent lés portes des bals sans notions chorégraphiques. Elles sont faciles à reconnaître par leur gaucherie et leurs hésitations . Au reste, cette appréhension est compréhensible. Qui donc serait à son aise sur une scène, pour y jouer un rôle, dont il ne connaîtrait pas le premier mot ?

Evidemment les personnes qui ne savent pas danser, éprouvent, dans un bal, des sensations analogues à celles de l’aoteur, qui ne saurait pas son rôle. Elles tremblent; elles ont peur. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter, et apprendre à danser chez un bon maître. Admettons un instant que, ne sachant pas danser, vous assistiez à un bal. Qu’arrivera-t-ü ?

Au moment où la musique fait entendre ses plus entraînantes valses, les dames étant toujours en plus grand nombre que les messieurs, vous aurez le crève-cœur de laisser de gentilles demoiselles, et de pauvres petites dames, se morfondre à faire tapisserie à leur place. Immobile et* très gêné de cette situation vous devenez le point de mire des mamans, fort mécontentes du repos forcé de leurs filles, venues au bal pour danser, et non pour attendre. si une. de ces silhouettes vissées au parquet, ne se dirigera pas vers elles.

Mais vous ne bronchez pas sous pes regards courroucés : Vous ne savez pas valser! Et- voilà pourquoi, voulant se .soustraire aux yeux braqués sur eux, tant de jeunes gens s’esquivent au buffet, au fumoir ou à la salle de jeu, avec les impotents. Voilà une bien vilaine contenance. Je vous laisse à penser ce que les dames pensent d’une telle attitude.

Vous réagirez, chers lecteurs, contre une telle faute. Lisez cette méthode, la seule à suivre pour bien danser et se conduire correctement partout, et vous aimerez la danse. Mes démonstrations sont

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