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DIAGNOSTIC DE L’ ATONIE

+ 15 centimètres d’eau que se montre le besoin d’uriner. Ce besoin, correspondant aux contractions insensibles du changement de tonus, détermine une ascension très lente du tracé manométrique. La contraction vésicale vraie détermine une ascension rapide, mais non brusque cependant.

Les contractions d’une vessie normale s’inscrivent suivant une courbe à large base, à montée rapide mais sans brusquerie, à sommet arrondi, et à descente plus lente que la montée. La durée de contraction varie de 1 à 3 minutes. Elle peut faire monter le manomètre à lm, lm,50 et plus, sans le secours de la pression musculaire abdominale. Enfin, elle s’accompagne toujours de la sensation nette de besoin d’uriner. La quantité de liquide moyenne nécessaire pour produire le besoin d’uriner est de 135 gr. environ. Quand le besoin d’uriner est survenu, si on continue à injecter du liquide dans la vessie, le besoin d’uriner va croissant, le manomètre monte à lm, lm,50; puis, à un certain moment, le liquide injecté revient entre la sonde et le canal, ou même expulse la sonde.

Chez les prostatiques, voici ce qu’on observe suivant les périodes. Dans la première période (exagération du nombre de mictions, troubles congestifs, mais pas de rétention), le muscle vésical a conservé sa contractilité, mais la sensibilité à la tension s’est exagérée. Dans la deuxième période, on constate une diminution progressive de la contractilité. Chez les prostatiques non infectés, sans cystite, la sensibilité à la tension est proportionnelle à la contractilité ; comme à l’état normal on observe le parallélisme de ces deux propriétés de la vessie. Chez les prostatiques infectés, la sensibilité devient très grande au

DIAGNOSTIC CONCERAANT LES LÉSIONS VÉSICALES.

contact et à la tension et cependant la contractilité n’est pas augmentée ; malgré l’excitation de la cystite, la contractilité décroît et ne suit plus la sensibilité qui s’élève. Cette discordance est spéciale aux prostatiques.

Chez eux, sous l’influence de cette sensibilité anormalement élevée, il se produit, même avec de faibles quantités de liquide (100 grammes par exemple) des contractions à la fois brusques et de courte durée. Assez violentes pour faire monter le manomètre à lm20 et plus, elles s’évanouissent rapidement et ne durent pas au-delà de 10 ou 15 secondes. La courbe des contractions ainsi obtenues est intéressante à opposer à celle des contractions de la vessie normale exposée plus haut. Celle-ci donne une courbe' bien arrondie du sommet, et à base large ; celle-là dessine un angle aigu ; la base est étroite, la montée brusque, le sommet pointu, la descente brusque.

Dans les cas de vessies atones, le palper bimanuel pourra encore rendre des services. A l’aide de ce moyen, et après avoir vidé la vessie le plus complètement possible, on pourra se rendre un compte assez exact de son volume et de son degré de distension. On la sentira s’enfoncer du côté du petit bassin, et on pourra, en faisant rouler audessus du pubis, l une sur l’autre et entre les doigts explorateurs, les parois antérieure et postérieure de l’organe, suivre la vessie du côté de l’abdomen et voir approximativement où elle remonte, même à l’état de vacuité.

B. — Diagnostic du bas-fond.

La présence d’un bas-fond vésical se reconnaît assez aisément en clinique. Le toucher rectal, quand la vessie

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