‹ Traité de la dysurie sénile et de ses diverses complicationsChapitre 43 sur 53 · C. — Traitement des calculs vésicaux · texte numérisé non relu

C. — Traitement des calculs vésicaux

Quelle thérapeutique emploierons-nous dans les cas de calculs diagnostiqués ? Tout dépendra d’abord de certaines conditions spéciales qu’il faut bien établir et qui ne permettent pas d’hésiter entre la lithotritie ou une taille. C’est ainsi que si on croit avoir affaire à des calculs enchatonnés, enfouis au fond de cellules ou de diverticules anormaux, ou bien si on soupçonne une vessie tapissée de l’enduit crayeux uniforme que nous avons vu possible dans certains cas, il ne faut pas songer à une lithotritie .

De même si on se trouve en face d’un malade très difficile à sonder, et qui saigne de la vessie ou de son

TRAITEMENT DES COMPLICATIONS SUR LES ORGANES

canal, ou encore chez lequel des lithotri ties précédentes ont démontré l’impossibilité de nettoyer un bas-fond très développé, défendu par une haute prostate, etc. Dans ces différentes conditions la taille, la taille hypogastrique bien entendu , ne donnera peut-être pas des succès constants, mais doit être seule employée.

De même enfin si on ne s’est jamais exercé à faire la lithrotitie sur des malades moins dangereux à manier. En dehors de ces contre-indications nous croyons que la lithotritie est le traitement de choix chez le prostatique calculeux. Quand on s’exerce à bien la pratiquer, quand on sait trouver tous les calculs, quand on s’attache à faire un traitement aussi complet que possible, la litholapaxie n’est pas plus dangereuse que la taille haute, et certainement a des avantages sur elle.

Elle n’immobilise pas un vieillard au lit pendant 5 jours au moins, et ordinairement le malade peut se lever, sans plaie, sans pansement, dès le surlendemain après elle.

C’est en outre le seul traitement qu’on puisse raisonnablement proposer à ces calculeux récidivistes qui refont indéfiniment leurs pierres ; et des cas se sont trouvés de ces vieux à catarrhe lithogène qu’on a lithotri tiés 5, 6, 8, 10, 15 fois et plus, avant que les formations calculeuses ne soient arrêtées.

On a accusé précisément la lithotritie de favoriser la récidive des calculs par les débris phosphatiques laissés dans la vessie. C’est là un reproche tout à fait gratuit pour la lithotritie soigneusement faite, et réservée aux indications que nous avons admises, c’est-à-dire aux cas où elle peut se faire complètement. Or, ainsi faite, la lithotritie ne crée pas par elle-même des conditions favorables

Page 1