‹ Traité de la dysurie sénile et de ses diverses complicationsChapitre 27 sur 53 · DIAGNOSTIC DU BAS-FOND · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DU BAS-FOND

n’est pas vide, permet d’abord de reconnaître la paroi postérieure de l’organe qui vient bomber du côté du rectum comme la cystocèle bombe par exemple du côté du vagin. Cette saillie commence immédiatement andessus de la base de la prostate. Le doigt, enfoncé dans le rectum, arrive difficilement parfois à trouver la limite supérieure, mais la limite inférieure se détache nettement de la base de la prostate et, quand la vessie est un peu fortement distendue, forme une saillie assez brusque, quoique toujours arrondie cependant, qui dépasse en arrière la glande prostatique.

Quoi qu’il en soit, il convient de faire remarquer que les renseignements fournis par le seul toucher rectal ne sont peut-être pas aussi nets et aussi caractéristiques qu’on peut le supposer a priori.

Il faut un peu d’habitude pour affirmer un bas-fond vésical, et surtout en apprécier à peu près les dimensions avec les seules données fournies par le toucher. En tous cas, le bas-fond n’apparaît jamais aussi nettement de ce côté que du côté de la cavité vésicale où la plus petite amorce du plancher vésical dans ce sens saute de suite aux yeux. C’est que par le toucher rectal, quand la vessie est vide, on ne peut rien sentir à cause de la flaccidité de la paroi qu’on touche ; et quand la vessie est distendue, la paroi postérieure tout entière, aussi bien celle qui correspond au bas-fond que celle qui est au-dessus, tend à s’arrondir par la distension même suivant une courbe * sphérique régulière qui empêche tout à fait la limitation exacte du bas-fond et ne permet guère de constater qu'une saillie plus ou moins tendue en arrière de la base prostatique. Bien entendu, il en est tout différemment quand un corps étranger, comme une sonde, un calcul, etc.,

DIAGNOSTIC CONCERNANT LES LÉSIONS VÉSICALES

vient jalonner ce bas-fond en quelque sorte et le révèle avec ses contours au doigt rectal.

Heureusement que d’autres renseignements ne manquent pas pour reconnaître le bas-fond vésical.

Indépendamment des signes rationnels tirés de l’âge du sujet, de la présence cl’une hypertrophie prostatique assez développée , de certains symptômes révélant la stagnation urinaire dans la vessie, etc. , il y a un moyen de contrôle infaillible, c’est l’emploi de la sonde métallique, et en particulier de la sonde à brusque courbure du type de celle de Mercier. Avec cette sonde dont on retourne le bec directement en bas par un demi-tour, dès qu'elle a dépassé la prostate, on peut aisément reconnaître un cul-de-sac rétro -prostatique, en apprécier même la profondeur et le contenu.

Dans les cas où le bas-fond sera très accentué, très profond, on pourra y retourner facilement le bec de cette sonde ou même d’une sonde à grande courbure comme celle de Gély ; inversement, dans les cas où il n’existera qu’à l’état d ébauche on éprouvera une certaine difficulté à retourner ainsi le cathéter bec en bas. En outre, quand le bas-fond est bien nettement établi, la manœuvre précédente est possible, alors même que l’urine s’est écoulée de la vessie ; dans une vessie, au contraire, dont la paroi postérieure est déprimée temporairement seulement par la distension générale de l’organe, la sonde ne peut plus se tourner de la sorte sur elle-même, bec en bas et directement derrière la prostate, une fois le réservoir détendu et vidé ; la dépression temporaire du plancher vésical en arrière a disparu en effet.

Enfin et surtout, existe le signe suivant qui est le plus certain de tous pour affirmer le bas fond. On conçoit

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